Projets structurants : la Turquie, partenaire clé de l’aménagement urbain et des infrastructures au Sénégal

De Diamniadio à Diass, les grands projets d’infrastructure qui ont redessiné le paysage sénégalais au cours des dernières années portent en grande partie la marque d’un partenariat stratégique avec la Turquie. À l’occasion de la visite officielle du Premier ministre Ousmane Sonko en Turquie, du 6 au 10 août 2025, les autorités sénégalaises ont présenté un dossier de presse qui met en lumière l’ampleur de cette coopération dans des secteurs clés comme l’aménagement du territoire, les transports, les équipements publics ou encore le tourisme.

Parmi les réalisations phares, le Centre international de Conférences Abdou Diouf (CICAD), à Diamniadio, symbolise la vitalité de cette relation bilatérale. Entièrement financé par la Turk Exim Bank à hauteur de 48,5 millions d’euros (près de 32 milliards FCFA) et construit par le géant turc Summa, cet équipement diplomatique majeur a nécessité un coût total de 77,8 millions d’euros, soit environ 51 milliards FCFA. Le CICAD a entraîné dans son sillage une série d’infrastructures complémentaires, telles que les voiries, les branchements aux réseaux publics et les liaisons avec l’autoroute à péage, contribuant à structurer durablement la zone de Diamniadio.

Autre projet emblématique : l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD). Après une première phase difficilement menée par le groupe saoudien SBG, c’est le consortium turc Summa-Limak qui a repris et finalisé l’infrastructure. Cette dernière phase de travaux, comprenant les essais, la certification et la mise en service, a mobilisé 112 millions d’euros (près de 74 milliards FCFA). Depuis décembre 2017, l’aéroport est exploité par la société LAS (Limak-AIBD-Summa), marquant une gestion entièrement privée sous pilotage turc.

Toujours à Diamniadio, le marché d’intérêt national et la gare des gros porteurs illustrent encore cette coopération dynamique. Ces deux équipements logistiques stratégiques, construits par l’entreprise turque De Meew (DM), représentent un investissement total de 68 milliards FCFA, dont 48,9 milliards apportés par Ankara. L’État sénégalais a complété le financement avec un apport d’environ 19 milliards FCFA. L’objectif affiché est de moderniser la chaîne d’approvisionnement alimentaire et d’optimiser la distribution des marchandises à grande échelle.

Dans le domaine du sport et de l’hôtellerie, la Turquie s’impose également comme un partenaire de premier plan. Le complexe Dakar Arena, avec sa salle multifonctionnelle de 15 000 places et ses installations annexes, a nécessité 119 millions d’euros d’investissement, soit environ 74 milliards FCFA. Quant au Radisson Blu Diamniadio, également réalisé par Summa, il affiche une capacité de 152 chambres pour un coût de 33 millions d’euros, soit plus de 21 milliards FCFA.

Ces projets traduisent une volonté de hisser le Sénégal au rang de hub régional à vocation économique, diplomatique, touristique et logistique. Mais au-delà des chiffres, la coopération sénégalo-turque repose sur un modèle original de co-construction. Les entreprises turques sont impliquées dans toutes les étapes des projets, du financement à la réalisation, avec une forte valeur ajoutée locale. Loin d’être de simples prestataires, elles contribuent à la transformation structurelle du pays en s’inscrivant dans la vision sénégalaise d’émergence.

À travers cette visite officielle en Turquie, Ousmane Sonko entend donner une nouvelle impulsion à cette dynamique. Le renforcement du Conseil de coopération stratégique de haut niveau et le rôle accru de la TIKA (Agence turque de coopération et de coordination) à Dakar laissent entrevoir un avenir encore plus ambitieux pour ce partenariat. Des secteurs comme l’industrie, la santé, l’éducation ou les énergies renouvelables pourraient constituer les prochains axes de collaboration.

Le Sénégal lance un nouvel emprunt obligataire de 300 milliards FCFA pour financer des projets structurants

L’État du Sénégal, à travers la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique, lance à compter du 19 juin 2025 une nouvelle opération d’emprunt obligataire d’un montant de 300 milliards de FCFA par Appel Public à l’Épargne (APE). La période de souscription est fixée du 19 au 30 juin 2025, offrant ainsi aux investisseurs institutionnels comme aux particuliers une nouvelle opportunité de placement.

Cette levée de fonds, structurée en plusieurs tranches, s’inscrit dans une dynamique de mobilisation de ressources internes, régionales et internationales en vue de financer des projets à fort impact économique et social. Les domaines prioritaires ciblés par cette opération comprennent les infrastructures, l’éducation, la santé, l’accès à l’eau potable, l’énergie, l’agriculture et la transformation numérique.

L’objectif principal de cet emprunt est double : d’une part, renforcer la souveraineté financière du pays en finançant les politiques publiques sans recourir excessivement à l’endettement extérieur, et d’autre part, offrir aux citoyens sénégalais et à la diaspora une opportunité concrète de participer au financement du développement national, à travers un produit d’investissement sécurisé et rentable.

Du point de vue technique, l’emprunt propose une valeur nominale unitaire de 10 000 FCFA. Trois maturités sont prévues : 6,60 % sur 5 ans, 6,75 % sur 7 ans, et 6,95 % sur 10 ans. Les investisseurs auront donc le choix de la durée selon leur profil de placement et leur appétence au risque. Les détails relatifs au montant affecté à chaque tranche seront précisés ultérieurement.

Cette opération intervient après le succès de l’emprunt obligataire lancé en mars 2025, qui avait permis à l’État de mobiliser 405 milliards FCFA sur le marché financier régional. Le Trésor sénégalais confirme ainsi son engagement à diversifier ses sources de financement tout en consolidant la confiance des investisseurs dans la signature souveraine du Sénégal.

L’opération devrait également renforcer l’inclusion financière, en encourageant une épargne citoyenne tournée vers des investissements porteurs de croissance et d’emplois. Elle témoigne enfin de la volonté des autorités de privilégier les mécanismes innovants et participatifs dans la conduite des politiques publiques.

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