Le Sénégal lance un audit en profondeur de la formation de ses forces de sécurité

Le gouvernement sénégalais a décidé de repenser en profondeur la formation de ses Forces de Défense et de Sécurité (FDS). Cette décision stratégique, annoncée à l’issue du dernier Conseil des ministres, s’inscrit dans une volonté de modernisation, de professionnalisation et de respect strict des droits humains dans toutes les interventions de l’État.

Sur instruction du Président de la République, un audit complet de la formation des FDS sera mené, sous la supervision conjointe du ministre de l’Intérieur et du ministre des Forces armées. Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a exigé que les conclusions de cet audit soient remises au plus tard le 30 novembre 2025, sous forme d’un rapport circonstancié.

Cette initiative répond à un double impératif : assurer une efficacité opérationnelle face aux menaces sécuritaires tout en garantissant le respect des droits et de la dignité des citoyens, y compris dans les contextes les plus sensibles. Elle intervient dans un contexte où l’usage disproportionné de la force, les violations présumées des droits fondamentaux et les tensions entre population et forces de l’ordre ont suscité de nombreuses critiques ces dernières années.

« Il s’agit de redéfinir les règles d’engagement de nos forces publiques pour concilier le besoin de sécurité avec le respect absolu des principes républicains », a déclaré une source gouvernementale, insistant sur l’importance d’une refondation des doctrines d’intervention, qu’il s’agisse de maintien de l’ordre, d’opérations militaires, ou de missions mixtes.

Le contenu pédagogique et éthique des formations initiales et continues ; La proportionnalité dans l’usage de la force ; L’intégration systématique des droits humains dans les modules de formation ; Les méthodes de commandement et de contrôle dans les situations de crise ; Le rapport aux populations civiles et la gestion des foules.

Des experts nationaux et internationaux devraient être associés au processus, dans un souci de transparence et d’adoption des meilleures pratiques internationales, notamment celles recommandées par les Nations unies et l’Union africaine.

Cette décision marque un tournant dans la gouvernance sécuritaire du Sénégal. Elle est accueillie favorablement par plusieurs organisations de la société civile, qui réclamaient depuis des années une réforme structurelle de l’appareil sécuritaire, notamment à la suite des manifestations réprimées de manière controversée.

Le gouvernement affiche ainsi son ambition de doter le Sénégal de forces de sécurité modernes, républicaines et irréprochables, au service des citoyens et non contre eux.

Un défi de taille, mais crucial pour renforcer la confiance entre l’État et la population.

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