Le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a promulgué le 27 janvier 2026 le décret n°2026-66 modifiant le décret n°74-347 du 12 avril 1974 relatif au régime spécial applicable aux agents non fonctionnaires de l’État. Cette réforme intervient dans le cadre de la politique nationale de valorisation du capital humain, inscrite dans le référentiel « Sénégal 2050 : Agenda National de Transformation », et vise à renforcer l’administration publique en revalorisant la situation de ces agents.
Depuis 1974, le décret initial n’avait pas prévu de manière explicite certaines catégories d’agents non fonctionnaires, notamment ceux engagés à un emploi particulier ou par référence à un corps de fonctionnaires relevant des statuts particuliers des cadres des fonctionnaires de l’Enseignement, de l’Éducation populaire, de la Jeunesse et des Sports ou de l’Éducation artistique et musicale. Cette absence de prévision avait entraîné des inégalités dans les conditions d’avancement et de reclassement, ainsi qu’un manque de reconnaissance formelle pour des agents longtemps engagés dans des missions spécifiques au sein de l’administration.
Le nouveau décret corrige ces limites en prévoyant plusieurs mesures clés. Désormais, les agents non fonctionnaires de l’État reclassés par référence à l’un des corps de fonctionnaires bénéficient des mêmes modalités de reclassement et des mêmes conditions d’avancement que leurs homologues fonctionnaires. En outre, un rappel d’ancienneté civile, valable pour l’avancement, est institué pour les agents reclassés après l’obtention d’un diplôme professionnel ouvrant accès à l’un des corps visés par le décret. Ce rappel d’ancienneté, fixé à 40 % de la période de service antérieure, est accordé à titre exceptionnel et ne peut excéder la date d’entrée en vigueur du décret. Les agents concernés disposent d’un délai de deux ans pour déposer leur demande.
Le décret précise également la rémunération des agents non fonctionnaires, qui correspond désormais à l’indice attaché au grade ou à l’échelon du corps de référence ou de l’emploi particulier. Les modalités d’avancement sont alignées sur celles des fonctionnaires, avec un passage automatique d’échelon selon l’ancienneté requise et des tableaux d’avancement établis par le ministère de la Fonction publique. La mise en œuvre de ces mesures est encadrée par une commission d’avancement composée de représentants de la Présidence, du Premier ministre, du ministère des Finances, du ministère du Plan et de membres du personnel désignés par les syndicats les plus représentatifs.
Pour l’administration, cette réforme constitue un signal fort en faveur de la reconnaissance des agents non fonctionnaires, souvent en première ligne dans l’exécution des missions de l’État, mais jusqu’ici confrontés à des conditions d’emploi moins sécurisées. Elle s’inscrit également dans la dynamique globale de modernisation de la Fonction publique et de valorisation des ressources humaines, conformément aux ambitions du Sénégal pour 2050.
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Sénégal – LFR 2025 : Un budget de réajustement face aux défis économiques
Le gouvernement sénégalais a dévoilé le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour l’année 2025. Ce document marque un tournant stratégique dans l’exécution budgétaire du pays, en pleine mutation économique. Il s’inscrit dans la dynamique de transformation inscrite dans l’Agenda national « Sénégal 2050 », tout en prenant en compte les mutations économiques récentes à l’échelle mondiale et nationale.
Au niveau international, l’économie mondiale fait face à un net ralentissement. La croissance mondiale a été révisée à la baisse, à 2,3 % pour 2025 et 2,4 % pour 2026, selon les dernières perspectives de la Banque mondiale. Cette dégradation est portée par un cumul de facteurs : une intensification des tensions commerciales provoquées par les nouvelles barrières tarifaires américaines, des réponses de rétorsion de la part des partenaires commerciaux, des perturbations persistantes dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, des conditions de financement difficiles malgré un léger relâchement des politiques monétaires des grandes banques centrales, ainsi qu’un risque de récession mondiale qui s’est accentué. Celui-ci est passé de 17 % en octobre 2024 à 30 % en avril 2025.
À ces facteurs s’ajoutent les effets géopolitiques du conflit en cours entre Israël et l’Iran. Cette guerre provoque une instabilité aux conséquences économiques lourdes pour les pays en développement comme le Sénégal, qui subissent à la fois une baisse de la demande extérieure, une forte volatilité des cours des matières premières et une hausse des coûts de financement. Le climat d’incertitude pourrait également décourager l’investissement privé dans l’économie sénégalaise.
Sur le plan national, le gouvernement a dû revoir son cadrage macroéconomique. Plusieurs éléments expliquent ce réajustement. Il s’agit d’abord de la prise en compte des conclusions du rapport de la Cour des comptes, qui a entraîné une actualisation du service de la dette et une reprogrammation réaliste des dépenses d’investissement. Par ailleurs, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a assoupli sa politique monétaire en réduisant ses taux : le taux directeur est passé de 3,5 % à 3,25 %, tandis que le taux de prêt marginal est désormais fixé à 5,25 % au lieu de 5,5 %.
Conséquence directe de ces ajustements, le gouvernement a revu à la baisse ses projections économiques. La croissance, initialement attendue à 8,8 %, est désormais réévaluée à 8,0 %. Bien qu’en recul, cette performance demeure la plus élevée prévue sur le continent africain pour l’année 2025. Elle reste essentiellement portée par l’entrée en production du secteur des hydrocarbures, qui constitue un levier majeur dans la stratégie de croissance du pays.
En revanche, la croissance hors hydrocarbures, estimée à 3,8 %, s’appuiera sur une relance ciblée de secteurs stratégiques jugés à fort potentiel. Toutefois, cette dynamique est atténuée par une contraction du produit intérieur brut nominal. Celui-ci est désormais projeté à 21 690,5 milliards de FCFA, contre 22 597,7 milliards prévus initialement, soit une baisse de 907,2 milliards FCFA représentant une réduction de 4,0 %.
Relations avec le FMI : Ce que prévoit le nouveau programme avec le Sénégal
Dans un contexte de réajustement budgétaire et de clarification des finances publiques, le Sénégal et le Fonds Monétaire International (FMI) se dirigent vers un nouveau cadre de coopération. Cette évolution intervient après que des écarts importants ont été relevés entre les informations budgétaires transmises officiellement entre 2019 et 2024, et les conclusions de l’audit mené par la Cour des comptes. À la suite de ces constats, le FMI a suspendu temporairement les décaissements prévus dans le cadre de l’accord de prêt signé en juin 2023 avec le précédent gouvernement, une décision convenue d’un commun accord avec les autorités sénégalaises.
Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a apporté des éclaircissements ce jeudi 20 juin à Ziguinchor, en marge de l’inauguration du nouveau Service de Contrôle Régional des Finances. Il a expliqué que cette suspension vise à permettre une évaluation complète et rigoureuse des erreurs de communication d’informations comptables et budgétaires, qui entachent la crédibilité des comptes publics. Dans cette dynamique, les deux parties ont entamé des discussions en vue d’un nouveau programme, qui reposera sur les données réelles mises en lumière par la Cour des comptes.
Ce nouveau programme économique et financier est conçu comme un tournant stratégique. Il est articulé autour de la vision Sénégal 2050, du master plan et de la Stratégie nationale de développement (SND). Son objectif principal est de restaurer la confiance dans la gestion des finances publiques en mettant en œuvre des réformes de fond. Il s’agit notamment de corriger les dysfonctionnements systémiques identifiés dans le pilotage budgétaire et comptable, tout en établissant une trajectoire plus viable et transparente pour les finances de l’État.
Cheikh Diba a souligné que ce processus prendra pleinement en compte les risques liés à l’endettement public. Une meilleure maîtrise de la dette figure donc parmi les priorités du nouveau cadre, avec une attention particulière portée à la discipline budgétaire, à la transparence et à la gestion efficace des ressources.
En attendant la finalisation du nouveau programme, le FMI continue d’accompagner techniquement le Sénégal, notamment dans des secteurs jugés stratégiques. Parmi ceux-ci figurent la mobilisation accrue des recettes fiscales, l’optimisation de la gestion des investissements publics et la réforme structurelle du secteur de l’énergie.
Ce réalignement avec le FMI marque une volonté affichée du gouvernement sénégalais de renforcer la gouvernance économique et de consolider les bases d’un développement soutenu, fondé sur des finances publiques assainies et crédibles.
Sénégal 2050 : L’Africa Finance Corporation débloque 900 millions d’euros pour accélérer les projets stratégiques du pays
Le président Bassirou Diomaye Faye a reçu, ce lundi 14 avril 2025, au Palais de la République, une délégation de haut niveau de l’Africa Finance Corporation (AFC), conduite par son président-directeur général, M. Samaïla Zubairu. L’audience marque une étape importante dans le renforcement des relations entre le Sénégal et cette institution panafricaine de financement du développement.
À l’issue de la rencontre, un engagement financier de 900 millions d’euros (soit environ 590 milliards de FCFA) a été annoncé pour appuyer les projets structurants inscrits dans la Vision Sénégal 2050, feuille de route stratégique du gouvernement visant la transformation économique et sociale du pays à long terme.
Selon les informations disponibles, les fonds annoncés serviront à soutenir les projets relevant de secteurs névralgiques :
- Infrastructures : L’AFC entend accompagner le Sénégal dans la modernisation de ses infrastructures routières, portuaires et ferroviaires. Des investissements sont prévus notamment dans les corridors logistiques, les zones industrielles et la réhabilitation d’infrastructures stratégiques.
- Énergie : Une part importante du financement sera orientée vers les énergies renouvelables (solaire, éolien, gaz naturel) avec comme objectif de renforcer l’autonomie énergétique du pays, tout en facilitant l’accès à une électricité abordable pour les ménages et les entreprises.
- Transport : Des projets liés au transport urbain et interurbain (bus rapides, extensions ferroviaires, plateformes logistiques) figurent également dans les discussions, dans une logique d’amélioration de la mobilité et de désenclavement.
- Industrialisation : Le soutien de l’AFC devrait contribuer à la montée en puissance de secteurs industriels porteurs, notamment l’agro-industrie, le textile, et les matériaux de construction, avec un accent sur la transformation locale des ressources naturelles.
Créée en 2007, l’Africa Finance Corporation est une institution financière panafricaine spécialisée dans le financement des infrastructures et de l’industrialisation sur le continent. Elle opère dans plus de 35 pays et a déjà mobilisé plusieurs milliards de dollars dans divers projets.
M. Samaïla Zubairu, à la tête de la délégation, a salué « la vision claire du gouvernement sénégalais », ajoutant que l’AFC était disposée à accompagner le pays sur le long terme, avec des solutions sur mesure, incluant des investissements directs, des prêts, des garanties financières et des conseils techniques.
Pour le gouvernement, cet engagement est un signal fort de confiance dans la nouvelle trajectoire économique du pays. Le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, présent lors de l’audience, a souligné que cette enveloppe « sera alignée avec les priorités définies par la Vision Sénégal 2050 », en lien avec les objectifs de souveraineté économique, de justice sociale et d’aménagement du territoire.
DPG : « L’articulation des politiques sectorielles au référentiel Sénégal 2050 est une bonne nouvelle », magnifie Omar Diop
M. Omar Diop a salué la pertinence de la Déclaration de Politique Générale (DPG) présentée par le Premier ministre Ousmane Sonko ce vendredi 27 décembre devant l’Assemblée nationale. Selon lui, la bonne articulation des politiques sectorielles avec le nouveau référentiel, à savoir l’Agenda National de Transformation Sénégal 2050, constitue une avancée majeure pour le pays.
« Dans sa déclaration, le Premier ministre a mis en avant les marqueurs clés du nouveau référentiel des politiques publiques, l’Agenda National de Transformation Sénégal 2050. L’ambition des nouvelles autorités est de promouvoir un développement endogène et durable, porté par un secteur privé national fort, avec des territoires responsabilisés, viables et compétitifs, tout en jetant les bases de notre souveraineté », a expliqué M. Diop, spécialiste en intelligence économique et en stratégies.
Pour M. Diop, cette approche exige une rupture systémique, qui repose sur une bonne articulation des politiques sectorielles avec la doctrine du nouveau référentiel. Les Lettres de Politique Sectorielle (LPS) des différents ministères doivent ainsi intégrer les marqueurs clés suivants :
• La subdivision du territoire national en huit pôles de développement.
• Le renforcement des interventions du gouvernement pour développer le capital humain, assurer l’accès universel aux services sociaux de base, et élargir les programmes d’équité sociale.
• La transformation des ressources naturelles grâce à une politique d’industrialisation.
• Le développement des villes secondaires, afin d’en faire des épicentres des différents pôles de développement.
• La souveraineté, à travers une vision holistique et structurée.
La Banque de la Diaspora, un projet ambitieux
M. Omar Diop a également applaudi la création de la Banque de la Diaspora, un projet rendu possible grâce à la signature d’un partenariat entre la BNDE et la fintech Kopar Express. Cette banque permettra aux Sénégalais de la diaspora d’ouvrir des comptes à distance, d’effectuer des transactions et de participer au financement de projets publics.
« Beaucoup de nos compatriotes vivant à l’étranger font face à de grandes difficultés et paient des commissions exorbitantes aux banques étrangères. La création de cette institution financière permettra à l’État de capter des liquidités tout en facilitant, pour nos frères de la diaspora, l’accès au logement grâce aux politiques développées par le gouvernement », a-t-il précisé.
Par ailleurs, M. Diop a salué l’intégration des daaras (écoles coraniques) dans le système éducatif national, une mesure qu’il qualifie d’avancée capitale pour un enseignement inclusif.
« Le Sénégal ne peut se priver de la contribution des daaras, qui jouent un rôle essentiel dans la formation de milliers d’enfants. La modernisation de ces écoles, à travers des infrastructures adaptées et des programmes harmonisés avec l’enseignement classique, favorisera l’épanouissement d’une jeunesse équilibrée, porteuse des valeurs culturelles et spirituelles de notre pays », a-t-il souligné.
Enfin, l’auteur du livre Sénégal de mes rêves rappelle qu’il faudra beaucoup de résilience et de patience aux populations sénégalaises pour accompagner cette dynamique de transformation.
« Les fruits des sacrifices consentis aujourd’hui ne seront perceptibles que sur le long terme. Mais cette transformation est essentielle pour un avenir prospère et souverain », a conclu M. Omar Diop.
Amadou Ba critique la Vision Sénégal 2050 : Une continuité du PSE, mais des doutes sur sa mise en œuvre
L’ancien Premier ministre Amadou Ba a exprimé ses réflexions sur la Vision Sénégal 2050, un programme de développement récemment dévoilé par le président Diomaye Faye, en affirmant qu’il s’agit d’une extension du Plan Sénégal Émergent (PSE) qu’il avait contribué à mettre en place sous Macky Sall. Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 21 octobre au siège du Parti socialiste, le chef de la coalition Jam ak Jerign a souligné que cette nouvelle vision repose largement sur les bases du PSE, qu’il avait pilotées en tant que ministre des Finances entre 2014 et 2019.
« Cette Vision Sénégal 2050 reprend largement les bases établies par le PSE, à travers ses trois axes. Cette vision de développement que j’ai pilotée de 2014 à 2019 en tant que ministre des Finances », a-t-il déclaré. Selon lui, le programme est bien conçu sur le plan théorique, mais il appelle néanmoins les autorités à se concentrer sur des actions concrètes pour répondre aux besoins urgents du pays.
Des actions concrètes pour crédibiliser la Vision 2050
Amadou Ba a insisté sur l’importance de traduire les grandes visions politiques en résultats tangibles. « Les grandes visions ne doivent pas se limiter à de beaux discours ou à des vitrines politiques. Elles ne seront crédibles que si elles s’appuient sur des actions concrètes et des résultats tangibles », a-t-il affirmé.
L’ancien Premier ministre a ainsi souligné que le développement du Sénégal ne pourrait se concrétiser qu’à travers des initiatives pragmatiques, adaptées aux réalités socio-économiques du moment. Il a averti que la Vision Sénégal 2050 risquerait de rester un projet purement théorique si des mesures immédiates n’étaient pas prises pour répondre aux urgences du pays, telles que l’emploi des jeunes, la gestion de la dette publique, et la maîtrise des finances publiques.
Toutefois, Amadou Ba se montre sceptique quant à la faisabilité de cette Vision 2050, notamment à cause de la situation financière actuelle décrite par le Premier ministre Ousmane Sonko. Ce dernier a révélé que le nouveau gouvernement avait hérité d’une situation budgétaire préoccupante, marquée par une dette publique élevée et un déficit budgétaire important. Amadou Ba se montre inquiet quant à l’impact de ces difficultés sur la réalisation des objectifs du programme Vision 2050.
« Si la situation budgétaire décrite par l’actuel Premier ministre est avérée, il est évident que la mise en œuvre de cette nouvelle vision se réalisera difficilement », a-t-il prédit. L’ancien chef de gouvernement doute de la capacité du régime actuel à mener à bien ce programme ambitieux si les finances du pays ne sont pas stabilisées rapidement.
Pour Amadou Ba, la réussite de la Vision 2050 dépendra également de la transparence et de la responsabilité des autorités en place. Il appelle le gouvernement à clarifier la situation financière du pays et à engager des réformes structurelles pour restaurer la confiance des Sénégalais et des partenaires internationaux.
L’ancien Premier ministre espère que cette vision de long terme sera accompagnée de mesures efficaces pour redresser l’économie et renforcer la compétitivité du Sénégal. Mais il rappelle que la crédibilité des grandes ambitions passe nécessairement par une gestion rigoureuse des finances publiques et une politique économique capable de surmonter les défis actuels.
Ainsi, Amadou Ba se positionne comme un observateur critique du régime en place, tout en revendiquant l’héritage du PSE qu’il a contribué à façonner. Il met en garde contre les risques de stagnation si la Vision Sénégal 2050 n’est pas soutenue par des actions concrètes et une gestion transparente de la situation économique.
« Sénégal 2050 » : « Nous invitons la société civile et les acteurs politiques à accompagner la vision du gouvernement » – Moustapha Junior Thiam
Le Président du mouvement « Ensemble C’est Possible », Moustapha Junior Thiam, a fait une déclaration ce mardi 15 octobre pour saluer les perspectives de l’Agenda National de Transformation, détaillées dans le référentiel « Sénégal 2050 ». Il a également saisi cette occasion pour sensibiliser les Sénégalais en vue d’une large victoire lors des élections législatives du 17 novembre.
M. Thiam s’est exprimé sur l’Agenda National de Transformation, notamment la vision « Sénégal 2050 ». « Nous avons étudié cette vision pour comprendre en profondeur les objectifs et les projets inscrits par le Président pour le Sénégal à l’horizon 2050. Nous avons également débattu des implications de cette vision sur les politiques locales et nationales, en particulier en matière d’infrastructures, d’économie et d’éducation », a-t-il expliqué.
« Dans la vision ‘Sénégal 2050’, la zone Centre deviendra la première zone démographique, avec une population qui atteindra environ 7,6 millions d’habitants, composée principalement de jeunes. Cela signifie qu’en plus de l’Université du Sine Saloum El Hadj Ibrahima Niass (USSEIN), Kaolack aura besoin de nouveaux centres de formation professionnelle, d’écoles, de collèges et de lycées pour absorber cette masse juvénile et en faire une ressource humaine de qualité. Cette démographie, loin d’être un handicap, a permis à des pays comme la Chine ou l’Inde de booster leur économie », a précisé M. Thiam.
Sur le plan économique, les huit pôles régionaux seront des centres de l’agro-industrie, avec la valorisation des cultures oléagineuses, telles que l’arachide, ainsi que des céréales et du sel. « Depuis la période coloniale, le Sénégal a joué un rôle de producteur et de fournisseur de matières premières. Mais avec la vision ‘Sénégal 2050’, la transformation se fera désormais sur place, ce qui impulsera le développement d’un tissu industriel. Des plateformes industrielles et des carrefours logistiques, destinés à desservir la sous-région et à soulager le corridor Dakar-Bamako, seront créés », a expliqué le Président d' »Ensemble C’est Possible ».
Par ailleurs, avec des foyers religieux comme Médina Baye, Touba, Tivaouane, Ndiassane, Taiba Niassène et Porokhane, les énormes potentialités du tourisme religieux seront mises en valeur. « Grâce aux investissements dans les infrastructures logistiques, le transport international connaîtra un essor, facilitant ainsi les déplacements des pèlerins venus de la sous-région ouest-africaine, notamment du Nigeria, du Niger et du Ghana. Les cités religieuses généreront alors des devises et contribueront de manière significative au produit intérieur brut (PIB) », a-t-il souligné.
Pour conclure, Moustapha Junior Thiam a réitéré ses félicitations au Chef de l’État, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et au Premier ministre, Ousmane Sonko, pour leur vision, tout en appelant à la mobilisation citoyenne de tous les segments socio-professionnels du pays pour assurer le succès de la vision « Sénégal 2050 ». « Nous invitons les acteurs politiques, la société civile et le secteur privé à accompagner le référentiel de l’Agenda National de Transformation dans l’intérêt supérieur de la nation », a conclu M. Thiam.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°297 – du 15/10/2024
Les ambitions chiffrées du duo Diomaye – Sonko : revenu, espérance de vie, dette et inflation au cœur de « Sénégal 2050 »
Le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko a dévoilé lundi un ambitieux plan de transformation économique et sociale, marqué par des objectifs précis en termes de revenu par habitant, espérance de vie, réduction de la dette et contrôle de l’inflation. Ce programme, intitulé « Sénégal 2050 : agenda national de transformation », vise à rompre avec les fléaux du sous-développement et du surendettement.
Présenté à Diamniadio six mois après l’installation du gouvernement et quelques semaines avant les législatives anticipées du 17 novembre, ce plan prévoit une croissance économique annuelle de 6,5 à 7% entre 2025 et 2029. Souleymane Diallo, directeur général de la planification au ministère de l’Économie, a affirmé que le Sénégal devait jeter les bases d’un nouveau modèle économique durant cette période.
Parmi les objectifs clés, le gouvernement souhaite réduire la dette publique qui atteignait 83,7 % du PIB en 2023, pour la ramener à 70 % d’ici 2029. En parallèle, il ambitionne de ramener le déficit budgétaire à 3 %, après une moyenne de 10,4 % entre 2019 et 2023.
Le gouvernement promet également une hausse de 50 % du revenu par habitant, avec une augmentation du revenu moyen de 1.660 dollars à 2.468 dollars d’ici 2029. Cette progression devrait s’accompagner d’une augmentation de l’espérance de vie de trois ans, la faisant passer à environ 72 ans, contre près de 69 ans en 2023, selon les estimations de l’Agence nationale de la statistique.
Autre engagement majeur, le contrôle de l’inflation pour la maintenir autour de 2 % au cours des cinq prochaines années. En parallèle, le gouvernement s’engage à garantir un accès universel à l’eau et à l’électricité, renforçant ainsi les bases du développement humain.
Concernant les finances publiques, le gouvernement prévoit d’augmenter les recettes fiscales en élargissant l’assiette, sans augmenter les impôts. Il vise également à mieux cibler les subventions à l’énergie, qui représentent 4 % du PIB, tout en garantissant que cela n’impacte pas le tarif de l’électricité pour les citoyens.
Ces réformes devraient permettre au Sénégal de quitter la catégorie des pays à développement humain faible pour rejoindre celle des pays à développement humain moyen d’ici cinq ans, marquant un tournant décisif pour l’avenir du pays.
Sénégal 2050 : Victor Gorom Ndiaye, artisan de la transformation stratégique
Victor Gorom Ndiaye, PDG de Performances Group, est aujourd’hui l’une des figures les plus influentes du conseil en management stratégique en Afrique francophone. Depuis la création de son cabinet en 1995, il a été au cœur de la transformation de l’économie de plusieurs pays africains, notamment grâce à ses travaux pour l’élaboration du Plan stratégique « Sénégal 2050 » initié par le chef de l’État Bassirou Diomaye Diakhar Faye, sous la supervision du Premier ministre Ousmane Sonko.
Quand Victor Ndiaye a fondé Performances Group, le marché du conseil en Afrique subsaharienne était presque inexistant, limité principalement à des études financées par des bailleurs de fonds étrangers. En trois décennies, il a su établir son cabinet comme un leader incontesté dans le domaine, totalisant plus de 500 missions, dont deux tiers ont été financées par des clients africains eux-mêmes. Avec plus de 100 clients actifs et une équipe de consultants spécialisés répartis sur tout le continent, Performances Group s’impose comme un acteur clé du développement économique régional.
Sous la direction de Victor Ndiaye, le cabinet a conçu des plans stratégiques pour plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, contribuant ainsi à leur émergence. L’une des contributions majeures de Performances Group a été d’encourager le retour de talents africains sur le continent et de former une nouvelle génération de cadres capables de piloter des projets de développement. Grâce à cette stratégie, de nombreux jeunes diplômés africains ont été impliqués dans des initiatives transformant leurs pays.
Victor Ndiaye incarne lui-même cet engagement. Après avoir acquis une décennie d’expérience dans le conseil en Europe, il a fait le choix audacieux de retourner en Afrique pour y contribuer à sa transformation. « Il y a 20 ans, j’avais 32 ans et j’ai décidé de quitter la douillette vie de consultant en Europe pour venir contribuer à la transformation de l’Afrique », a-t-il déclaré. Ce parcours a été salué par le Premier ministre Mahammad Boun Abdallah Dionne, qui a reconnu l’impact significatif de Performances Group sur le développement industriel et stratégique de la région.
Diplômé d’un MBA de l’université de Californie à Berkeley et formé à HEC Paris, Victor Ndiaye a piloté des missions stratégiques majeures pour une quinzaine de pays africains. Ses collaborations s’étendent également aux organisations régionales telles que la CEDEAO, l’UEMOA et l’Union africaine, avec lesquelles il a travaillé sur des stratégies de développement régional et d’intégration économique.
Aujourd’hui, à la tête du Plan « Sénégal 2050 », Victor Gorom Ndiaye joue un rôle central dans l’élaboration de l’avenir économique et social du Sénégal. Son expertise et son dévouement continuent de façonner non seulement l’avenir du Sénégal, mais aussi celui de l’Afrique dans son ensemble.
Bougane Guèye Dany critique le référentiel de Bassirou Diomaye Faye : « Un copier-coller du PSE ! »
Lors de sa conférence de presse ce lundi, Bougane Guèye Dany, président de Gueum Sa Bopp, n’a pas hésité à dénoncer le nouveau référentiel présenté par le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye. Selon lui, ce plan n’est rien d’autre qu’une copie du Plan Sénégal Émergent (PSE) mis en place sous Macky Sall, et qui, d’après lui, a échoué à produire des résultats tangibles.
« Ce nouveau programme n’est qu’un plagiat du PSE, et tout le monde sait que le PSE n’a pas fonctionné comme on l’espérait », a déclaré Bougane Guèye Dany. Il souligne que le même personnel, les mêmes idées et la même approche sont utilisés, ce qui pour lui, ne représente pas une vraie avancée.
En faisant référence au passé, Bougane déplore que ce plan, qui devrait symboliser un changement de cap, ne soit finalement qu’une continuité des anciennes politiques. « Les Sénégalais attendaient une rupture, pas un retour aux anciennes formules », a-t-il affirmé.
Le membre de la coalition Sam Sa Kaddù a également insisté sur la nécessité de proposer des solutions concrètes, plus adaptées à la réalité actuelle du pays, et non des reprises d’anciennes formules qui, selon lui, n’ont pas su répondre aux attentes du peuple.
Pour Bougane Guèye Dany, l’heure est venue pour le Sénégal d’innover et de trouver de nouvelles voies vers l’émergence, sans se contenter de recycler des idées qui, dans le passé, n’ont pas donné les résultats escomptés.
Ousmane Sonko : Un nouveau cap vers un développement souverain et responsable
Le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé, vendredi, un tournant décisif pour l’avenir économique du Sénégal. Lors d’une visite dans un centre de formation professionnelle, créé en coopération avec le Japon, Sonko a affirmé que l’époque de la dépendance à l’endettement massif touchait à sa fin. Le gouvernement sénégalais se tourne désormais vers une stratégie axée sur l’exploitation des ressources locales et le renforcement du capital humain.
Sonko a mis en lumière les failles des précédents modèles de développement imposés au Sénégal, jugés inefficaces pour garantir une croissance endogène. « C’est la fin de l’endettement excessif et non maîtrisé. Nous allons cesser d’investir dans des projets qui ne servent pas les intérêts d’un développement souverain », a-t-il déclaré.
Pour illustrer cette nouvelle approche, il a cité l’exemple du Japon, une nation qui a su se développer malgré un accès limité aux ressources naturelles. « Le Japon nous montre que l’on peut construire un modèle de développement basé sur le savoir-faire et le travail, plutôt que sur la simple exploitation des ressources. C’est un chemin que nous devons suivre », a insisté Sonko.
Le gouvernement dévoilera ce lundi un programme ambitieux intitulé « Sénégal 2050: agenda national de transformation », qui définira les grandes lignes de développement pour les 25 prochaines années. Ce plan repose sur des objectifs économiques, sociaux et politiques ambitieux, visant notamment à réduire significativement la pauvreté et à tripler le revenu par habitant d’ici 2050. La présidence espère que le programme permettra d’atteindre une croissance économique annuelle de 6 à 7 %.
Le plan propose une réorganisation territoriale du développement autour de huit pôles régionaux, visant à maximiser les potentialités locales et à mieux répartir les richesses sur l’ensemble du territoire. Cette approche décentralisée devrait favoriser une meilleure gestion des ressources et encourager l’implication des acteurs locaux.
En septembre, après un audit des comptes publics, le gouvernement Sonko a révélé des déséquilibres financiers alarmants. Le déficit budgétaire s’élèverait à 10,4 % du PIB, bien au-delà des 5,5 % annoncés par le précédent gouvernement. De plus, la dette publique réelle atteindrait 76,3 % du PIB, contre 65,9 % déclarés auparavant. Le Premier ministre a accusé l’ancien régime d’avoir masqué ces chiffres et trompé les partenaires étrangers.
Face à cette situation critique, l’agence de notation Moody’s a abaissé la note du Sénégal, plaçant le pays sous surveillance. Néanmoins, Ousmane Sonko se veut optimiste : « Nous devons regarder ces difficultés comme une opportunité pour repenser notre modèle économique et construire un Sénégal plus fort, indépendant et prospère. »
Le projet « Sénégal 2050 » se veut ainsi une rupture avec les pratiques passées, misant sur un développement basé sur l’efficacité, l’innovation, et la réduction de la dépendance à l’aide extérieure. Un défi ambitieux pour le Sénégal, mais nécessaire, selon le Premier ministre, pour garantir un avenir durable et souverain pour les générations futures.

