TCHAD : LE CCMSR DÉVOILE SA VISION POLITIQUE ET SON PROGRAMME POUR UNE « NOUVELLE RÉPUBLIQUE »

 

Le Conseil du Commandement Militaire pour le Salut de la République (CCMSR) dirigé par le président Mahamat Ali YOUSSOUF affirme vouloir mettre fin à ce qu’il considère comme un ordre politique antidémocratique au Tchad. Dans un document présentant sa « légitimité et sa justification », le mouvement expose ses critiques du régime actuel, sa conception de la transition et un vaste programme de réformes politiques, institutionnelles, sociales et économiques.

Un diagnostic sévère de la situation politique

Dans son document, le CCMSR dresse un constat particulièrement critique de la situation politique et socio-économique du Tchad. Le mouvement évoque notamment une histoire politique marquée par les coups d’État et cite la succession de Mahamat Idriss Déby à son père, Idriss Déby Itno, après la mort de ce dernier au combat en avril 2021.

Selon le CCMSR, le régime actuel serait caractérisé par une gouvernance qu’il qualifie d’autoritaire, ainsi que par une concentration du pouvoir entre les mains d’un cercle militaire et politique restreint. Le mouvement dénonce également ce qu’il présente comme des fraudes électorales, une absence d’alternance démocratique, le favoritisme clanique et une aggravation des tensions politiques et sociales.

Le CCMSR affirme par ailleurs que le processus démocratique serait « totalement bloqué », empêchant, selon lui, l’émergence de véritables contre-pouvoirs et d’une société civile suffisamment forte.

C’est dans ce contexte que le mouvement affirme vouloir agir pour « mettre fin à cet ordre antidémocratique » et instaurer, selon ses termes, un État fondé sur la justice, l’équité et la liberté.

Un mouvement qui revendique une large implantation

Le CCMSR se présente comme une organisation ayant connu une profonde réorganisation depuis 2021. Il affirme regrouper différentes catégories de personnalités issues de la société tchadienne, parmi lesquelles d’anciens ministres, des généraux, des administrateurs, des hauts cadres, des responsables politiques, des syndicalistes, des journalistes, des ingénieurs et des médecins.

Le mouvement revendique également plus de 670 450 adhérents civils et affirme disposer d’une force armée stationnée, qu’il présente comme destinée à protéger les populations en cas de violences ou de répression.

Ces chiffres et ces affirmations relèvent toutefois des déclarations du CCMSR et ne sont pas documentés indépendamment dans le texte présenté.

Vers un gouvernement d’union nationale

Sur le plan politique, le CCMSR dit vouloir instaurer un gouvernement d’union nationale représentant les différentes composantes de la société tchadienne. Cette future gouvernance serait placée sous le contrôle de comités populaires de vigilance.

Pour parvenir à cet objectif, le mouvement évoque trois étapes. La première consiste à obtenir un changement de régime, qu’il envisage notamment à travers une offensive militaire, un soulèvement populaire ou une révolution pacifique.

La deuxième priorité serait de sensibiliser les populations afin de favoriser, selon le mouvement, une résistance populaire organisée et concertée. La troisième porterait sur le renforcement des capacités des forces de la coalition afin de protéger les manifestants pacifiques.

Paix, démocratie et développement

Dans son programme, le CCMSR affirme vouloir répondre aux principales aspirations qu’il attribue au peuple tchadien. Trois priorités sont particulièrement mises en avant : la paix et la sécurité, la démocratie et le développement durable.

Le mouvement estime que la stabilité constitue une condition indispensable au développement du pays. Il promet également de défendre les libertés fondamentales et la justice sociale, tout en privilégiant un modèle de développement adapté aux réalités économiques et écologiques du Tchad.

Une profonde réforme de la justice

La justice figure parmi les secteurs prioritaires du programme présenté par le CCMSR. Le mouvement propose la création d’une commission vérité, justice et pardon, destinée à traiter les conséquences des violences et des abus commis au cours des différentes périodes de crise.

Il prévoit également une réforme de l’appareil judiciaire afin d’en garantir l’indépendance. Le programme prévoit, par ailleurs, l’indemnisation des victimes d’abus et la récupération des biens considérés comme mal acquis.

Restructurer et valoriser l’armée

L’armée constitue également un axe majeur du projet politique présenté par le mouvement. Le CCMSR promet une restructuration de l’armée nationale et une meilleure valorisation de ses personnels.

L’objectif affiché serait de transformer l’institution militaire en une force chargée d’assurer une protection impartiale de l’ensemble des citoyens, indépendamment de leur appartenance politique, communautaire ou régionale.

Éducation, infrastructures et électrification

Sur le terrain du développement, le CCMSR annonce la modernisation du système éducatif et l’amélioration des infrastructures scolaires.

Le mouvement entend également investir dans les infrastructures de transport. Son programme prévoit notamment la construction de routes, de chemins de fer et de connexions internationales permettant de relier le Tchad aux ports des pays voisins.

L’électrification du pays figure également parmi les priorités annoncées, avec la volonté d’améliorer l’accès à l’électricité et aux services numériques dans l’ensemble des régions.

Agriculture et règlement des conflits ruraux

Le développement rural occupe une place importante dans le projet. Le CCMSR propose notamment des politiques destinées à résoudre les conflits entre agriculteurs et éleveurs, régulièrement à l’origine de tensions et de violences dans plusieurs régions du pays.

Le mouvement entend également soutenir les activités agricoles afin de renforcer la sécurité alimentaire et réduire la dépendance du pays aux importations.

Lutte contre la corruption et amélioration du climat des affaires

Le CCMSR fait de la lutte contre la corruption l’un des piliers de sa politique économique. Il promet d’améliorer le climat des affaires et de créer des conditions plus favorables aux investissements.

Le mouvement entend ainsi promouvoir un environnement économique qu’il juge plus transparent, susceptible de favoriser l’activité privée, la création d’emplois et le développement des infrastructures.

Un débat sur la forme de l’État

Sur le plan institutionnel, le CCMSR propose l’organisation d’un référendum permettant aux Tchadiens de se prononcer sur la forme de l’État. Deux options seraient soumises au débat : un État unitaire décentralisé ou un État fédéral.

Le mouvement prévoit également la mise en place d’une assemblée constituante chargée de réviser la Constitution.

Il propose enfin l’instauration d’un régime parlementaire assorti d’une présidence tournante, dans l’objectif affiché de renforcer l’équilibre institutionnel et la représentation des différentes composantes du pays.

Bilinguisme, santé et accès au numérique

Le programme accorde également une place importante au renforcement du bilinguisme, avec la promotion de l’arabe et du français.

L’amélioration de la connectivité internet dans les différentes régions est également présentée comme une priorité, de même que le renforcement des infrastructures sanitaires et l’amélioration de l’accès aux soins.

Le CCMSR promet de disparaître après la transition

L’une des principales annonces du document concerne l’avenir du mouvement lui-même. Le CCMSR affirme qu’au cours de la période de transition, il serait dissous pour se transformer en parti politique classique.

Cette transition devrait, selon le programme présenté, déboucher sur l’organisation d’élections libres et transparentes ainsi que sur la mise en place d’un gouvernement de coalition inclusif.

Le mouvement prévoit également de reconduire le forum de réconciliation nationale afin de renforcer la cohésion sociale et de lancer des campagnes de sensibilisation sur les enjeux liés à la gouvernance et au développement.

Restaurer la « dignité nationale »

À travers ce programme, le CCMSR cherche ainsi à se présenter non seulement comme une force d’opposition au régime actuel, mais aussi comme un mouvement porteur d’un projet global de transformation de l’État tchadien.

Le mouvement affirme vouloir agir au nom des aspirations économiques, politiques et sociales des Tchadiens, avec pour objectifs affichés de restaurer la « dignité nationale », d’instaurer une paix durable et de favoriser un développement harmonieux dans un cadre démocratique et inclusif.

Reste désormais à savoir dans quelle mesure ces ambitions politiques, institutionnelles et économiques pourront se traduire dans les faits, dans un contexte tchadien marqué par de profondes tensions politiques, sécuritaires et sociales. Soda SALL

 

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°574 – 04 ET 05/10/2025

🔴 REPORT DU VOTE SUR LA DÉROGATION LIÉE À LA DETTE PAR LE FMI : LE SÉNÉGAL DANS L’EXPECTATIVE
🔴 PACTE DE STABILITÉ SOCIALE / INDUSTRIES ALIMENTAIRES : LE TORCHON BRÛLE

🔴 LSFP : RENDEZ-VOUS CE SAMEDI POUR LE CALENDRIER
🔴 UFOA-A U17 : LE SÉNÉGAL HÉRITE DE SON PROGRAMME

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°567 – 26/09/2025

🔴 « INONDATIONS, INFLATION, INJUSTICE » : GUEUM SA BOPP DÉCLENCHE L’OFFENSIVE
🔴 JUSTICE : MANSOUR FAYE ET BOUGAR LIBRES

🔴 FSF / LE PROJET PRAXIS : L’AXE MAJEUR DU PROGRAMME D’ABDOULAYE FALL

Sénégal – FMI : Vers un nouveau programme de financement retardé par des données économiques erronées

Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé qu’aucune décision ne serait prise avant mai concernant la dérogation sollicitée par le Sénégal, en raison de données économiques jugées erronées. L’information, relayée par Les Échos citant Reuters, compromet les ambitions du pays de conclure un nouveau programme de financement d’ici juin.

Selon Les Échos, ce report vient freiner les discussions sur un nouveau partenariat financier entre Dakar et l’institution de Bretton Woods. Edward Gemayel, chef de mission du FMI au Sénégal, a précisé que les négociations sur un éventuel nouveau programme ne pourront débuter qu’après que la question de la dérogation sera tranchée. Ce processus pourrait ainsi ne commencer qu’en juin ou juillet.

En toile de fond, le FMI attend encore deux éléments essentiels : d’une part, les données définitives sur la dette publique sénégalaise, et d’autre part, un consensus sur les mesures correctives à mettre en œuvre pour restaurer la fiabilité des statistiques économiques. Le manque de clarté dans les chiffres a soulevé des inquiétudes quant à la transparence budgétaire et la gestion des finances publiques.

Pour sa part, le ministère sénégalais des Finances se veut rassurant. Il affirme que les autorités travaillent activement à corriger les incohérences signalées et à répondre aux exigences du FMI. Ces efforts visent à présenter une situation conforme lors des prochaines réunions de printemps du Fonds.

Ce contretemps intervient à un moment crucial pour l’économie sénégalaise, qui fait face à des défis budgétaires accrus, alors que le pays espérait bénéficier rapidement d’un nouveau soutien du FMI pour stabiliser ses finances et soutenir ses ambitions de relance.

En attendant une clarification sur ces données, l’avenir du partenariat financier entre le Sénégal et le FMI reste suspendu à la régularisation de la situation et à la transparence des indicateurs macroéconomiques.

Kaolack / Randonnée Pédestre : La Mairie sensibilise sa population à travers le programme “VSD”

Dans le cadre de son programme “Vendredi, Samedi et Dimanche” (VSD), la mairie de Kaolack, en collaboration avec les forces de l’ordre et de sécurité, les services déconcentrés de la mairie et d’autres acteurs, sensibilise la population sur les offres municipales et les perspectives que l’équipe municipale envisage de mettre en œuvre dans les prochains jours.

Le “VSD”, une déclinaison du concept de nettoiement mensuel instauré par l’État, vise à organiser chaque week-end des opérations de nettoyage dans différentes parties de la ville. Mais ce programme ne se limite pas au nettoiement : il permet également aux forces de défense et de sécurité de sensibiliser les populations au civisme, aux dangers liés à l’insalubrité et à d’autres thématiques essentielles. Par ailleurs, d’autres activités y sont intégrées, notamment des actions sociales.

Une implication active des forces de sécurité et des services municipaux

Lors de cette édition du VSD, la mairie a mené diverses actions sociales, dont des campagnes de circoncision et la distribution de kits aux personnes vulnérables.

Le Lieutenant Sérigne Alioune Faye, commandant du 1er bataillon du combat de Génie de la zone militaire n°3, a souligné l’importance de l’implication des forces armées dans ce programme :

“Ce qui nous engage, nous, les armées, c’est le concept ‘Armée-Nation’. Notre présence ici n’a aucune connotation politique. Elle s’inscrit uniquement dans la continuité de notre mission de sécurisation des populations. La sécurité ne se limite pas seulement à l’aspect physique ; elle est globale et inclut aussi la sécurité humaine. Il est essentiel que chaque individu puisse vivre en toute sérénité et vaquer à ses occupations sans crainte.”

Il a également insisté sur l’appropriation du programme par les habitants de Kaolack :

“Le concept n’aura de sens que si la population de Kaolack se l’approprie pleinement. Cette adhésion facilitera les interventions de la mairie, de l’État et des forces de défense et de sécurité, dans l’intérêt de tous.”

Le maire Serigne Mboup réaffirme ses ambitions pour Kaolack

Le maire de Kaolack, Serigne Mboup, a rappelé son ambition de faire de la commune “un endroit sûr et prospère pour tous ses habitants”.

“Nous avons un rôle crucial à jouer pour garantir que notre ville soit un endroit sûr et prospère pour tous. Mais pour y arriver, nous devons travailler ensemble de manière rigoureuse, efficace et inclusive.”

Il a également évoqué plusieurs projets en cours visant à améliorer la qualité de vie des habitants :

• Accès facilité à l’état civil

• Enrôlement des populations dans le programme de lotissement

• Assainissement des quartiers

• Amélioration des infrastructures et services municipaux

Le programme VSD apparaît ainsi comme une initiative clé pour sensibiliser, mobiliser et améliorer le cadre de vie des Kaolackois. La mairie entend poursuivre ses efforts en faveur du bien-être et du développement de la ville.

Sénégal / Gouvernance Inclusive : Lancement du Programme de Formation en Gouvernance Inclusive – Vers une Administration plus Équitable et Inclusive

Monsieur Olivier BOUCAL, Ministre de la Fonction publique et de la Réforme du Service public, a officiellement lancé, ce mardi 18 février 2025 à Dakar, en début de matinée, le Programme de Formation en Gouvernance Inclusive.

Cette initiative marque une étape importante dans la promotion de l’équité et de l’égalité de genre ainsi que dans l’amélioration de la gouvernance inclusive au sein de l’administration publique sénégalaise.

Le Ministère de la Fonction publique et de la Réforme du Service public ambitionne, à travers ce projet, de constituer une administration reflétant l’égalité et l’équité de genre, tout en intégrant de manière efficace la problématique de l’inclusion dans ses pratiques managériales.

Ce programme réunit une première cohorte de managers des administrations publiques, leur offrant l’opportunité de développer leur identité de gestionnaire inclusif.

À l’issue de cette formation, ces managers seront en mesure de maîtriser les fonctions essentielles de la gestion des ressources humaines et d’assurer la performance individuelle et collective de leurs équipes.

Pour rappel, ce programme de renforcement des compétences a été élaboré sous l’égide du Projet de Renforcement Institutionnel pour l’Équité et l’Égalité de Genre (PRIEEG). Ce projet, mis en place avec l’appui de la coopération canadienne, implique la collaboration de cinq ministères sectoriels du Sénégal, dont sont issus la plupart des participants.

Il s’agit des ministères suivants :

• Ministère de la Famille et des Solidarités (MFS), notamment à travers la Direction nationale de l’Équité et de l’Égalité de Genre (DEEG) ;

• Ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération (MEPC) ;

• Ministère des Finances et du Budget (MFB) ;

• Ministère de la Fonction publique et de la Réforme du Service public (MFPRSP) ;

• Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires (MUCTAT).

Ce programme s’inscrit dans une dynamique de modernisation et de transformation des pratiques administratives, en vue d’une gouvernance plus équitable et inclusive au Sénégal.

Suspension des programmes de l’USAID à Ziguinchor : 300 familles de déplacés menacées de se retrouver sans abri, selon le maire de Boutoupa-Camaracounda

Ziguinchor, 5 février 2025 – La suspension des programmes de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) inquiète les autorités locales en Casamance. Selon Ousmane Sanding, maire de Boutoupa-Camaracounda, cette décision met en péril 300 familles de déplacés récemment revenues dans la région, qui comptaient sur le programme Shelter for Life pour la construction de leurs habitations.

“La suspension des programmes d’accompagnement de l’USAID ne fait qu’aggraver la situation des populations déplacées de retour en Casamance. Le programme Shelter for Life, qui soutenait 300 familles dans la reconstruction de leurs maisons, est désormais à l’arrêt. Ces familles vulnérables risquent de se retrouver sans abri alors qu’elles venaient de rentrer dans leur terroir cette année”, a déclaré le maire.

Ousmane Sanding s’exprimait en marge d’un comité régional de pilotage du plan spécial 2024-2025 pour le retour des déplacés en Casamance. Il a alerté sur l’urgence de la situation, alors que la saison des pluies approche.

“Ces 300 familles comptaient sur ce programme pour reconstruire leurs logements. Avec son arrêt brutal et sans solution de rechange, elles risquent de voir leurs habitations inachevées ou s’effondrer sous les pluies. Nous demandons au comité régional d’intégrer ces familles dans le processus de retour afin de trouver une alternative rapide”, a-t-il insisté.

Le maire a rappelé que ces familles sont réparties dans plusieurs communes : Boutoupa-Camaracounda, Niaguis, Nyassia, Oulampane, Kataba (région de Ziguinchor) et Djibanar (région de Sédhiou).

“Sans une solution rapide, cette situation risque de décourager de nombreux déplacés de rentrer chez eux. Si les États-Unis ne renouvellent pas le programme Shelter for Life, nous devons dès maintenant envisager des alternatives pour garantir un retour digne et sécurisé à ces populations”, a-t-il conclu, tout en saluant la mise en œuvre du Plan Diomaye pour la Casamance.

Alexis SAGNA

Blocage du programme d’électrification Compact Electricity : Ce que l’on sait

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a récemment déclaré que Donald Trump avait bloqué un important programme d’aide américaine destiné à l’électrification du Sénégal. Cette annonce, qui a suscité de vives réactions, a été précisée par l’ancienne ministre de la Microfinance, Zahra Iyane Thiam, qui a apporté des éléments concrets sur la nature et les montants du projet concerné.

Le projet en question est le Compact Electricity, un programme de coopération signé en décembre 2018 sous le gouvernement de Mahammed Boun Abdallah Dionne. Cet accord, d’un montant total de 330 milliards FCFA (600 millions de dollars), comprenait :

• 302,5 milliards FCFA sous forme de don des États-Unis,

• 27,5 milliards FCFA de contribution sénégalaise.

Officiellement entré en vigueur le 9 septembre 2021, ce programme s’étend sur cinq ans, soit jusqu’en septembre 2026. Il vise principalement l’amélioration de l’accès à l’électricité au Sénégal, un enjeu crucial pour le développement économique et social du pays.

Si Ousmane Sonko a affirmé que Donald Trump avait bloqué cette aide, les détails de cette décision restent encore flous. En effet, Zahra Iyane Thiam a soulevé plusieurs interrogations quant à l’impact réel de ce blocage. Selon elle, une partie significative des fonds a déjà été consommée, ce qui relativiserait l’ampleur des pertes pour le Sénégal.

Elle a ainsi interpellé l’ambassade des États-Unis à Dakar afin d’obtenir des éclaircissements sur le respect des engagements de Washington dans cette coopération. « Les Sénégalais doivent être édifiés », a-t-elle insisté dans un post publié sur X.

Si le blocage du Compact Electricity se confirme, cela pourrait ralentir certains projets d’électrification en cours, notamment dans les zones rurales. Toutefois, le fait que le programme soit en cours d’exécution depuis plus de deux ans laisse penser que toutes les ressources n’ont pas été gelées.

L’ampleur réelle des conséquences dépendra donc :

• Du niveau d’exécution des projets financés par ce programme,

• De la réaction des autorités sénégalaises et de leur capacité à compenser d’éventuels manques,

• Des éclaircissements attendus de la part des États-Unis sur la situation actuelle des fonds.

En attendant une communication officielle de Washington, ce dossier risque de rester au cœur du débat politique au Sénégal.

La BAD finance le Programme de Promotion des Lampes d’Éclairage Efficace au Sénégal

La Banque africaine de développement (BAD) vient d’approuver un financement de 8,51 millions d’euros, soit environ 5,55 milliards de FCFA, pour le Programme de promotion des lampes d’éclairage efficace du Sénégal (PPLEEF). Ce projet phare, qui établit un précédent en matière d’efficacité énergétique en Afrique, se concentre sur la réduction de la consommation électrique et l’amélioration de la durabilité énergétique dans le pays.

Le PPLEEF, premier investissement de la BAD dédié exclusivement à l’efficacité énergétique du côté de la demande, cible près de 700 000 ménages et 80 000 petites entreprises. Les régions bénéficiaires prioritaires incluent Dakar, Thiès et Diourbel. Le programme prévoit le remplacement des ampoules à incandescence obsolètes par des lampes LED modernes et économes en énergie.

Cette transition permettra non seulement de réduire les coûts d’électricité pour les ménages et les entreprises, mais aussi de diminuer considérablement les émissions de carbone, contribuant ainsi aux objectifs climatiques du Sénégal.

Un aspect innovant du projet est son modèle de financement : les consommateurs pourront rembourser le coût des nouvelles ampoules grâce aux économies réalisées sur leurs factures d’électricité mensuelles. Cette approche inclusive garantit un impact social et économique positif pour les bénéficiaires.

Selon Mame Coumba Ndiaye, directrice générale de l’Agence de l’énergie, ce programme devrait permettre une économie annuelle de plus de 189 GWh, réduisant ainsi la pression sur le réseau électrique national. Elle a également souligné les avantages financiers pour les ménages et les petites entreprises, qui verront leurs factures d’énergie diminuer.

Pour sa part, Jalel Chabchoub, chargé de l’efficacité énergétique à la BAD, a qualifié cette initiative de “percée majeure” dans le développement durable et l’accès universel à l’énergie. Il a également mentionné que ce projet pourrait servir de modèle pour d’autres pays africains confrontés à des défis similaires.

Ce programme s’inscrit dans une dynamique plus large portée par des initiatives comme “Mission 300”, soutenue par la BAD et la Banque mondiale, qui vise à garantir un accès énergétique universel en Afrique.

Avec cet investissement, le Sénégal renforce son rôle de leader en matière de transition énergétique sur le continent, tout en mettant en œuvre des solutions innovantes pour améliorer le quotidien de ses citoyens et réduire son empreinte écologique.

La Banque mondiale et l’IFC soutiennent le programme « Vision Sénégal 2050 » avec un investissement de 85 millions d’euros

La Banque mondiale, via sa filiale Société financière internationale (IFC), a annoncé un investissement majeur de 85 millions d’euros, soit environ 55 milliards de FCFA, pour appuyer deux initiatives clés inscrites dans le programme national de développement « Vision Sénégal 2050 ». Ces financements, dévoilés à l’occasion de la visite de Makhtar Diop, directeur général de l’IFC, visent à soutenir le développement économique et social tout en générant des emplois durables.

L’investissement comprend deux volets principaux :

1. Un prêt vert de 75 millions d’euros (environ 49 milliards de FCFA) pour Sococim Industries

Ce financement vise à moderniser les opérations de l’un des plus grands producteurs de ciment du Sénégal, en mettant l’accent sur la réduction de l’empreinte carbone. Grâce à l’utilisation de technologies innovantes et de combustibles alternatifs comme la biomasse, ce projet permettra de diminuer les émissions de gaz à effet de serre de 312 000 tonnes équivalent CO2 par an d’ici 2030. Cette initiative contribue également à résoudre la crise du logement au Sénégal en augmentant la production de ciment écologique.

2. Un prêt de 10 millions d’euros (plus de 6 milliards de FCFA) pour le Groupe hôtelier Azalaï

Destiné à soutenir le développement régional de cette chaîne hôtelière ouest-africaine, ce financement permettra de renforcer le secteur touristique sénégalais. Parmi les projets clés, on note l’ouverture de l’Hôtel Azalaï Dakar, la réhabilitation de l’Hôtel Azalaï Indépendance à Ouagadougou (Burkina Faso), et la rénovation du Grand Hôtel Bamako à Bamako (Mali). Ce prêt vise aussi à satisfaire les besoins en fonds de roulement du groupe.

Selon l’IFC, ces investissements auront un impact direct sur la création d’emplois formels, tant directs qu’indirects, tout en favorisant le développement des chaînes d’approvisionnement locales. Ce soutien sera particulièrement bénéfique pour les petites et moyennes entreprises (PME), moteurs de l’économie nationale.

Makhtar Diop a salué ces initiatives, affirmant qu’elles reflètent l’engagement de l’IFC à promouvoir une croissance économique inclusive et durable. « En investissant dans des secteurs stratégiques tels que le tourisme et l’industrie manufacturière, nous posons les bases d’un secteur privé plus fort et résilient, créant ainsi des opportunités et améliorant le niveau de vie des Sénégalais », a-t-il déclaré.

Ces financements s’inscrivent dans le cadre de « Vision Sénégal 2050 », une stratégie nationale ambitieuse portée par les autorités sénégalaises pour bâtir une économie compétitive, durable et résiliente. L’IFC, en partenariat avec l’IDA (Association internationale de développement), réitère son soutien à cette vision à travers des mécanismes de financement mixte et des projets à fort impact économique et social.

Révélations explosives : Les dessous sulfureux du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac) au Sénégal

Le rapport définitif de la Cour des comptes sur le Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac) était attendu avec impatience par les Sénégalais. Ce dossier, au centre de nombreuses controverses, a joué un rôle crucial dans l’arène politique en écartant Ousmane Sonko, actuel Premier ministre et ancien chef de l’opposition, de la course présidentielle suite à une condamnation pour diffamation. Cependant, l’attente du rapport a été frustrée alors que le site de la Cour des comptes a été submergé par une affluence massive, créant ainsi un bug informatique.

Le rapport final de la Cour des comptes concerne la période de 2018 à 2021 et met en lumière une série de lacunes dans la gouvernance du Prodac. Parmi ces lacunes, on trouve un organe de pilotage inactif, des défauts de conformité dans l’organigramme, un manque de mise en application des outils de pilotage et des défaillances dans le système d’information, entre autres.

En ce qui concerne la gestion des marchés publics du Prodac, le rapport révèle des irrégularités flagrantes, telles que des insuffisances dans la coordination du programme, l’absence de validation des Programmes de Travail Budgétaires Annuels (PTBA), des activités réalisées sans planification préalable, des passations irrégulières de marchés, et des retards dans la réalisation des Domaines Agricoles Communautaires (DAC).

Malgré un budget colossal estimé à 100 milliards de francs CFA et une dérogation exceptionnelle accordée par l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) pour accélérer les procédures, le Prodac n’a toujours pas atteint ses objectifs. Parmi ces objectifs figuraient la création d’emplois, la réalisation d’unités autonomes d’exploitation, la mise en place de groupements d’entrepreneurs agricoles, et l’aménagement de terres agricoles, entre autres.

Sur le plan financier, le rapport révèle une gestion chaotique, avec des dépassements de montants de créances cédées et des incohérences dans le paiement des engagements de l’État envers la Banque Nationale pour le Développement Économique (BNDE). Des pratiques douteuses ont également été mises en lumière, telles que des prêts accordés à des hauts responsables du programme sans justification claire et des indemnités mensuelles considérables octroyées à certains membres du personnel, jugées discriminatoires.

Ces révélations mettent en lumière les failles dans la gestion du Prodac et soulèvent des questions sur la transparence et la responsabilité dans l’utilisation des fonds publics. Alors que les Sénégalais attendent des réponses et des mesures correctives, ces révélations pourraient avoir des répercussions majeures sur le paysage politique et économique du Sénégal.

Arrêt des travaux du programme de 100 000 logements à Diass : Une décision motivée par des conflits fonciers

Les travaux du programme de 100 000 logements situé dans la Commune de Diass ont été interrompus sur ordre du Gouverneur de la région de Thiès, informé des agissements notés et des menaces à l’ordre public. Cette décision fait suite à des tensions et des oppositions rencontrées lors de l’exécution du projet.

Le chef de division régionale de l’urbanisme, du logement et de l’hygiène publique, Jules Bernard Cabo, a pris cette mesure en se référant à l’arrêté N°024204 du 04 juillet 2023, émis par le ministre de l’Urbanisme du Logement et de l’Hygiène Publique. Cet arrêté autorisait le projet de lotissement dans la zone de Diass, sous réserve du droit des tiers.

Cependant, lors de l’exécution des travaux de lotissement, la société dénommée « Quality vegetable Senegal » ainsi que les populations exploitant la zone se sont opposées à la réalisation du projet. Cette opposition a conduit à des tensions et à des menaces potentielles à l’ordre public, ce qui a conduit les autorités à prendre la décision d’arrêter temporairement les activités du programme de logements.

Dans un communiqué adressé au représentant de la SCI de la Nouvelle ville, Tidiane Diawa, le Chef de Division a annoncé cette suspension des travaux, en attendant de trouver des solutions pour régler le conflit foncier. Cette mesure vise à prévenir toute escalade des tensions et à permettre aux autorités compétentes de trouver une issue pacifique et équitable au différend.

Il est essentiel de résoudre les conflits fonciers de manière transparente et conforme à la loi, tout en garantissant les droits des différentes parties concernées. La suspension temporaire des travaux témoigne de la volonté des autorités de préserver la sécurité et la stabilité dans la région, tout en cherchant des solutions durables pour permettre la poursuite du projet de logement dans le respect des lois et des droits des citoyens.

Investiture de Bassirou Diomaye Faye : Programme détaillé de la cérémonie au CICAD

La journée historique de ce mardi 2 avril marquera l’investiture officielle du nouveau Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD). Voici un aperçu détaillé du programme de cet événement solennel :

  • 08h00 : Accueil des invités Le Centre des Expositions de Diamniadio ouvrira ses portes pour accueillir les invités de marque, nationaux et internationaux, qui assisteront à cette cérémonie d’importance capitale.
  • 09h30 : Arrivée des membres du Conseil Constitutionnel Les membres du Conseil Constitutionnel prendront place au CICAD pour préparer le début des festivités.
  • 09h30 – 10h30 : Arrivée des Chefs d’État et de Gouvernement étrangers Les dignitaires étrangers, venus des quatre coins du monde, sont attendus pour participer à cet événement historique et témoigner de leur soutien au nouveau Président sénégalais.
  • 10h40 : Entrée du Président élu Bassirou Diomaye Faye fera son entrée au CICAD, où il sera chaleureusement accueilli par les membres du Conseil Constitutionnel avant de rejoindre le Salon d’attente pour les derniers préparatifs.
  • 11h00 : Séance officielle La séance officielle débutera avec l’annonce du programme par le maître de cérémonie, suivi de l’entrée des membres du Conseil Constitutionnel et de l’ouverture de la séance par le Président de cet organe.
  • 11h20 : Proclamation des résultats de l’élection présidentielle Le Chef du Greffe du Conseil Constitutionnel lira la décision proclamant les résultats de l’élection présidentielle du 24 mars 2024.
  • 11h25 : Discours officiel du Président du Conseil Constitutionnel
  • 11h40 : Prestation de serment Bassirou Diomaye Faye prêtera serment en tant que nouveau Président de la République du Sénégal, un moment solennel qui marquera le début de son mandat.
  • 11h45 – 12h00 : Remise des distinctions honorifiques Le nouveau Président recevra l’Écharpe de Grand Croix de l’Ordre national du Lion et le Collier du Grand-Maître de l’Ordre national du Lion, symboles de sa fonction présidentielle.
  • 12h00 : Discours d’investiture Bassirou Diomaye Faye prononcera son discours d’investiture, exposant sa vision et ses priorités pour le Sénégal sous son leadership.
  • 12h30 : Réception des félicitations La cérémonie se clôturera par la réception des félicitations du Conseil Constitutionnel, des premières dames des dirigeants étrangers présents, ainsi que des présidents de l’Assemblée nationale.

Cette journée historique marquera le début d’un nouveau chapitre pour le Sénégal sous la direction de Bassirou Diomaye Faye, dans un esprit de démocratie, d’unité et de progrès.

Un Programme ambitieux pour l’accès à l’eau au Sénégal : plus de dix-huit mille branchements sociaux prévus

Le Directeur général de l’Office des forages ruraux (OFOR), Hamade Ndiaye, a récemment annoncé le lancement prochain d’un programme d’installation de plus de dix-huit mille branchements sociaux et de 85 forages à l’échelle du Sénégal. Cette initiative, inscrite dans le cadre du Programme d’Urgence de Développement Communautaire (PUDC), vise à renforcer l’accès à l’eau potable sur l’ensemble du territoire national. La déclaration a été faite lors d’une tournée à Boutoupa Camaracounda, soulignant le travail exceptionnel réalisé par l’ONG ACRA dans la densification des branchements sociaux.

Un Programme National d’Envergure

Le lancement de ce programme d’installation de branchements sociaux et de forages est prévu pour le mois de février. Le projet ambitionne de répondre aux besoins essentiels des populations en matière d’eau potable, en particulier dans les zones rurales. Le Directeur général de l’OFOR a souligné l’importance de cette initiative dans le cadre du PUDC, démontrant l’engagement continu du gouvernement sénégalais à améliorer les conditions de vie des communautés.

Un Partenariat Fructueux avec ACRA

Hamade Ndiaye a salué le travail accompli par l’ONG ACRA, déclarant qu’elle réalisait un travail extraordinaire dans la densification des branchements sociaux. La tournée du DG de l’OFOR a permis de constater directement les progrès réalisés dans quatorze sites, notamment à Boutoupa Camaracounda et Loudia Wolof. ACRA est ainsi reconnue comme un partenaire essentiel dans la mise en œuvre de la réforme de l’hydraulique rurale au Sénégal.

Défis et Perspectives

Le Directeur général a rappelé que l’OFOR était impliqué dans des projets d’ampleur, tels que la réalisation de châteaux d’eau. Cependant, l’extension des infrastructures et des branchements sociaux nécessite des moyens supplémentaires, d’où l’importance de collaborer avec des acteurs tels qu’ACRA. La capacité de cette organisation à installer plus de dix mille branchements sociaux est soulignée comme un exemple positif de l’impact direct sur la santé publique et l’éducation des populations.

Ce programme d’installation de branchements sociaux et de forages en cours de l’OFOR au Sénégal reflète l’engagement envers l’amélioration des conditions de vie, en particulier dans les zones rurales. La collaboration fructueuse avec des organisations telles qu’ACRA témoigne de la nécessité de partenariats stratégiques pour relever les défis liés à l’hydraulique rurale. Alors que le lancement de ce programme approche, l’espoir réside dans l’amélioration significative de l’accès à l’eau potable pour les communautés sénégalaises.

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