Le Dakarois Quotidien N°406 – 26/02/2025
Étiquette : promoteurs
Logements sociaux : « 12 projets retenus, 18.000 ha dont 4.000 sécurisés et 20 promoteurs triés sur le volet » (Moussa Bala Fofana)
Le logement reste l’une des préoccupations majeures des Sénégalais, et constitue un enjeu stratégique pour les autorités du pays. En effet, les dépenses liées au logement, notamment le loyer, représentent jusqu’à 54% du budget d’un ménage. Face à cette réalité, il devient impératif de mettre en place des solutions durables pour répondre à la demande croissante en logements. C’est dans cette optique que le Programme National d’Accès au Logement et de la Rénovation Urbaine (PNALRU) a été lancé, visant à mobiliser le secteur bancaire pour faciliter l’accès au logement et stimuler le développement du crédit habitat.
Lors de la cérémonie de lancement du programme, présidée par le ministre de l’Urbanisme, Moussa Bala Fofana, en présence des acteurs du secteur bancaire et d’autres parties prenantes, l’importance de structurer le programme a été soulignée. Le ministre a insisté sur la nécessité d’une collaboration entre plusieurs ministères et acteurs clés, notamment ceux du secteur bancaire, des Systèmes Financiers Décentralisés (SFD), des assureurs, et d’autres. « Nous sommes conscients que le continent est confronté à des défis liés à la résorption du déficit en logements, et qu’ensemble, nous devons conjuguer nos efforts », a affirmé le ministre.
Le PNALRU s’inscrit dans une démarche à moyen et long terme, avec l’objectif de combler le déficit en logements et de garantir l’accès au logement pour tous. Ce programme se projette sur une période de dix ans, avec un objectif ambitieux : construire 500.000 logements pour répondre aux besoins urgents des citoyens.
Pour 2025, le gouvernement a déjà identifié 12 projets de logements, avec des sites et des promoteurs déjà sélectionnés. Ces projets sont répartis sur 18.000 hectares de terrain, dont 4.000 hectares sont déjà sécurisés. Le ministre Moussa Bala Fofana a précisé que la pose de la première pierre de ces projets devrait être actée cette année. « Nous avons sélectionné 20 promoteurs qui seront chargés de mener à bien ces projets », a-t-il ajouté.
Le ministre a également mis l’accent sur l’importance de suivre l’ensemble de la chaîne de production du logement, depuis l’extraction des matières premières jusqu’à la remise des clés aux bénéficiaires. Il a insisté sur la nécessité de prendre en compte les difficultés rencontrées par chaque acteur pour mieux répondre aux besoins réels et à la réalité du terrain.
L’ambition du gouvernement sénégalais est de répondre efficacement à la demande de logements tout en permettant un développement urbain harmonieux. La sélection rigoureuse des promoteurs et la sécurisation des terrains visent à garantir la réussite des projets et à minimiser les risques. Le rôle du secteur bancaire, ainsi que celui des SFD et des assureurs, est crucial pour la mobilisation des fonds nécessaires à la réalisation de ces projets ambitieux.
Le ministre Fofana a conclu en soulignant que la réussite du PNALRU dépend de l’implication de tous les acteurs concernés, y compris les autorités locales et les citoyens. « Il est essentiel de travailler ensemble pour transformer ce défi en opportunité, et garantir à chaque Sénégalais un accès à un logement décent », a-t-il déclaré.
Avec la mise en œuvre de ce programme, le Sénégal ambitionne de résoudre une partie de son déficit en logements, un défi qui a des répercussions sur de nombreuses familles et qui freine le développement du pays. Les 12 projets de logements, accompagnés d’une stratégie de financement solide et de la sélection de promoteurs compétents, marquent une avancée importante dans la réalisation de ce grand chantier national. Le suivi rigoureux de l’ensemble du processus, de la construction à la remise des clés, sera essentiel pour assurer le succès de cette initiative qui devrait transformer le paysage urbain sénégalais dans les années à venir.
Report des événements de lutte : 140 lutteurs et 7 promoteurs impactés par la décision du CNG
Le monde de la lutte sénégalaise traverse une période difficile après la décision prise par le ministère de l’Intérieur de suspendre la couverture sécuritaire des arènes de lutte jusqu’au 1er mars 2025. Cette décision, qui fait suite aux violences survenues lors du combat entre Franc-Ama Baldé et Babacar Diagne le dimanche 16 février 2025, a un impact majeur sur plusieurs acteurs du secteur.
Au total, ce sont 140 lutteurs qui sont affectés par cette suspension. Ces lutteurs étaient engagés dans des compétitions prévues sur les sept journées concernées par la mesure. Chaque journée devait réunir environ 10 lutteurs, soit un total de 70 lutteurs par semaine. Les compétitions avaient déjà été programmées, et plusieurs lutteurs avaient reçu des avances sur leurs cachets, anticipant ainsi la concrétisation de leurs contrats.
« Les lutteurs étaient déjà prêts, les organisateurs avaient tout préparé et, malheureusement, cette décision nous affecte gravement. Ce sont 140 lutteurs, chacun ayant son engagement, qui sont désormais dans l’incertitude », a déclaré Ousseynou Laye Dieng, membre du groupe des « Petits promoteurs ». Ces lutteurs se trouvent dans une situation précaire, les privant non seulement de leurs compétitions, mais aussi de leurs revenus pour les mois à venir.
Les promoteurs ne sont pas épargnés par cette décision. Au nombre de sept, ces acteurs clés de l’organisation des événements de lutte voient leurs projets suspendus. Ils avaient prévu d’organiser plusieurs combats et avaient investi temps et argent dans la préparation des événements. La suspension de la couverture sécuritaire a rendu impossible l’organisation des compétitions, et cela a un lourd impact sur leur activité économique.
Ces promoteurs, souvent appelés « petits promoteurs », ont exprimé leur mécontentement face à cette situation, soulignant que leurs investissements sont désormais en péril. Beaucoup d’entre eux comptaient sur ces événements pour maintenir leur activité dans un secteur déjà fragile économiquement.
Cette suspension de la couverture sécuritaire est une réponse directe aux violences survenues après le combat entre Franc-Ama Baldé et Babacar Diagne, qui ont entraîné la mort de ce dernier. Un événement tragique qui a choqué toute la communauté de la lutte, incitant les autorités à revoir les dispositifs de sécurité autour des combats.
Le ministre de l’Intérieur a justifié cette décision en soulignant la nécessité d’assurer la sécurité des lutteurs, du public et des organisateurs, afin d’éviter d’autres incidents tragiques. Selon le ministre, cette suspension vise à renforcer les mesures de sécurité et à instaurer des protocoles plus stricts pour encadrer les événements de lutte.
Alors que la lutte occupe une place essentielle dans la culture sénégalaise, il devient urgent de trouver un équilibre entre la sécurité et la reprise des compétitions. Les autorités sénégalaises ont promis de travailler en étroite collaboration avec les acteurs du milieu pour définir des normes de sécurité plus strictes tout en permettant aux lutteurs et aux promoteurs de reprendre leurs activités dans des conditions sûres.
Les lutteurs et les promoteurs espèrent que des solutions concrètes seront rapidement mises en place afin de relancer les compétitions sans compromis sur la sécurité. Le ministère de l’Intérieur a précisé qu’il allait intensifier ses efforts pour améliorer les conditions de sécurité et éviter de nouveaux drames dans l’avenir.
La lutte sénégalaise, une fierté nationale et un secteur qui emploie des milliers de personnes, reste un pilier du paysage sportif et culturel du pays. En attendant une solution durable, les acteurs du secteur devront faire face à une pause imprévu, qui pourrait affecter leur carrière et leurs finances.
Le secteur de la lutte sénégalaise se trouve donc à un tournant. Les lutteurs et les promoteurs sont dans l’attente de mesures compensatoires et de solutions à long terme. Le gouvernement, de son côté, assure qu’il met tout en œuvre pour garantir un environnement sûr pour les compétitions futures. En attendant, la communauté de la lutte reste mobilisée, avec l’espoir que ce secteur pourra rapidement retrouver son dynamisme et sa popularité.