Retard de Paiement des Salaires à Kolda : Le Maire Mame Boye Diao Apporte des Éclaircissements

À Kolda, la tension est montée d’un cran ces derniers jours suite au mécontentement des travailleurs municipaux, qui ont brandi la menace d’une grève si leurs salaires n’étaient pas versés dans les plus brefs délais. Face à cette situation, le maire Mame Boye Diao, joint par téléphone, a tenu à clarifier les raisons du retard, qu’il qualifie de « situation indépendante de sa volonté ».

Selon l’édile, la principale cause du blocage serait liée à un problème de gestion informatique au niveau de la trésorerie de Kolda, conjugué à la réception tardive du procès-verbal d’approbation budgétaire. « Pourtant, le conseil municipal avait tenu une session le mois dernier, spécialement consacrée au virement de crédits nécessaires pour assurer le paiement des salaires et des émoluments dus aux agents », a-t-il rappelé.

Mais au-delà de ces aspects techniques et administratifs, Mame Boye Diao pointe un mal plus profond : la rareté des ressources financières disponibles pour les collectivités territoriales. Il cite en exemple l’absence prolongée de plusieurs financements cruciaux. « Le PACASEN 2024 et 2025 n’ont toujours pas été reversés. Les fonds de concours, les dotations et même certaines ristournes attendues des prestataires de l’État n’ont pas encore été versés. Cela crée une situation financièrement catastrophique pour les mairies », a-t-il déploré.

Autre difficulté majeure évoquée : le système informatique GFILOG, censé faciliter la gestion comptable des collectivités territoriales. Ce logiciel, selon le maire, est sujet à des pannes fréquentes, ce qui perturbe fortement le traitement des informations nécessaires à la validation des paiements.

« Ce matin encore, alors que le document de paiement est bien arrivé à la trésorerie, les agents n’ont toujours pas été payés », regrette-t-il. Il indique par ailleurs que la trésorerie de Kolda a exigé un réajustement des impôts et charges sociales dus par les agents, à cause d’un mécanisme de calcul défaillant.

Face à ce contexte complexe, les services municipaux ont été contraints de réévaluer et d’harmoniser la grille de rémunération ainsi que celle des incidences sur les charges sociales. « C’est ce cumul de facteurs qui a mené à cette impasse », conclut Mame Boye Diao, appelant à la patience et à la compréhension des travailleurs municipaux.

Thiès – Les travailleurs des postes et télécommunications manifestent contre le retard des salaires et la crise de La Poste

L’Union régionale du Syndicat national des travailleurs des postes et télécommunications de Thiès a organisé ce matin un sit-in devant la direction régionale des postes, située sur l’Avenue Caën. Cette manifestation vise à dénoncer les conditions de travail précaires que les employés endurent depuis plusieurs années.

Selon El Hadj Babacar Diallo, secrétaire général de l’Union régionale, la situation financière des employés est devenue insoutenable. « Depuis des années, les salaires ne sont versés qu’autour du 15 du mois. Ce mois d’octobre est encore pire : nos enfants ne sont toujours pas inscrits à l’école en raison non seulement des retards de salaires, mais aussi de l’absence des avances de scolarité », a-t-il déclaré.

Les postiers de Thiès estiment que cette situation est le résultat de plusieurs facteurs, dont la concurrence déloyale qui, selon Diallo, a gravement affecté les activités postales. Il a également pointé du doigt la responsabilité de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) dans cette crise, en déplorant l’absence de régulation efficace pour soutenir La Poste dans ses missions.

Parmi les revendications des manifestants, on retrouve le rétablissement des services essentiels de La Poste, tels que le paiement des pensions de l’IPRES, les inscriptions et bourses des étudiants, ainsi que la domiciliation des salaires des fonctionnaires et le paiement des factures d’eau et d’électricité via les guichets de poste. « Il est crucial que la filiale Postefinances assure pleinement son rôle d’inclusion financière. Pour ce faire, la création d’une banque postale, à l’image de ce qui a été fait au Burkina Faso, est une priorité », a ajouté le secrétaire général.

Diallo a également évoqué la nécessité de développer la filiale EMS pour garantir la distribution du courrier accéléré et hybride, ainsi que la vente de billets d’avion aux missions diplomatiques.

Le secrétaire général a enfin rappelé que le syndicat national des travailleurs des postes a saisi le ministre de tutelle le 25 septembre dernier, demandant une audience pour discuter de mesures inclusives en vue de relancer La Poste et de stabiliser la situation des employés.

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