Dans une sortie remarquée dans L’Observateur, Samba Sy, ancien ministre et secrétaire général du Parti de l’indépendance et du travail (PIT), aujourd’hui coordonnateur du Front pour la défense de la République (FDR), a lancé une sévère mise en garde contre ce qu’il qualifie de dérives préoccupantes du pouvoir en place. Selon lui, le Sénégal fait face à une crise politique et institutionnelle d’autant plus grave qu’elle provient de l’intérieur même de l’appareil d’État.
« Les ressorts essentiels de la Nation sont attaqués », a-t-il déclaré, soulignant que les menaces ne viennent plus d’acteurs extérieurs, mais de ceux qui « détiennent aujourd’hui les leviers de l’État ». L’homme politique estime que l’exercice du pouvoir a eu pour effet de « grossir les traits » de certains dirigeants et de révéler des comportements « inquiétants » qui mettent en péril la stabilité du pays.
L’ancien ministre a notamment dénoncé le climat délétère qui s’installe entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire. Il a particulièrement critiqué les propos du Premier ministre Ousmane Sonko à l’endroit des magistrats, qualifiés d’« affligeants » et dangereux pour l’équilibre républicain. « Même un citoyen simple ne devrait pas s’exprimer ainsi », a-t-il martelé, estimant que « délégitimer la justice, c’est fragiliser tout l’édifice social ».
Au-delà de l’impact institutionnel, Samba Sy alerte également sur les conséquences économiques d’un tel discours. À ses yeux, les attaques verbales contre l’appareil judiciaire et les remises en cause systématiques de l’ordre établi nuisent à la confiance des investisseurs et à la stabilité économique. « Ce type de discours, porté pour faire ombrage au régime sortant, nous a valu le sort qui est le nôtre aujourd’hui », a-t-il conclu.