Violences à l’UCAD : le Procureur Ibrahima Ndoye annonce la présentation des étudiants arrêtés à un juge d’instruction

Le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Dakar, Ibrahima Ndoye, a apporté de nouvelles précisions sur la procédure engagée à la suite des violences survenues le 9 février 2026 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Lors d’une déclaration publique, le chef du parquet a confirmé que les étudiants interpellés lors des manifestations seront présentés, dès ce mercredi, à un magistrat instructeur.

Revenant sur les événements, le Procureur a indiqué que plusieurs personnes ont été arrêtées pour leur implication présumée dans les troubles enregistrés sur le campus universitaire. Selon lui, certains étudiants sont soupçonnés d’avoir joué un rôle actif dans la conception et l’organisation des actions violentes. « Certains d’entre eux, pour avoir conceptualisé, planifié, organisé, saccagé et fait saccager à tout va, ont été arrêtés, gardés à vue, conduits au parquet de Dakar et seront certainement confiés à un juge d’instruction qui se chargera d’approfondir les investigations », a déclaré Ibrahima Ndoye.

Le magistrat a insisté sur le respect des procédures judiciaires en vigueur. Il a précisé que les personnes interpellées ont d’abord été placées en garde à vue avant d’être déférées au parquet. La prochaine étape consistera en leur présentation devant un juge d’instruction, conformément aux mécanismes légaux de saisine. « Dès demain, ils seront présentés à ce magistrat instructeur suivant les mécanismes classiques et procéduraux de saisine », a-t-il ajouté.

L’ouverture d’une information judiciaire marque ainsi une nouvelle phase dans le traitement de ce dossier sensible. Le juge d’instruction, une fois saisi, aura pour mission d’examiner les charges, d’entendre les mis en cause et d’ordonner, le cas échéant, des actes d’enquête complémentaires afin d’établir les responsabilités individuelles. Cette procédure pourrait déboucher sur des mises en examen si les éléments réunis sont jugés suffisants.

Ces développements interviennent dans un contexte de tension persistante au sein de l’UCAD, où les événements du 9 février ont suscité une vive émotion au sein de la communauté universitaire. Les autorités judiciaires, de leur côté, affirment vouloir conduire la procédure avec rigueur et impartialité, dans le respect des droits de la défense et des principes de l’État de droit.

Moustapha Diakhaté dénonce une « guerre juridique » contre la liberté d’expression et accuse le procureur Ibrahima Ndoye de dérive autoritaire

À peine libéré après cinquante jours de détention à la prison de Rebeuss pour offense au chef de l’État, Moustapha Diakhaté a repris la parole avec une virulence qui marque une rupture nette avec le silence carcéral. Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi 5 août à Dakar, l’ancien président du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar a vivement accusé le procureur de la République, Ibrahima Ndoye, et plus largement le Tribunal de grande instance de Dakar, de livrer une « guerre juridique » contre la liberté d’expression.

Dans une déclaration au ton frontal, Moustapha Diakhaté n’a pas mâché ses mots : « Le procureur Ibrahima Ndoye, c’est un parquet à double standard. Il est intransigeant avec l’opposition et indulgent avec le parti Pastef. Quand on voit ce genre d’action, c’est que ces magistrats-là trahissent la loi », a-t-il fustigé. Pour l’ancien parlementaire, le parquet agit comme un instrument politique, au mépris des droits fondamentaux garantis par la Constitution.

Poursuivi pour offense au chef de l’État, Diakhaté rejette l’accusation avec véhémence. « Moi qui défends la République et le président, on m’accuse de l’avoir offensé ? C’est honteux, c’est ridicule », a-t-il lancé. Il estime être la cible d’un acharnement personnel : « Le procureur a un problème avec moi, il se cache derrière le parquet pour le combattre. C’est indigne de sa fonction de magistrat. »

Évoquant son expérience carcérale, Moustapha Diakhaté n’a pas hésité à défier de nouveau le système judiciaire : « Si ma vie doit y rester, elle y restera. Je suis prêt à retourner en prison. J’ai été emprisonné deux fois. Ibrahima Ndoye doit savoir qu’il lui reste 998 mandats de dépôt s’il veut me faire taire, parce que jusqu’à 1000, je ne me tairai pas. » Des propos forts qui traduisent une volonté assumée de continuer son combat politique, malgré les risques.

Mais au-delà de sa situation personnelle, Diakhaté a élargi sa critique à la situation de la justice sénégalaise. Selon lui, poursuivre des citoyens pour avoir critiqué le président ou des magistrats est une dérive grave pour un État qui se veut démocratique. « Dans une démocratie, il ne peut pas y avoir de limite au droit des citoyens à critiquer ceux qui les gouvernent », a-t-il souligné, affirmant que la liberté d’expression doit s’exercer pleinement, même contre les plus hautes autorités.

L’ancien député n’a pas épargné non plus le parti présidentiel, le Pastef, qu’il accuse d’avoir trahi ses engagements. « Le Pastef avait promis aux Sénégalais qu’une fois au pouvoir, ils supprimeraient l’article 80, l’article 254… Ils ne l’ont pas fait. Ils ont menti aux Sénégalais. C’est parce qu’ils ont menti qu’on continue d’arrêter des gens pour offense au chef de l’État, ou pour des délits d’opinion », a-t-il déclaré, en appelant à une réforme urgente du droit pénal en matière de libertés publiques.

Cette sortie de Moustapha Diakhaté intervient dans un contexte politique marqué par de multiples arrestations de journalistes, militants et opposants, souvent poursuivis pour offense ou diffusion de fausses nouvelles. Elle relance le débat sur l’indépendance de la justice, la tolérance politique et l’effectivité des libertés fondamentales au Sénégal. Pour Diakhaté, une chose est claire : « Le Sénégal ne doit pas devenir un État où penser autrement conduit systématiquement en prison. »

Fonds Covid : « Ces deniers publics ont été injustement, illégalement et indignement spoliés », dénonce le procureur Ibrahima Ndoye

Le procureur de la République près le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, Ibrahima Ndoye, est monté au créneau ce jeudi 17 avril lors de la conférence de presse organisée par le parquet. Face à la presse nationale, le magistrat est revenu avec fermeté sur les détournements présumés de deniers publics liés à la gestion du Fonds de riposte contre le Covid-19.

Dans une déclaration marquée par un ton grave, il a pointé du doigt des pratiques frauduleuses orchestrées par certains responsables publics durant la pandémie. « Ces deniers publics ont été injustement, illégalement et indignement spoliés », a dénoncé le procureur, visiblement outré par l’ampleur des faits.

Selon Ibrahima Ndoye, plusieurs personnes ont déjà été identifiées et poursuivies dans le cadre de cette affaire. Mais les investigations sont loin d’être closes. « Les recherches se poursuivent et tous ceux qui seront impliqués devront répondre de leurs actes », a-t-il prévenu.

L’enquête est menée par le Pôle Judiciaire Financier (PFJ), qui multiplie les auditions et recoupe les informations contenues dans les différents rapports d’audit, notamment ceux de la Cour des comptes, de l’Inspection générale d’État (IGE), de la CENTIF et de l’OFNAC.

Le procureur a insisté sur la nécessité de faire respecter la loi et de rendre des comptes aux Sénégalais : « Il n’est pas acceptable qu’en pleine crise sanitaire, certains se soient enrichis de manière indue au détriment du peuple. »

Cette prise de parole intervient alors que le parquet a déjà communiqué sur les premiers résultats du PFJ, qui fait état de 262 personnes impliquées dans 293 dossiers, avec plus de 15 milliards de francs CFA saisis, ainsi que 92 véhicules, 11 titres fonciers et plusieurs biens matériels.

La déclaration d’Ibrahima Ndoye vient confirmer la volonté des nouvelles autorités judiciaires de marquer une rupture nette avec l’impunité. Pour lui, la gestion des ressources publiques, en particulier celles destinées à faire face à une urgence sanitaire, ne saurait souffrir d’aucune tolérance.

À l’heure où les Sénégalais exigent davantage de transparence et d’exemplarité, la justice entend jouer pleinement son rôle, jusqu’à ce que toutes les responsabilités soient établies.

Cautionnement dans les procédures financières : « L’objectif principal, c’est de sauver les intérêts de l’État, pas de mettre les gens en prison » (Procureur Ibrahima Ndoye)

Alors que les affaires de délinquance financière se multiplient devant le Pôle Financier Judiciaire (PFJ), la question du cautionnement judiciaire revient régulièrement dans le débat public. Face à certaines critiques estimant que certains inculpés « achètent » leur liberté, le procureur de la République, Ibrahima Ndoye, a tenu à clarifier les choses. Selon lui, le cautionnement n’est pas une faveur, encore moins un passe-droit, mais un instrument légal destiné à protéger les intérêts de l’État.

S’exprimant en marge de la conférence de presse du PFJ, le magistrat a rappelé que le cautionnement est encadré par l’article 140 du Code de procédure pénale, qui prévoit cette possibilité dans certaines conditions bien précises, notamment lorsque l’inculpé présente des garanties suffisantes de représentation, ou lorsque sa détention provisoire ne se justifie plus.

« Si je dis que nous avons accepté ces propositions et que les juges d’instruction ont également accepté cela, c’est que la loi prévoit, dans l’article 140, la possibilité de solliciter son habilitation, son éligibilité ou s’il y a des contestations sérieuses », a expliqué Ibrahima Ndoye.

Le but du cautionnement, a-t-il poursuivi, est double : il permet d’éviter la détention systématique dans certaines affaires tout en garantissant que l’État puisse recouvrer ses avoirs en cas de condamnation. Dans les dossiers de crimes économiques, où les préjudices financiers sont souvent massifs, le versement d’un cautionnement peut permettre à l’État d’avoir une sécurité financière immédiate, avant même l’issue du procès.

« Le cautionnement est une garantie qui permet au juge de s’assurer de préserver les intérêts de l’État. L’objectif principal, c’est de faire en sorte que les intérêts de l’État soient préservés, pas de mettre les gens en prison », a insisté le chef des poursuites.

Pour le procureur Ndoye, la prison ne doit pas être une fin en soi. Ce qui importe le plus dans ce type de procédure, c’est la traçabilité des fonds publics, la réparation du préjudice et la restauration de la confiance des citoyens dans leurs institutions. Il ne s’agit pas uniquement de punir, mais aussi de récupérer l’argent du contribuable.

Cette position du parquet financier s’inscrit dans une dynamique de justice plus efficace, mais aussi plus stratégique. Face aux critiques sur certains cas de libération provisoire, le magistrat a tenu à rappeler que chaque décision est fondée sur l’évaluation précise de la situation de l’inculpé, de la gravité des faits, et surtout, de la capacité du cautionnement à couvrir le montant supposé détourné ou volé.

Ainsi, la notion de « liberté contre caution » n’est pas une libération gratuite. Elle impose à l’inculpé un engagement financier réel, et en cas de manquement, la caution est confisquée et les poursuites se poursuivent.

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