Le gouvernement sénégalais a officiellement clarifié sa position concernant la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Interrogé par Baye Oumar Gueye, Directeur général de Sudfm, le ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Cheikh Niang, a affirmé sans ambiguïté que l’État du Sénégal n’a pas été associé à la démarche engagée en vue de cette candidature.
L’information a émergé le lundi 2 mars, lorsque la presse a appris, puis confirmé, la transmission à l’Organisation des Nations Unies d’une lettre émanant de la Mission permanente du Burundi auprès des Nations Unies. Le document, adressé au Secrétaire général de l’ONU, parrainait formellement la candidature de Macky Sall. Le fait marquant de cette initiative réside dans son origine : la proposition n’a pas été introduite par Dakar, mais par Bujumbura.
Face aux interrogations suscitées par cette démarche, Cheikh Niang a tenu à dissiper toute ambiguïté. Selon lui, « le gouvernement du Sénégal n’a pas été associé à cette démarche telle que présentée dans la lettre adressée au Secrétaire général de l’ONU ». Il a également précisé que la question n’a fait l’objet d’aucune discussion officielle lors du récent sommet de l’Union africaine tenu en février. Aucun consensus ni endossement collectif n’y aurait été exprimé en faveur de cette candidature.
Cette prise de position marque une volonté claire de distinction entre l’initiative personnelle de l’ancien chef de l’État et la position officielle du gouvernement actuel. Toutefois, le chef de la diplomatie sénégalaise a veillé à apporter une nuance importante. Il a rappelé que, conformément aux règles en vigueur au sein des Nations Unies, tout État membre dispose du droit souverain de proposer un candidat aux fonctions internationales. De même, tout ancien chef d’État estimant réunir les compétences et l’expérience requises peut librement faire acte de candidature.
La réserve exprimée par Dakar ne porte donc pas sur la légalité de la procédure, mais sur l’absence de concertation préalable avec les autorités sénégalaises. En filigrane, le message est clair : si la démarche est juridiquement recevable, elle aurait gagné en légitimité politique par une coordination avec l’État dont l’ancien président est issu.
Dans ce contexte, Cheikh Niang a révélé un élément supplémentaire qui éclaire les développements en cours. Une lettre de Macky Sall aurait été adressée directement au président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, afin de solliciter son soutien officiel. À ce stade, cette correspondance serait toujours en attente de réponse. Le ministre a précisé que le délai de soumission des candidatures n’étant pas encore arrivé à son terme, la position définitive du Sénégal ne sera connue qu’à l’expiration de cette échéance.
Cette affaire intervient dans un contexte diplomatique sensible, où les équilibres régionaux et les ambitions africaines sur la scène multilatérale demeurent des enjeux majeurs. La succession à la tête des Nations Unies constitue traditionnellement un processus hautement stratégique, mêlant considérations géopolitiques, équilibres continentaux et rapports de force au sein du Conseil de sécurité.