Le bras de fer entre l’Alliance And Gueusseum et le Gouvernement sénégalais connaît une nouvelle escalade. Dans son communiqué n°11, le syndicat annonce une grève totale de 48 heures, prévue les 23 et 24 juillet prochains, sans prise en charge des urgences ni mise en place d’un service minimum. Une décision qui marque un tournant dans le mouvement de contestation engagé depuis plusieurs semaines et qui risque de perturber fortement le fonctionnement des structures sanitaires publiques.
À travers ce nouveau mot d’ordre, l’Alliance And Gueusseum entend accentuer la pression sur les autorités afin d’obtenir une réponse concrète à ses revendications, tout en dénonçant ce qu’elle considère comme l’absence de dialogue et le non-respect des engagements pris par l’État envers les travailleurs du secteur de la santé.
Dans son communiqué, l’organisation syndicale revient également sur le contexte social qui prévaut dans le pays. Elle rappelle n’avoir jamais adhéré au Pacte de stabilité économique et sociale signé entre le Gouvernement et certaines centrales syndicales qualifiées de « plus représentatives ». Pour And Gueusseum, la grève générale observée le 10 juillet dernier par ces mêmes organisations, en raison du non-respect des engagements contenus dans ce pacte, constitue une reconnaissance implicite de la pertinence de sa position, défendue depuis plusieurs années en marge des mécanismes officiels de concertation.
L’Alliance estime ainsi que les événements récents confortent son analyse selon laquelle les accords conclus avec les pouvoirs publics n’ont pas permis d’apporter des réponses durables aux préoccupations des travailleurs.
Le communiqué cible également le ministre de la Fonction publique et du Travail, Mamadou Lamine Dianté. Sans remettre en cause sa fonction actuelle, le syndicat rappelle qu’il fut auparavant président du Haut Conseil du Dialogue social et qu’il a participé à l’élaboration du Pacte de stabilité économique et sociale. Pour And Gueusseum, le fait que ce dernier évoque aujourd’hui d’éventuelles sanctions contre les agents grévistes traduit une contradiction dans la conduite du dialogue social et illustre, selon elle, le changement de posture de l’État face aux revendications syndicales.
Sur le fond, les revendications de l’Alliance demeurent inchangées. Le syndicat réclame notamment le paiement de l’indemnité de logement aux agents contractuels du ministère de la Santé et des établissements publics de santé, la mise en œuvre effective de la fonction publique territoriale ainsi que la régularisation foncière des bénéficiaires du programme SUTSAS-Namora à Daga-Kholpa.
Au-delà de cette grève de 48 heures, And Gueusseum annonce le maintien et le renforcement de plusieurs actions de pression. Parmi celles-ci figurent le boycott du Programme national de télésanté (PNT), le refus de participer aux missions de supervision ainsi que la menace de suspendre la transmission des données du système d’information sanitaire. Des mesures qui pourraient avoir des répercussions importantes sur le suivi des activités sanitaires et l’organisation des services de santé à l’échelle nationale.