Réouverture du corridor Dakar–Nouakchott : le Sénégal et la Mauritanie relancent leur coopération dans le transport routier

Après plus de quinze années de blocage, le Sénégal et la Mauritanie ont franchi une étape décisive dans le renforcement de leurs relations bilatérales en levant le gel de l’accord sur le transport routier de personnes et de marchandises. Cette relance historique permet la réouverture officielle du corridor Dakar–Nouakchott, un axe stratégique pour les échanges commerciaux sous-régionaux.

Ce vendredi, dans les locaux de la Société des Bacs de Mauritanie, une cérémonie officielle a marqué l’entrée en vigueur de cet accord tant attendu. Étaient présents le ministre mauritanien de l’Équipement et des Transports, Ely Ould El Veirik, et son homologue sénégalais, Yankhoba Diémé, qui ont procédé à la signature d’une déclaration conjointe entérinant l’opérationnalisation de cet accord bilatéral.

Depuis plus de quinze ans, les transporteurs sénégalais étaient contraints de décharger leurs marchandises à la frontière mauritanienne. Ces dernières étaient ensuite reprises par des opérateurs locaux, créant ainsi un goulet d’étranglement logistique, ralentissant les échanges et pénalisant les acteurs économiques des deux pays. La levée de cette contrainte, à travers la suppression du principe de déchargement à la frontière, marque un tournant crucial vers la fluidification des flux commerciaux.

« La mise en œuvre de cet accord, ainsi que les facilités pratiques de transit qu’il prévoit, sont susceptibles de lancer une nouvelle dynamique pour améliorer le climat des affaires, encourager les transactions commerciales et élargir le cercle des interactions humaines », a souligné le ministre mauritanien, M. Ely Ould El Veirik.

Cette relance s’inscrit dans un contexte de coopération bilatérale intensifiée, notamment autour du projet gazier GTA (Grand Tortue Ahmeyim), exploité conjointement par les deux pays. Elle est également le fruit d’un climat politique favorable, marqué par la convergence de vues entre le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye.

Pour le ministre sénégalais Yankhoba Diémé, cet accord est à la fois un symbole de rapprochement historique et un outil de gestion moderne des relations transfrontalières. « La mobilité n’a jamais été une exception dans notre région, mais une caractéristique essentielle des sociétés ouest-africaines. Elle constitue un facteur de résilience sociale, de transmission culturelle et d’intégration régionale », a-t-il affirmé.

Il a également salué l’esprit de concertation qui anime cette coopération, évoquant notamment la récente visite du Premier ministre Ousmane Sonko en Mauritanie comme « un moment stratégique majeur », qui a permis de consolider les bases d’un partenariat multidimensionnel.

Au-delà des considérations politiques, l’accord prend en compte les préoccupations concrètes des professionnels du transport. Un comité technique mixte a été mis en place pour étudier les tarifs de transport de personnes et de marchandises et veiller à l’équité dans la mise en œuvre du dispositif.

Pour Mohamedou Ould Sidi, président de la Fédération nationale des transports mauritaniens, cet accord « offre de nombreuses opportunités aux transporteurs » tout en instaurant un cadre plus juste, transparent et bénéfique aux deux parties.

La réouverture du corridor intervient en attendant l’achèvement du pont de Rosso, infrastructure majeure en construction qui viendra renforcer davantage la connectivité entre les deux pays. En attendant, les échanges commerciaux devraient connaître une reprise progressive, à la faveur de cette levée de restrictions logistiques.

Des États Généraux du Transport Routier au Sénégal : Vers une Modernisation du Secteur

Le secteur du transport routier au Sénégal s’apprête à vivre un moment décisif avec l’annonce des États Généraux des Transports. Cette initiative, lancée par le Ministre des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens, M. Malick Ndiaye, vise à réunir l’ensemble des acteurs du secteur pour débattre des enjeux majeurs et proposer des solutions concertées.

Lors d’une première rencontre avec les responsables des syndicats du transport routier, le Ministre Ndiaye a annoncé la tenue imminente de ces assises, prévues avant la fin du mois de juillet. Ces États Généraux sont destinés à être un moment clé de réflexion, de concertation et de partage d’idées sur l’avenir du transport public au Sénégal.

Ces États Généraux s’inscrivent dans une perspective de transformation rapide et intégrale du transport public, conformément aux instructions du Président de la République, M. Bassirou Diomaye Diakhar Faye. L’objectif est de bâtir un système de transport moderne, sûr, rentable et respectueux de l’environnement.

Le Ministre Ndiaye a souligné l’importance de la participation de toutes les parties prenantes du secteur, y compris les syndicats, les opérateurs privés, les institutions publiques et la société civile. Ces États Généraux seront l’occasion de débattre des défis actuels du transport routier, tels que la sécurité routière, la qualité des infrastructures, la réglementation et la gouvernance du secteur.

Cette annonce témoigne de l’engagement du Gouvernement sénégalais à moderniser le secteur du transport routier et à répondre aux besoins des citoyens en matière de déplacement. Les États Généraux des Transports s’annoncent ainsi comme une étape cruciale dans cette démarche de transformation et d’amélioration continue du transport public au Sénégal.

Ces États Généraux offrent une opportunité unique de mobiliser les énergies et les idées pour construire un avenir meilleur pour le transport routier au Sénégal. Ils constituent une démarche participative et inclusive visant à élaborer des solutions innovantes et durables pour répondre aux besoins de la population en matière de déplacement.

Nouveau ministre des Transports : Déplacement nocturne sur les lieux d’un drame routier

El Malick Ndiaye, récemment nommé ministre des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens, a effectué son premier déplacement sur le terrain dans des circonstances tragiques. Revêtu d’une tenue de terrain et coiffé d’une casquette, il s’est rendu nuitamment à Koungheul, dans la région de Kaffrine, où un accident de la route a coûté la vie à 14 personnes.

Cet accident, survenu à la suite de l’éclatement d’un pneu de bus, a été le point de départ d’une série d’événements tragiques. Quelques heures après le drame de Koungheul, quatre autres personnes ont perdu la vie dans des circonstances similaires à Thiadiaye, suivies de trois autres à Keur Souleye Thiam, près de Nioro du Rip. En moins de 24 heures, le bilan des victimes s’est alourdi pour atteindre un total de 21 décès.

Face à cette série d’accidents mortels, El Malick Ndiaye a exprimé son émotion et a appelé à des mesures plus strictes pour garantir la sécurité routière. Il a dénoncé l’irresponsabilité de certains chauffeurs et a plaidé en faveur du durcissement des sanctions contre les comportements dangereux sur la route.

Cependant, ces tragédies rappellent également l’importance de faire respecter les mesures déjà en place pour prévenir de tels accidents. Le gouvernement précédent avait pris des initiatives telles que l’interdiction des voyages nocturnes en bus et l’interdiction d’importer des pneus d’occasion. Malgré cela, les récents événements soulèvent des questions sur l’application effective de ces règles.

Le défi pour les nouvelles autorités est désormais de veiller à ce que toutes les mesures nécessaires soient mises en œuvre et respectées pour assurer la sécurité des usagers de la route. Le drame de Koungheul met en lumière la nécessité d’une action concertée pour lutter contre l’insécurité routière et éviter de nouvelles pertes tragiques.

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