Rationalisation des dépenses publiques : Ousmane Sonko encadre les missions à l’étranger

Dans un effort de rationalisation des dépenses publiques, le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a pris une série de mesures visant à mieux encadrer les missions à l’étranger des agents de l’État. Cette décision, qui fait suite aux recommandations de la première édition de la Conférence des administrateurs et managers publics (CAMP) du 20 janvier dernier, vise à renforcer la bonne gouvernance et le contrôle de l’action publique.

Dans une circulaire récemment publiée, le chef du gouvernement a rappelé l’existence du décret n°2017-1371 du 27 juin 2017, qui réglemente les déplacements à l’étranger et fixe les taux des indemnités. Il a également mentionné l’instruction primatoriale n°0005PM/SGG/DAGE du 14 novembre 2022, prise pour mieux encadrer ces missions. Cependant, malgré ces dispositifs, des irrégularités persistent, justifiant ainsi un rappel strict des règles en vigueur.

Le Premier ministre a ainsi défini des mesures claires et contraignantes pour les missions à l’étranger des membres du gouvernement, des magistrats, des militaires et des autres agents de l’État. Ces mesures incluent :

1. Révision des indemnités journalières

Les indemnités journalières allouées aux hauts responsables varient selon les zones géographiques :

• Zone 1 (Amérique du Nord, Amérique Latine et Asie) : 250 000 F CFA

• Zone 2 (Europe, Royaume-Uni, Afrique Australe et du Nord) : 250 000 F CFA

• Zone 3 (Afrique de l’Ouest, Centrale et de l’Est) : 200 000 F CFA

• Zone 4 (Nouvelle-Zélande, Australie) : 250 000 F CFA

• Pour les autres agents de l’État, une indemnité unique de 150 000 F CFA, quel que soit le pays de destination.

2. Réorganisation des classes de voyage

• Première classe : Réservée exclusivement au Président de la République, au Président de l’Assemblée nationale et au Premier ministre.

• Classe Affaires : Attribuée aux présidents de cours et tribunaux, ministres, secrétaires d’État, ambassadeurs, recteurs d’universités, hauts commandants de la gendarmerie, chef d’état-major général des armées (CEMGA), etc.

• Classe Économique : Imposée à tous les autres agents de l’État et personnel des agences et entités publiques.

3. Exigence d’une autorisation préalable

Désormais, tout déplacement à l’étranger nécessite une approbation formelle du Premier ministre. Pour le personnel de la Présidence, cette autorisation relève du Ministre Secrétaire général de la Présidence. De plus :

• Les demandes doivent être soumises au moins 15 jours avant la date prévue du départ.

• Un calendrier trimestriel des missions doit être élaboré et transmis 15 jours avant le début du trimestre.

• Les délégations internationales sont limitées à un maximum de trois personnes.

4. Mesures strictes pour limiter les abus

Pour éviter toute dérive budgétaire, plusieurs restrictions ont été imposées :

• Encouragement à utiliser les missions diplomatiques existantes pour limiter les coûts.

• Interdiction d’utiliser les Fonds d’équipement pour financer des missions à l’étranger.

• Interdiction de prise en charge des missions par des organisations privées.

• Interdiction de régulariser les ordres de mission après la date de départ, mettant fin aux pratiques de validation a posteriori.

Avec ces nouvelles directives, le gouvernement sénégalais entend maîtriser les dépenses liées aux voyages officiels et promouvoir une gestion plus rigoureuse des ressources publiques. Cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large de transparence et de rationalisation des finances publiques, l’un des engagements clés du Premier ministre Ousmane Sonko depuis son entrée en fonction.

Rationalisation et financement des partis politiques au Sénégal : Vers une réforme attendue

Dans son discours à la Nation la veille du 4 avril, le Président Bassirou Diomaye Faye a abordé une série de réformes à entreprendre, parmi lesquelles figurent la rationalisation du nombre de partis politiques et leur financement. Cette annonce a suscité des réactions mitigées, avec des appels à une réforme effective et inclusive.

Ass Babacar Guèye, chargé des élections pour le parti Rewmi, s’est exprimé positivement à propos de cette initiative, la qualifiant de « bonne chose ». Il a souligné que le Sénégal comptait actuellement 336 partis politiques, dont la plupart ne présentent que rarement des candidats aux élections. Selon lui, beaucoup de ces partis sont en réalité des membres de coalitions cherchant principalement à obtenir des avantages politiques.

Cependant, Guèye a également reconnu les défis à relever dans la mise en œuvre de cette réforme. Il a noté que malgré les discussions récurrentes sur cette question au cours des dernières années, aucun progrès significatif n’avait été réalisé. Il espère néanmoins que cette fois-ci sera différente, en raison de l’affirmation de la volonté politique au plus haut niveau.

Pour concrétiser cette réforme, l’opposant a proposé la tenue de vastes consultations inclusives afin de donner un contenu concret à cette problématique, notamment en ce qui concerne le financement des partis politiques une fois qu’ils auront été rationalisés.

La rationalisation et le financement des partis politiques sont des questions cruciales pour consolider le paysage politique sénégalais et renforcer la démocratie. Une approche collaborative et transparente dans l’élaboration de ces réformes sera essentielle pour garantir leur succès et leur légitimité auprès de la population.

Cette annonce marque ainsi le début d’un processus complexe mais nécessaire pour moderniser et dynamiser le système politique du Sénégal, tout en garantissant une représentation politique plus authentique et efficace pour ses citoyens.

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