À Dakar, la Tunisie expose ses technologies pour une agriculture africaine souveraine

La capitale sénégalaise accueille, du 25 au 29 mai, la deuxième édition de la Semaine de l’Agritech Tunisienne, un rendez-vous devenu incontournable pour les acteurs du numérique agricole africain. Six entreprises tunisiennes du secteur technologique privé prennent part à cet événement stratégique, organisé par STECIA International dans le cadre du programme Digital Tunisia, avec le soutien de l’Agence Française de Développement (AFD) à travers l’initiative Qawafel.

Plus qu’une simple vitrine de l’innovation, cette semaine d’échanges marque un tournant dans la coopération sud-sud et l’émergence d’une vision africaine intégrée du développement agricole. Dans un contexte de vulnérabilité climatique, de dépendance aux intrants importés et de besoins croissants en production alimentaire, l’initiative mise sur la technologie et les synergies régionales pour répondre aux défis structurels du secteur.

L’événement s’inscrit pleinement dans le New Deal technologique voulu par le président Bassirou Diomaye Faye, qui ambitionne de placer la souveraineté alimentaire et la digitalisation au cœur de la transformation agricole du Sénégal. Cette vision est en résonance avec l’Agenda 2050 de l’Union africaine, qui appelle à des stratégies plus inclusives, résilientes et technologiquement ancrées pour nourrir durablement les populations du continent.

Parmi les temps forts de cette semaine figurent une journée de rencontres B2B, des ateliers de co-innovation avec des startups sénégalaises, ainsi que des visites de terrain dans les régions de Dakar et Thiès. Ces rencontres ont pour objectif d’identifier des solutions concrètes, adaptées aux réalités locales, en croisant l’expertise tunisienne en matière d’agritech et les besoins spécifiques des territoires sénégalais.

Selon les organisateurs, cette dynamique vise à faire émerger des partenariats structurants, capables de renforcer la compétitivité du tissu agricole local tout en ouvrant de nouveaux débouchés aux entreprises tunisiennes. Elle repose sur un principe simple mais ambitieux : co-construire une souveraineté technologique africaine, en partant des besoins du terrain et en valorisant les savoir-faire régionaux.

Le programme Digital Tunisia, en tant que catalyseur de cette vision, ambitionne de créer un écosystème africain de l’innovation agricole. En capitalisant sur l’expérience tunisienne en matière de transformation numérique, il propose un modèle de coopération où les solutions tech ne sont plus importées, mais pensées, adaptées et développées depuis le continent africain pour ses propres réalités.

Cette deuxième édition de la Semaine de l’Agritech Tunisienne à Dakar se présente ainsi comme un jalon déterminant dans la construction d’une agriculture africaine connectée, durable et souveraine, à l’image des ambitions affichées par les dirigeants et les acteurs du secteur.

Affaire Farba Ngom : Me Moussa Bocar Thiam fustige une « mascarade judiciaire » et dénonce un « acharnement » contre le Fouta

L’arrestation du député-maire des Agnam, Farba Ngom, continue de susciter une vague d’indignation dans le nord du pays. L’ancien ministre et avocat Me Moussa Bocar Thiam est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de « mascarade judiciaire » et un « acharnement ciblé » contre une figure politique emblématique du Fouta. Dans un entretien accordé à L’Observateur, il n’a pas mâché ses mots et a livré une défense vigoureuse de celui qu’il considère comme « l’un des fils les plus valeureux et généreux de la région ».

Selon Me Thiam, l’incarcération de Farba Ngom représente un désastre politique et moral pour le Fouta. Il décrit une région en état de choc, plongée dans un sentiment d’injustice profond, marquée par l’emprisonnement d’un homme qu’il décrit comme « symbole de loyauté, d’engagement et de générosité ». L’ancien ministre estime que cette arrestation s’apparente à une tentative de briser une dynamique sociale et politique propre à cette zone du pays, historiquement marginalisée mais fortement mobilisée ces dernières années autour de certaines figures influentes.

Au cœur de cette affaire se trouvent de lourdes accusations : blanchiment d’argent, escroquerie, complicité de détournement de deniers publics et association de malfaiteurs. Farba Ngom a été placé sous mandat de dépôt depuis le 27 février 2025 à la Maison d’arrêt et de correction de Rebeuss, dans le cadre du dossier explosif des 125 milliards de francs CFA révélés par la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif). Me Thiam déplore la nature des charges qui pèsent sur son client, en particulier celle de « complicité de détournement », alors que, selon lui, Farba Ngom n’a jamais été administrateur de crédits publics ni en position de responsabilité financière dans les structures incriminées.

L’avocat dénonce également le refus du juge d’instruction d’accepter le cautionnement proposé par la défense. Une dizaine de titres fonciers avaient pourtant été mis en garantie, dans l’espoir d’obtenir une liberté provisoire. Le rejet de cette démarche est interprété par Me Thiam comme une preuve supplémentaire d’un acharnement judiciaire, qu’il estime politiquement orienté. Il affirme que son client est privé de ses droits à une procédure équitable et transparente, et s’alarme d’une justice à deux vitesses.

Farba Ngom, plus connu sous le prénom Mouhamadou, a depuis été extrait à deux reprises de sa cellule pour être réentendu et faire face à de nouveaux chefs d’inculpation. Fin avril, il a été inculpé pour « association de malfaiteurs en bande criminelle organisée », un développement qui a encore aggravé la situation du parlementaire. Le mardi 6 mai, il a de nouveau été conduit à la Section de recherches de Colobane pour une audition relative à une affaire de lotissement impliquant la Banque of Africa (BOA).

Face à l’ampleur de cette affaire, Me Moussa Bocar Thiam a tenu à lancer un message de résistance et de solidarité. Il affirme que « le peuple du Fouta reste debout et résilient » et que la population locale ne compte pas céder face à ce qu’il considère comme une tentative de marginalisation. Pour lui, l’issue ne fait aucun doute : « Nous mettrons fin à cette mascarade judiciaire. »

Dans un climat politique tendu, cette affaire prend une dimension à la fois judiciaire, sociale et symbolique. Elle illustre les nouvelles dynamiques de la lutte contre la corruption tout en soulevant des interrogations sur l’impartialité et la transparence des procédures engagées contre certaines personnalités politiques. Le sort de Farba Ngom, à la fois élu et notable local, est désormais suivi de près par l’opinion publique, particulièrement dans le Fouta où il jouit encore d’un fort soutien populaire.

Dialogue national : les termes de référence officiels dévoilés

Le Sénégal s’apprête à ouvrir une nouvelle page de son histoire politique avec le lancement du Dialogue national prévu ce 28 mai. Cette initiative, impulsée par le président Bassirou Diomaye Faye, s’inscrit dans une volonté claire de renforcer les fondements démocratiques du pays. Porté par une ambition de modernisation, le Dialogue national vise à fédérer les forces vives de la nation autour d’un projet politique inclusif, participatif et structurant.

L’objectif général fixé par les organisateurs est sans équivoque : parvenir à des consensus forts pour consolider durablement la démocratie sénégalaise et garantir l’exercice effectif des droits et libertés fondamentaux. Le Dialogue national n’est pas un simple forum de discussion, mais un espace de refondation démocratique destiné à repenser les institutions, les pratiques électorales et les mécanismes de gouvernance.

Parmi les objectifs spécifiques figure en premier lieu la modernisation du système électoral sénégalais. Il s’agira, pour les participants, de proposer des réformes capables d’assurer plus de transparence, d’équité et de lisibilité dans le processus électoral. Des thématiques sensibles telles que le parrainage, l’introduction du bulletin unique, l’inscription automatique sur les listes électorales ou encore la rationalisation du calendrier républicain seront au cœur des débats. Le Dialogue devra également statuer sur le statut de l’opposition politique et de son chef, une question cruciale dans un contexte où l’équilibre institutionnel reste fragile.

Les travaux de cette grande concertation nationale s’organiseront autour de trois axes majeurs soigneusement définis. Le premier concerne la démocratie, les libertés et les droits humains. Il abordera la rationalisation du paysage politique à travers la redéfinition du cadre juridique des partis, le financement public, ainsi que la protection accrue des libertés fondamentales. Une attention particulière sera portée à la révision de certaines dispositions jugées liberticides ou obsolètes.

Le deuxième axe portera sur le processus électoral. Les discussions devront proposer des solutions concrètes pour renforcer la fiabilité du fichier électoral, améliorer le système de parrainage et mettre en œuvre le vote électronique. L’introduction du bulletin unique, souvent évoquée ces dernières années, sera débattue en vue d’une adoption possible. L’objectif est de bâtir un système électoral à la fois moderne, accessible et crédible aux yeux des citoyens.

Le troisième axe sera consacré aux réformes institutionnelles. Il est question notamment de transformer le Conseil constitutionnel en Cour constitutionnelle, dotée de compétences élargies et d’une plus grande indépendance. La création d’un organe autonome de gestion des élections figure également au programme, dans l’optique de délester le ministère de l’Intérieur de cette mission controversée.

Les résultats attendus de ce Dialogue national sont à la hauteur des enjeux. Les autorités espèrent obtenir des recommandations consensuelles sur l’organisation et le contrôle des élections, ainsi qu’une clarification des rôles respectifs des autorités électorales, judiciaires et médiatiques. Le calendrier républicain, souvent remis en cause, devrait être rationalisé pour éviter les reports récurrents d’échéances électorales. Un cadre juridique rénové et moderne pour les partis politiques devrait également émerger des échanges.

Dans un souci d’inclusivité et de transparence, les autorités ont mis en place une plateforme numérique baptisée Jubbanti, ouverte à tous les Sénégalais, y compris ceux de la diaspora. Cet outil digital permet à chaque citoyen d’apporter sa contribution, de soumettre ses idées et de participer activement aux réflexions. Il marque une volonté assumée d’intégrer les voix souvent oubliées dans les grandes décisions politiques.

Le président Diomaye Faye, dans un appel solennel, a exhorté l’ensemble des citoyens, des partis politiques et des organisations de la société civile à se mobiliser pour ce moment historique. À ses yeux, le Dialogue national est une opportunité exceptionnelle pour bâtir un avenir démocratique solide, apaisé et durable.

Au-delà de la symbolique, c’est bien une refonte en profondeur des mécanismes démocratiques que propose ce processus. À l’heure où les défis économiques, sociaux et institutionnels s’intensifient, le Sénégal tente de se réinventer à travers une démarche d’unité, de concertation et d’innovation politique.

Orpaillage clandestin à Saraya : six sites illégaux démantelés et du matériel saisi lors de l’ »Opération Orientale »

Les autorités sénégalaises viennent de porter un nouveau coup dur à l’orpaillage clandestin dans le sud-est du pays. Dans le secteur stratégique de la Falémé, aux abords de la commune de Saraya, six sites d’extraction illégale d’or ont été démantelés au cours des quatre derniers jours. Cette intervention entre dans le cadre de l’ »Opération Orientale », une initiative sécuritaire de grande envergure destinée à assainir les zones aurifères de la région.

Sur le terrain, les forces engagées ont saisi un matériel conséquent utilisé par les orpailleurs clandestins. Le butin confisqué comprend notamment quatorze motopompes, sept motos et plusieurs équipements artisanaux conçus pour l’extraction de l’or. Ces outils rudimentaires mais efficaces permettent aux exploitants illégaux de creuser rapidement dans le sous-sol à la recherche du précieux minerai. Leur présence atteste d’une activité soutenue et structurée, souvent en marge de la loi et sans aucun respect des normes environnementales ou sécuritaires.

Les sites visés par cette opération ne sont pas de simples campements isolés. Ils sont régulièrement associés à des dégradations graves de l’environnement, en particulier de la flore et des cours d’eau, du fait de l’utilisation intensive de produits chimiques ou de techniques d’exploitation destructrices. Outre leur impact écologique, ces zones d’orpaillage clandestin sont souvent à l’origine de tensions sociales, d’insécurité et de conflits entre populations locales, étrangers et acteurs légaux du secteur minier.

Selon les autorités, l’ »Opération Orientale » ne fait que commencer. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large de sécurisation et de régulation du secteur aurifère dans le sud-est du Sénégal. L’objectif est clair : réduire durablement les activités minières clandestines, qui échappent au contrôle de l’État et privent le pays de ressources fiscales importantes tout en exposant les populations locales à des risques sanitaires et sociaux.

Ce type d’intervention, souvent saluée par les riverains et les opérateurs miniers légaux, s’inscrit également dans une logique de préservation de l’environnement et de restauration de l’autorité de l’État sur des territoires parfois abandonnés aux logiques de l’exploitation sauvage. Reste à savoir si ces efforts seront soutenus dans la durée, car la prolifération de l’orpaillage clandestin, alimentée par la pauvreté et le manque d’alternatives économiques, demeure une réalité complexe à éradiquer.

Pour l’heure, les autorités promettent de maintenir la pression sur les zones les plus touchées, tout en renforçant les moyens de surveillance et les actions de sensibilisation auprès des communautés locales. Saraya, devenue ces dernières années un épicentre de l’orpaillage illégal, reste au cœur des préoccupations sécuritaires dans cette partie du Sénégal.

Un commerçant condamné à rembourser 12 millions à un émigré floué dans un projet d’investissement

L’histoire d’un projet d’investissement tourné au cauchemar s’est soldée par une décision de justice en faveur de B. Diop, un émigré revenu de France pour investir dans son pays natal. Il avait confié une cargaison de dattes d’une valeur de 12 millions de francs CFA à un commerçant de Dakar, M. Diaw, chargé d’écouler les produits en deux semaines. Un an plus tard, le plaignant n’a récupéré que 1,8 million de francs CFA.

Selon L’Observateur, qui a suivi l’audience devant le tribunal des flagrants délits de Dakar, M. Diaw a multiplié les explications rocambolesques pour justifier ce manquement. Il a notamment évoqué des dettes prétendument impayées par des personnalités telles que l’ancien ministre des Finances, l’ex-Première dame Marième Faye Sall, ou encore la banque BICIS, à hauteur de 500 millions de francs CFA.

En plus de ces justifications fantaisistes, le commerçant a tenté de rejeter la faute sur la qualité de la marchandise, affirmant que les dattes étaient invendables et qu’un accord avait été trouvé pour les écouler à bas prix. Des déclarations contredites par une pièce maîtresse versée au dossier : un enregistrement audio dans lequel M. Diaw reconnaît sa dette et promet de la rembourser intégralement.

Face à ces éléments, le tribunal a statué en faveur de la partie civile et a ordonné à M. Diaw le remboursement total des 12 millions de francs CFA, mettant un terme à une affaire qui illustre les risques encourus par les émigrés de retour au pays, souvent confrontés à la mauvaise foi de certains partenaires locaux.

Marème Nar, figure emblématique des arènes de lutte, déférée pour complicité de vol en réunion

Guédiawaye, Sénégal – L’information fait l’effet d’une bombe dans le monde de la lutte sénégalaise. Marème Nar, fervente supportrice bien connue des amateurs de lutte, a été déférée samedi dernier devant le parquet de Pikine-Guédiawaye pour association de malfaiteurs et complicité de vol en réunion commis la nuit, rapporte le quotidien L’Observateur.

Les faits remontent à la nuit du 3 au 4 mai 2025, veille du très attendu combat entre Prince (Guinaw Rails) et Modou Anta (Thiès). Ce soir-là, Marème Nar passe la soirée en boîte de nuit avec deux amis venus de Grand-Dakar. Aux environs de 2 heures du matin, le trio regagne la cité Comico de Guédiawaye, où ils garent leur moto dans un parking surveillé par un vigile, Y. Diao.

Mais les événements prennent une tournure inattendue. Vers 4 heures du matin, les deux amis de Marème ressortent discrètement. Selon les déclarations du vigile, l’un d’eux dérobe une autre moto garée à proximité, pendant que le second s’éclipse avec leur propre engin. Pris de court, le vigile alerte Marème Nar qui, dans un premier temps, nie toute implication. Elle finit toutefois par révéler l’identité de ses deux compagnons.

La moto volée appartenait à un agent de police en service à Wakhinane Nimzatt, selon les sources de L’Observateur. Une première plainte déposée par le propriétaire n’ayant pas abouti, ce dernier décide finalement de saisir directement le parquet, relançant ainsi l’affaire.

Marème Nar est interpellée le 23 mai. Une perquisition menée à Grand-Dakar pour retrouver les deux principaux suspects ne donne rien : l’un est introuvable, tandis que l’autre est déjà en détention pour une autre affaire de vol.

Bien qu’elle clame son innocence et nie toute complicité, Marème Nar est désormais poursuivie dans cette affaire. Après un premier retour de parquet, elle devrait être fixée sur son sort ce mardi. Sa présence dans une affaire de vol secoue déjà les milieux de la lutte, où elle jouit d’une grande notoriété et d’un soutien populaire certain.

Sénégal : Amadou Mansour Faye écroué pour détournement de deniers publics

La machine judiciaire sénégalaise poursuit sa croisade contre la corruption. Ce lundi 26 mai, Amadou Mansour Faye, ancien ministre du Développement communautaire et de l’Équité sociale et territoriale, a été placé sous mandat de dépôt par la commission d’instruction de la Haute cour de justice. L’audition s’est tenue au Palais de Justice Lat Dior de Dakar, en présence de ses avocats et de plusieurs proches venus le soutenir.

Personnalité politique influente et beau-frère de l’ancien président Macky Sall, Mansour Faye est visé par une batterie de chefs d’accusation graves : association de malfaiteurs, concussion, corruption, prise illégale d’intérêts, faux et usage de faux en écritures privées, détournement de deniers publics, escroquerie portant sur des fonds publics, blanchiment de capitaux, entre autres. Le préjudice provisoire est estimé à 2 749 927 498 FCFA.

Présent lors de l’audience, Adama Faye, frère de l’ex-première dame Marième Faye Sall, a réagi devant la presse. « Nous rendons grâce à Dieu. Nous connaissons bien Mansour Faye. C’est un homme de valeur et de principes. Il est intègre. Il a reçu une bonne éducation », a-t-il déclaré, manifestant son soutien indéfectible.

Toutefois, il a ajouté : « Nous faisons confiance en la justice de notre pays. Nous disons oui à la reddition des comptes, mais non au harcèlement. » Se montrant prudent, il a refusé de commenter le fond du dossier, qu’il qualifie de « compliqué », tout en assurant que la procédure d’appel d’offres incriminée s’était déroulée normalement, sans aucune surfacturation.

Les avocats de l’ancien ministre avaient tenté de faire valoir une demande de liberté provisoire avec caution, mais celle-ci a été rejetée par la juridiction.

L’incarcération d’Amadou Mansour Faye, figure du régime précédent et proche du cercle présidentiel de Macky Sall, est perçue comme un signal fort envoyé par les nouvelles autorités dans le cadre de la lutte contre la corruption et la reddition des comptes. Elle s’inscrit dans une série d’enquêtes ouvertes sur la gestion des fonds publics sous l’ancien régime.

Pour certains observateurs, cette arrestation pourrait marquer un tournant dans la gouvernance au Sénégal, à condition que le processus judiciaire respecte l’équité, l’impartialité et les droits de la défense.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°474 – 27/05/2025

🔴 ENCORE EN DÉTENTION MALGRÉ LA VALIDATION D’UNE CAUTION DE PRÈS DE 32 MILLIARDS F CFA : LE CAS TAHIROU SARR INTERROGE
🔴 MANDAT DE DÉPÔT CONTRE LE MAIRE MANSOUR FAYE : LA DÉFENSE BRANDIT UNE REQUÊTE AUX FINS DE CONTESTATIONS SÉRIEUSES

🔴 LIGUE 1 / VICTOIRE CONTRE WALLYDAAN : L’US OUAKAM DANS LE TOP 3
🔴 NATIONAL 1 / VICTOIRE CONTRE TOGLOU DIASS : GUELWAARS DE FATICK EN LIGUE 2

Guinée-Bissau : Le président Bassirou Diomaye Faye honoré par la médaille Amílcar Cabral lors d’une visite d’État symbolique

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a effectué, ce lundi 26 mai 2025, une visite d’État hautement symbolique en République de Guinée-Bissau, à l’invitation de son homologue Umaro Sissoco Embaló. Cette visite marque un jalon important dans les relations bilatérales entre les deux pays voisins, liés par une histoire commune, des dynamiques transfrontalières profondes et une coopération multiforme.

À son arrivée à Bissau, le président Faye a été accueilli avec les honneurs dus à son rang. Une cérémonie protocolaire s’est tenue à l’aéroport Osvaldo Vieira, en présence de membres du gouvernement bissau-guinéen, de représentants diplomatiques et d’une foule venue manifester sa sympathie. L’accueil populaire témoigne de la proximité entre les peuples sénégalais et bissau-guinéen, ainsi que de la considération dont jouit le nouveau chef de l’État sénégalais sur la scène sous-régionale.

Les deux chefs d’État ont ensuite eu des échanges bilatéraux au palais présidentiel. Selon un communiqué conjoint, les discussions ont porté sur le renforcement de la coopération sécuritaire, économique, éducative, agricole et sanitaire, mais aussi sur les enjeux de stabilité dans la sous-région ouest-africaine. Le président Faye a notamment salué les efforts de son homologue en faveur de la paix, de la bonne gouvernance et du dialogue institutionnel en Guinée-Bissau.

Moment fort de cette visite, la République de Guinée-Bissau a décerné au président Bassirou Diomaye Faye la médaille Amílcar Cabral, la plus haute distinction honorifique du pays. Cette médaille rend hommage à la mémoire du père de l’indépendance bissau-guinéenne, figure emblématique du panafricanisme, et elle est attribuée à des personnalités ayant contribué de manière exceptionnelle à la paix, à l’unité et à la coopération africaine.

Dans son discours, le président Umaro Sissoco Embaló a justifié cette décoration par « l’engagement personnel » de Diomaye Faye en faveur du renforcement des liens sénégalo-bissau-guinéens, ainsi que pour « sa vision d’un continent intégré, souverain et solidaire ». Il a ajouté : « Aucun pays n’est plus attaché à la stabilité et au développement de la Guinée-Bissau que le Sénégal. »

Très ému, le président Faye a remercié son hôte pour cette distinction, qu’il a dédiée au peuple sénégalais. Il a réaffirmé son attachement à « une coopération plus dynamique entre les deux États » et a salué la mémoire d’Amílcar Cabral comme « un modèle de courage, de sagesse politique et d’unité africaine ».

Au cours de cette visite, plusieurs accords de coopération ont été signés entre les deux pays dans les domaines de la sécurité transfrontalière, de l’échange d’informations douanières, de la formation professionnelle et de la promotion du commerce local. Les deux présidents ont également convenu de la tenue régulière de consultations politiques de haut niveau.

En clôture de la visite, un point de presse conjoint a permis aux deux dirigeants de réaffirmer leur volonté de faire des relations entre le Sénégal et la Guinée-Bissau un exemple de diplomatie de bon voisinage, fondée sur le respect mutuel, les échanges équilibrés et la solidarité régionale.

Cette visite intervient dans un contexte marqué par des défis politiques, sécuritaires et économiques dans l’espace CEDEAO. Le président Faye, qui effectue ici sa première grande tournée ouest-africaine depuis son investiture, entend ainsi asseoir une diplomatie active, tournée vers la paix, la coopération régionale et l’intégration continentale.

Côte d’Ivoire : les Assemblées annuelles de la BAD ouvertes ce lundi pour élire un nouveau président

Les assemblées annuelles 2025 du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) se sont ouvertes ce lundi 26 mai à Abidjan, en Côte d’Ivoire. L’événement, qui se poursuivra jusqu’au 30 mai, s’annonce décisif pour l’avenir de l’institution panafricaine, avec en ligne de mire l’élection de son prochain président. Cette édition se tient sous le thème : « Tirer le meilleur parti du capital de l’Afrique pour promouvoir son développement », une orientation qui traduit l’ambition de mobiliser davantage les ressources internes du continent pour financer son essor.

L’un des temps forts de ces rencontres sera sans conteste la désignation du successeur du Nigérian Akinwumi Adesina, en poste depuis 2015 et dont le deuxième mandat s’achèvera le 31 août prochain. Cinq candidats, tous africains, sont en lice pour lui succéder. Parmi eux figurent Amadou Hott, ancien ministre sénégalais de l’Économie, Sidi Ould Tah, ex-ministre mauritanien et ancien directeur général de la BADEA, Samuel Monzil Maimbo, haut cadre zambien de la Banque mondiale, Bagabule Swazi Tshabalala, vice-présidente par intérim de la BAD originaire d’Afrique du Sud, ainsi qu’Abbas Mohamed Touli, économiste tchadien et ancien haut fonctionnaire international.

En amont de ces réunions, Akinwumi Adesina a mis en garde contre les conséquences des chocs politiques sur les économies africaines. Il a notamment évoqué les nouvelles barrières commerciales imposées par les États-Unis à 47 pays africains, une mesure qui, selon lui, pourrait sérieusement entraver les perspectives commerciales du continent.

L’événement d’Abidjan rassemble plus de 6 000 participants venus de tous horizons, notamment des chefs d’État, des ministres des Finances, des gouverneurs de banques centrales, des investisseurs privés, des universitaires, des leaders d’ONG et des partenaires techniques et financiers. Cette grande affluence témoigne de l’importance stratégique de la BAD dans le paysage du développement africain.

L’institution entend profiter de ces assises pour réaffirmer sa vision d’une croissance inclusive et durable, fondée sur une meilleure mobilisation des ressources locales, mais également sur une coopération internationale renforcée. Le nom du futur président de la BAD devrait être officiellement dévoilé lors de la clôture des travaux, prévue le 30 mai.

Vers une fiscalité plus équitable : plaidoyer pour une discrimination positive en faveur des femmes

À Dakar, un atelier régional réunissant des acteurs de la société civile, des institutions fiscales et des partenaires techniques s’est tenu ce lundi dans le cadre du projet Gender Equality in Taxation (GET), porté par Expertise France en partenariat avec Oxfam. Cette initiative vise à repenser les systèmes fiscaux des pays africains francophones à la lumière des inégalités de genre, en proposant des approches innovantes et inclusives.

Thialy Faye, représentant de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), a ouvertement dénoncé ce qu’il qualifie d’illusion d’égalité fiscale. Pour lui, les systèmes fiscaux, supposés neutres, reproduisent en réalité des schémas d’inégalités sociales. Il souligne que les femmes, souvent précaires, moins bien rémunérées et dépendantes des services publics essentiels, sont les premières victimes de politiques fiscales aveugles aux disparités économiques et sociales.

Dans son plaidoyer, M. Faye appelle à une véritable discrimination fiscale positive. Il estime qu’il ne s’agit pas d’un privilège mais d’une réponse nécessaire aux réalités vécues par les femmes. Il rappelle que le Sénégal est en pleine réforme de son Code général des impôts, avec un comité de pilotage déjà installé. Le genre ayant été désigné comme un axe stratégique de cette réforme, il exhorte à l’intégration pleine et entière de la société civile dans le processus.

Marame Diop, directrice des programmes d’Oxfam Sénégal, abonde dans le même sens. Elle insiste sur la nécessité de cesser d’ignorer les écarts réels de revenus, de patrimoine et de consommation entre les sexes. Selon elle, les femmes consacrent une part importante de leurs ressources à des besoins fondamentaux comme la santé, l’éducation ou la prise en charge familiale, sans que cela soit pris en compte par les systèmes fiscaux actuels. Elle appelle à l’élaboration de budgets sensibles au genre, capables de protéger les plus vulnérables et de réduire les inégalités structurelles.

La crise de la Covid-19 a été un révélateur de ces déséquilibres. Les femmes en ont subi les conséquences économiques et sociales de manière disproportionnée. Pour Mme Diop, cette expérience doit servir à construire des systèmes plus résilients, plus justes, et mieux préparés à affronter les crises à venir.

Awa Penda Ndiaye, représentante d’Expertise France, met en lumière l’approche méthodologique du projet GET. Celui-ci repose sur trois piliers : l’appui technique aux administrations fiscales, la recherche académique, et le renforcement du plaidoyer des organisations de la société civile. L’objectif, selon elle, est de développer une capacité collective à formuler des propositions concrètes et fondées sur des données, plutôt que de se limiter à une posture critique. Le projet s’appuiera notamment sur la méthodologie Fair Tax Monitor, élaborée en collaboration avec la Tax Justice Network Africa, pour évaluer les systèmes fiscaux du Sénégal, du Bénin et du Cameroun sous l’angle de l’équité, y compris de genre.

Mais pour construire une fiscalité réellement équitable, les acteurs insistent sur un point essentiel : la disponibilité de données fiables et genrées. Pauline Codou Gueye, experte fiscale et membre de l’Ordre national des experts du Sénégal, alerte sur le manque de chiffres précis. Selon elle, il est urgent d’intégrer la collecte de données genrées dans les politiques fiscales afin de mieux comprendre les comportements de consommation et les besoins spécifiques des femmes, mais aussi de toutes les personnes vulnérables concernées par les inégalités de genre.

Ce plaidoyer pour une fiscalité plus juste et inclusive marque une étape importante dans la réflexion sur les réformes à venir. Il rappelle que l’équité fiscale, loin d’être un luxe, est une exigence de justice sociale et un levier indispensable pour un développement réellement durable.

Effondrement d’immeuble à Touba : l’État veut renforcer le contrôle des constructions

Au lendemain du drame survenu à Touba, où l’effondrement d’un immeuble a coûté la vie à 11 personnes, le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, Moussa Bala Fofana, s’est rendu sur les lieux pour exprimer la compassion du gouvernement et annoncer une série de mesures fortes.

Depuis les locaux de la commune de Touba Mosquée, le ministre a insisté sur la nécessité de renforcer les services techniques d’urbanisme au niveau communal. Selon lui, c’est à ce niveau que le suivi efficace des chantiers, la vérification des matériaux utilisés et le contrôle des délais de construction peuvent être assurés. Il a ainsi déclaré que le gouvernement envisage de doter chaque collectivité territoriale de services techniques capables de surveiller de manière rigoureuse les constructions.

Sur place, Moussa Bala Fofana a salué la mobilisation rapide des équipes de secours et la réactivité des structures hospitalières pour la prise en charge des blessés. Il a aussi présenté les condoléances du gouvernement aux familles des victimes ainsi qu’au khalife général des mourides.

Le ministre a pointé du doigt un relâchement généralisé dans le secteur du bâtiment. Il a notamment évoqué la multiplication de bâtiments menaçant ruine, citant l’exemple de la région de Dakar où plus de 1.400 immeubles posent actuellement problème en raison de leur insécurité structurelle.

Pour répondre à cette situation jugée critique, le ministre a annoncé une réforme en préparation, qui prévoit l’instauration d’un dispositif national de contrôle des constructions. Chaque municipalité sera ainsi équipée d’un service technique dédié à l’urbanisme pour mieux encadrer les chantiers et prévenir les accidents.

En complément, un numéro d’alerte sera mis à la disposition des citoyens afin de leur permettre de signaler les constructions à risque. Moussa Bala Fofana a également fait savoir que l’Inspection générale du bâtiment (IGB) bénéficiera d’un renforcement significatif dans la prochaine loi de finances rectificative. Ce soutien permettra à l’IGB de jouer pleinement son rôle dans le contrôle et la régulation du secteur du bâtiment.

Dialogue national : le CDEPS appelle à une réforme en profondeur pour garantir la liberté de la presse

Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) a annoncé sa participation au Dialogue national initié par le président de la République. Dans un communiqué publié ce lundi 26 mai 2025, l’organisation professionnelle souligne que cette rencontre intervient dans un contexte tendu entre les autorités issues de la troisième alternance politique et les acteurs des médias. Le CDEPS dénonce une série de mesures gouvernementales récentes qui, selon lui, ont porté atteinte à la crédibilité de la presse en tant qu’entreprise citoyenne, tout en compromettant la viabilité économique des organes de presse.

Le communiqué évoque des décisions perçues comme des tentatives de musellement, durement ressenties par les professionnels du secteur. Malgré les multiples interpellations adressées aux autorités et les combats menés, le CDEPS déplore l’absence de réponses positives et d’écoute réelle. À ses yeux, ce Dialogue national doit représenter une occasion décisive pour poser sur la table les difficultés économiques et administratives que traversent les entreprises de presse au Sénégal.

L’organisation réaffirme que la liberté de la presse est garantie par les articles 8, 10 et 11 de la Constitution sénégalaise, ainsi que par les instruments internationaux de protection des droits humains mentionnés dans le préambule de la Loi fondamentale. Elle estime que cette liberté doit être défendue de manière concrète et non symbolique.

À cet effet, le CDEPS propose que l’un des objectifs majeurs du dialogue soit la sanctuarisation de la liberté de la presse. Cela passerait, selon lui, par une révision du Code de la presse, du Code pénal et du Code de procédure pénale, notamment en ce qui concerne les délits de presse et les procédures judiciaires qui en découlent. L’organisation suggère également une réforme du Code électoral pour y intégrer de manière équitable la presse privée, en particulier dans les dispositifs liés à la propagande et à la publicité durant les périodes électorales.

Au-delà de ces réformes juridiques, le CDEPS appelle à la mise en place d’une Stratégie nationale d’Information et de Communication (SNIC) qui serait à même d’accompagner les mutations profondes du secteur. Cette stratégie devrait reposer sur plusieurs axes structurants : la transformation numérique des médias, une fiscalité adaptée aux secteurs stratégiques, des mécanismes de financement durable, le renforcement des capacités professionnelles et la promotion de champions nationaux, aussi bien dans la presse que dans les télécommunications.

Kédougou : le ministre de l’Éducation nationale présente ses condoléances après le décès d’un professeur dans un accident de moto

La région de Kédougou a été frappée par un drame ce samedi 25 mai 2025. M. Amédé Agolo Nyafouna, professeur d’anglais au Lycée de Saraya, a perdu la vie dans un accident de moto, plongeant la communauté éducative dans une profonde tristesse. Originaire de la région de Ziguinchor, l’enseignant exerçait depuis plusieurs années à Saraya, où il était apprécié pour son engagement et son professionnalisme.

Dans un communiqué transmis à la presse, le ministre de l’Éducation nationale, M. Moustapha Mamba Guirassy, a exprimé ses condoléances les plus attristées à la famille du défunt, à ses collègues, à ses élèves et à l’ensemble de la communauté éducative de Saraya, de l’Académie de Kédougou, ainsi qu’à celle de Ziguinchor. Le ministre a tenu à saluer la mémoire d’un homme « engagé » et profondément dévoué à la formation de la jeunesse sénégalaise.

M. Guirassy a souligné le professionnalisme et le sens du devoir de M. Nyafouna, des qualités qu’il a estimées dignes d’inspiration pour tous les acteurs du système éducatif. Il a rappelé que chaque enseignant est un pilier essentiel dans la construction de l’avenir du pays, et que la disparition d’un tel éducateur est une perte pour toute la Nation.

En marge de son hommage, le ministre a également lancé un appel solennel à la prudence sur les routes, rappelant que la sécurité routière demeure une responsabilité collective. Il a exhorté les usagers à plus de vigilance, soulignant que des tragédies comme celle-ci peuvent souvent être évitées par une meilleure prévention.

L’émotion reste vive à Saraya, où élèves et collègues continuent de pleurer un professeur décrit comme rigoureux, bienveillant et passionné par son métier. Une cérémonie d’hommage pourrait être organisée dans les prochains jours pour honorer sa mémoire.

Dialogue national : la coalition AKS annonce sa participation

La coalition And Ci Koolute nguir Sénégal (AKS) a officiellement confirmé sa participation au dialogue national convoqué par le président Bassirou Diomaye Faye pour le 28 mai 2025. Réunie le samedi 24 mai sous la présidence de son leader, Abdou Karim Sall — maire de Mbao et député à l’Assemblée nationale —, la coalition a pris la décision de répondre favorablement à l’invitation de l’État.

Dans un communiqué parvenu à la presse, AKS indique avoir reçu une correspondance officielle du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, datée du 22 mai 2025, portant le numéro 005925/MISP/DGE/DFC. Cette lettre formalisait l’invitation à prendre part à la Journée nationale du dialogue, initiée dans un esprit d’inclusivité et de concertation nationale.

Selon le document signé par Abdou Karim Sall, le comité de direction de la coalition a longuement délibéré avant de prendre cette décision. Bien qu’ayant exprimé des réserves sur certains termes de référence du dialogue, la coalition a choisi de privilégier l’intérêt supérieur de la Nation. Elle réaffirme ainsi sa volonté de contribuer à la consolidation de la démocratie, au renforcement de l’État de droit et à la construction d’un consensus national fort.

La coalition AKS estime que le dialogue constitue une opportunité majeure pour le pays de renouer avec une tradition de concertation politique et institutionnelle, dans un contexte marqué par de nombreuses attentes sociales et des défis structurels importants. Elle entend faire entendre sa voix, défendre ses propositions et veiller à ce que les conclusions du dialogue soient mises en œuvre dans la transparence et le respect des principes républicains.

En affirmant son engagement dans cette dynamique, la coalition se positionne comme un acteur actif du processus démocratique, attaché aux valeurs de paix, d’équité et de progrès pour tous les Sénégalais.

Dialogue national : Abdoulaye Diouf Sarr et Renaissance Républicaine répondent favorablement à l’appel de Diomaye Faye

Abdoulaye Diouf Sarr, président du mouvement Renaissance Républicaine / SÜNÜ REEW, a officiellement confirmé sa participation à la Journée nationale du dialogue prévue le 28 mai 2025. À travers un communiqué rendu public, l’ancien ministre a exprimé sa volonté de répondre favorablement à l’appel du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, en faveur d’une large concertation autour des enjeux nationaux.

Dans sa déclaration, Abdoulaye Diouf Sarr réaffirme son attachement aux principes fondamentaux de la République, notamment le renforcement de l’État de droit, la stabilité institutionnelle et la promotion d’une démocratie efficace. Selon lui, la Renaissance Républicaine entend jouer pleinement son rôle dans cette dynamique nationale, en apportant une contribution structurée et responsable aux débats.

La participation du mouvement s’articule autour de trois axes prioritaires, jugés essentiels à l’évolution du pays. D’abord, la restauration de la confiance citoyenne dans le processus électoral, mise à mal ces dernières années par les tensions politiques et les suspicions autour des scrutins. Ensuite, la consolidation de la résilience institutionnelle, avec une attention particulière portée au fonctionnement des organes de l’État et à l’indépendance des contre-pouvoirs. Enfin, le renforcement de l’efficacité démocratique, pour que la démocratie sénégalaise soit non seulement vivante, mais aussi performante et inclusive.

Dans ce cadre, la Renaissance Républicaine / SÜNÜ REEW rappelle qu’elle a déjà formulé des propositions concrètes sur ces questions, et qu’elle reste ouverte au dialogue, à la concertation et à la construction collective de solutions durables. Le communiqué souligne que cette posture s’inscrit dans une vision de long terme pour un Sénégal plus juste, plus équitable et plus résilient face aux défis économiques, sociaux et institutionnels.

Abdoulaye Diouf Sarr conclut en réitérant la disponibilité de son mouvement à accompagner les « efforts de refondation nationale » entrepris par le président Diomaye Faye, dans un esprit de responsabilité, d’ouverture et de patriotisme.

Oumar Sow incarcéré pour diffusion de fausses nouvelles : son procès prévu mercredi prochain

Le responsable politique Oumar Sow a été placé sous mandat de dépôt ce lundi, à l’issue de son audition par le juge d’instruction. Il est poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, une infraction prévue et punie par le Code pénal sénégalais. L’information a été confirmée par son avocat, Me Barro, qui indique par ailleurs que le procès de son client est fixé pour mercredi prochain.

Militant actif basé à Yeumbeul, Oumar Sow s’était récemment illustré par des déclarations virulentes à l’endroit des autorités judiciaires. Lors de sa dernière intervention publique, il avait ouvertement critiqué le parquet pour ce qu’il a qualifié de gestion partiale du dossier impliquant l’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall. Il avait également accusé le parti au pouvoir de mener une campagne ciblée contre les maires appartenant à l’opposition, dans ce qu’il a décrit comme une tentative de « liquidation politique ».

Ces propos ont suscité une vive réaction de la part des autorités judiciaires, qui ont ouvert une enquête ayant conduit à son arrestation. Le parquet a estimé que ses accusations publiques, sans preuves tangibles, relevaient de la diffusion de fausses nouvelles de nature à troubler l’ordre public et à jeter le discrédit sur l’institution judiciaire.

Oumar Sow est actuellement incarcéré dans l’attente de son procès. Son avocat, tout en déplorant une procédure qu’il juge précipitée, affirme que son client compte assumer pleinement sa défense devant le tribunal. Me Barro a par ailleurs souligné que les déclarations de son client s’inscrivent dans un contexte de liberté d’expression et de débat politique, et qu’elles ne sauraient être assimilées à des actes délictueux en l’absence d’intention de nuire ou de fausses informations avérées.

L’affaire est très suivie dans la sphère politique, notamment parmi les opposants au régime en place, qui dénoncent une justice à géométrie variable et s’inquiètent de ce qu’ils considèrent comme une instrumentalisation de la justice à des fins de répression politique. Le verdict du procès prévu mercredi pourrait ainsi avoir des répercussions bien au-delà du seul cas de Oumar Sow.

Haute Cour de Justice : Mansour Faye conteste les accusations de détournement et réclame la liberté provisoire

L’ancien ministre sénégalais du Développement communautaire, de l’Équité sociale et territoriale, Amadou Mansour Faye, a officiellement déposé une requête devant la Haute Cour de Justice ce lundi 26 mai 2025. Inculpé pour détournement de deniers publics, corruption, prise illégale d’intérêt et blanchiment de capitaux, il rejette en bloc les faits qui lui sont reprochés et sollicite sa mise en liberté provisoire.

Cette affaire trouve son origine dans la gestion des fonds alloués à la Force Covid-19, un programme mis en place par l’État du Sénégal en 2020 pour atténuer les effets de la pandémie sur les populations les plus vulnérables. À l’époque, Mansour Faye était en charge de la composante « Appuis alimentaires » du Programme de Résilience économique et sociale (PRES). Son ministère supervisait l’achat et la distribution de denrées alimentaires de première nécessité à destination de plus d’un million de ménages à travers le pays. Selon les conclusions d’une enquête, ces opérations auraient donné lieu à une surfacturation estimée à 2,7 milliards de francs CFA sur les lots de riz.

Dans le mémoire déposé à la Haute Cour de Justice, la défense de l’ancien ministre affirme que ce dernier n’avait ni la qualité d’ordonnateur ni celle de signataire des marchés publics. Il est précisé que l’ensemble des procédures d’achat avait été confié à la commission des marchés de son ministère, et que les contrats avaient été validés et payés par le ministère des Finances, en conformité avec la réglementation en vigueur. Les avocats soulignent que les fournisseurs avaient été sélectionnés à l’issue d’un appel d’offres ouvert, sous la supervision de l’Agence de Régulation des Marchés Publics (ARMP), et que les prix appliqués étaient en réalité inférieurs à ceux en vigueur sur les marchés internationaux à l’époque.

Pour appuyer cette défense, plusieurs éléments économiques sont mis en avant. Les avocats de Mansour Faye invoquent les rapports de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) ainsi que ceux du Commissariat à la sécurité alimentaire, qui font état d’une hausse généralisée et durable des prix du riz entre 2020 et 2024. Ils estiment par ailleurs que l’arrêté ministériel de 2013, utilisé pour fixer le prix de référence ayant servi à calculer la supposée surfacturation, n’était plus applicable dans un contexte marqué par des ruptures de stocks et une inflation internationale causée par la pandémie.

Sur les accusations de corruption et d’escroquerie, l’ancien ministre soutient qu’il n’a jamais bénéficié personnellement des fonds et qu’aucune manœuvre frauduleuse ni utilisation de faux documents n’ont été observées dans la passation ou l’exécution des marchés. Il rappelle que les fournisseurs avaient bien livré les produits convenus et qu’ils avaient été rémunérés par l’État, sans irrégularités avérées.

Enfin, Mansour Faye demande à être placé en liberté provisoire. Il affirme présenter toutes les garanties de représentation nécessaires devant la justice. Il évoque notamment sa résidence fixe à Saint-Louis, son statut d’élu local en tant que maire, sa coopération constante avec les autorités judiciaires, ainsi que l’absence de risques de fuite ou de tentative d’entrave à la procédure, les enquêtes étant désormais closes. Il ajoute que si sa demande de liberté était rejetée, il solliciterait l’application des nouvelles dispositions du Code de procédure pénale qui permettent un aménagement des mesures de détention.

Le dossier sera prochainement examiné par la Haute Cour de Justice, dans un climat marqué par une volonté politique affichée de lutte contre l’impunité, mais aussi par un débat grandissant sur la neutralité des poursuites engagées contre certains anciens dignitaires du régime précédent.

Condamnation de Mansour Faye : ses avocats dénoncent une procédure biaisée

Les avocats de l’ancien ministre Mansour Faye ont vivement réagi suite à la mise sous mandat de dépôt de leur client, intervenue ce lundi après son audition devant la commission d’instruction de la Haute Cour de justice. Poursuivi dans le cadre de la gestion des fonds destinés à la lutte contre le Covid-19, Mansour Faye est accusé d’avoir orchestré une surfacturation présumée de 2,75 milliards FCFA dans le cadre de l’achat de riz destiné aux populations.

Dans une déclaration transmise à la presse, la défense regrette que le juge d’instruction ait écarté “des contestations sérieuses” soulevées tout au long de la procédure. Selon les conseils de l’ancien ministre, plusieurs arguments et éléments de preuve destinés à démontrer l’absence de responsabilité pénale de leur client ont été ignorés.

Les avocats fustigent également le rejet de l’offre de cautionnement présentée par Mansour Faye. Cette proposition, selon eux, visait à garantir la représentation de leur client devant la justice tout en lui permettant de rester libre pendant la suite de la procédure. Le refus d’examiner cette offre est perçu par la défense comme une volonté manifeste d’écarter toute alternative à la détention.

Autre point de discorde : le rejet du recours en inconstitutionnalité introduit par la défense, qui contestait la loi régissant la Haute Cour de justice. Les avocats considèrent que cette juridiction, dans sa forme actuelle, viole certains principes fondamentaux du droit à un procès équitable.

Pour rappel, Mansour Faye, ancien ministre du Développement communautaire, de l’Équité sociale et territoriale, est une figure politique de premier plan au Sénégal. Gendre de l’ancien président Macky Sall, il fut l’un des responsables de la gestion des aides alimentaires d’urgence pendant la pandémie. Les accusations qui pèsent contre lui portent un coup dur à son image, et soulèvent une fois de plus la question de la reddition des comptes dans la gestion des deniers publics.

Justice : Mansour Faye placé sous mandat de dépôt dans une affaire de surfacturation

Dakar, 25 mai 2025 – L’ancien ministre et ex-maire de Saint-Louis, Amadou Mansour Faye, a été placé sous mandat de dépôt ce matin, à l’issue de sa comparution devant la commission d’instruction de la Haute Cour de Justice. Cette décision fait suite à une enquête portant sur une affaire de surfacturation estimée à environ trois milliards de FCFA dans le cadre d’un marché public de riz, destiné à l’aide alimentaire d’urgence pendant la pandémie de Covid-19.

Le dossier, ouvert il y a plusieurs mois, met en cause l’ancien responsable pour des irrégularités financières jugées graves par les enquêteurs. Il est reproché à Mansour Faye d’avoir dirigé une opération d’achat de riz à des prix anormalement élevés, suscitant des soupçons de détournement et de favoritisme dans l’attribution des marchés.

Cette mise sous mandat de dépôt marque une étape importante dans les poursuites engagées contre d’anciens membres du régime de Macky Sall. Elle survient dans un contexte où les nouvelles autorités, dirigées par le président Bassirou Diomaye Faye, affirment leur volonté de faire de la reddition des comptes un pilier central de leur gouvernance.

L’affaire suscite d’autant plus d’attention qu’Amadou Mansour Faye est également le beau-frère de l’ancien président Macky Sall, ce qui confère à cette procédure une dimension politique non négligeable. Si certains y voient une instrumentalisation de la justice, d’autres saluent une volonté assumée de rompre avec une culture d’impunité.

L’ouverture de cette procédure devant la Haute Cour de Justice, juridiction compétente pour juger les anciens ministres, confirme le durcissement des mécanismes de contrôle de la gestion publique. Le signal envoyé est clair : aucun dignitaire, aussi proche soit-il du pouvoir passé, ne sera à l’abri d’éventuelles poursuites en cas de faute présumée.

Crise dans le secteur de la santé : les spécialistes en formation du Sénégal entament une grève de 72 heures

Le Collectif des Médecins, Pharmaciens, Chirurgiens-Dentistes en Spécialisation du Sénégal (COMES) a lancé ce lundi une grève de 72 heures renouvelable, dénonçant l’inaction persistante des autorités face à leurs revendications. Cette mobilisation intervient après de nombreuses démarches restées sans suite, selon un communiqué rendu public par le collectif.

Les spécialistes en formation pointent du doigt le non-respect d’engagements pris par l’État sur des questions cruciales : le statut des spécialistes en formation, la couverture médicale, le paiement régulier des bourses, la rémunération équitable ainsi que les droits liés au congé de maternité.

« Trop, c’est trop. Nous avons longtemps fait preuve de patience et de responsabilité, mais nos préoccupations demeurent ignorées », déplore le COMES, qui précise que la grève s’accompagne d’un service minimum assuré dans les urgences et les gardes programmées, pour ne pas compromettre la prise en charge des cas critiques.

Une assemblée générale est prévue ce mardi 27 mai à 10h à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie (FMPO) pour évaluer la suite à donner au mouvement et maintenir la mobilisation.

Le collectif appelle solennellement l’État du Sénégal à proposer des solutions concrètes et durables, non seulement pour améliorer les conditions de travail et de formation des spécialistes, mais aussi pour garantir la qualité du système de santé dans son ensemble. « Investir dans les professionnels en formation, c’est investir dans l’avenir de la santé publique sénégalaise », conclut le communiqué.

Lutte contre l’émigration irrégulière : la Gendarmerie nationale déjoue deux tentatives de départ à Sendou et Yene

Dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre l’émigration irrégulière, les unités de la Gendarmerie nationale poursuivent leurs opérations de veille et d’alerte renforcées, notamment en cette période sensible marquée par la proximité de la fête de Tabaski.

Le dimanche 25 mai 2025, la Brigade de Recherches de Keur Massar a mené une opération décisive à Sendou, aboutissant au démantèlement d’un important réseau de convoyeurs de migrants. Cette action a permis l’interpellation de 75 candidats à l’émigration clandestine, l’arrestation de trois (03) organisateurs présumés, ainsi que la saisie de grandes quantités de carburant et de vivres, destinés à soutenir le voyage maritime vers l’Europe.

Dans la continuité de cette dynamique sécuritaire, une autre opération a été conduite dans la nuit du lundi 26 mai 2025 à 01h30 par la Brigade de Gendarmerie de Yene, avec l’appui de l’Escadron de Surveillance et d’Intervention de Diamniadio. Cette intervention a permis l’interpellation de 26 autres migrants à Yene Todd, dont plusieurs ressortissants étrangers et une femme.

Les enquêtes sont toujours en cours pour identifier d’éventuels complices et remonter l’ensemble du réseau. La Gendarmerie nationale souligne que ces succès sont le fruit d’un travail d’anticipation et de coordination interservices, renforcé par une surveillance accrue des zones côtières identifiées comme points de départ potentiels.

Dans un communiqué, elle appelle à la vigilance et à la collaboration active des populations, rappelant que les réseaux de passeurs profitent souvent de la période de Tabaski pour intensifier leurs activités. La Gendarmerie encourage les citoyens à signaler tout comportement suspect ou regroupement inhabituel pouvant être lié à des départs clandestins.

Affaire Khadim Bâ : un rapport d’expertise accablant pour la Douane sénégalaise

Un nouveau rebondissement secoue le différend opposant l’homme d’affaires Khadim Bâ à l’administration douanière. Selon les révélations de L’Observateur, un rapport d’expertise récemment transmis au ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, pourrait totalement remettre en question les fondements juridiques des poursuites engagées contre le patron de la Bnde, actuellement incarcéré.

Ce rapport, établi par le cabinet d’expertise Cecogex à la demande de la défense, met en lumière de graves irrégularités dans la procédure douanière ayant conduit à l’affaire. Dans une correspondance officielle adressée au ministre, Me Djiby Diallo, avocat de Khadim Bâ, pointe une série d’erreurs aussi bien juridiques que procédurales, entachant les procès-verbaux dressés par les services douaniers.

Selon le rapport, les accusations reposent sur une mauvaise interprétation des textes en vigueur. Les agents de la Douane n’auraient pas pris la peine de vérifier certains documents essentiels avant de dresser leurs procès-verbaux, accusant à tort Khadim Bâ d’avoir produit de fausses attestations de change. L’expertise souligne que ces documents ont été fournis sans intention frauduleuse, dans un contexte de méconnaissance des procédures exactes de dédouanement.

Plus encore, Cecogex insiste sur le fait qu’à la date des faits, aucune disposition légale n’imposait un rapatriement des fonds pour un contrat de représentation, tel que celui qui liait Dermond Africa à Dermond Oil and Gaz FZE. La notion même d’« exportation de service » — point central du dossier — n’a été intégrée à la réglementation de l’UEMOA qu’en décembre 2024, et sa mise en application reste suspendue à des instructions non encore publiées par la BCEAO.

Pour Me Djiby Diallo, cette affaire s’apparente à une erreur administrative majeure. Il affirme que son client n’avait aucunement vocation à gérer directement les procédures de change, cette responsabilité relevant du transitaire de la Société africaine de raffinage (Sar), réelle entité importatrice. Le rapport évoque également la possibilité d’une inscription de faux contre les agents verbalisateurs, si les erreurs de procédure sont confirmées.

Autre élément troublant : Al Amine Lô, ancien directeur national de la BCEAO et aujourd’hui ministre-conseiller, pourrait témoigner que toutes les transactions ont bel et bien été effectuées en francs CFA, avec l’aval de l’institution monétaire.

Avec ces éléments accablants, la défense espère obtenir une annulation pure et simple des poursuites. Le rapport Cecogex appelle à la prudence, estimant que cette situation pourrait entraîner de sérieuses conséquences sur le plan judiciaire et institutionnel, en raison d’une mauvaise qualification juridique des faits reprochés à Khadim Bâ.

Le Président Bassirou Diomaye Faye en visite d’État en Guinée-Bissau

Bissau, le 26 mai 2025 – Le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a quitté Dakar ce lundi matin en direction de Bissau pour effectuer une visite d’État de deux jours en République de Guinée-Bissau, prévue les 26 et 27 mai 2025.

Selon un communiqué de la Présidence sénégalaise, « cette visite s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations de coopération et de bon voisinage entre la République du Sénégal et la République de Guinée-Bissau ».

Le programme officiel prévoit des entretiens entre le Président Diomaye Faye et son homologue bissau-guinéen, le Président Umaro Sissoco Embaló. Les deux chefs d’État aborderont plusieurs questions d’intérêt commun, notamment la sécurité sous-régionale, les échanges commerciaux, la coopération transfrontalière et les projets d’intégration régionale.

En marge des discussions bilatérales, des rencontres sont également prévues entre les délégations officielles des deux pays, avec pour objectif de consolider les liens diplomatiques, économiques et culturels qui unissent Dakar et Bissau.

Cette visite marque la première mission d’État du Président Diomaye Faye en Guinée-Bissau depuis son investiture en avril dernier. Elle témoigne de sa volonté affichée de renforcer l’axe Dakar-Bissau, dans un contexte de mutations politiques et économiques en Afrique de l’Ouest.

Une affaire tentaculaire de blanchiment et de fraude fiscale révélée par la Centif

Une enquête approfondie menée par la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), en collaboration avec des organismes étrangers, a mis en lumière un vaste réseau de blanchiment de capitaux adossé à une fraude fiscale présumée. Les révélations du journal Libération pointent du doigt trois ressortissants indiens, impliqués dans des structures commerciales enregistrées au Sénégal mais opérant de manière opaque.

Les individus concernés sont Rachit Jain (92 ans), gérant statutaire de Prime Suarl ; Arun Kumar Jain (53 ans), ancien gérant statutaire de la même société ; et Sachdeva Neeraj (75 ans), à la tête de San Suarl dont il est également l’actionnaire unique. Ces derniers dirigent, directement ou indirectement, trois entités commerciales : Prime Suarl, Saint Louis Trading Sarl et San Suarl. Toutes sont actives dans les secteurs du commerce alimentaire et du commerce de détail hors magasin.

Les soupçons de la Centif s’appuient notamment sur l’analyse des flux financiers observés sur les comptes bancaires des sociétés concernées. Entre juin 2016 et février 2017, Prime Suarl a enregistré près de 39 milliards de Fcfa de transactions, tandis que San Suarl en a comptabilisé environ 1,1 milliard de Fcfa.

Certains virements, comme celui de 186 920 dollars (environ 93,5 millions Fcfa) ou encore un transfert précédent de 190 000 euros, ont été justifiés par des contrats de prêt avec une société basée à Dubaï, Terra Firma Commodities. Or, les justificatifs fournis n’ont pas convaincu la banque sénégalaise, qui a exigé le retour des fonds. Un autre virement de 1,37 million de dollars a même été bloqué par des banques correspondantes à l’étranger, en raison de non-conformités.

Sur le terrain, les sociétés impliquées ont bel et bien exercé une activité commerciale importante, principalement dans l’importation de riz. D’après les douanes sénégalaises, Prime Suarl a importé 4 813 tonnes de riz pour plus de 613 millions de Fcfa en 2016, tandis que San Suarl en a importé 18 892 tonnes entre 2016 et 2019, pour une valeur de plus de 3 milliards de Fcfa.

Malgré cette activité, aucune déclaration fiscale n’a été effectuée, et les comptes fiscaux des deux entités étaient fermés. La Direction générale des Impôts et Domaines (DGID) a confirmé que, si ces sociétés sont bien immatriculées, elles ne respectent pas leurs obligations fiscales.

Les investigations ont également révélé des manquements graves à la réglementation de l’UEMOA sur les relations financières extérieures. En effet, les transferts liés aux importations de marchandises depuis des pays hors zone franc, notamment l’Inde et les Émirats arabes unis, n’ont pas été domiciliés ni traités via des banques agréées, en violation des articles 3 et 10 du Règlement N°09/2010/CM/UEMOA.

La Centif a saisi les cellules de renseignement financier (CRF) de plusieurs pays, dont l’Inde, la Côte d’Ivoire, la Turquie et les Émirats arabes unis. Mais la coopération a été limitée : ni les CRF indienne ni émiratie n’ont pu fournir d’informations utiles sur les individus ou sociétés impliqués, renforçant les soupçons d’un montage complexe visant à dissimuler l’origine des fonds.

À l’issue de ses travaux, la Centif a formellement identifié des indices graves de fraude fiscale et de blanchiment de capitaux, basés sur :

l’absence de déclaration fiscale, l’inobservation des règles de change, les dépôts massifs sur les comptes bancaires, la dissimulation de revenus imposables, et l’utilisation du système bancaire à des fins de dissimulation.

Mansour Faye convoqué par la Haute cour de justice malgré un accident de la route

L’ancien ministre Mansour Faye, par ailleurs maire de Saint-Louis, a été victime d’un accident de la circulation ce dimanche alors qu’il se rendait à Saint-Louis pour assister au gamou dédié à Serigne Babacar Sy. Heureusement, il est sorti indemne du choc, comme le rapportent plusieurs médias nationaux.

Cet incident n’empêche toutefois pas le cours de la justice. Mansour Faye est en effet convoqué ce lundi 26 mai à 11 heures précises devant la commission d’instruction de la Haute cour de justice, au troisième étage du Palais de justice de Dakar. Une convocation à laquelle il est tenu de répondre, sous peine d’y être conduit de force, comme le souligne L’Observateur dans son édition du jour.

Le quotidien du Groupe futurs médias rappelle les dispositions légales encadrant ce type de procédure : « Mandons et ordonnons à tous les huissiers ou officiers ou agents de police judiciaire ou agents de la force publique de lui notifier le présent mandat et de l’informer que, faute de comparaître, il sera décerné un mandat d’amener. » Une formule standard, selon certaines sources judiciaires citées par le journal, qui précisent que « cette mention n’a rien de personnelle ». Tous les anciens ministres convoqués dans le cadre de cette enquête ont reçu des convocations similaires.

La comparution de Mansour Faye s’inscrit dans le cadre de l’enquête sur la gestion du fonds Force-Covid-19, suite aux révélations du rapport de la Cour des comptes. Plusieurs personnalités ayant géré des fonds publics durant la crise sanitaire sont concernées. L’ancien ministre du Développement communautaire est soupçonné de malversations, accusations qu’il rejette fermement.

Dialogue national du 28 mai : le parti « Oser l’Avenir » choisit de ne pas participer

À la suite de l’invitation adressée par le ministre de l’Intérieur le 22 mai 2025, le parti Oser l’Avenir, dirigé par Me Aïssata Tall Sall, a réuni ses délégués régionaux et représentants de la diaspora afin d’adopter une position commune sur le dialogue national prévu le 28 mai prochain.

Après des échanges jugés francs et approfondis, le parti a tranché : il ne participera pas à cette rencontre politique majeure. Selon un communiqué publié à l’issue de la réunion interne, cette décision a été prise à une très large majorité.

Si les motivations précises de ce retrait ne sont pas encore connues, la direction du parti assure qu’elles seront rendues publiques dans les prochains jours, afin de permettre à l’opinion de mieux comprendre les enjeux de ce choix.

Ce refus de participer intervient dans un contexte où plusieurs formations politiques et organisations de la société civile expriment des réserves ou conditionnent leur participation à certaines garanties. Le parti Oser l’Avenir rejoint donc la liste des acteurs politiques ayant décidé de prendre du recul vis-à-vis de ce dialogue national, dont les contours et les objectifs continuent de susciter interrogations et débats.

Affaire Julo : Ama Baldé et son frère Pathé introuvables après une altercation avec la police à Pikine

Les célèbres lutteurs Ama Baldé et son frère Pathé Baldé sont activement recherchés par les éléments du commissariat d’arrondissement de Pikine. Jusqu’à ce dimanche à 20 h, ils restaient introuvables, alors qu’ils sont cités dans une affaire mêlant agression, drogue et obstruction à l’action policière.

Tout a commencé par une plainte déposée contre un jeune homme surnommé “Julo”, neveu d’Ama Baldé. Il est accusé d’avoir agressé un individu, lui dérobant sa moto et sa chaîne. Alertés, les policiers se sont rendus au domicile familial des Baldé à Pikine, pour remettre une convocation au suspect.

Mais à leur arrivée, les agents trouvent Julo dans le salon, en train de fumer du chanvre indien. La situation dégénère rapidement : Ama Baldé et son grand frère Pathé s’opposent farouchement à l’interpellation du neveu. Une empoignade éclate entre Ama et un adjudant de police, au cours de laquelle ce dernier subit une blessure légère à la main. Il a obtenu un certificat médical mentionnant une incapacité temporaire de travail de sept jours, selon des sources policières citées par Seneweb.

Profitant de la confusion, Julo réussit à s’échapper. Une perquisition menée dans sa chambre permet la découverte de 14 cornets de chanvre indien ainsi qu’une paire de ciseaux. Mais au moment où les renforts arrivent sur les lieux, Ama et Pathé Baldé avaient déjà disparu.

Une enquête est en cours pour retrouver les deux frères ainsi que le principal suspect, Julo. Cette affaire, mêlant figures populaires du sport national et faits divers, suscite déjà de vives réactions sur les réseaux sociaux.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°473 – 26/05/2025

🔴 PARTICIPATION AU DIALOGUE NATIONAL : 8 EXIGENCES DE BOUGANE POUR S’ASSEOIR À LA TABLE
🔴 AFFAIRE WEST AFRICAN ENERGY : DÉTÉRIORATION DE L’ÉTAT DE SANTÉ DE SAMUEL SARR

🔴 AMICAUX FACE À L’IRLANDE ET L’ANGLETERRE : DES RETOURS DANS LA « TANIÈRE »
🔴 BLESSURE DE REUG REUG : AZIZ NDIAYE DEMANDE À MAKANE DE FAIRE UNE CONTRE-EXPERTISE

Affaire West African Energy : Un dossier judiciaire entaché d’irrégularités et d’ombres qui fragilisent la procédure

L’affaire West African Energy, qui mobilise depuis plusieurs mois l’attention de l’opinion publique et des milieux judiciaires, connaît un nouveau tournant avec la révélation de graves dysfonctionnements dans la gestion du dossier. À quelques jours de la communication officielle des pièces du dossier, la défense de Monsieur Samuel SARR dénonce une série d’anomalies qui compromettent sérieusement la transparence et l’équité de la procédure.

Le 19 mai 2025, les avocats de Samuel SARR ont reçu une communication du dossier datée du 12 mai 2025, censée permettre la préparation de la défense avant une prochaine étape de l’instruction. Mais c’est avec stupéfaction qu’ils constatent que le dossier transmis est incomplet. En effet, le rapport d’expertise réalisé par Me Alioune TOURE, expert désigné par le juge d’instruction et qui blanchit totalement Samuel SARR, est mystérieusement absent. Cette disparition soulève des interrogations majeures. Pourquoi un document clé qui disculpe l’accusé a-t-il été retiré ou égaré ? La défense s’interroge sur une possible manipulation visant à influencer la procédure au détriment de la vérité.

Par ailleurs, le dossier est entaché par le refus apparent du juge d’instruction d’entendre un protagoniste essentiel de l’affaire : Monsieur Arona DIA, administrateur et actionnaire majoritaire de West African Energy. Jusqu’à présent, il n’a pas été convoqué ni interrogé dans le cadre de l’enquête. Ce silence étonnant suscite une polémique, car il paraît juridiquement impossible de boucler un dossier aussi complexe sans recueillir le témoignage capital de ce principal acteur. La défense souligne que ce refus va à l’encontre des règles fondamentales de la procédure judiciaire, et questionne les motivations politiques possibles derrière cette entorse.

Sur un autre front, l’état de santé de Monsieur Samuel SARR, déjà préoccupant, continue de se dégrader. Le juge d’instruction avait pourtant désigné le Professeur Maimouna Ndour, spécialiste en endocrinologie, pour effectuer un examen médical approfondi et fournir un rapport dans un délai d’un mois. Or, ce rapport, remis le 19 mai 2025, n’a pas été communiqué aux parties concernées, ce qui soulève de sérieuses inquiétudes quant au respect des droits médicaux et humains de l’accusé. La défense dénonce une possible tentative d’“effacement” symbolique et physique de Samuel SARR dans cette procédure.

Ces différents manquements, ajoutés à une ordonnance du 16 mai 2025 qui a été rédigée en violation flagrante des droits de la défense, conduisent les conseils de Samuel SARR à demander que cette ordonnance soit écartée du dossier. Selon eux, la procédure est bâclée et entachée d’irrégularités graves, mettant en péril non seulement la défense de leur client mais aussi la crédibilité de l’ensemble du système judiciaire.

Dans ce contexte, la défense appelle à un respect scrupuleux des droits fondamentaux, à la réouverture de l’instruction avec toutes les garanties d’équité, et à une prise en compte urgente de l’état de santé préoccupant de Monsieur Samuel SARR. Ces exigences traduisent une volonté de préserver l’intégrité de la justice sénégalaise face à un dossier devenu hautement sensible et politisé.

Le public et les observateurs attendent désormais que les autorités judiciaires prennent les mesures nécessaires pour garantir un procès équitable, transparent et respectueux des droits de tous les protagonistes. L’avenir de cette affaire, qui touche au cœur des questions économiques et politiques au Sénégal, dépendra en grande partie de la manière dont ces irrégularités seront traitées dans les jours et semaines à venir.

Kayes sous la menace : Les attaques terroristes se rapprochent dangereusement de la frontière sénégalo-malienne

Une nouvelle attaque terroriste a secoué la région de Kayes, au Mali, dans la matinée du 24 mai 2025. Des hommes armés ont pris pour cible un site d’une entreprise chinoise à Tringa-Marena, localité située sur l’axe stratégique Bamako-Kayes. Ils ont incendié plusieurs engins lourds, dont des grues, des tracteurs et des camions-citernes. Aucun bilan humain n’a pour l’instant été officiellement communiqué, mais les dégâts matériels sont considérables.

Ce nouvel assaut a eu lieu à seulement 80 kilomètres de la ville de Kayes et à environ 180 kilomètres de Kidira, poste-frontière avec le Sénégal. Il témoigne de l’avancée inquiétante des groupes armés terroristes vers les zones frontalières, avec une proximité de plus en plus directe avec le territoire sénégalais.

L’attaque n’a pas seulement visé une entreprise étrangère : elle constitue aussi un signal inquiétant sur la stratégie d’expansion des groupes terroristes. Ces derniers semblent vouloir cibler les infrastructures de développement et les partenaires économiques internationaux, comme en témoigne la destruction du matériel appartenant à la société chinoise.

Les populations locales sont plongées dans la peur. À Tringa-Marena et dans les villages avoisinants, les travailleurs et les habitants ont fui dans la panique. Le mouvement citoyen « Je suis les routes de Kayes » a rapidement réagi à travers un communiqué :

« Nous exprimons notre profonde indignation face à cette violence gratuite qui vise à déstabiliser notre région et à entraver son développement. »

L’attaque survient dans un contexte régional tendu où les pays du Sahel, fragilisés par des années d’instabilité, peinent à contenir l’expansion djihadiste. Le Sénégal, jusqu’ici épargné par les violences sur son territoire, suit de près l’évolution de la situation au Mali.

Plusieurs observateurs estiment que la proximité de l’attaque avec la frontière sénégalaise impose une vigilance accrue. L’axe Kayes-Kidira revêt une importance stratégique non seulement pour les échanges économiques, mais aussi pour la sécurité transfrontalière.

Des appels ont d’ailleurs été lancés localement en faveur d’un renforcement de la sécurité sur les corridors frontaliers. Des organisations de la société civile ont exhorté les autorités à agir vite, notamment en multipliant les patrouilles mixtes et en activant les mécanismes de coopération régionale en matière de renseignement.

Cette attaque intervient alors que le centre et le nord du Mali sont déjà sous pression constante de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Désormais, c’est la région de Kayes, longtemps perçue comme relativement épargnée, qui semble devenir un nouveau théâtre d’opérations terroristes.

Pour de nombreux analystes, cela pourrait préfigurer une nouvelle étape dans la stratégie des groupes djihadistes : la déstabilisation des zones économiquement cruciales, en particulier celles qui abritent des projets d’infrastructures ou des entreprises étrangères.

Pikine : démantèlement d’un réseau de voleurs de motos grâce à la vigilance d’une victime

Une enquête rondement menée par les commissariats de Pikine et de Thiaroye a permis, ce jeudi 22 mai 2025, l’arrestation de quatre individus impliqués dans une affaire de vol organisé de motos. Ce coup de filet est le fruit d’une plainte déposée par un citoyen victime d’un vol habilement orchestré et d’une traque entamée dans la discrétion.

Les faits remontent à quelques jours plus tôt, au niveau du Rond-Point Dominique, à Pikine. Alors que sa moto était en panne, un homme se présente à la victime comme un mécanicien. Gagnant rapidement sa confiance, il simule un diagnostic de la panne avant de suggérer au propriétaire d’aller acheter un fil d’attache pour réparer la pièce défectueuse. Ce dernier, sans méfiance, s’exécute. À son retour, le soi-disant mécanicien s’était volatilisé… avec la moto.

Déposée immédiatement, la plainte donne lieu à une enquête minutieuse, lancée par le Commissariat de Pikine. Le déclic survient quelques jours plus tard, lorsque la victime, en déplacement à Thiaroye, aperçoit par hasard l’homme qui l’avait escroqué, non loin du commissariat local. Alertés, les policiers interviennent promptement et procèdent à l’interpellation du suspect.

Une fois en garde à vue, le suspect est confronté à plusieurs autres victimes qui, informées de l’arrestation, se présentent à leur tour au poste de police. Tous confirment avoir été piégés selon le même mode opératoire : panne simulée, assistance proposée, puis vol de l’engin au moment opportun.

L’enquête, élargie avec l’appui du Commissariat de Thiaroye, permet ensuite d’arrêter trois receleurs présumés. Ces derniers seraient les acheteurs réguliers des motos volées, qu’ils écoulaient sur le marché noir. En perquisitionnant leurs domiciles et lieux de stockage, les policiers découvrent onze motos de différentes marques, dont deux ont déjà été rendues à leurs propriétaires grâce aux numéros de châssis.

Les quatre individus arrêtés sont poursuivis pour association de malfaiteurs, vol et recel. Ils ont été placés en garde à vue dans l’attente de leur présentation au procureur. L’enquête se poursuit afin de déterminer si d’autres complices ou points de revente sont impliqués dans ce réseau structuré.

Dialogue national : Pape Djibril Fall et le parti Les Serviteurs annoncent leur boycott

À l’approche de l’ouverture du dialogue national prévu du 28 mai au 4 juin 2025, une voix dissidente s’est fait entendre. Pape Djibril Fall, député et leader du mouvement politique Les Serviteurs, a officiellement annoncé le retrait de sa formation des concertations initiées par les autorités. Cette décision a été rendue publique samedi, lors d’une conférence de presse tenue à Dakar.

Dans une déclaration ferme, le parlementaire a dénoncé un cadre de dialogue qu’il juge biaisé et inefficace pour opérer de véritables avancées démocratiques. « Nous refusons de participer à un dialogue qui ne garantit pas une véritable transformation démocratique. Les réformes doivent être structurelles. Il est temps d’arrêter de violer la Constitution et les lois simplement pour satisfaire les intérêts d’un individu », a-t-il martelé devant les journalistes.

Malgré son retrait, Pape Djibril Fall a salué l’engagement personnel du facilitateur désigné, Dr Cheikh Gueye, soulignant son sérieux et sa volonté de conduire les discussions de manière inclusive. Toutefois, il a pointé du doigt le manque de ressources et de soutien alloués à ce dernier, estimant que cela traduit un déficit de volonté politique quant à la portée réelle de ce dialogue.

Le thème retenu pour cette nouvelle phase des concertations nationales – le système politique – avait suscité beaucoup d’attentes, notamment autour des questions de gouvernance, de séparation des pouvoirs, de justice électorale et de réforme des institutions. Mais la désaffection de plusieurs acteurs clés jette une ombre sur l’ambition de cette initiative.

Outre Les Serviteurs, l’Alliance Pour la République (APR), parti de l’ancien président Macky Sall, a également annoncé son boycott du dialogue. Ces absences notables pourraient compromettre la représentativité des discussions et réduire la portée des conclusions qui en découleront.

En se retirant de ce processus, Pape Djibril Fall affirme vouloir rester fidèle à ses principes. Son mouvement estime que les conditions ne sont pas réunies pour des discussions sincères et profondes susceptibles d’aboutir à un véritable changement de paradigme démocratique. Ce positionnement confirme la persistance d’un clivage entre les forces politiques sur les mécanismes à adopter pour refonder durablement les institutions sénégalaises.

Criminalisation de l’homosexualité : une urgence reconnue, mais pas une priorité selon Momath Talla Ndao

Invité ce dimanche 25 mai sur les ondes de la RFM dans l’émission « Grand Jury de Dimanche », Momath Talla Ndao, secrétaire d’État chargé de l’Urbanisme, a apporté un éclairage nuancé sur la place qu’occupe la question de la criminalisation de l’homosexualité dans les priorités actuelles du gouvernement. Tout en réaffirmant l’engagement de l’exécutif à agir sur ce dossier, il a tenu à rappeler que d’autres urgences priment dans l’action immédiate des nouvelles autorités.

« La criminalisation, c’est un engagement qui sera tenu », a-t-il déclaré d’emblée, reconnaissant l’importance de cette revendication dans le paysage politique et social sénégalais. Toutefois, il a tempéré cette promesse par une mise au point : « La question de la reddition des comptes, les deniers publics, ce sont des dossiers urgents parce que nous devons financer l’économie, l’éducation, la santé… Ce sont des urgences qu’il faut gérer. »

Cette déclaration marque une volonté de hiérarchiser les actions du gouvernement, avec une nette préférence pour les urgences économiques et la restauration de la gouvernance publique. En évoquant la nécessité de recouvrer les fonds publics détournés, Momath Talla Ndao a souligné que l’assainissement des finances de l’État constitue un préalable incontournable au redressement national.

« C’est ce processus que nous sommes en train de suivre », a-t-il expliqué, évoquant les efforts entrepris pour instaurer la transparence budgétaire, renforcer les marges de manœuvre financières et relancer les secteurs vitaux comme l’éducation, la santé ou l’agriculture. Selon lui, ces choix sont dictés par les attentes profondes des Sénégalais et les promesses faites durant la campagne.

Sur le plan politique, ses propos traduisent également une volonté de rassurer l’opinion : les engagements sociétaux ne sont pas abandonnés, mais relégués à un second plan par rapport à l’urgence économique. C’est une réponse indirecte à la pression exercée ces derniers jours par certains groupes conservateurs, notamment après la marche du collectif « Rappel à l’ordre », qui réclame une loi plus dure contre l’homosexualité.

Le message est donc double : d’un côté, l’État reste fidèle à ses principes et à la ligne idéologique portée par la coalition au pouvoir ; de l’autre, il affirme sa détermination à répondre d’abord aux défis immédiats du pays, avec une gouvernance orientée vers les résultats, la rigueur et la redéfinition des priorités nationales.

Dans un contexte de transition politique marqué par de fortes attentes sociales, la position de Momath Talla Ndao illustre la complexité de l’équation à laquelle le gouvernement fait face : concilier les exigences d’une base militante attachée aux valeurs culturelles et religieuses, tout en s’attaquant aux fondements économiques d’un pays en quête de stabilité et de développement.

Criminalisation de l’homosexualité au Sénégal : le gouvernement rassure les conservateurs après la polémique née d’un drame à Dakar

La récente révélation de la présence d’un homosexuel parmi les victimes de l’effondrement d’un immeuble à Dakar, le 9 mai dernier, a ravivé le débat sur la criminalisation de l’homosexualité au Sénégal. Ce fait divers a été l’élément déclencheur d’une nouvelle mobilisation des milieux religieux et conservateurs, regroupés au sein du collectif « Rappel à l’ordre », qui réclame une législation plus sévère contre ce qu’ils considèrent comme des « déviances » contraires aux valeurs sénégalaises.

Le vendredi 24 mai, plusieurs organisations de la société civile, dont l’ONG Jamra, ont participé à une marche pacifique dans les rues de Dakar. Leur objectif : exiger du gouvernement l’adoption immédiate d’une loi criminalisant de manière plus explicite et plus stricte les actes homosexuels. À travers des pancartes et des discours, les manifestants ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une « promotion rampante » de l’homosexualité au Sénégal, souvent imputée aux pressions extérieures.

Face à cette montée en tension, le ministre porte-parole du gouvernement, Amadou Moustapha Ndieck Sarré, a été invité à s’exprimer sur le sujet dans l’émission « Nay Leer » diffusée sur la RTS. Il a tenu à rassurer les conservateurs, affirmant que la position du gouvernement reste alignée sur « la volonté de la majorité des Sénégalais qui rejette catégoriquement l’homosexualité ».

Le ministre a annoncé que des démarches concrètes étaient déjà engagées pour renforcer la législation existante. Selon ses propos, le groupe parlementaire du parti Pastef travaille activement avec le collectif « And Saam Jikko yi » pour élaborer une proposition de loi allant dans ce sens. Il a précisé que les députés ont demandé au collectif de leur soumettre un texte, que le groupe parlementaire se chargera ensuite de porter devant l’Assemblée nationale.

Dans une déclaration particulièrement ferme, Amadou Moustapha Ndieck Sarré a réaffirmé la souveraineté du pays dans ce domaine : « Ni le président de la République, ni le Premier ministre ne cèdent à aucune pression extérieure. Notre culture rejette cette pratique, et nous y sommes fermement opposés. »

Ce nouvel épisode intervient dans un contexte où les débats autour des libertés individuelles, des droits LGBTQ+ et des valeurs traditionnelles sénégalaises restent profondément polarisés. Si la loi sénégalaise actuelle punit déjà les actes homosexuels d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement, les voix conservatrices estiment que les textes doivent être durcis et mieux appliqués.

Désenclavement de la Casamance : 50 kilomètres de pistes rurales bientôt réalisés dans la région de Kolda

Le Programme de Développement Économique de la Casamance (PDEC) franchit une nouvelle étape dans son plan de désenclavement de la zone sud du Sénégal. Le jeudi 23 mai, un atelier régional a été organisé à Kolda, réunissant les acteurs territoriaux pour la validation et la priorisation des axes de pistes rurales à réaliser. Ce projet prévoit l’aménagement de 50 kilomètres de pistes répartis entre les trois départements de la région, avec pour objectif d’améliorer la mobilité, de faciliter l’accès aux zones de production et de stimuler le développement économique local.

La répartition des 50 kilomètres de pistes se fera de manière équitable : 16 km pour le département de Kolda, 17 km pour Médina Yoro Foula, et 17 km pour Vélingara. Cette répartition tient compte des besoins spécifiques exprimés par les collectivités territoriales et des potentialités économiques des zones concernées.

Pour le département de Kolda, deux axes ont été jugés prioritaires. Le premier est le tronçon Salikégné-Dialacoumbi, long de 15 kilomètres, qui permettra de relier des localités rurales enclavées et de désengorger les circuits d’évacuation des produits agricoles. Le second axe, long d’un kilomètre, est celui reliant Thiawal Lawal à Bassoum, deux villages séparés par un pont. Malgré sa courte distance, ce tronçon est crucial pour assurer la continuité des échanges et des services sociaux de base.

Le coordonnateur national du PDEC, Youssouph Badji, a mis en avant l’importance de ces infrastructures pour les communautés rurales. Selon lui, « ces pistes permettront non seulement de désenclaver des localités, mais aussi de renforcer les chaînes de valeur agricoles et d’encourager l’investissement local ». Il a aussi précisé que la période de l’hivernage sera utilisée pour finaliser le processus de sélection des entreprises en charge des travaux, qui devraient débuter en janvier prochain.

L’initiative s’inscrit dans la volonté du gouvernement de faire de la Casamance une région pleinement intégrée à l’économie nationale, en l’équipant d’infrastructures modernes et résilientes. Ce projet de pistes rurales répond à un double impératif : relier les communautés isolées et renforcer la compétitivité de la région dans les secteurs agricoles et commerciaux.

À travers ce programme structurant, le PDEC entend répondre concrètement aux aspirations des populations de la Casamance, longtemps confrontées à un isolement physique et économique. Le défi reste désormais de garantir la qualité des travaux, leur durabilité, ainsi que l’implication des populations locales à chaque étape du processus.

Grave accident sur la Nationale 2 : Mansour Faye échappe de justesse à la tragédie

Dans la nuit du samedi au dimanche 25 mai 2025, un accident spectaculaire s’est produit sur la Nationale 2, aux environs de Louga. Mansour Faye, ancien ministre des Transports et maire actuel de Saint-Louis, faisait partie des passagers d’un convoi en route vers sa ville natale pour prendre part à la Ziarra dédiée à Serigne Babacar Sy, l’une des plus importantes manifestations religieuses du pays. Il est sorti indemne d’un choc qui aurait pu virer au drame.

Selon les premières informations recueillies sur place, un véhicule de transport en commun de type « Allô Dakar » aurait tenté une manœuvre de dépassement particulièrement risquée. Ce geste imprudent aurait déclenché une collision en chaîne impliquant plusieurs véhicules, dont celui transportant le maire de Saint-Louis. Le bilan provisoire fait état de trois blessés, pris en charge par les secours. Mansour Faye, quant à lui, n’a subi aucune blessure physique, mais aurait été fortement secoué par la violence de l’impact.

Aucune communication officielle n’a encore été publiée par les autorités compétentes, mais une enquête a été annoncée pour faire la lumière sur les circonstances exactes de l’accident. Les premiers éléments pointent vers une négligence grave de la part du conducteur du véhicule de transport public, relançant le débat sur l’indiscipline au volant et l’urgence de renforcer les mesures de sécurité routière, notamment sur les axes très fréquentés comme la Nationale 2.

Ce tragique événement survient dans un contexte particulièrement tendu en matière de sécurité routière. En effet, presque au même moment, un autre accident s’est produit dans la nuit sur l’axe Bambey–Diourbel, causant la mort de deux enseignants originaires du département de Diourbel. Ce drame a ému toute la communauté éducative, et le ministère de l’Éducation nationale a aussitôt présenté ses condoléances tout en annonçant l’ouverture d’une enquête interne.

Ces deux incidents rappellent l’ampleur du fléau des accidents de la circulation au Sénégal, où les imprudences et le mauvais état de certaines routes continuent de faucher des vies. Face à ces tragédies à répétition, de nombreuses voix s’élèvent pour exiger des réformes urgentes, tant sur le plan de la prévention que du contrôle routier. Pour Mansour Faye et bien d’autres, cette nuit aurait pu être fatale. Heureusement, il en est ressorti vivant, mais avec une expérience qui pourrait bien renforcer son engagement pour une meilleure sécurité routière.

Effondrement dramatique à Touba : plusieurs ouvriers coincés sous les décombres d’un immeuble en construction

Un grave accident s’est produit ce dimanche à Touba, plus précisément au niveau du garage Darou sur la route de Guédé, où un immeuble en construction s’est brutalement effondré. La catastrophe a surpris plusieurs ouvriers présents sur le chantier au moment des faits. Ces derniers sont actuellement coincés sous les décombres, suscitant l’inquiétude générale dans la cité religieuse.

Les premières alertes ont été données par des riverains témoins de l’effondrement, qui ont rapidement averti les secours. En moins d’une heure, les sapeurs-pompiers, accompagnés d’équipes médicales et de forces de sécurité, sont arrivés sur les lieux pour entamer les opérations de sauvetage. Des pelleteuses et d’autres engins lourds ont également été mobilisés afin de dégager les amas de béton et de ferraille qui entravent l’accès aux victimes.

Cependant, les opérations sont particulièrement délicates. L’instabilité des structures restantes rend les interventions dangereuses, les secouristes avançant avec la plus grande prudence afin d’éviter de nouveaux éboulements. « Chaque geste compte, il faut faire vite mais surtout bien », a confié l’un des pompiers sur place.

En parallèle, les autorités locales, alertées dès les premières heures, ont lancé un appel à la solidarité. Les populations ont été priées de faciliter l’accès des secours et de ne pas encombrer les environs du sinistre afin de permettre une intervention rapide et efficace.

Pour l’heure, aucun bilan officiel n’a encore été communiqué, mais selon certaines sources non confirmées, il pourrait y avoir plusieurs blessés graves, voire des victimes. Des investigations seront ouvertes pour déterminer les causes exactes de l’effondrement. Des questions commencent déjà à émerger sur la régularité des travaux, la qualité des matériaux utilisés et les conditions de sécurité sur le chantier.

Cet effondrement vient raviver les préoccupations sur la sécurité des constructions dans les grandes agglomérations du pays, où la pression foncière et la spéculation immobilière poussent parfois à des pratiques risquées. En attendant les résultats des enquêtes, toute la communauté de Touba retient son souffle, espérant que les maçons pris au piège puissent être retrouvés vivants.

Khalifa Sall annonce son retour imminent sur la scène politique : « Je reprends la parole publique très, très bientôt »

Après plusieurs mois de retrait volontaire de la sphère médiatique et politique, Khalifa Ababacar Sall, figure majeure de la vie politique sénégalaise et leader de la plateforme Taxawu Sénégal, a annoncé ce dimanche son retour imminent. L’ancien maire de Dakar, resté silencieux depuis mars 2024, a profité d’une conférence de presse pour officialiser sa décision de reprendre la parole et de renouer avec l’action politique publique.

Dans un ton serein mais résolu, Khalifa Sall a reconnu avoir volontairement réduit ses interventions ces derniers mois. « Ma parole a été rare. De mars 2024 à aujourd’hui, je ne me suis pas exprimé publiquement. Mais je vous donne rendez-vous très, très bientôt », a-t-il lancé à l’assistance, laissant présager une reprise dynamique de ses engagements dans les jours à venir. Il a insisté sur sa volonté de redevenir un acteur actif du débat politique national, affirmant : « Je reprends la parole publique, je m’inscrirai plus activement dans le débat et je serai surtout présent sur le terrain ».

Cette déclaration marque un tournant pour Taxawu Sénégal, coalition qui avait connu un certain ralentissement depuis les dernières échéances électorales. Khalifa Sall, dont le silence avait alimenté plusieurs spéculations, entend désormais reprendre l’initiative dans un contexte politique marqué par des transformations importantes depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye.

Par ailleurs, Khalifa Sall a confirmé la participation de sa plateforme au dialogue national prévu pour le 28 mai 2025. Il a souligné que cette décision s’inscrivait dans la logique de continuité avec sa posture politique adoptée dès 2023, lorsqu’il avait également répondu favorablement aux appels à la concertation. « Nous croyons au dialogue. Ce pays a besoin de concertation pour avancer », a-t-il affirmé, réaffirmant ainsi son engagement en faveur d’une approche inclusive et participative dans la construction du Sénégal.

Le retour de Khalifa Sall, à la veille de ce dialogue crucial, pourrait modifier les dynamiques entre les différents pôles politiques, notamment au sein de l’opposition. Nombre d’observateurs s’accordent à dire que sa voix, forte de son expérience et de sa base militante solide à Dakar, pourrait peser significativement dans les débats à venir.

Diplomatie religieuse : Thierno Amadou Ba appelle à cultiver le modèle sénégalais de paix et de tolérance

En marge de la 6ème édition de la Foire Internationale des Produits Africains (FIPA), un forum placé sous le thème “Diplomatie religieuse et médiation : les diplomates comme passeurs de paix” s’est tenu ce samedi à la Place du Souvenir Africain. Un moment fort de réflexion et de dialogue qui a vu la participation de diplomates, chefs religieux, universitaires, étudiants et membres de la société civile.

Prenant la parole, Thierno Amadou Tidiane Ba, khalife général de Bambilor, a livré un message empreint de sagesse, saluant l’importance du dialogue interreligieux dans la consolidation de la paix. Il a débuté son allocution en rendant un hommage appuyé à la présidente de la plateforme Baye Sa War, à l’origine de la FIPA, qu’il a décrite comme “une femme de vision et de courage”.

“Elle a su créer un espace unique, où se croisent les mondes du commerce, de la culture, de la diplomatie et de la spiritualité. La FIPA n’est pas qu’une foire, elle est une idée, une vision, une audace”, a-t-il déclaré.

Le guide religieux a également remercié le maire de Bambilor, Ndiagne Diop, pour son soutien constant à cette initiative, qu’il considère comme un engagement fort en faveur du rayonnement économique, social et spirituel du territoire.

Définissant le forum comme un “espace de diplomatie douce et de paix mondiale”, Thierno Amadou Ba a insisté sur l’importance de bâtir une géopolitique africaine enracinée dans les valeurs spirituelles, soulignant que les tensions sur le continent ne sont pas seulement politiques, mais aussi sociales, historiques et symboliques.

Il a ensuite partagé cinq enseignements clés tirés du thème du forum, dans une analyse lucide du lien entre foi, diplomatie et médiation :

La diplomatie moderne doit intégrer les réalités spirituelles : selon lui, comprendre les blessures historiques et les espoirs silencieux des peuples est essentiel à une diplomatie efficace. La collaboration entre diplomates et religieux est un puissant levier de paix : elle crée un tissu invisible mais solide, combinant légitimité politique et autorité spirituelle. Les bonnes actions des diplomates doivent être rendues visibles : il appelle à mieux faire connaître leur engagement local pour renforcer la confiance des populations. La médiation est un espace d’alliance entre foi et diplomatie : il plaide pour une approche patiente, humble et à l’écoute. La paix est un bien commun : au-delà des statuts, tous ceux qui œuvrent pour le vivre-ensemble contribuent à une même architecture humaine.

En conclusion, Thierno Amadou Ba a adressé un message fort à l’ensemble des participants :

“Aux diplomates, je dis merci. Merci de ne pas attendre que les crises éclatent pour venir écouter et dialoguer. […] Aux guides religieux, je dis : engageons-nous sans crainte dans ces dialogues indispensables. […] Et enfin, à vous, peuple sénégalais, je dis : protégeons et cultivons notre modèle de tolérance et de paix. Il est précieux, fragile, et admiré.”

Dans un monde secoué par les conflits, ce forum aura rappelé avec force que le dialogue interreligieux et la diplomatie spirituelle sont des voies d’espérance capables de tisser des ponts durables entre les peuples et les cultures.

A. Saleh

Détournement de fonds publics : cinq anciens ministres visés, Badara Gadiaga met en doute la Haute Cour de Justice

Cinq anciens ministres de la République sont actuellement dans le viseur de la Haute Cour de Justice (HCJ), suite aux révélations du rapport de la Cour des comptes sur la gestion des fonds destinés à la lutte contre la pandémie de Covid-19. Si certains ont déjà été placés sous mandat de dépôt ou soumis à des mesures judiciaires strictes, cette procédure exceptionnelle continue de susciter de vives controverses dans l’opinion publique et chez certains analystes.

Parmi les personnalités impliquées figurent Moustapha Diop et Aïssatou Sophie Gladima, tous deux placés sous mandat de dépôt. L’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, a été placé sous bracelet électronique, tandis que Ndeye Saly Diop Dieng est poursuivie sous contrôle judiciaire après avoir versé une consignation de 57 millions de francs CFA. Le cinquième mis en cause, Mansour Faye, est attendu devant la commission d’instruction ce lundi.

Le chroniqueur politique Badara Gadiaga, intervenant dans l’émission Jakaarlo Bi sur la TFM, a exprimé de sérieuses réserves quant au fonctionnement de la Haute Cour de Justice. « Je ne crois pas en cette juridiction », a-t-il lancé sans détour. À l’appui de ses propos, il évoque les limites structurelles de cette cour, notamment l’absence de possibilité d’appel pour les accusés, ce qui selon lui, viole un principe fondamental de la justice équitable.

Gadiaga a rappelé les précédents liés à la Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite (CREI), critiquée à l’époque pour le renversement de la charge de la preuve. « Le mis en cause doit avoir le droit de se défendre pleinement. Or, devant la Haute Cour de Justice, ce droit est très limité », a-t-il souligné, appelant à une réforme en profondeur de cette instance juridictionnelle.

L’analyste a également attiré l’attention sur la nature des accusations visant les anciens ministres. Selon lui, dans de nombreux cas, ce sont les DAGE (Directeurs de l’Administration Générale et de l’Équipement), en tant qu’ordonnateurs délégués, qui exercent un pouvoir effectif sur les dépenses publiques. Il estime ainsi que les responsabilités doivent être situées avec précision, pour éviter que les ministres ne soient injustement tenus pour seuls responsables.

Autre point évoqué par Badara Gadiaga : la perception des patrimoines des responsables politiques. « Il existe des administrateurs qui ont passé quinze ans au service de l’État et qui déclarent un patrimoine de 500 millions de FCFA. Pourquoi un ministre avec plus d’expérience et une carrière plus longue ne pourrait-il pas disposer d’un milliard ou plus ? », s’interroge-t-il. Pour lui, ces procédures semblent parfois guidées par des considérations subjectives, révélant un système judiciaire à deux vitesses.

Cette série de poursuites s’inscrit dans un contexte où le pouvoir en place affiche une volonté affichée de moraliser la vie publique et de lutter contre l’impunité. Mais la crédibilité des institutions chargées de faire la lumière sur ces dossiers reste sujette à débat. La sortie de Badara Gadiaga alimente une fois de plus les interrogations sur la capacité du système judiciaire à garantir une justice impartiale, égale pour tous, quels que soient le statut ou les fonctions passées.

Modou Diagne Fada plaide pour une participation active au dialogue national tout en préservant l’unité de l’opposition

Modou Diagne Fada, président du mouvement LDR YEESAL, a récemment réaffirmé la volonté de son parti de prendre pleinement part au dialogue national initié par le chef de l’État. Dans une déclaration empreinte de fermeté et de lucidité, l’ancien ministre a insisté sur la nécessité pour toutes les forces politiques d’être présentes autour de la table où se discutent les règles du jeu démocratique.

Selon lui, les enjeux à l’ordre du jour sont trop importants pour justifier une absence de son parti : « parrainage, financement des partis politiques, révision de l’autorité électorale, optimisation du calendrier républicain », énumère-t-il. Pour Modou Diagne Fada, il est impératif de contribuer à ces discussions pour influencer positivement le futur du pays : « Prendre part à ce processus, c’est être présent là où se fixent les règles de la politique », a-t-il martelé.

Conscient de la sensibilité du sujet au sein de l’opposition, Fada a tenu à clarifier la position de LDR YEESAL. Il a assuré que cette décision n’entame en rien les relations de son parti avec ses partenaires de l’opposition, notamment l’Alliance pour la République (APR). « Nous avons une divergence ici, mais nous sommes d’accord ailleurs sur des sujets qui pourraient être tout aussi essentiels », a-t-il reconnu, adoptant une posture d’ouverture et de respect mutuel.

Cette démarche vise à éviter toute fracture au sein du Front de Défense pour la République, une coalition d’opposition à laquelle LDR YEESAL est affiliée. Le leader du mouvement appelle à une lecture stratégique des divergences : « Cette discordance ne doit pas compromettre notre combat ni créer de trouble dans nos relations. Nous devons demeurer solidaires pour préserver les bases de notre démocratie », a-t-il conclu avec gravité.

À travers ce positionnement, Modou Diagne Fada cherche à conjuguer engagement institutionnel et fidélité aux principes de l’opposition. Un appel au réalisme politique dans un contexte où chaque camp affine ses stratégies en vue des prochaines échéances électorales.

Oumar Sow en garde à vue : l’ancien conseiller spécial visé pour diffusion de fausses nouvelles

L’affaire secoue de nouveau la sphère politique sénégalaise. Oumar Sow, ancien conseiller spécial à la présidence de la République et président du Mouvement OSYS, a été placé en garde à vue dans la nuit du dimanche à lundi. Selon des sources concordantes relayées par Seneweb, il a été interpellé à l’issue de son audition par la Division spéciale de cybersécurité.

Actuellement retenu dans les locaux du commissariat d’arrondissement du Plateau, le responsable politique de Yeumbeul est soupçonné de diffusion de fausses nouvelles, une infraction prévue et punie par la législation sénégalaise. Sauf revirement, il sera présenté ce lundi devant le procureur du Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar.

La garde à vue de M. Sow fait suite à une série de déclarations médiatiques dans lesquelles il a notamment mis en cause le parquet dans l’affaire Ismaïla Madior Fall, ancienne figure de proue du ministère de la Justice. Dans ses sorties, l’ancien conseiller n’a pas mâché ses mots, accusant ouvertement le parti au pouvoir de manœuvres visant à “liquider politiquement les maires de l’opposition”.

Ces propos, jugés graves par les autorités judiciaires, ont été perçus comme des allégations non fondées susceptibles de troubler l’ordre public, d’où l’ouverture d’une enquête confiée à la Division spéciale de cybersécurité.

Le dossier est d’ores et déjà suivi de près par les observateurs, dans un contexte politique tendu où les arrestations de figures de l’opposition continuent de susciter de vives réactions. Plusieurs sympathisants de l’opposition dénoncent une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°472 – 24 ET 25/05/2025

🔴 RECOURS CONTRE LE DÉCRET DE NOMINATION DES MEMBRES DE LA CENA : LA COUR SUPRÊME DÉSAVOUE « PARTIELLEMENT » MACKY
🔴 COUR SUPRÊME / NOUVEAU REJET DE DEMANDE DE LIBERTÉ PROVISOIRE DE SAMUEL SARR : L’EXPIRATION DU MANDAT DE DÉPÔT : DERNIÈRE ISSUE

🔴 COMBAT CONTRE BOY NIANG / BLESSURE AUX ÉPAULES : REUG REUG SUR LA TOUCHE ?
🔴 COUPE DU SÉNÉGAL / CONTENTIEUX : BUILDERS FC ET JARAAF DEVANT LA COMMISSION DE DISCIPLINE DE LA FSF

Dialogue politique : Idrissa Seck répond favorablement à l’appel de Diomaye Faye

Le Parti RÉEW MI, dirigé par l’ancien Premier ministre Idrissa Seck, a officiellement annoncé sa participation au dialogue national initié par le président Bassirou Diomaye Faye. Prévu pour démarrer le 28 mai 2025, ce processus vise à engager une réflexion approfondie sur le système politique sénégalais.

Réuni sous la présidence d’Idrissa Seck, le directoire du parti a salué l’initiative du chef de l’État, qualifiée de « levier pour approfondir la démocratie sénégalaise ». Dans un communiqué publié à l’issue de cette rencontre stratégique, RÉEW MI rappelle que le Sénégal est depuis longtemps considéré comme un modèle de stabilité en Afrique, un statut que le parti souhaite voir renforcé à travers ce dialogue.

« Depuis sa création, le Parti RÉEW MI a toujours vu dans le dialogue un outil fondamental de consolidation démocratique », souligne la note. Cette posture, régulièrement défendue par Idrissa Seck lui-même, s’inscrit selon les responsables dans une volonté de bâtir un système politique plus inclusif et transparent.

En annonçant sa participation, le parti se positionne comme un acteur clé dans cette phase de concertation nationale. Il appelle également à ce que ce dialogue débouche sur des consensus solides, capables de garantir des avancées durables dans la gouvernance démocratique du pays.

« Le Parti RÉEW MI exprime l’espoir que cette dynamique aboutira à des résultats concrets, renforçant les libertés fondamentales, la transparence du système électoral et la confiance des citoyens dans les institutions », conclut le communiqué.

Bignona : Saisie record de billets noirs d’une valeur de plus de 1,5 milliard FCFA par les Douanes

Un coup de filet d’envergure a été mené par les agents de la Brigade mobile des Douanes de Bignona, relevant de la Subdivision de Ziguinchor et de la Direction régionale des Douanes du Sud. Jeudi 15 mai 2025, aux environs de 17 heures, une importante quantité de billets noirs a été saisie à Silinkine, dans le département de Bignona. Le montant global de cette saisie s’élève à 1 milliard 541 millions 600 mille francs CFA.

Selon les informations relayées par la Division de la communication et des relations publiques des Douanes sénégalaises, cette opération ciblée est le fruit de l’exploitation d’un renseignement fiable. Ce dernier faisait état d’une opération imminente de blanchiment de billets noirs, communément appelés « billets destinés à être lavés », dans la zone de Silinkine, près d’Oulampane.

La descente des agents des Douanes a permis la découverte de 4.700 coupures de 500 euros en billets noirs, dissimulées dans un lieu tenu secret. La contrevaleur de ces faux billets, une fois convertie, atteint les 1,541 milliard FCFA.

Les autorités douanières précisent que l’enquête se poursuit afin de remonter toute la chaîne impliquée dans ce trafic illicite. L’objectif affiché est clair : démanteler le réseau de faussaires à l’origine de cette tentative de mise en circulation de faux signes monétaires.

Cette opération témoigne une nouvelle fois de la vigilance accrue des services douaniers dans la lutte contre le faux monnayage et le blanchiment de capitaux dans le sud du Sénégal, une région frontalière souvent ciblée par les réseaux criminels transnationaux.

Marche contre l’homosexualité à Ngor : Mame Matar Gueye invoque la religion pour justifier son opposition

Lors d’un rassemblement organisé ce week-end à Ngor, Mame Matar Gueye, vice-président de l’ONG Jamra, a pris la parole devant un public venu manifester son rejet de l’homosexualité. Dans un discours teinté de ferveur religieuse et de fermeté, l’activiste connu pour ses positions conservatrices a affirmé que « c’est le bon Dieu qui a criminalisé en premier l’homosexualité », en référence aux enseignements religieux aussi bien islamiques que chrétiens.

S’exprimant avec vigueur, Mame Matar Gueye a justifié cette position par la foi, en invoquant la condamnation unanime de l’homosexualité dans les textes religieux. « L’Église la bannit, l’islam également », a-t-il insisté, rejetant toute tentative d’imposer ce qu’il appelle « une idéologie étrangère » aux sociétés africaines et sénégalaises.

Le responsable de Jamra a par ailleurs accusé le « lobby LGBT » de multiplier ce qu’il qualifie de « provocations répétées » au Sénégal. Selon lui, des actes graves auraient été posés, notamment la diffusion de contenus pornographiques tournés dans des lieux saints ou encore l’organisation de cérémonies de mariage homosexuel dans des cités religieuses du pays. Des faits qu’il juge inacceptables et contraires aux valeurs spirituelles et culturelles sénégalaises.

« On n’approuve pas et on ne va pas se taire, que cela soit clair », a-t-il lancé, en guise d’avertissement à ceux qui, selon lui, chercheraient à normaliser l’homosexualité au Sénégal. Pour Mame Matar Gueye, l’ONG Jamra poursuivra sa mission de « veille éthique », en s’appuyant sur ce qu’il considère comme la volonté divine et la protection des fondements moraux de la nation.

Ce discours intervient dans un contexte de tensions récurrentes autour des droits LGBT au Sénégal, où l’homosexualité est toujours pénalement réprimée. La marche de Ngor s’inscrit ainsi dans une série d’initiatives de groupes conservateurs qui militent pour un durcissement des lois contre les minorités sexuelles, face aux appels internationaux pour davantage de tolérance et de respect des droits humains.

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Sénégal : Karim Xrum Xax lance un ultimatum de six mois pour la criminalisation de l’homosexualité

L’activiste Karim Xrum Xax, connu pour ses prises de position tranchées et son implication dans les mouvements sociétaux au Sénégal, a lancé ce jeudi un message sans équivoque aux autorités sénégalaises. Lors d’un rassemblement dans le cadre d’une marche contre l’homosexualité, il a exigé l’adoption d’une loi criminalisant l’homosexualité dans un délai de six mois, faute de quoi des actions plus radicales seront engagées.

« On leur donne un ultimatum de six mois. Si rien n’est fait, on se reverra devant les grilles du Palais », a averti Karim Xrum Xax, dans un ton ferme.

Revenant sur la genèse du mouvement “And Sam Jikko Yi”, l’activiste a tenu à rétablir certaines vérités. « C’est moi qui avais créé ‘And Sam Jikko Yi’. C’était d’abord ‘Non à l’homosexualité’, avant que le mouvement ne prenne cette appellation. J’avais appelé tout le monde pour nous unir dans ce combat », a-t-il rappelé, se positionnant comme l’initiateur de cette plateforme citoyenne aux relents conservateurs.

Karim Xrum Xax a également précisé que sa mobilisation ne visait pas un camp politique en particulier. « J’avais dit que ce n’était pas une lutte contre Macky Sall, mais pour nos convictions. » Une manière de se démarquer des querelles partisanes, en revendiquant un combat axé sur ce qu’il qualifie de “valeurs sénégalaises”.

Malgré son respect déclaré pour les membres actuels de “And Sam Jikko Yi”, notamment Imam Babacar Sylla, Karim Xrum Xax n’a pas caché sa déception de ne pas les voir en première ligne lors de la manifestation. « J’ai pris la peine d’appeler And Sam Jikko Yi. Ils n’avaient même pas besoin d’être invités pour une telle cause », a-t-il déploré.

En conclusion, l’activiste a rejeté toute tentative de modération ou de compromis sur cette question sociétale :

« Ce n’est pas pour durcir les sanctions que nous nous battons, mais bien pour criminaliser l’homosexualité. Il faut que ce soit clair. Nous sommes radicaux sur ce point. »

Marche contre l’homosexualité à Ngor : Abdou Mbow interpelle Sonko sur ses engagements et tacle “And Samm Jikko Yi”

Ce vendredi 23 mai, la commune de Ngor a été le théâtre d’une importante mobilisation contre l’homosexualité, à l’appel de l’ONG Jamra et de l’activiste Karim Xrum Xax. Des centaines de manifestants, arborant pancartes et banderoles, ont répondu présents pour réaffirmer leur attachement aux valeurs sociétales sénégalaises et réclamer la criminalisation de l’homosexualité.

Parmi les figures politiques ayant marqué cette journée, le député Abdou Mbow s’est distingué par un discours musclé, visant directement le parti Pastef et son leader, Ousmane Sonko. Prenant la parole devant la foule, le parlementaire a rappelé les engagements pris par ce dernier en matière de défense des “valeurs” lors de débats passés, notamment lors de la visite de l’ancien président américain Barack Obama au Sénégal.

« Lors de la visite de Barack Obama au Sénégal, c’est notre leader Macky Sall qu’on avait attaqué. Pourtant, Ousmane Sonko avait politisé cette lutte. Aujourd’hui, il est temps de respecter ses engagements », a-t-il lancé, appelant à plus de clarté et de fermeté de la part du camp de l’opposition sur cette question sensible.

Le député de la coalition Benno Bokk Yakaar ne s’est pas arrêté là. Il a également critiqué ouvertement le mouvement “And Samm Jikko Yi”, souvent en première ligne sur ces thématiques. À ses yeux, ce collectif manque de cohérence et de résultats tangibles :

« Defar djikko yi moko gueune », a-t-il déclaré, estimant que d’autres acteurs, à l’image de Jamra ou de certains leaders religieux, mènent une lutte plus “efficace” et fidèle aux valeurs culturelles du Sénégal.

Cette manifestation s’inscrit dans un contexte national marqué par des débats récurrents sur les questions de mœurs et de législation autour de l’orientation sexuelle. Si le code pénal sénégalais punit déjà les actes dits “contre nature”, une frange de la population réclame un durcissement des lois pour aller jusqu’à la criminalisation explicite de l’homosexualité.

La prise de parole d’Abdou Mbow relance ainsi la pression politique sur Ousmane Sonko, aujourd’hui Premier ministre, dont les promesses sur ces sujets restent régulièrement rappelées par ses adversaires comme par une partie de la société civile.

Alors que le Sénégal vit une période de transition politique sensible, ce genre de manifestation révèle à quel point les questions sociétales restent un levier puissant dans le jeu politique national.

Nouveau revers judiciaire pour Samuel Sarr : la Cour suprême rejette son pourvoi en cassation

La Chambre pénale de la Cour suprême a tranché. Réunie en audience spéciale ce mardi, elle a rejeté le pourvoi en cassation introduit par les avocats de Samuel Sarr, scellant un nouvel échec dans la quête de liberté provisoire de l’ancien Directeur général de la société West African Energy (WAE).

Ce recours visait à contester le rejet de sa demande de mise en liberté provisoire, d’abord par le juge d’instruction, puis par la Chambre d’accusation. La Cour suprême a finalement confirmé ces décisions, estimant les arguments de la défense insuffisants pour remettre en cause les précédents jugements.

Malgré ce revers judiciaire, Samuel Sarr refuse de baisser les bras. Selon des informations rapportées par Les Échos, une nouvelle demande de mise en liberté provisoire a été introduite, cette fois directement devant le magistrat instructeur en charge du dossier. L’homme d’affaires, qui continue de nier en bloc les faits qui lui sont reprochés, mise sur ses garanties de représentation pour tenter d’obtenir une issue favorable.

Ses conseils assurent que leur client respecterait strictement les conditions d’une libération, arguant notamment de son attachement au territoire national et de sa volonté de se défendre librement. Mais les juges, jusque-là, restent prudents. Les dénégations de l’accusé sont jugées peu convaincantes, et les risques de fuite sont perçus comme élevés en raison de son poids dans les milieux d’affaires et de ses nombreux relais.

FIPA 2025 : Une opportunité pour accroître la visibilité des produits et services africains

La Place du Souvenir Africain a accueilli, ce jeudi, la cérémonie officielle de lancement de la Foire Internationale des Produits Africains (FIPA 2025). Cet événement scientifique et culturel est placé sous le thème : « L’intégration économique : un levier essentiel de développement et de souveraineté ».

Selon la commissaire générale de la FIPA, Fatou Fabira Dramé, cette 6e édition s’inscrit dans une vision continentale de l’intégration économique, en phase avec les priorités stratégiques du Sénégal et les aspirations régionales d’un commerce intra-africain fort.

« La FIPA arrive à point nommé, à un moment où l’Afrique doit s’unir et valoriser ses produits locaux. C’est une opportunité pour les Africains de développer les échanges intra-africains, à travers la ZLECAF mais aussi à travers nos produits et services. La FIPA regroupe tous les secteurs d’activité, ce qui permet de créer des échanges, mais aussi des partenariats », a-t-elle souligné.

Elle a également mis en avant les innovations de cette édition : des sessions de formation, des rencontres B2B, des journées dédiées aux collectivités territoriales, des forums sur l’intégration africaine, la diplomatie religieuse, et bien d’autres activités d’importance.

De son côté, le Secrétaire général du ministère de l’Industrie et du Commerce, Seydina Aboubacar Sadikh Ndiaye, a salué l’initiative et la constance dans l’organisation de la FIPA :

« La régularité de cette foire témoigne du sérieux de Mme Fabira et de son équipe. Elle offre une belle opportunité de valoriser les produits et services des entreprises sénégalaises. Le thème, axé sur l’intégration économique comme levier de développement et de souveraineté, est pertinent dans le contexte actuel. Cette foire est un bel exemple de coopération Sud-Sud, avec une diversité d’acteurs venus de presque tous les pays de la sous-région. »

Il a également mis en avant la richesse de l’agenda : panels, rencontres B2B, sessions de coaching pour les jeunes entrepreneurs, entre autres.

« Une économie doit être animée. C’est le rôle de l’État, mais quand des initiatives privées y contribuent, elles méritent d’être saluées », a-t-il ajouté.

Pendant dix jours, cette vitrine du savoir-faire africain assurera l’interconnexion des PME et PMI africaines à l’économie mondiale. Elle permettra aux exposants venus de 35 pays participants de renforcer la visibilité de leurs produits et services.

A. Saleh

Remaniement au ministère de la Culture : Khoudia Diagne cède sa place à Hugues Diaz à la tête de la Direction des Arts

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, poursuit les réaménagements dans l’administration publique avec le limogeage de Khoudia Diagne, jusque-là Directrice des Arts au ministère de la Culture et de la Communication. Cette décision marque la fin d’un mandat de près de quatre ans et demi pour cette haute fonctionnaire nommée en décembre 2020 par l’ancien président Macky Sall.

Diplômée en Gouvernance et Management Public de l’Université Senghor à Alexandrie (13e promotion), Khoudia Diagne a su s’imposer par son engagement constant en faveur du rayonnement artistique et culturel du Sénégal. Son parcours au sein du ministère est marqué par des fonctions stratégiques, notamment à la tête de la Cellule des Études et de la Planification, ainsi qu’en tant que Chef de la Division Administrative, Juridique et Financière.

Dans une déclaration empreinte d’émotion et de dignité, elle a salué son successeur tout en exprimant sa gratitude envers le milieu artistique :

« Alhamdoullillahi rabbil ‘alamin, après quatre ans et demi, mon collègue Hugues Diaz me succède à la tête de la Direction des Arts. […] Monsieur le Directeur des Arts, je vous confie aujourd’hui ma famille des Arts, qui m’a adoptée, soutenue et chérie. »

Son départ s’inscrit dans une dynamique de renouvellement impulsée par le nouveau chef de l’État, qui multiplie les nominations pour insuffler une nouvelle énergie à l’appareil étatique.

Hugues Diaz, un retour attendu dans la sphère culturelle

Le nouveau Directeur des Arts, Hugues Diaz, est une figure familière du secteur culturel. Conseiller aux affaires culturelles avant sa nomination, il a aussi occupé les fonctions de Directeur de la Cinématographie, ce qui lui confère une solide connaissance des enjeux et des acteurs du domaine artistique.

Sa nomination est accueillie avec intérêt dans les milieux culturels, qui attendent de lui un renforcement des politiques d’appui aux créateurs, une meilleure structuration des fonds de soutien à la production artistique, et une diplomatie culturelle offensive visant à accroître l’influence du Sénégal sur la scène internationale.

Mbaye Ndiaye devant la justice : l’ancien ministre de l’Intérieur accusé d’avoir dégradé une villa de l’État

L’ancien ministre de l’Intérieur, Mbaye Ndiaye, a comparu ce jeudi devant la Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Dakar, dans une affaire portant sur la dégradation présumée d’un bien immobilier appartenant à l’État. À l’origine de la plainte : la Société nationale de gestion et d’exploitation du patrimoine bâti de l’État (Sogepa), qui estime les dommages causés à la villa de fonction à plus de 50 millions de francs CFA.

La Sogepa accuse l’ex-ministre d’avoir restitué le logement dans un état de détérioration avancée, plusieurs années après la fin de son mandat ministériel en 2012. Le bien en question, une villa de fonction mise à disposition pendant l’exercice de ses fonctions, aurait subi d’importants dégâts, suscitant l’indignation des services de l’État chargés de la gestion du patrimoine public.

Mais Mbaye Ndiaye conteste vigoureusement ces allégations. À sa sortie d’audience, il a livré sa version des faits, relayée par L’Observateur. « J’ai investi personnellement 200 millions dans la rénovation de la villa », a-t-il affirmé, ajoutant que le logement initialement doté de trois chambres avait été entièrement réaménagé pour en contenir quinze. L’ancien ministre souligne qu’il a quitté les lieux il y a plus de dix ans, à la fin de son mandat ministériel, en 2012.

Cette affaire soulève une nouvelle fois la question de la gestion du patrimoine de l’État par les anciens dignitaires. Elle intervient dans un contexte où les autorités cherchent à renforcer la transparence et la redevabilité dans l’usage des biens publics.

Le procès a été renvoyé au 24 juillet prochain, date à laquelle les différentes parties présenteront leurs plaidoiries. D’ici là, la défense de Mbaye Ndiaye promet de fournir toutes les preuves des investissements réalisés, tandis que la Sogepa maintient ses accusations, déterminée à obtenir réparation.

Affaire à suivre.

Oumar Sow convoqué à nouveau à la Cybercriminalité : il dénonce une volonté de museler l’opposition

Le responsable politique de l’Alliance pour la République (APR) et chroniqueur à la SEN TV, Oumar Sow, a annoncé ce jeudi sur sa page Facebook avoir reçu une nouvelle convocation de la Division spéciale de la cybersécurité. Il est attendu dans les locaux de la Cybercriminalité à 15 heures.

Dans sa publication, Oumar Sow dénonce une tentative de musellement de l’opposition, qu’il attribue directement au président Bassirou Diomaye Faye et à son Premier ministre Ousmane Sonko. “Je viens d’être convoqué à la cybercriminalité à partir de 15 heures. La dictature de Diomaye Faye et Ousmane Sonko pour le musellement de l’opposition”, a-t-il écrit.

Cette convocation intervient quelques mois après une précédente affaire ayant conduit à son arrestation. Oumar Sow avait alors été poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, une affaire qui s’était soldée par une condamnation à quatre mois de prison avec sursis.

Cette nouvelle convocation relance le débat sur la liberté d’expression au Sénégal et l’utilisation de l’arsenal judiciaire à l’encontre de figures critiques du pouvoir. Les soutiens d’Oumar Sow y voient une dérive autoritaire, tandis que d’autres estiment que l’État ne fait qu’appliquer la loi contre les discours jugés dangereux ou mensongers sur les réseaux sociaux.

Le CESTI célèbre la 52e promotion sur fond de crise du secteur médiatique sénégalais

Ce jeudi 22 mai 2025, le Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information (CESTI) a célébré la sortie de sa 52e promotion, une cérémonie marquée à la fois par la fierté de l’accomplissement académique et l’inquiétude face à l’avenir professionnel. Les 33 récipiendaires de cette cuvée ont été honorés, avec une mention spéciale pour les majors : Adama Ndiaye (presse écrite), Sokhna Aminata Diop (radio) et Hadjaratou Racky Diagne (télévision).

Dans un discours à la fois solennel et lucide, le directeur du CESTI, Mamadou Ndiaye, a dressé un tableau sombre de la situation des médias au Sénégal. Saluant d’abord la rigueur et la qualité de la formation dispensée au sein de l’institution, il n’a pas manqué de souligner les défis majeurs auxquels sont confrontés les jeunes journalistes.

« Vous allez recevoir votre diplôme de journaliste dans un contexte très difficile », a-t-il déclaré. Une réalité marquée par la fermeture de plusieurs entreprises de presse, un modèle économique défaillant, les effets persistants de la crise post-Covid, et les bouleversements technologiques, dont l’intelligence artificielle.

Le directeur a notamment dénoncé le modèle du “tout gratuit”, la raréfaction des ressources publicitaires, les retards ou absences de salaires, autant de facteurs qui contribuent à la précarisation du métier. « Les journalistes vivent dans une précarité grandissante. Pourtant, vous avez bénéficié d’une formation de qualité, et ceux qui cherchent l’excellence sauront vous reconnaître », a-t-il affirmé, encourageant ainsi les nouveaux diplômés à garder foi en leur vocation.

Mamadou Ndiaye a également interpellé les autorités et les acteurs du secteur sur la nécessité d’un soutien étatique plus fort envers les médias, dans un souci de préservation de la démocratie. « Les médias qui échouent à jouer leur rôle deviennent un danger pour la démocratie », a-t-il averti, soulignant le lien vital entre presse libre et bonne gouvernance.

Enfin, le directeur du CESTI a lancé un appel à un dialogue franc et constructif entre le ministère de la Communication, les patrons de presse et les organisations professionnelles du secteur. « Il est temps de s’asseoir et de parler », a-t-il martelé, évoquant la nécessité d’une réforme concertée pour sauver un pilier essentiel de la vie démocratique.

La cérémonie s’est achevée sur une note de fierté et d’espoir, portée par l’ambition et l’engagement des jeunes journalistes, qui s’apprêtent à faire leurs premiers pas dans une profession en pleine mutation.

Thiès : arrestation de deux individus en possession de 400.000 FCFA en faux billets

Une opération menée par les éléments du Commissariat du 1er arrondissement de Thiès a permis l’interpellation de deux présumés faussaires, ce mercredi 21 mai 2025, aux environs de 4h35 du matin. Les deux individus ont été appréhendés en possession d’une importante somme en faux billets, précisément 400.000 FCFA, composés de 200 coupures de 2.000 francs.

L’intervention fait suite à un renseignement opérationnel indiquant la présence à Thiès de personnes suspectées de détenir des signes monétaires contrefaits. Les agents de police, agissant avec célérité, ont ainsi pu surprendre les deux suspects en flagrant délit de détention de billets contrefaits.

Placés immédiatement en garde à vue, les mis en cause sont actuellement soumis à un interrogatoire dans le cadre d’une enquête ouverte pour déterminer l’origine des billets et identifier d’éventuels complices. L’objectif est de démanteler toute la chaîne de fabrication ou de distribution des faux billets.

La police nationale, qui a salué l’efficacité de cette opération, réaffirme sa détermination à lutter contre tous les réseaux criminels impliqués dans la falsification de la monnaie. Ce type d’activité illégale, au-delà de son impact économique, représente une menace grave pour la stabilité financière et la confiance dans le système monétaire.

Découverte macabre à Darou Ndiaye Ndiambour : un septuagénaire retrouvé mort près de la route de Ouarack

Une scène tragique a bouleversé ce jeudi matin la quiétude du village de Darou Ndiaye Ndiambour, dans l’arrondissement de Coki, région de Louga. Le corps sans vie d’un homme âgé de 73 ans y a été découvert, gisant près de la route qui mène vers la localité de Ouarack.

La victime, originaire du quartier Santhiaba Sud à Louga, a été retrouvée tôt dans la matinée dans des circonstances encore floues. C’est un passant qui aurait donné l’alerte après avoir aperçu le corps étendu à même le sol, sans trace visible de lutte ou de blessure apparente.

Informés de la situation, les sapeurs-pompiers sont intervenus rapidement pour procéder à l’évacuation du corps. La dépouille a été transportée à l’hôpital régional de Louga, où une autopsie sera pratiquée pour déterminer avec précision les causes du décès.

Une enquête a été immédiatement ouverte par la gendarmerie afin de faire toute la lumière sur cette mort suspecte. Les enquêteurs cherchent à reconstituer les dernières heures de la victime et à établir si le décès est dû à un malaise, à une agression ou à toute autre cause. Des membres de la famille et des habitants du village ont été entendus à titre de témoins.

En attendant les résultats de l’autopsie et les conclusions de l’enquête, l’émotion est vive dans la région. Ce décès inexpliqué d’un homme âgé, retrouvé seul en bordure d’une route, interpelle et suscite l’inquiétude dans la communauté.

Féminicides au Sénégal : ActionAid appelle à déclarer l’urgence nationale

Face à la montée inquiétante des violences faites aux femmes, l’organisation non gouvernementale ActionAid Sénégal tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué publié ce jeudi, l’ONG exhorte les nouvelles autorités sénégalaises à reconnaître les féminicides comme une urgence nationale et à prendre des mesures fortes et immédiates pour y faire face.

L’organisation se dit profondément indignée par l’ampleur du phénomène, qualifiant cette période de « particulièrement sombre » pour le pays. Selon elle, les meurtres de femmes, survenus le plus souvent dans un contexte conjugal ou sur fond de violence sexiste, se multiplient dans un climat d’indifférence générale. Ces drames bouleversent des familles et choquent l’opinion publique, tout en révélant des lacunes graves dans la prévention, la protection des victimes et l’accès à la justice.

Entre janvier et mai 2025, au moins sept femmes ont été tuées dans diverses localités du Sénégal, d’après un décompte du journal Enquête. Le mois de mai s’est révélé particulièrement tragique, avec deux cas survenus en moins d’une semaine. Le plus récent remonte à quelques jours seulement : une femme de 41 ans, mère de quatre enfants, a été abattue en pleine journée à Ndiouwar, près de Fatick, par son mari, un ancien militaire.

ActionAid estime que ces crimes ne doivent plus être perçus comme de simples faits divers, mais comme les manifestations d’un système de violences structurelles, renforcé par le silence, l’impunité et la banalisation. L’organisation appelle à une réponse d’envergure, articulée autour de quatre priorités : la reconnaissance officielle de l’urgence, la stricte application des lois existantes, le renforcement des dispositifs de protection pour les femmes en situation de danger, et le lancement de vastes campagnes nationales de sensibilisation pour transformer les mentalités.

L’ONG insiste également sur la nécessité d’une réponse judiciaire exemplaire. Elle plaide pour des poursuites systématiques, des jugements équitables et des sanctions dissuasives à l’encontre des auteurs de violences, afin de briser le cycle de l’impunité.

Pour ActionAid, chaque féminicide est « une vie de trop » et chaque silence équivaut à « une complicité ». L’organisation en appelle à l’État du Sénégal pour qu’il rompe ce silence et agisse avec détermination afin de protéger les femmes, préserver leur dignité et garantir leur droit fondamental à la vie et à la sécurité.

Déclaration conjointe des mouvements, organisations et personnalités de la société civile : Appel urgent pour la réforme de l’article 255 du Code pénal !

Nous, mouvements et organisations de la société civile, exprimons notre vive préoccupation face à l’usage récurrent et préoccupant de l’article 255 du Code de procédure pénale au Sénégal. Un an après l’arrivée au pouvoir du Président Bassirou Diomaye Faye, nous constatons avec inquiétude que plusieurs journalistes, activistes, chroniqueurs et citoyens engagés ont été interpellés ou poursuivis sur la base de cette disposition juridique. 
Cette situation contraste fortement avec les aspirations démocratiques exprimées par les citoyens lors des dernières élections, ainsi qu’avec les engagements de rupture et de renouveau institutionnel pris par les nouvelles autorités.

Le dernier à en faire les frais est Abdou Nguer, chroniqueur et commentateur de l’actualité politique. Le 20 mai, il a été placé sous mandat de dépôt par le juge d’instruction du 3e cabinet du tribunal de Dakar. Il est inculpé pour diffusion de fausses nouvelles, offense au Chef de l’État et apologie de crime ou délit. Il s’agit là de la seconde incarcération préventive en l’espace d’un mois, les chefs d’accusation étant liés à des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, dans lesquelles il aurait analysé des dossiers d’intérêt public tels que l’affaire PRODAC, le rapport de la Cour des comptes…

Le 17 avril, ce chroniqueur entre autres, de la chaîne de télé SenTV, a été placé pour la première fois sous mandat de dépôt après sa présentation devant le juge d’instruction du 3e cabinet du tribunal de Dakar. Il était poursuivi pour des faits de « diffusion de fausses nouvelles ». Sa convocation découlait d’une auto saisine du procureur de la République, intervenue après la diffusion de propos jugés sensibles au sujet du défunt magistrat Mamadou Badio Camara, ancien président du Conseil constitutionnel. 
Sa détention prolongée marque les limites de la liberté d’expression dans un État de droit. Il est reproché à Abdou Nguer d’avoir émis des opinions critiques sur des sujets d’intérêt public. un droit pourtant protégé par la Constitution sénégalaise et par les instruments juridiques internationaux ratifiés par le Sénégal.

Après une auto saisine du procureur pour avoir été  accusés d’avoir injurié l’ancien président Macky Sall, les militants de Pastef, Assane Gueye dit Azoura Fall et Ousseynou Kairé ont été jugés en flagrant délit le 21 mai et risquent 6 mois de prison, dont 3 ferme. Pour rappel, Azoura Fall avait bénéficié d’une liberté provisoire en raison de son état de santé avant d’être convoqué à nouveau.

Quant à l’activiste Assane Diouf, il a été placé sous mandat de dépôt pour diffusion de fausses nouvelles et offense à une autorité assimilée au président de la République après sa comparution devant le doyen des juges d’instruction le 3 mars dernier. Le 10 avril, le journaliste Simon Faye, rédacteur en chef de SenTv et de Zik Fm, a été convoqué et placé en garde pour diffusion de fausses nouvelles avant d’être libéré sous le régime du contrôle judiciaire. 

Parmi les acteurs politiques, les cas de Moustapha Diakhaté et Adama Fall sont à relever. Le premier est une voix critique du pouvoir actuel. Il a été arrêté le 22 novembre 2024 pour « insultes par le biais d’un système informatique envers un groupe se caractérisant par son origine nationale” avant d’être libéré le 24 janvier dernier. Le second, Adama Fall, acteur politique et opposant au pouvoir, est placé en garde à vue pour diffamation et diffusion de fausses nouvelles le 21 février, avant d’être relaxé le 26 février. 

Ces cas, récents parmi tant d’autres, s’inscrivent dans une tendance préoccupante de l’utilisation abusive de l’article 255 du code pénal, qui menace gravement la liberté d’expression et la liberté de presse surtout dans l’espace numérique. Il stipule : « La publication, la diffusion, la divulgation ou la reproduction, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers, sera punie d’un emprisonnement d’un à trois ans et d’une amende de 100 000 à 1 500 000 francs (…) ». 

Cet article rédigé en des termes ambigus dans un cadre législatif post-colonial, ouvre la voie à des interprétations subjectives. Par ailleurs, le recours systématique à la sanction la plus sévère, sans prise en compte des circonstances spécifiques de l’infraction, soulève de sérieuses préoccupations quant au respect du principe de proportionnalité des peines dans un État de droit. 

Les Nations Unies ont mis en garde contre les réponses étatiques excessives. Elles appellent les États à s’abstenir de mesures disproportionnées telles que les coupures d’Internet ou l’adoption de lois imprécises et trop larges, utilisées pour criminaliser, bloquer, censurer ou restreindre les discours en ligne, au détriment de l’espace civique.
​​Pour éviter des réponses juridiques inadéquates et préjudiciables aux droits de l’Homme, l’État du Sénégal doit mettre en oeuvre une série de mesures à savoir : renforcer le rôle des médias libres, indépendants et diversifiés, investir dans l’éducation aux médias et au numérique, autonomiser les individus et rétablir la confiance du public.

Toutes les personnes en détention préventive sur la base de cet article controversé ces derniers mois, devraient pouvoir bénéficier d’une remise en liberté immédiate. Pour celles ayant déjà été condamnées, il est impératif d’envisager un réexamen de leur situation, notamment à travers un aménagement de peine ou une mesure de grâce, afin de garantir le respect des principes de proportionnalité et de protection des droits humains.
Pour concrétiser certaines des conclusions des assises nationales de la Justice du Sénégal qui se sont tenues en juin 2024, nous mouvements et organisations de la société civile, appelons l’État du Sénégal à :
Réformer l’article 255 du code pénal qui criminalise la publication de fausses nouvelles et l’article 80 pour les aligner avec les normes internationales;
Réexaminer toutes les mesures punitives, y compris les restrictions pénales à la diffamation, l’injure, l’offense ou à la publication de fausses informations, et s’assurer qu’elles sont nécessaires, proportionnées, justifiables et compatibles avec les normes internationales en matière de droits de l’homme;

Privilégier des peines alternatives à l’emprisonnement, dans le respect du principe de proportionnalité comme des peines avec sursis, des travaux d’intérêt général (TIG), des amendes proportionnées aux capacités financières de la personne condamnée, un programme sur l’usage responsable de l’information;

Respecter les engagements internationaux en matière de droits humains, notamment ceux découlant de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auxquels le Sénégal est partie;

À la protection des journalistes, activistes…;
Instaurer un juge des détentions et de la liberté pour statuer sur les mises en détention.

Dans une période où le Sénégal est perçu comme un modèle de démocratie stable en Afrique, ces convocations et arrestations tous azimuts, peuvent ternir l’image d’un pays, respectueuse des droits humains. La démocratie ne se résume pas aux élections, elle est une culture. Elle repose aussi sur un espace civique libre et pluraliste où les citoyens peuvent s’exprimer sans crainte de représailles systématiques.

Fait à Dakar le 22/05/2025

Signataires
AfricTivistes
AfrikaJom Center 
Article 19 Afrique de L’Ouest
Mouhamadou Seck, secrétaire général de la Raddho

Lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest : la CEDEAO annonce des avancées pour la mise en place d’une force régionale

Face à la montée en puissance des attaques jihadistes dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a annoncé des avancées notables dans la mise en place d’une force régionale dédiée à la lutte contre le terrorisme. C’est ce qu’a fait savoir Omar Alieu Touray, président de la Commission de la CEDEAO, dans un entretien accordé à France 24 ce mercredi.

Selon lui, les discussions sur le projet progressent rapidement et plusieurs États membres ont déjà exprimé leur volonté de contribuer avec des troupes. Cette force régionale vise à renforcer la sécurité dans une région de plus en plus confrontée à des violences extrémistes, notamment dans les zones frontalières du Sahel, du nord du Nigeria et du nord du Bénin.

Une réunion conjointe des ministres ouest-africains des Finances et de la Défense est prévue d’ici la mi-juin pour définir les modalités de financement de cette force. L’idée est de doter la CEDEAO d’une capacité militaire commune, capable d’intervenir rapidement face aux menaces terroristes persistantes.

En mars dernier, le ministre nigérian de la Défense, Mohammed Badaru, avait déjà souligné l’importance de cette force pour assurer la protection des populations civiles, durement éprouvées par les attaques répétées des groupes armés.

Cette initiative intervient dans un contexte régional complexe, marqué par le retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso de la CEDEAO, trois pays sahéliens dirigés par des juntes militaires, qui dénoncent une organisation régionale selon eux inféodée aux intérêts occidentaux, notamment français. Les trois pays ont formé l’Alliance des États du Sahel (AES), et ont décidé de mener des opérations militaires conjointes en dehors du cadre de la CEDEAO.

Cette rupture de coopération avec les États du golfe de Guinée, comme le Bénin ou la Côte d’Ivoire, entrave sérieusement la coordination régionale, notamment dans les domaines du renseignement et de la sécurisation des frontières. Pourtant, ces pays sont aussi touchés par la menace jihadiste : au Bénin, 54 soldats ont été tués le mois dernier lors d’une attaque dans le nord du pays, tandis que dans le nord-est du Nigeria, plus d’une centaine de civils ont perdu la vie en avril lors de raids menés par des groupes extrémistes.

Omar Alieu Touray a exprimé son inquiétude face à cette fragmentation de la coopération sécuritaire en Afrique de l’Ouest. Il estime qu’une absence d’unité rend la lutte contre le terrorisme beaucoup plus difficile, et appelle à une forme de collaboration, même informelle, entre la CEDEAO et les trois pays de l’AES, afin de garantir la stabilité de la région.

Le dernier rapport de l’Indice mondial du terrorisme, publié en mars 2025, confirme l’ampleur du phénomène : plus de la moitié des morts liées au terrorisme dans le monde ont été enregistrées au Sahel, faisant de cette région l’épicentre du fléau. Le Burkina Faso y figure comme le pays le plus touché pour la deuxième année consécutive, tandis que le Niger occupe la cinquième place mondiale.

Commande publique : L’Arcop élabore un référentiel national des prix pour encadrer les marchés publics

L’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop) a officiellement lancé, ce jeudi, un chantier majeur destiné à renforcer la transparence et l’efficacité dans les procédures d’attribution des marchés publics au Sénégal. Il s’agit de l’élaboration d’un référentiel des prix, un outil stratégique qui permettra de mieux encadrer les offres financières soumises dans le cadre des appels d’offres publics, tout en assurant leur conformité avec les réalités économiques du pays.

Cette annonce a été faite par le directeur général de l’Arcop, Moustapha Djitté, à l’occasion de l’ouverture de l’atelier de dissémination de l’Indice des Bâtiments et Travaux publics (IBTP), organisé par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD). Il a expliqué que ce futur référentiel permettra à l’administration de disposer d’un instrument de référence fiable pour évaluer les prix proposés dans les procédures de passation de marché. Il servira notamment à vérifier si les montants présentés par les entreprises dans leurs offres sont raisonnables et cohérents avec les standards économiques en vigueur.

Moustapha Djitté a insisté sur le fait que la mise en place de ce référentiel vise à combler un vide souvent exploité dans le système de commande publique, où les écarts de prix injustifiés entre les offres soumises et les prix du marché posent régulièrement problème. Il a précisé que tous les acteurs concernés par la chaîne de la commande publique seront impliqués dans le processus d’élaboration du document, afin de garantir que les données retenues reflètent fidèlement les pratiques réelles du marché.

La collaboration avec l’ANSD dans ce projet vise à assurer la rigueur méthodologique et la pertinence statistique de l’outil. L’objectif est de fonder ce référentiel sur des données économiques fiables, issues de relevés actualisés, et conformes aux standards nationaux et internationaux.

Ce référentiel des prix s’inscrit dans une dynamique de réforme et de professionnalisation de la commande publique au Sénégal. En plus de renforcer la transparence, il devrait aussi permettre de limiter les surfacturations, d’optimiser la dépense publique et d’améliorer la qualité des infrastructures et services livrés à l’État.

Selon les responsables de l’Arcop, la finalisation de cet outil se fera dans les mois à venir, avec une série de consultations techniques et sectorielles, à l’issue desquelles un document officiel sera mis à la disposition de tous les services contractants. À terme, ce référentiel pourrait devenir une pièce maîtresse dans l’arsenal réglementaire encadrant les achats publics au Sénégal.

Dialogue politique au Sénégal : entre tradition du consensus et exigence d’efficacité publique

Le Sénégal est souvent cité en exemple pour la stabilité de son système politique en Afrique subsaharienne. Depuis les années 1960, le pays cultive une tradition de dialogue politique qui a permis de prévenir les coups d’État et d’assurer des transitions pacifiques au sommet de l’État. Mais cette culture du consensus, bien qu’ancrée dans l’histoire politique sénégalaise, montre aujourd’hui ses limites face aux exigences de transformation économique et sociale. C’est l’analyse qu’offre Dr Abdourahmane Ba, chercheur et spécialiste en gouvernance publique.

L’histoire du dialogue politique sénégalais remonte à la présidence de Léopold Sédar Senghor, qui considérait la discussion comme un antidote à la violence politique. Cette approche a structuré un modèle de régulation des tensions fondé sur la négociation entre les élites politiques. Selon Dr Ba, cette tradition a permis d’éviter les ruptures institutionnelles majeures et de renforcer la légitimité des mécanismes de concertation.

Cependant, il souligne que cette récurrence des dialogues n’a pas toujours débouché sur des réformes concrètes ni empêché les violences politiques. Les manifestations de 2012, 2021 et 2024, ayant causé plusieurs dizaines de morts, montrent les limites d’un modèle qui peine à prévenir les crises. La jeunesse, en particulier, perçoit ces processus comme inefficaces, voire manipulés.

Dr Ba propose une lecture renouvelée du dialogue politique à travers le prisme de la gouvernance hybride. Les politiques publiques ne se construisent plus exclusivement dans les sphères de l’État central. Elles émergent aussi des interactions avec des acteurs non étatiques : leaders religieux, notables coutumiers, syndicats, diasporas, organisations communautaires.

Or, les dialogues politiques au Sénégal restent principalement l’apanage des partis politiques et sont souvent pilotés de manière verticale par l’exécutif. Cette approche marginalise les dynamiques locales et freine l’implication citoyenne. « Une gouvernance efficace suppose une articulation claire entre leadership national et ancrage territorial », insiste Dr Ba.

Malgré quelques avancées ponctuelles – comme la réduction du mandat présidentiel en 2016 ou la restauration du poste de Premier ministre en 2021 – les dialogues n’ont pas réussi à transformer durablement les politiques sectorielles. Le chômage des jeunes, les inégalités régionales, la dépendance alimentaire et les retards dans la transition énergétique en sont les symptômes. Dr Ba critique le manque de dispositifs de mise en œuvre et de suivi. Le Dialogue national sur la justice de 2024, bien qu’ambitieux dans ses intentions, n’a débouché sur aucun plan opérationnel ni mécanisme d’évaluation.

Face à ces constats, Dr Abdourahmane Ba plaide pour une réforme structurelle du dialogue politique sénégalais, articulée autour de cinq transformations majeures :

Institutionnaliser le dialogue : Créer un Haut Conseil du Dialogue Politique et Institutionnel doté de compétences légales, d’une autonomie réelle et d’un mandat pérenne. Formaliser les engagements : Chaque dialogue doit se conclure par un plan d’action détaillé, avec des responsabilités assignées, des ressources mobilisées et des échéances précises. Assurer le suivi et l’évaluation : Mettre en place un mécanisme indépendant pour suivre la mise en œuvre, produire des rapports périodiques et garantir la transparence. Élargir la participation : Intégrer les femmes, les jeunes, les syndicats, les collectivités territoriales, le monde rural et la diaspora dans toutes les phases du processus. Renforcer la transparence : Rendre publics tous les documents, traduire les contenus en langues nationales, et les diffuser largement via une plateforme numérique dédiée.

Pour Dr Ba, les dialogues doivent évoluer vers des thématiques structurantes : éducation, souveraineté alimentaire, transition climatique, industrialisation, gouvernance foncière, numérisation. Leur efficacité repose sur une approche interdisciplinaire et sur l’implication des experts, chercheurs, statisticiens, économistes, juristes et praticiens.

Chaque processus de dialogue devrait s’appuyer sur une cellule technique capable d’analyser la pertinence des propositions, de simuler leur impact et d’anticiper les contraintes d’application. Une stratégie de communication rigoureuse permettrait de documenter les débats, d’en diffuser les conclusions et de restaurer la confiance entre l’État et les citoyens.

Dr Abdourahmane Ba conclut : « Le dialogue politique ne peut plus être un simple mécanisme de gestion conjoncturelle des crises électorales. Il doit devenir un outil stratégique d’élaboration, de mise en œuvre et d’évaluation des politiques publiques. » Pour lui, le Sénégal possède tous les atouts pour réussir cette transformation : une société civile dynamique, une jeunesse engagée, une expertise nationale de qualité et des institutions compétentes.

À condition d’en réformer le cadre, le contenu et les méthodes, le dialogue politique sénégalais peut devenir un véritable levier de transformation, de cohésion sociale et d’efficacité publique à long terme.

Formation diplômante des enseignants : le SAEMSS dénonce l’inaction du ministère et alerte sur de possibles perturbations

Le Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire du Sénégal (SAEMSS) tire la sonnette d’alarme concernant la formation diplômante des enseignants. Dans un communiqué transmis à la presse, le Bureau exécutif national du syndicat exprime son indignation face à l’immobilisme qu’il attribue au ministère de l’Éducation nationale. Depuis le début de l’année scolaire 2024-2025, le SAEMSS dénonce un manque flagrant de volonté politique concernant le respect des engagements relatifs au démarrage effectif de cette formation dans les différentes institutions habilitées telles que la FASTEF, l’UFR SEF de l’UGB, l’INSEPS, le CNEPS de Thiès et l’ENSEPT.

Le syndicat rappelle que le ministère avait invité les enseignants à s’inscrire sur la plateforme MIRADOR du 2 au 15 octobre 2024, dans le cadre du lancement de la formation diplômante universelle. Une fois cette étape franchie, les enseignants avaient été appelés à déposer leurs dossiers physiques dans les inspections d’académie et d’éducation et de formation entre le 9 et le 23 décembre 2024. Pourtant, malgré ces formalités accomplies par les enseignants, aucun calendrier précis n’a été communiqué pour le démarrage des cours.

Lors de la rencontre bimestrielle du 13 janvier 2025 entre le ministère et les syndicats, le SAEMSS affirme que les autorités avaient pourtant annoncé un démarrage imminent de la formation. Mais depuis, aucune évolution n’a été constatée. Pour le syndicat, cette attitude traduit une volonté manifeste de ne pas honorer les accords signés avec les organisations syndicales. Le SAEMSS interprète cette inertie comme une tentative de violation délibérée des engagements pris par le Gouvernement.

Face à cette situation, le syndicat exige la publication immédiate de la liste des enseignants retenus pour la formation diplômante. Il réclame également que toute confusion soit levée entre les notions de « passerelles professionnelles » et de « mise en position de stage », qui créent actuellement un flou préjudiciable. Le SAEMSS appelle à un relèvement significatif des quotas alloués à toutes les cibles concernées. Parmi celles-ci figurent les enseignants en attente de stage, les chargés de cours expérimentés, les professeurs contractuels ayant accumulé plusieurs années d’expérience, les enseignants d’éducation physique devant être formés en une seule cohorte au CNEPS de Thiès, les professeurs de philosophie nécessitant un Master 2, ainsi que les enseignants issus du recrutement spécial de 2021.

Le SAEMSS avertit que l’avenir de l’année scolaire 2024-2025 dépend en grande partie du traitement rapide et efficace de cette problématique. En cas de persistance du blocage, le syndicat prévient que toute perturbation dans le déroulement normal des cours, des évaluations ou des examens relèvera de la responsabilité exclusive du ministère de l’Éducation nationale et du Gouvernement.

Rufisque : trois trafiquants arrêtés avec 39 kg de chanvre indien

Une opération de la brigade de recherches du Commissariat central de Rufisque a permis, dans la nuit du 20 au 21 mai 2025, l’interpellation de trois individus impliqués dans un trafic de chanvre indien. Au total, 39 kilogrammes de cette drogue ont été saisis. Cette intervention fait suite à un renseignement opérationnel signalant l’arrivée imminente d’une pirogue transportant du chanvre au quai de pêche de Rufisque.

Les policiers, déjà en planque dans la zone, ont repéré un véhicule de marque Opel garé à quelques mètres du quai, avec deux hommes à bord. Peu après, une pirogue est effectivement arrivée sur les lieux. À ce moment, le véhicule s’est rapproché de l’embarcation.

Un troisième individu, arrivé sur une moto, s’est joint aux deux occupants de la voiture. Ensemble, ils ont commencé à décharger des blocs de chanvre indien depuis la pirogue, les transférant dans le coffre de la voiture. C’est à cet instant précis que les agents de police sont intervenus pour procéder à l’arrestation.

Les trois hommes ont été immédiatement placés en garde à vue. Ils sont poursuivis pour détention et trafic de chanvre indien. La police a ouvert une enquête afin d’identifier d’éventuels complices et de démanteler le réseau derrière cette opération de trafic de drogue.

Les autorités saluent cette saisie significative, qui témoigne de l’efficacité du dispositif de surveillance des côtes et de la réactivité des forces de l’ordre dans la lutte contre le narcotrafic.

Échanges de tirs à Djibidjone : l’armée minimise et parle d’« incident mineur »

Un échange de tirs a eu lieu ce mercredi 21 mai 2025 dans le secteur de Djibidjone, entre des militaires en patrouille et deux individus armés. Selon un communiqué de la Direction de l’information et des relations publiques des armées (Dirpa), l’affrontement a été bref et les suspects ont rapidement pris la fuite.

L’armée a tenu à rassurer les populations, en relativisant la portée de l’événement. Le communiqué officiel qualifie l’incident de mineur, précisant qu’il s’inscrit dans le cadre normal des opérations de lutte contre les trafics illicites dans la zone, notamment ceux liés à la culture du chanvre indien.

Aucun blessé n’a été enregistré lors de cet accrochage, assure la Dirpa, qui indique par ailleurs que les patrouilles de sécurisation se poursuivent normalement dans la région.

« Les opérations de sécurisation se déroulent normalement », insiste la communication militaire, en réponse aux éventuelles inquiétudes suscitées par cet incident.

DERNIÈRE MINUTE – Haute cour de justice : Moustapha Diop envoyé en prison

L’ancien ministre du Développement industriel et des PME-PMI, Moustapha Diop, a été placé sous mandat de dépôt ce jeudi 22 mai 2025, à l’issue de son audition par la Commission d’instruction de la Haute cour de justice.

Député-maire de Louga, Moustapha Diop est poursuivi pour détournement de deniers publics portant sur un montant de 930 millions de francs CFA. Cette inculpation fait suite aux révélations contenues dans le rapport définitif de la Cour des comptes sur la gestion du Fonds de riposte et de solidarité contre les effets de la Covid-19, connu sous le nom de Force-Covid-19.

Selon les conclusions des enquêteurs, le ministère dirigé à l’époque par M. Diop avait bénéficié d’un montant total de 2,5 milliards de francs CFA destiné à l’acquisition de masques de protection. Toutefois, ces fonds publics ont été transférés depuis le compte de dépôt du Trésor public vers un compte privé ouvert à la Bank of Africa, géré personnellement par Moustapha Diop. Ce dernier aurait été le seul ordonnateur des paiements, ce qui constitue une violation flagrante des règles en matière de gestion financière publique.

L’affaire prend une tournure plus préoccupante avec la commande de 250 000 masques, d’une valeur de 930 millions de francs CFA, qui aurait été réglée en espèces directement par l’ancien ministre. Des mouvements financiers jugés suspects ont également été identifiés sur les comptes de M. Diop. Ces comptes ont enregistré des dépôts importants émanant de tiers dont l’identité n’a pas encore été révélée.

Cette arrestation marque une nouvelle étape dans les poursuites engagées par l’État contre plusieurs anciens responsables impliqués dans la mauvaise gestion du fonds Force-Covid. Le dossier de Moustapha Diop sera désormais examiné en profondeur par la Haute cour de justice, seule juridiction habilitée à juger les anciens membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions.

La suite de l’instruction déterminera si d’autres poursuites ou arrestations pourraient suivre dans cette affaire aux ramifications potentiellement vastes.

Détournement de fonds présumé : l’ancien ministre Moustapha Diop placé sous mandat de dépôt

L’ancien ministre du Développement industriel et des Petites et Moyennes Industries, Moustapha Diop, a été placé sous mandat de dépôt à l’issue des investigations menées par la commission de la Haute Cour de Justice. Il est poursuivi pour un présumé détournement de deniers publics dans une affaire liée à l’achat et à la distribution de masques sanitaires.

Selon les conclusions de la commission, une série de graves irrégularités financières aurait été constatée dans la gestion d’un important stock de masques destinés à la riposte contre la pandémie. Sur les 6 250 000 masques déclarés comme ayant été achetés par le ministère, seuls 3 922 500 auraient effectivement été distribués aux structures bénéficiaires. Ce qui représente un manque à distribuer de 2 327 500 masques, soit une perte financière estimée à 931 millions de francs CFA, au prix unitaire de 400 FCFA le masque.

Outre cet écart non justifié, la commission a également relevé une violation des règles fondamentales de la comptabilité publique, notamment celles stipulées à l’article 104 du décret n° 2020-978 du 23 avril 2020. Ce texte impose que les paiements de deniers publics soient exclusivement effectués par chèque ou par virement, ce qui n’aurait pas été respecté dans ce cas.

Convoqué pour s’expliquer sur les faits, Moustapha Diop a refusé de consigner la somme équivalente au préjudice présumé, affirmant qu’il n’a « rien à se reprocher ». Cette position a conduit les autorités judiciaires à ordonner son incarcération immédiate. Il passe ainsi sa première nuit en détention, en attendant la suite de la procédure judiciaire.

Ce nouveau scandale relance le débat sur la gestion des fonds publics et la transparence dans les marchés passés durant la période de crise sanitaire. Il met également en lumière le rôle accru de la Haute Cour de Justice dans la lutte contre la corruption au sein de la haute administration.

GTA : Une visite historique des présidents sénégalais et mauritanien scelle l’entrée dans l’ère du gaz

Plateforme Grand Tortue Ahmeyim (GTA), 22 mai 2025 – En ce jour historique, le Président de la République du Sénégal, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye, et son homologue mauritanien, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, ont effectué une visite conjointe sur la plateforme gazière Grand Tortue Ahmeyim (GTA), située à la frontière maritime entre les deux pays.

Accueillis par les principaux partenaires du projet — British Petroleum (BP), Kosmos Energy, PETROSEN (Sénégal) et SMH (Mauritanie) — les deux chefs d’État ont célébré une étape clé : l’entrée officielle du Sénégal et de la Mauritanie dans le cercle restreint des pays exportateurs de gaz naturel liquéfié (GNL).

Le projet GTA, fruit d’une coopération bilatérale étroite, est devenu un symbole de collaboration réussie, dans un contexte régional où la maîtrise des ressources énergétiques est cruciale pour le développement économique et la stabilité.

Pour les présidents Faye et Ghazouani, cette plateforme offshore incarne une nouvelle ère de souveraineté énergétique, mais aussi de transformation économique durable, porteuse d’emplois, d’investissements et de retombées positives pour les populations locales.

La transparence dans la gouvernance des ressources naturelles, L’équité dans le partage des bénéfices, Et une ambition partagée de construire un avenir énergétique maîtrisé.

Cette visite intervient à un moment charnière où les deux pays cherchent à diversifier leurs économies, réduire leur dépendance énergétique et asseoir leur rôle dans l’arène énergétique mondiale. L’exploitation du GNL via GTA s’annonce comme un catalyseur de croissance, au service d’un développement plus inclusif.

À l’heure où le monde s’oriente vers des solutions plus propres, GTA pourrait également contribuer à renforcer la position stratégique de l’Afrique de l’Ouest dans la transition énergétique mondiale.

Tensions au sein de Pastef à Khombole : des militants accusent le chef de cabinet de Sonko de favoritisme

Le climat politique se tend à Khombole, fief du parti Pastef, où la section communale a exprimé ce mercredi un profond malaise face à certaines pratiques internes. Dans une déclaration relayée par le journal Libération, les militants locaux ont ouvertement critiqué Djiby Guèye Ndiaye, chef de cabinet du Premier ministre Ousmane Sonko, l’accusant de « favoritisme », de « népotisme » et d’aller à l’encontre des idéaux du Projet national porté par le duo Diomaye-Sonko.

Alors même qu’ils saluaient les « engagements résolus » du Président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre pour un Sénégal « souverain, juste et prospère », les responsables de Pastef-Khombole n’ont pas mâché leurs mots à l’égard de M. Ndiaye. Selon eux, ce dernier favoriserait des proches de l’ancien régime et des membres de sa famille dans les nominations et responsabilités, reléguant au second plan des militants « aguerris, compétents et méritants ».

Cette sortie publique illustre une frustration croissante dans les rangs du parti au pouvoir, en particulier chez les militants de la base qui se sentent marginalisés après avoir joué un rôle clé dans la victoire électorale de 2024. À Khombole, la section communale rappelle qu’elle a hissé sa commune au troisième rang départemental sur quinze à Thiès, grâce à une campagne « exemplaire et désintéressée », menée sans soutien externe.

« Cette posture trahit nos principes d’équité et foule aux pieds l’éthique militante que nous avons toujours prônée », peut-on lire dans leur déclaration. Les militants dénoncent ce qu’ils perçoivent comme un « mépris orchestré » de la part de M. Ndiaye, estimant que cette attitude met en péril la cohésion interne du parti et érode la confiance des militants.

Face à cette situation, les responsables de Pastef-Khombole interpellent directement Ousmane Sonko pour une « évaluation objective » de la gestion interne du parti. Ils exigent une reconnaissance équitable de leurs efforts, une représentation juste dans les sphères de décision, et la fin immédiate des pratiques qu’ils jugent contraires à l’esprit du Projet national.

Dans un contexte où l’unité du parti est essentielle pour mener à bien les réformes annoncées, cet appel sonne comme un avertissement. « La réussite de la transformation du pays repose sur la valorisation des véritables artisans du changement », concluent-ils, rejetant toute forme de reproduction des méthodes de l’ancien régime.

Mbaye Ndiaye devant la justice : l’ex-ministre de l’Intérieur poursuivi pour dégradation de logement de fonction

L’ancien ministre de l’Intérieur, Mbaye Ndiaye, est attendu ce jeudi devant le tribunal de Dakar. Il fait l’objet d’une plainte déposée par la Société de gestion du patrimoine (SOGEPA), qui l’accuse d’avoir sérieusement détérioré un logement de fonction qu’il occupait durant la présidence de Macky Sall.

Selon le quotidien L’Observateur, qui a révélé l’affaire, le préjudice financier est estimé à plus de 50 millions de francs CFA. Il s’agirait de lourds dégâts constatés dans une villa officielle qui avait été mise à la disposition de Mbaye Ndiaye lorsqu’il a été nommé ministre de l’Intérieur. Fait notable, ce dernier aurait conservé l’occupation du bien immobilier même après son départ du gouvernement.

Le dossier a été jugé suffisamment préoccupant pour que la SOGEPA engage des poursuites judiciaires, réclamant réparation pour les dégradations constatées.

Dans son édition de ce jeudi 22 mai, le journal Les Échos confirme la convocation de Mbaye Ndiaye au tribunal et indique que l’audience « sera très probablement renvoyée à une autre date après fixation de la consignation ». Une procédure classique dans ce type de litige, où la partie plaignante doit déposer une somme fixée par le juge pour que le dossier soit examiné sur le fond.

Mbaye Ndiaye, actuel directeur des structures de l’Alliance pour la République (APR), pourrait donc voir ce dossier prolonger son passage devant la justice. Aucune réaction officielle de l’intéressé ou de ses avocats n’a pour l’instant été enregistrée.

Le Général Moussa Fall profite d’une retraite après une brillante carrière militaire

C’est une page qui se tourne au sein de l’Armée sénégalaise. Le Général de corps d’Armée Moussa Fall, ancien haut commandant de la gendarmerie nationale et directeur de la justice militaire, a officiellement rejoint, mardi dernier, la 2ᵉ Section des Cadres de l’état-major général des Armées. Cette intégration marque son départ à la retraite après plusieurs décennies de loyaux services rendus à la nation.

Né le 20 mai 1963, le général Moussa Fall quitte le service actif à l’âge de 62 ans. Son départ, initialement prévu pour mai 2023, avait été reporté de deux ans par un décret présidentiel signé par l’ancien chef de l’État, Macky Sall. Un geste fort, révélateur de la confiance et de l’estime que lui portaient les plus hautes autorités du pays.

Durant sa carrière, le général Fall a su gravir les échelons grâce à son sens du devoir, sa rigueur et son professionnalisme. Il a occupé plusieurs postes stratégiques au sein de l’appareil sécuritaire et militaire sénégalais, laissant une empreinte indélébile.

Parmi les fonctions clés qu’il a exercées, figurent celle de chef de la Section de recherches de Dakar, un poste névralgique dans la lutte contre la criminalité, mais aussi celle de gouverneur militaire du palais présidentiel, responsabilité particulièrement sensible, synonyme de confiance absolue.

Son passage à la tête de la gendarmerie nationale et à la direction de la justice militaire aura été marqué par une quête constante de rigueur, de discipline et d’éthique. Ses collègues comme ses subordonnés saluent aujourd’hui un chef respecté, à l’écoute et profondément attaché aux valeurs républicaines.

Le départ à la retraite du général Fall intervient dans un contexte de renouvellement des cadres de l’armée, une institution qui poursuit sa modernisation tout en s’appuyant sur l’expérience des anciens.

Sa mise en 2ᵉ Section ne signifie pas pour autant une mise à l’écart totale : selon les besoins de la Nation, ces anciens officiers supérieurs peuvent être sollicités pour des missions ponctuelles de conseil ou d’encadrement stratégique.

Le général Moussa Fall laisse derrière lui une institution renforcée et des générations de gendarmes inspirées par son parcours. Il entame désormais une nouvelle étape de sa vie, fort d’un héritage professionnel exemplaire.

Scandale au Trésor : un détournement de près de 8 milliards de francs CFA secoue l’État

Ce qui paraissait au départ comme un simple fait divers financier s’est transformé en une affaire d’État d’une ampleur inédite. Selon les révélations du journal Libération, l’arrestation en octobre 2024 de trois individus pour émission frauduleuse d’un chèque du Trésor d’un montant de 400 millions de francs CFA n’était en réalité que la face visible d’un gigantesque scandale. À ce jour, le préjudice total est estimé à 7,863 milliards de francs CFA.

L’affaire implique trois principaux suspects : Mansour Kane, agent du Trésor ; Mallé Seck, transitaire ; et Ramatoulaye Fall, femme d’affaires bien connue dans les milieux portuaires. Tous trois ont été interpellés après la découverte d’un chèque frauduleux émis au nom du Trésor public. Mais très vite, les soupçons du parquet financier se sont orientés vers une fraude d’une bien plus grande envergure.

La Division des investigations criminelles (DIC), saisie du dossier, a mis au jour une opération méthodiquement orchestrée. Trois carnets de 50 chèques chacun — soit 150 chèques — ont disparu des services du Trésor. Des documents ultrasensibles, initialement destinés à des entités de souveraineté comme le Centre comptable des armées, la Cellule antiterroriste et le programme Entretien des détenus de Dakar.

Ces carnets ont été utilisés pour couvrir des paiements de droits de douane via plusieurs sociétés de transit, rendant les opérations frauduleuses difficiles à détecter à première vue. La fraude s’est donc infiltrée dans des circuits officiels, habillée de la légitimité des documents estampillés Trésor public.

Cinq entreprises de transit, dont les noms n’ont pas encore été révélés, sont désormais dans le viseur de la justice. Leurs responsables ont été entendus par les enquêteurs de la DIC, et des inculpations supplémentaires sont attendues dans les prochains jours. Mais au-delà du secteur privé, les regards se tournent également vers l’intérieur même de l’administration. Des complicités internes sont fortement suspectées, et des vérifications sont actuellement en cours au sein des services du Trésor.

Avec un préjudice frôlant les 8 milliards de francs CFA et des documents relevant de la sécurité nationale détournés, ce scandale dépasse le simple cadre judiciaire. Il soulève des questions sur la sécurité des procédures internes de l’État, la transparence dans la gestion des fonds publics et la porosité entre institutions et intérêts privés. Il pourrait aussi avoir des répercussions politiques majeures si les complicités s’avèrent remonter à des niveaux hiérarchiques supérieurs.

L’opinion publique, déjà ébranlée par plusieurs affaires de mauvaise gouvernance ces dernières années, attend désormais des réponses claires et des sanctions exemplaires. Le parquet financier, quant à lui, entend aller jusqu’au bout de l’enquête.

ZONE DE LIBRE-ÉCHANGE AFRICAINE / CHOIX D’ABIDJAN PAR L’ADMINISTRATION TRUMP : Dakar ne fait-elle plus rêver ?

Washington redéfinit ses relations avec l’Afrique, délaissant l’aide humanitaire au profit du commerce et de l’investissement. Ainsi, la Côte d’Ivoire devient-elle la vitrine de cette nouvelle donne afin de servir de tampon entre le pays de l’Oncle Sam et l’Afrique francophone.

Les États-Unis reconfigurent profondément leur stratégie à l’égard du continent africain. Jadis fondée sur l’aide humanitaire et les partenariats sociaux, leur approche privilégie désormais les échanges économiques et les investissements structurants. Cette inflexion diplomatique, incarnée par l’ouverture d’un bureau stratégique à Abidjan, en Côte d’Ivoire, dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), suscite des interrogations. Dakar, longtemps considérée comme un pilier de la relation américano-africaine en Afrique francophone, conserve-t-elle encore sa place centrale ?
À l’occasion d’une rencontre avec la presse, tenue le 20 mai 2025 à Abidjan, Troy Fitrell, haut responsable du Bureau des affaires africaines au sein du Département d’État américain, a exposé les grands axes de cette nouvelle doctrine. Selon lui, les partenariats commerciaux s’avèrent plus efficaces pour favoriser une croissance économique durable que les mécanismes classiques d’aide au développement. Washington mise donc sur la vitalité du marché africain, soutenu par une jeunesse dynamique, une urbanisation rapide et un potentiel d’intégration économique sans précédent à travers la ZLECAf.
Le changement de paradigme opéré par l’administration Trump ne se limite pas à une simple déclaration d’intention. Il s’accompagne d’un agenda ambitieux visant à arrimer les intérêts des entreprises américaines aux priorités de développement africaines : industrialisation, transformation locale des matières premières, montée en compétence de la main-d’œuvre et création d’emplois. Un virage pragmatique, en phase avec les nouveaux enjeux géostratégiques où la Chine, la Russie, la Turquie et d’autres puissances étendent leur influence.
Durant son séjour à Abidjan, Troy Fitrell a multiplié les initiatives : participation au prestigieux Africa CEO Forum, concertation avec les Chambres de commerce américaines de douze pays ouest-africains, entretiens bilatéraux avec plusieurs hauts dirigeants africains, incluant présidents, ministres du Commerce et Affaires étrangères. La dynamique est claire : Washington entend renforcer son ancrage en Afrique de l’Ouest et le fait désormais depuis la Côte d’Ivoire, désignée comme nouveau hub économique francophone.

ABIDJAN INCONTOURNABLE

En installant un bureau à Abidjan, Washington envoie un signal fort : les critères linguistiques, juridiques et économiques prennent le pas sur les symbolismes historiques. La Côte d’Ivoire, dotée d’infrastructures solides, d’une stabilité relative et d’un environnement d’affaires en plein essor, semble incarner davantage aujourd’hui les priorités américaines que Dakar, malgré son passé de capitale diplomatique de l’Afrique francophone.
Ce choix stratégique interroge. Le Sénégal, qui fut longtemps un partenaire privilégié de Washington, notamment à travers les coopérations sécuritaires et les actions de l’USAID, voit peu à peu sa position érodée. Les coupes budgétaires affectant l’aide publique au développement – dont USAID et le Millenium Challenge – en seraient un autre indicateur. Simultanément, des instruments comme Prosper Africa, la US Exim Bank ou encore la DFC (Development Finance Corporation) prennent le relais, avec une logique purement économique.

ÉLAN DE SOUVERAINISME EN AFRIQUE

Face à cette réorientation, les attentes du continent sont claires : retombées locales, transferts de technologie, développement des chaînes de valeur africaines. Des exigences qui traduisent une volonté d’émancipation, mais qui impliquent également une montée en compétence des gouvernements africains dans la négociation des accords internationaux. Car si les États-Unis affichent leur volonté d’agir « autrement », l’Afrique, elle, aspire à ne plus être simplement un réceptacle, mais un acteur à part entière.
Le sort encore incertain du renouvellement de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act), dont l’échéance approche en septembre 2025, témoigne aussi de cette incertitude. L’avenir des relations afro-américaines dépendra autant de la clarté des politiques américaines que de la capacité des États africains à défendre des positions communes et ambitieuses.

 Penda THIAM

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°471 – 22/05/2025

🔴 ZONE DE LIBRE-ÉCHANGE AFRICAINE / INSTALLATION D’UN BUREAU À ABIDJAN PAR L’ADMINISTRATION TRUMP : DAKAR NE FAIT-ELLE PLUS RÊVER ?
🔴 TROISIÈME MINISTRE DE MACKY SALL DEVANT LA HAUTE COUR DE JUSTICE : SOPHIE GLADIMA PAIE LE PRIX FORT

🔴 PREMIER SÉNÉGALAIS À REMPORTÉ LA LIGUE EUROPA : PAPE MATAR SARR DANS LA LÉGENDE !
🔴 LIGUE 1 / VICTOIRE SUR LE JARAAF : GORÉE S’INSTALLE EN TÊTE

Intelligence artificielle : les dirigeants des banques centrales appellent à une approche prudente et collaborative

Réunis à Dakar pour une journée de réflexion organisée par la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), plusieurs dirigeants d’institutions financières africaines ont débattu des opportunités et des défis que pose l’émergence rapide de l’intelligence artificielle (IA). Placée sous l’autorité du gouverneur Jean-Claude Kassi Brou, cette rencontre internationale s’est tenue dans un contexte de mutations technologiques profondes, incitant les autorités monétaires à repenser leurs modes de régulation, d’analyse et de supervision.

Selon les intervenants, l’IA est désormais incontournable. « Il faut s’adapter, car on ne peut pas rester à l’orée d’une révolution », ont déclaré plusieurs participants, appelant à ne pas rater le virage technologique en cours. Pour Badanam Patoki, président de l’Autorité des Marchés Financiers de l’Union Monétaire Ouest Africaine (AMF-UMOA), l’IA constitue une opportunité d’analyse pédagogique et de réduction des coûts, mais elle implique également des risques qu’il ne faut pas négliger, notamment en matière de surveillance et de stabilité des marchés. Il plaide ainsi pour un dialogue approfondi avec les acteurs du secteur afin de comprendre leurs besoins et d’élaborer ensemble des mécanismes de déploiement responsables, soutenus par un cadre réglementaire rigoureux et évolutif.

M. Patoki a également alerté sur la nécessité de renforcer les ressources humaines des organes de supervision. Selon lui, il est essentiel de former les équipes et de doter les institutions des moyens technologiques nécessaires pour utiliser l’IA tout en protégeant l’équilibre du marché. Il insiste sur une approche qui permette à tous les acteurs de bénéficier équitablement des apports de l’IA, sans provoquer de déséquilibres.

Younoussa Imani, gouverneur de la Banque centrale des Comores, a pour sa part souligné l’urgence de former le personnel des banques centrales à ces nouveaux outils technologiques. Il a également mis en avant l’importance de la coopération régionale et internationale, en vue d’assurer un transfert de compétences et une mutualisation des expériences. Il reconnaît que l’IA permet de gagner en rapidité dans l’atteinte des objectifs, mais insiste sur la prudence dans son intégration : tout processus de mise en œuvre doit prendre en compte la confidentialité des données, la protection de la vie privée et la mise en place de réglementations adaptées.

De son côté, Yvon Sana Bangui, gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), a tenu à rappeler que l’IA doit être au service de la stabilité financière. Il a identifié quatre grands défis liés à l’usage de cette technologie au sein des banques centrales : la gouvernance des données, le contrôle des flux macroéconomiques et financiers, la sécurisation des transactions et la fiabilité des algorithmes. Pour lui, la qualité des données traitées est un enjeu fondamental. Il appelle à la centralisation, au stockage sécurisé et à l’harmonisation des normes d’utilisation afin de garantir la transparence et la robustesse des systèmes.

Yvon Sana Bangui a par ailleurs souligné que l’Afrique accuse déjà un certain retard dans l’appropriation des technologies d’intelligence artificielle. Il estime que le continent n’a pas suffisamment contribué à la conception de cette technologie, et que s’il ne prend pas rapidement part à son développement, il risquera encore une fois de subir plutôt que de maîtriser les évolutions futures. Il a conclu en insistant sur le lien entre chaque avancée technologique et l’innovation suivante, appelant à un engagement proactif et stratégique.

En somme, tous les intervenants ont exprimé un consensus sur la nécessité d’intégrer l’IA dans les pratiques des banques centrales, mais en prenant soin de ne pas brûler les étapes. Il s’agit d’un processus à encadrer avec rigueur, éthique et collaboration. L’objectif est clair : mettre l’intelligence artificielle au service de l’innovation, de la performance institutionnelle et de la stabilité du système financier africain.

Cheikh Diba : « Une gouvernance solide est essentielle pour tirer le maximum de bénéfices de l’intelligence artificielle »

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a présidé ce mercredi, au nom du Premier ministre, une importante journée organisée par la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), consacrée à l’intelligence artificielle (IA) et à son rôle dans la transformation des institutions financières. L’événement, placé sous le thème « L’Intelligence Artificielle : Opportunités et défis pour les Banques Centrales », s’est tenu en présence du Gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, ainsi que de plusieurs responsables institutionnels et experts du domaine.

Dans son allocution d’ouverture, Cheikh Diba a replacé les enjeux de la rencontre dans le contexte mondial actuel, caractérisé par une accélération de la transformation numérique. Il a souligné que l’intelligence artificielle est désormais un levier incontournable de performance, capable de transformer profondément les systèmes économiques, sociaux et administratifs.

Revenant sur les événements récents tels que le Sommet de Paris pour l’Action sur l’Intelligence Artificielle en février dernier et le premier Sommet mondial de l’IA en Afrique, tenu à Kigali en avril 2025, le ministre a plaidé pour une implication active du continent africain dans cette révolution technologique. « L’Afrique ne doit pas se contenter d’être un marché pour cette technologie. Elle doit devenir un acteur de son développement, à travers la formation, l’investissement et la maîtrise de ses infrastructures numériques », a-t-il affirmé.

Selon les estimations des Nations Unies, l’IA pourrait générer un surplus de valeur ajoutée de 1 500 milliards de dollars à l’économie africaine d’ici 2030, en créant de nouveaux emplois et en stimulant la croissance. Mais pour que ces opportunités se concrétisent, a insisté le ministre, il faut établir une gouvernance éthique de l’IA, respectueuse des droits humains et adaptée aux réalités du continent.

Cheikh Diba a salué la pertinence de la conférence initiée par la BCEAO, qu’il considère comme une étape cruciale dans l’appropriation de l’IA par les institutions financières. Selon lui, l’IA permet déjà aux organisations de simuler des comportements humains, d’automatiser des processus complexes et de faire des prévisions plus précises, ce qui ouvre la voie à une amélioration considérable de la qualité des services, notamment dans les secteurs publics et économiques.

Il a mis en avant les efforts du Sénégal en matière de digitalisation. Le pays, sous l’impulsion du président Bassirou Diomaye Faye, a lancé le 24 février dernier une ambitieuse stratégie nationale du numérique, baptisée « New Deal Technologique ». Cette initiative vise à renforcer la souveraineté numérique du pays, en garantissant la protection des données, la modernisation de l’administration publique, et la promotion de l’entrepreneuriat technologique.

Dans la dynamique régionale, plusieurs pays membres de l’UEMOA ont adopté des stratégies similaires, intégrant l’intelligence artificielle dans les domaines de l’agriculture, de l’éducation, de la santé et des services publics. Ces transformations sont appelées à induire des mutations profondes dans les administrations, en valorisant notamment les données massives pour guider les politiques publiques.

En conclusion, le ministre Cheikh Diba a appelé à la mise en place d’un cadre de gouvernance robuste qui garantisse une utilisation responsable, efficace et éthique de l’IA. « C’est à cette condition que nous pourrons tirer le meilleur de cette technologie révolutionnaire, tout en protégeant l’intégrité des données et en préservant la confiance du public », a-t-il martelé.

Cette journée d’échanges à la BCEAO marque un tournant dans la réflexion régionale sur l’intelligence artificielle, et positionne le Sénégal comme l’un des acteurs les plus engagés sur la voie d’une transformation numérique souveraine et inclusive.

Dialogue national : le Forum Civil remet officiellement ses recommandations au ministre de l’Intérieur

Dans la perspective du Dialogue national initié par les autorités sénégalaises, le Forum Civil a transmis ses recommandations au ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, le Général Jean Baptiste Tine. Ce geste marque la participation active de cette organisation de la société civile aux consultations engagées pour la réforme du système politique et électoral du pays.

La transmission officielle s’est faite à travers une correspondance signée par Birahim Seck, coordonnateur du Forum Civil. Dans cette lettre adressée au ministre, l’organisation exprime d’abord sa reconnaissance à l’État pour la démarche participative enclenchée, saluant l’esprit d’ouverture manifesté par les autorités à l’endroit des forces vives de la nation. « Je vous remercie vivement pour la confiance et pour l’inclusion que vous ne cessez de montrer à l’endroit du Forum Civil », peut-on lire dans le document adressé au ministère.

Cette initiative intervient à la suite d’une invitation formelle du ministère de l’Intérieur, matérialisée par la lettre n°003727 MISP/DGE du 7 avril 2025, dans laquelle le gouvernement sollicitait des contributions écrites sur les Termes de Références du Dialogue national. Le Forum Civil a ainsi répondu à cet appel en soumettant une série de recommandations articulées autour des enjeux du système électoral, des garanties démocratiques et des mécanismes de transparence.

Dans sa lettre d’accompagnement, le Forum Civil indique clairement qu’il s’agit d’une contribution technique et citoyenne destinée à enrichir les débats futurs. « Par la présente, je vous transmets les recommandations du Forum Civil sur le système électoral du Sénégal », précise le texte, qui s’accompagne d’un document détaillé regroupant l’ensemble des propositions.

Cette démarche renforce le caractère inclusif du Dialogue national, appelé à jouer un rôle central dans la consolidation des institutions démocratiques du Sénégal. En impliquant les organisations de la société civile comme le Forum Civil, l’État semble miser sur une refondation consensuelle du cadre politique, à la lumière des nombreuses controverses électorales et institutionnelles qui ont marqué les dernières années.

Le Forum Civil, reconnu pour son expertise en matière de gouvernance, de transparence et de reddition des comptes, entend jouer sa partition dans ce processus de réforme. Les autorités sont désormais attendues sur la suite à donner à ces recommandations dans la conduite des concertations prévues dans les prochaines semaines.

Projet gazier GTA : une visite présidentielle stratégique ce 22 mai avec la Mauritanie

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, se rendra ce jeudi 22 mai 2025 sur le site du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), situé à la frontière maritime entre le Sénégal et la Mauritanie. Il sera accompagné de son homologue mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Cette visite marque une étape symbolique et stratégique dans le processus de valorisation des ressources naturelles communes aux deux pays.

L’annonce a été faite par le chef de l’État lui-même lors du Conseil des ministres tenu mercredi. Ce déplacement conjoint vient souligner l’importance géopolitique et économique du projet GTA, fruit d’une coopération énergétique étroite entre le Sénégal et la Mauritanie, mais également d’un partenariat technique avec des géants du secteur comme British Petroleum (BP).

Dans la même journée de mercredi, Bassirou Diomaye Faye a reçu en audience une délégation de la société BP conduite par son directeur général, Murray Auchincloss. Cette rencontre de haut niveau a permis d’échanger sur les avancées du projet, notamment l’atteinte d’une étape historique : le chargement de la première cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du site GTA. Il s’agit là d’un jalon clé dans le calendrier d’exploitation du gisement offshore, qui ouvre la voie à une exploitation commerciale imminente.

Le projet GTA, développé par BP en partenariat avec Kosmos Energy, Petrosen (Sénégal) et SMHPM (Mauritanie), est l’un des plus grands projets gaziers en Afrique de l’Ouest. Il prévoit à terme une production annuelle de plusieurs millions de tonnes de GNL, positionnant le Sénégal et la Mauritanie parmi les futurs exportateurs majeurs de gaz sur le continent. L’impact attendu sur les économies locales et les recettes fiscales nationales est considérable.

Cette visite présidentielle sur le site marque non seulement la reconnaissance des efforts techniques et diplomatiques consentis depuis des années, mais elle témoigne également de la volonté du nouveau régime sénégalais d’inscrire les ressources naturelles dans une logique de souveraineté économique, de transparence et de bénéfices partagés pour les populations.

L’enjeu énergétique est au cœur de l’agenda diplomatique et économique du président Diomaye Faye, qui entend faire du gaz un levier de développement, tout en veillant à la préservation de l’environnement et à l’équilibre des intérêts nationaux. La visite de ce jeudi est donc perçue comme un moment charnière, à la fois sur le plan symbolique et opérationnel.

Tabaski 2025 : le Premier ministre Ousmane Sonko rassure sur l’approvisionnement en moutons et les mesures prises par l’État

Lors du Conseil des ministres du mercredi 21 mai 2025, le Premier ministre Ousmane Sonko a placé la fête de la Tabaski au cœur des priorités gouvernementales. Il a qualifié cette célébration de « moment religieux d’importance nationale » et est revenu longuement sur les dispositions arrêtées pour assurer une bonne préparation de l’événement.

En amont de ce Conseil, un Conseil interministériel avait déjà été convoqué spécifiquement sur le sujet. Plusieurs orientations ont été définies à cette occasion pour garantir un approvisionnement suffisant en moutons sur le marché national. Le Premier ministre a insisté sur les efforts faits pour faciliter l’acheminement du bétail, notamment à travers l’émission de circulaires. Ces instructions prévoient un encadrement assoupli pour les véhicules transportant du bétail sur l’ensemble du territoire national. Les camions ne seront plus soumis aux mêmes rigueurs de contrôle, et il est désormais autorisé à chaque transporteur de se faire accompagner par trois bergers à bord de chaque véhicule. Cette mesure vise à garantir la surveillance et la sécurité des moutons pendant leur transport.

Des exonérations de droits et taxes ont également été décidées afin de réduire les coûts à l’achat pour les commerçants comme pour les consommateurs. Parallèlement, des directives ont été données pour renforcer la sécurité sanitaire et publique sur tous les points de vente autorisés ainsi que tout au long des circuits commerciaux empruntés par les convoyeurs de bétail.

Ousmane Sonko s’est déclaré satisfait de la mise en œuvre de ces décisions à date. Il a exhorté les ministres chargés des Forces armées, de la Sécurité, des Finances et des Collectivités territoriales à continuer à veiller à l’application stricte et équitable de ces mesures, dans toutes les régions du pays.

Au 18 mai, le marché disposait de 406 592 têtes de moutons. Ce chiffre correspond à un taux de couverture de 48,99 %, soit près de la moitié de l’objectif national qui est fixé à 830 000 moutons. Le chef du gouvernement s’est également félicité de la bonne organisation en cours autour des points de vente. Les gouverneurs ont identifié un total de 278 points officiels de vente, dont l’aménagement est bien avancé selon les données remontées du terrain.

Sur le plan alimentaire, Ousmane Sonko a noté avec satisfaction la stabilité observée sur les marchés de l’oignon et de la pomme de terre. Ces produits de grande consommation, essentiels pendant la Tabaski, ne devraient pas connaître de tension majeure cette année, ce qui est perçu comme un signe de résilience de la chaîne d’approvisionnement agricole.

Enfin, le Premier ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement à soutenir les populations vulnérables. Il a indiqué suivre de près les mécanismes d’assistance publique mis en place pour leur permettre de célébrer la Tabaski dans la dignité. Le soutien social demeure ainsi un pilier important de la stratégie gouvernementale pour que cette fête religieuse soit vécue dans la sérénité, dans tous les foyers, quelles que soient les conditions économiques des ménages.

Conseil des ministres : Voici les nominations de ce mercredi 21 mai 2025

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé ce mercredi 21 mai 2025 à des nominations lors du Conseil des ministres. Ces décisions concernent principalement les ministères des Finances et du Budget, ainsi que celui de la Jeunesse, des Sports et de la Culture.

Au ministère des Finances et du Budget :
Abdou Karim Sock, planificateur, est nommé Directeur du Contrôle budgétaire, en remplacement de Bakar Faye, parti à la retraite.

El Hadji Amadou Coulibaly, administrateur civil principal, devient Directeur du Matériel et du Transit administratif, en remplacement d’Amadou Tidiane Fall.

Stéphanie Ange Pélagie Diouf, administrateur civil, est nommée Directrice des Pensions, en remplacement d’Abou Aw.

Abou Aw, conseiller en planification, est nommé Directeur de la Solde, à la place de Stéphanie Diouf.

Au ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture :
Hugues Diaz, conseiller aux affaires culturelles, devient Directeur des Arts, à la place de Khoudia Diagne.

Ibrahima Barry, spécialiste en gestion des industries culturelles, est nommé Secrétaire général du Grand-Théâtre Doudou Ndiaye Coumba Rose, en remplacement de Fatou Gueye Sidibé Diallo.

Oumy Diakhaté, professeure de lettres, est nommée Directrice générale de la Compagnie du Théâtre national Daniel Sorano, en remplacement d’Ousmane Barro Dione.

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Cité Souleymane Loum (Rufisque) : Rassemblement des habitants contre les travaux contestés de Eiffage

Ce matin, les habitants de la Cité Souleymane Loum et des environs se sont réunis au pied de la passerelle pour dénoncer une nouvelle fois les travaux engagés par la société Eiffage, qu’ils jugent invasifs et non concertés. Cette mobilisation citoyenne, bien que modérément suivie, a permis d’envoyer un message clair : les populations entendent défendre leur espace de vie avec détermination.

Le rassemblement a été animé par le délégué du quartier, Malick Ndiaye, entouré de plusieurs intervenants. Tous ont exprimé leur mécontentement face à ce qu’ils considèrent comme une « agression » contre leur environnement immédiat. Leurs doléances ont été portées avec calme mais fermeté auprès des représentants d’Eiffage, présents sur les lieux.

À l’issue de ces échanges, les travaux ont été suspendus une nouvelle fois, en attendant la mise en place d’un cadre de dialogue ou d’une solution concertée. Les habitants voient en cette décision un signe encourageant, qui prouve l’efficacité de la mobilisation communautaire, même lorsque le nombre de participants est restreint.

Toutefois, les leaders du mouvement citoyen insistent : la mobilisation doit s’intensifier pour peser davantage dans les négociations futures. Ils appellent l’ensemble des habitants à se tenir prêts pour répondre massivement à chaque appel à l’action, dans le but de protéger durablement leur cadre de vie.

Le rassemblement de ce matin marque une étape supplémentaire dans une lutte que les riverains promettent de poursuivre jusqu’à l’obtention d’une issue juste et définitive. Dans un contexte urbain où les projets d’infrastructure se multiplient parfois au détriment des communautés locales, la Cité Souleymane Loum entend faire entendre sa voix jusqu’au bout.

Communique du conseil des ministres du Mercredi 21 Mai 2025 .

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a
présidé, ce mercredi 21 mai 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Président de la République a lancé un vibrant appel à tous les acteurs politiques et à l’ensemble des forces vives de la Nation pour une participation inclusive et un succès du dialogue national consacré au Système politique dont il présidera la cérémonie d’ouverture le 28 mai 2025. Il a demandé au Ministre de l’Intérieur, en relation avec son cabinet et le Facilitateur général, de veiller à l’invitation des représentants de toutes les parties prenantes (partis politiques, société civile, centrales syndicales, organisations d’employeurs, notabilités religieuses et coutumières, organisations de jeunes et de femmes…) et à la bonne organisation des travaux.

Le Chef de l’Etat a évoqué le rôle fondamental que la diaspora sénégalaise doit jouer dans la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation. Il a adressé ses chaleureuses félicitations aux Sénégalais de l’extérieur pour leur contribution significative à la vie politique, économique et sociale, ainsi qu’au rayonnement culturel de notre pays. Il a demandé au Gouvernement d’accorder une attention particulière aux doléances administratives (délivrance des cartes nationales d’identité, de passeports et autres documents consulaires et sociales, paiements des pensions, assistance et suivi de leurs droits sociaux) ainsi qu’aux suggestions et propositions des Sénégalais de l’extérieur. Il a invité le Ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères et le Secrétaire d’Etat aux Sénégalais de l’extérieur à prendre toutes les dispositions afin d’assurer un service de proximité à nos compatriotes vivant à l’étranger par une mobilisation soutenue de nos missions diplomatiques et consulaires.

Le Président de la République a, par ailleurs, demandé au Gouvernement de valoriser davantage les compétences, l’expertise et le savoir-faire multisectoriels des Sénégalais de l’extérieur et d’accompagner leurs projets et investissements en cohérence avec les priorités de l’Agenda national de Transformation. C’est tout le sens de la montée en puissance de la plateforme numérique Tabax Sénégal (www.tabaxsenegal.sn) qu’il convient de mieux vulgariser auprès de nos compatriotes établis à l’étranger. Dans cette dynamique, il a engagé le Premier Ministre à restructurer, pour plus d’efficacité, les dispositifs d’orientation, d’encadrement, d’accompagnement et de financement des projets et activités économiques des Sénégalais de l’extérieur, notamment le Fonds d’Appui aux Sénégalais de l’Extérieur (FAISE). Au regard de l’importance primordiale qu’il accorde à nos compatriotes vivant à l’étranger, il a demandé au Gouvernement de prendre les dispositions appropriées en vue d’assurer l’organisation, en décembre 2025, à Dakar, de la première édition de la Journée 1nationale de la Diaspora. Cette grande rencontre nationale sera l’occasion de valoriser et de capitaliser toutes les initiatives de la Diaspora dans la consolidation d’un Sénégal souverain, juste, prospère et arrimé aux valeurs fortes de solidarité, d’inclusion et d’unité nationale.

Le Chef de l’Etat a insisté sur l’importance qu’il accorde à la préparation du prochain débat d’orientation budgétaire prévu à l’Assemblée nationale avant fin juin 2025. Ce rendez-vous devant la représentation nationale doit être l’occasion pour le Gouvernement de présenter la nouvelle stratégie économique, budgétaire et financière de l’Etat, mais également d’accélérer la mise en œuvre des réformes et programmes visant la transformation soutenue du pays dans tous les secteurs. Il a demandé au Premier Ministre de veiller, en relation avec le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération et le Ministre des Finances et du Budget, à une bonne préparation du débat d’orientation budgétaire, notamment la finalisation concertée du document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle, marquant une étape fondamentale dans la consolidation de la transparence dans la gestion des finances publiques.

Par ailleurs, il a indiqué au Premier Ministre la nécessité de veiller à la supervision des activités liées au forum « Invest in Sénégal » prévu les 07 et 08 octobre 2025 en cohérence avec notre stratégie de coopération internationale et de promotion de partenariats gagnant-gagnant.

Le Président de la République a évoqué la question du repositionnement stratégique de la filière anacarde dans l’économie nationale, particulièrement dans la région naturelle de Casamance où la commercialisation des récoltes d’anacarde constitue une activité économique majeure. Il a demandé au Gouvernement, au Ministre en charge du Commerce notamment, de prendre toutes les dispositions administratives, logistiques et sécuritaires en vue du bon déroulement de cette campagne. Il a aussi rappelé au Gouvernement l’impératif de renforcer les initiatives privées de transformation locale de la production d’anacarde afin de repositionner cette filière dans la stratégie nationale d’industrialisation.

Enfin, au titre de son agenda diplomatique, le Chef de l’Etat a informé le Conseil qu’il visitera, le jeudi 22 mai 2025, avec son homologue de la République islamique de Mauritanie, la plateforme Grand tortue Ahmeyim (GTA).

Dans sa communication, Monsieur le Premier Ministre a rappelé le statut d’événement religieux d’importance nationale que revêt la fête de la Tabaski. C’est à ce titre qu’un Conseil interministériel a été consacré à sa préparation et à l’issue duquel des directives ont été formulées pour garantir des conditions optimales d’approvisionnement du marché national en moutons. Auparavant, par une lettre-circulaire adressée aux membres concernés du Gouvernement, Monsieur le Premier Ministre, avait pris des mesures relatives à l’assouplissement du contrôle des camions et véhicules transportant des moutons, à l’exonération des droits et taxes et à l’autorisation de la présence, à bord de chaque camion, de trois (03) bergers commis à la surveillance des animaux transportés, au renforcement de la sécurité publique et de la sécurité sanitaire sur l’ensemble des points de vente et le long du circuit de commerce de moutons. Le Premier Ministre, après s’être réjoui de la bonne application de ses directives, a invité les Ministres chargés des Forces armées, de la Sécurité2publique, des Finances et des Collectivités territoriales à s’assurer d’une application conforme et en tous lieux du territoire national, des prescriptions gouvernementales. Le Premier Ministre a indiqué qu’à la date du 18 mai 2025, le marché des moutons présente un nombre de 406 592, pour un objectif national de 830 000 têtes de bétail, soit un taux de 48,99% à trois semaines de la fête. La situation est également satisfaisante sur l’aménagement fonctionnel des points de vente, avec un objectif de 278 points officiels fixés par les Gouverneurs de Région. Il a souligné les tendances actuelles favorables des marchés de l’oignon et de la pomme de terre.

En définitive, le Premier Ministre a demandé aux Ministres de veiller, jusqu’au terme fixé, à l’effectivité de toutes les mesures arrêtées. Sur le registre de la Solidarité nationale, le Premier Ministre suit, avec beaucoup d’attention, le déploiement des instruments publics d’assistance aux groupes vulnérables, pour leur permettre de pouvoir fêter la Tabaski dans la dignité.

Le Premier Ministre a rendu compte de sa visite d’amitié et de travail au Burkina Faso sur invitation de son homologue burkinabé le Premier Ministre Rimtalba Jean Emmanuel OUEDRAOGO. A cette occasion, il a été reçu par le Président Ibrahim TRAORE à qui il a transmis un message de fraternité de son homologue sénégalais, le Président Bassirou Diomaye Diakhar FAYE. Il a également participé à la cérémonie d’inauguration du mausolée du Président Thomas SANKARA, figure emblématique du panafricanisme. Le Premier Ministre a enfin remercié le peuple burkinabé pour l’accueil chaleureux qui lui a été réservé.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :

– le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires a fait une communication sur le bilan à mi-parcours des concertations sur le déploiement des pôles territoires.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES,

Le Conseil a examiné et adopté :

– le Projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de l’Institut national du Pétrole et du Gaz (INPG) ;

– le Projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Conseil national des Transports aériens (CNTA).

Professeure Awa Marie Coll Seck distinguée par l’OMS : une fierté pour le Sénégal et un modèle pour la santé mondiale

C’est avec une profonde admiration et une immense fierté que nous accueillons l’annonce de la distinction décernée à la Professeure Awa Marie Coll Seck par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). L’illustre scientifique sénégalaise vient en effet de recevoir le Prix du Directeur Général pour la Santé Mondiale 2025, l’une des plus prestigieuses reconnaissances internationales dans le domaine de la santé publique.

Cette distinction exceptionnelle vient saluer un engagement constant, une rigueur scientifique exemplaire et une contribution déterminante à l’amélioration des politiques sanitaires, non seulement en Afrique, mais également à l’échelle mondiale. À travers ses fonctions successives — ministre de la Santé, experte de haut niveau dans les instances internationales, Secrétaire exécutive du Partenariat Roll Back Malaria, ou encore présidente du comité national de gestion de la pandémie COVID-19 au Sénégal — la Professeure Awa Marie Coll Seck a su allier compétence, leadership et intégrité.

Son parcours force le respect. Médecin infectiologue, universitaire chevronnée et femme d’engagement, elle s’est illustrée par son combat sans relâche pour l’accès équitable aux soins, la lutte contre les maladies transmissibles, et le renforcement des systèmes de santé. Cette distinction de l’OMS souligne la portée universelle de son action et consacre une vie mise au service du bien commun.

Pour le Sénégal, cette reconnaissance est bien plus qu’un honneur individuel : elle symbolise la place croissante de l’expertise africaine dans la gouvernance mondiale de la santé. Elle est également une source d’inspiration pour les jeunes générations, en particulier les femmes, qui aspirent à embrasser des carrières scientifiques et à contribuer au développement de leurs pays.

Professeure Awa Marie Coll Seck incarne l’excellence, l’éthique et la vision stratégique. Elle est, sans conteste, une figure emblématique de la santé mondiale et un modèle pour toutes celles et ceux qui croient en la science comme levier de progrès humain. Son parcours et cette distinction nous rappellent que l’engagement sincère et le travail bien fait finissent toujours par porter leurs fruits.

Affaire Fonds COVID : Aïssatou Sophie Gladima placée sous mandat de dépôt, son avocat clame son innocence

L’ancienne ministre des Mines et de la Géologie, Aïssatou Sophie Gladima, a été placée sous mandat de dépôt ce mardi à l’issue de son audition par la commission d’instruction de la Haute Cour de Justice, siégeant au Tribunal de Dakar. Cette décision intervient dans le cadre des enquêtes liées à la gestion des fonds publics, notamment les ressources allouées durant la pandémie de COVID-19.

Elle rejoint ainsi la liste des anciens membres du gouvernement de Macky Sall appelés à rendre des comptes devant cette juridiction d’exception, après les inculpations déjà connues de Ndeye Saly Diop Dieng et Ismaila Madior Fall. La procédure vise à faire la lumière sur un présumé détournement portant sur un montant de 193 070 000 FCFA. Ces fonds devaient être utilisés dans le cadre de la Force-COVID pour la mise en place d’un centre gravimétrique à Kédougou, destiné à soutenir les orpailleurs durement frappés par les effets économiques de la pandémie.

Me Michel S. Bass, avocat de l’ancienne ministre, a fermement rejeté les accusations. Il a assuré à Dakaractu que sa cliente n’a rien à se reprocher, qu’elle mène une vie conforme à ses revenus et qu’elle traverse cette épreuve « avec beaucoup de dignité ». « Ma cliente est innocente. Elle se suffit largement de ce qu’elle a toujours gagné dignement. Elle aborde cette épreuve en gardant la tête haute, convaincue de son intégrité », a-t-il déclaré.

Selon Me Bass, Mme Gladima affiche une confiance totale dans le système judiciaire sénégalais. Elle espère que les investigations permettront d’établir la vérité et de l’innocenter complètement. L’avocat s’est cependant gardé de commenter les détails de l’instruction en cours, rappelant qu’il est tenu par le secret professionnel.

Cette affaire intervient dans un contexte de reddition des comptes annoncée par les nouvelles autorités, notamment le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, qui ont promis de lutter contre la corruption et de passer au crible la gestion des deniers publics par le précédent régime. Pour de nombreux observateurs, ces auditions devant la Haute Cour pourraient marquer un tournant dans la relation entre les élites politiques et la justice, en posant les bases d’une plus grande transparence dans la gouvernance publique.

Justice d’exception au Sénégal : le Forum du Justiciable alerte sur l’absence de recours devant la Haute Cour

Le Forum du Justiciable tire la sonnette d’alarme sur une faille jugée grave dans l’architecture judiciaire sénégalaise : l’absence de double degré de juridiction devant la Haute Cour de Justice. Dans un communiqué publié cette semaine, l’organisation de la société civile dénonce une entorse aux principes fondamentaux du droit à un procès équitable et une contradiction flagrante avec les engagements internationaux souscrits par le Sénégal.

La Haute Cour de Justice est la juridiction compétente pour juger le président de la République et les ministres dans le cadre de faits commis dans l’exercice de leurs fonctions. Toutefois, selon le Forum du Justiciable, cette instance fonctionne sans aucune possibilité de recours, que ce soit durant la phase d’instruction ou après la décision finale. Un fonctionnement qui viole, selon le Forum, l’article 14, paragraphe 5, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Cet article garantit à toute personne déclarée coupable d’une infraction le droit de faire examiner la déclaration de culpabilité et la condamnation par une juridiction supérieure.

Le Forum s’appuie notamment sur deux articles de la loi organique n°2002-10 du 22 février 2002 qui encadre la Haute Cour. L’article 23 stipule que « les actes de la commission d’instruction ne sont susceptibles d’aucun recours », tandis que l’article 35 précise que « les arrêts de la Haute Cour ne sont susceptibles, ni d’appel, ni de pourvoi en cassation ». En clair, les personnes jugées par cette juridiction n’ont aucun moyen légal de contester la décision rendue, ce qui va à l’encontre des standards internationaux en matière de droits de l’homme.

Dans son communiqué, le Forum du Justiciable qualifie cette situation de « préoccupation majeure » et dénonce une violation des principes universels du droit pénal, qui consacrent le droit à une seconde lecture des faits, par une instance supérieure et indépendante. Pour l’organisation, ce défaut structurel dans le fonctionnement de la Haute Cour de Justice remet en cause le caractère équitable de toute procédure engagée devant elle.

En conséquence, le Forum du Justiciable appelle solennellement les autorités sénégalaises à engager une révision urgente de la loi organique qui régit cette juridiction. L’objectif est d’y introduire un véritable double degré de juridiction, de manière à rendre les procédures plus conformes aux principes de l’État de droit et aux obligations internationales du Sénégal.

Cette alerte intervient dans un contexte où les discussions sur la réforme des institutions sont relancées avec l’arrivée d’un nouveau pouvoir exécutif. Le Forum espère que cette faille, longtemps ignorée, sera enfin corrigée afin de garantir une justice véritablement équitable, même pour les plus hauts responsables de l’État.

Kédougou : Trois sites d’orpaillage clandestins démantelés, 47 personnes interpellées

Une importante opération militaire a été menée le mardi 20 mai 2025 dans le secteur de Moussala, région de Kédougou, par les forces armées sénégalaises dans le cadre de l’Opération Orientale. Cette initiative vise à combattre l’exploitation illégale des ressources naturelles dans le sud-est du pays, particulièrement touché par les activités minières clandestines.

Selon la Direction de l’information et des relations publiques des Armées (Dirpa), les soldats de la Zone militaire n°4 ont procédé au démantèlement de trois sites d’orpaillage clandestins. Au cours de l’opération, 47 individus ont été interpellés, tandis que d’importants équipements ont été saisis.

Le bilan matériel est conséquent : 13 motopompes, 28 motos, 2 groupes électrogènes, ainsi que divers outils servant à l’extraction artisanale de l’or. En parallèle, les militaires ont également mis la main sur plusieurs troncs de bois abattus illégalement, révélant l’ampleur de l’exploitation illicite qui affecte les écosystèmes de la zone.

Les personnes interpellées ainsi que les objets saisis ont été remis à la gendarmerie pour les besoins de l’enquête et des suites judiciaires. La Dirpa annonce que les opérations vont se poursuivre dans la région de la Falémé, qui reste un point névralgique dans la lutte contre l’orpaillage clandestin.

Cette intervention s’inscrit dans une stratégie nationale de préservation des ressources naturelles et de sécurisation des zones frontalières, de plus en plus convoitées par des réseaux transnationaux d’exploitation illégale.

Vol à l’AIBD : un agent détourne bijoux, diamants et cheveux naturels d’une passagère

Un agent de rampe à l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD) de Diass est au cœur d’un scandale de vol présumé impliquant des biens de valeur appartenant à une passagère de la compagnie Air Sénégal. I.J.B., employé de la société 2AS, a comparu devant le Tribunal de Grande instance de Mbour pour avoir subtilisé des bijoux en or, en diamant, et 30 paquets de cheveux naturels lors d’un débarquement.

Les faits remontent au samedi 10 mai 2025. Alors qu’il s’activait au déchargement des bagages d’un vol en provenance de France, l’agent aurait profité d’un moment d’inattention pour forcer les cadenas de deux valises appartenant à une passagère identifiée sous les initiales M.F.D. Il aurait alors récupéré discrètement les sachets contenant les précieux bijoux et les paquets de cheveux, avant de refermer les valises et dissimuler le tout dans son propre sac.

Mais un oubli va trahir le suspect : en refermant les valises, il laisse accidentellement son bracelet fétiche, portant ses initiales, à l’intérieur de l’un des bagages. À son arrivée chez elle, la victime découvre le vol et le bracelet suspect. Elle entame alors ses propres recherches et retrouve le profil Facebook correspondant aux initiales, qui mène à une photo de l’agent.

M.F.D retourne à l’AIBD pour signaler le vol. Une enquête est aussitôt ouverte. Interpellé, I.J.B. nie les faits et affirme ne pas posséder de bracelet ou de compte Facebook. Mais une perquisition à son domicile à Ouest-Foire compromet sa défense : dix paquets de cheveux naturels et des bijoux de la victime sont retrouvés dans son armoire.

Confondu par les preuves, le mis en cause passe aux aveux. Il reconnaît avoir vendu une partie des bijoux en or à un bijoutier établi à Keur Ndiaye Lô, pour la somme de 200.000 F CFA. Ce dernier, également entendu par la justice, a tenté de se disculper à la barre.

Le procureur a requis l’application stricte de la loi à l’encontre des deux hommes. Tous deux ont été placés sous bracelet électronique en attendant le verdict du tribunal, prévu pour le mardi 27 mai 2025. Ce nouvel incident soulève à nouveau la question de la sécurité des bagages dans les aéroports sénégalais.

Procès Azoura Fall et Kaïré : le verdict fixé au 4 juin, le parquet requiert 3 mois fermes

Le procès très suivi des deux activistes sénégalais, Assane Guèye alias Azoura Fall et El Hadji Ousseynou Kaïré, s’est tenu ce mercredi au Tribunal de flagrants délits de Dakar. Poursuivis pour « discours contraires aux bonnes mœurs » à la suite de propos injurieux tenus contre l’ancien président Macky Sall, les deux hommes attendent désormais le verdict, fixé au 4 juin prochain.

Le procureur a requis une peine de trois mois de prison ferme pour chacun des prévenus. Lors des plaidoiries, les avocats de la défense ont vigoureusement contesté cette qualification juridique, estimant que les faits reprochés relevaient plutôt d’injures publiques à l’égard de particuliers, et non d’un délit d’ordre moral.

« Nous avons démontré que l’accusation n’était pas fondée et que les propos incriminés s’apparentaient à des injures adressées à deux personnes précises. Dès lors, nous avons demandé la relaxe pure et simple de nos clients », a plaidé Me Bamba Cissé à la sortie de l’audience.

À noter qu’Azoura Fall avait été placé sous liberté provisoire en attendant son jugement, contrairement à Kaïré, maintenu en détention. Leur sort sera définitivement scellé dans deux semaines, à l’issue du délibéré du tribunal. Le dossier, qui mêle liberté d’expression, responsabilité des influenceurs et respect des institutions, continue de susciter un vif débat dans l’opinion publique.

Ziguinchor – Les ex-détenus politiques dénoncent une indemnisation incomplète et exigent des réponses

À Ziguinchor, les anciens détenus politiques expriment leur profonde frustration face à la lenteur et au manque de clarté dans le processus d’indemnisation promis par l’État. Alors que 126 personnes avaient été recensées pour bénéficier d’une aide financière dans le cadre du programme de réparation, seules 32 ont effectivement reçu les 500.000 FCFA annoncés.

Réunis en conférence de presse ce mercredi, plusieurs membres du collectif des ex-détenus ont fait part de leur colère. Elhadj Cissé, porte-parole du groupe, a dénoncé ce qu’il qualifie d’injustice manifeste. Selon lui, il est incompréhensible qu’au bout de quatre mois, la majorité des bénéficiaires restent sans nouvelles et sans soutien. Il rappelle que cette aide avait été solennellement annoncée par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko pour réparer les torts subis par les anciens détenus et les familles des victimes.

Le collectif demande des explications officielles de la part des autorités, en particulier de la ministre en charge du dossier. Il appelle à plus de transparence sur les critères de sélection des bénéficiaires et sur les délais réels de versement de l’aide.

Les ex-détenus ont également critiqué certains élus locaux, dont le député Guy Marius Sagna, accusé de ne pas porter leur voix. Elhadj Cissé affirme l’avoir interpellé, sans obtenir de réponse satisfaisante, estimant que les attentes des populations de Ziguinchor n’ont pas été suffisamment prises en compte.

À quelques jours de la Tabaski, les concernés espèrent une réaction rapide du gouvernement afin que l’ensemble des bénéficiaires puissent recevoir leur dû dans des délais raisonnables.

Meurtre d’un infirmier à Koungheul : le SUTSAS décrète une journée noire ce vendredi 23 mai

Le monde de la santé sénégalaise est en deuil. Mamadou Samba Diallo, Infirmier Chef du poste de santé de Arafat, a été lâchement assassiné dans la nuit du mardi au mercredi, vers 4 heures du matin, sur son lieu de travail, situé dans le district sanitaire de Koungheul (région médicale de Kaffrine). L’attaque a été perpétrée par des individus armés non identifiés.

L’annonce de ce meurtre a provoqué une onde de choc au sein du corps médical et suscité une vive indignation du Syndicat Unique des Travailleurs de la Santé et de l’Action Sociale (SUTSAS). Dans un communiqué rendu public ce jeudi, le syndicat a fermement condamné cet acte qu’il qualifie d’« ignoble et barbare ». Le SUTSAS fustige également l’inaction des autorités face à la recrudescence des violences à l’encontre des agents de santé, régulièrement exposés à des agressions dans l’exercice de leurs fonctions.

En signe de protestation, le syndicat a décrété la journée du vendredi 23 mai 2025 comme une “journée noire” sur l’ensemble du territoire national. Des prières collectives, des sit-in dans les structures sanitaires et le port de brassards noirs sont prévus pour rendre hommage à la victime et alerter sur l’urgence sécuritaire dans le secteur.

Par ailleurs, le Secrétariat Exécutif du SUTSAS a exprimé son soutien total à l’arrêt de travail régional décrété à Kaffrine dès ce mercredi à 9 heures. Cette mobilisation régionale vise à exiger des garanties de sécurité concrètes pour les professionnels de santé.

Ce nouveau drame vient raviver les inquiétudes autour des conditions de travail du personnel médical, notamment dans les zones reculées. Le SUTSAS appelle à des mesures urgentes de sécurisation des postes de santé, sans quoi, prévient-il, « d’autres mobilisations de plus grande envergure seront enclenchées ».

Accrochage armé à Djibidione : des soldats sénégalais pris pour cible lors d’une patrouille

Une unité de l’armée sénégalaise en mission de patrouille a été prise à partie ce mercredi matin dans la commune de Djibidione, précisément aux alentours des villages de Karounor et Kalathiaye, dans le département de Bignona (région de Ziguinchor). L’accrochage s’est produit dans une zone frontalière réputée instable, où la présence de bandes armées demeure une menace persistante.

Selon une source sécuritaire ayant requis l’anonymat, les soldats effectuaient une opération de surveillance de routine lorsqu’ils ont été attaqués par un groupe non identifié. Les échanges de tirs ont duré plusieurs minutes, mais les circonstances exactes de l’affrontement restent floues. Aucun bilan officiel n’a été communiqué pour l’heure, tant en termes de pertes humaines que de dégâts matériels.

La région sud du Sénégal, en particulier la commune de Djibidione, reste un foyer de tension récurrent en raison de sa proximité avec la Guinée-Bissau et de la présence sporadique de groupes armés. Cette zone stratégique fait régulièrement l’objet d’opérations militaires visant à rétablir l’ordre et assurer la sécurité des populations locales.

Cet incident intervient dans un contexte de vigilance accrue des forces de défense et de sécurité, mobilisées pour prévenir tout regain d’instabilité dans cette partie du pays. Les autorités militaires n’ont pas encore émis de communiqué officiel, mais une enquête serait en cours pour identifier les auteurs de cette attaque.

En attendant, la situation reste tendue dans la zone, et les populations riveraines, souvent prises au piège entre les opérations de sécurisation et les agissements des groupes armés, expriment leurs inquiétudes quant à la persistance de la violence.

Renforcement des capacités des journalistes : l’ANSD mise sur une meilleure compréhension des statistiques

Dans le cadre du Projet d’Harmonisation et d’Amélioration des Statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre (PHASAOC), l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) a organisé, ce mercredi 21 mai 2025, un atelier de renforcement des capacités à l’intention des professionnels des médias. L’objectif : outiller les journalistes pour une meilleure compréhension et une utilisation judicieuse des données statistiques.

Cette session de formation marque un tournant dans la relation entre l’ANSD et les médias. Elle vise à renforcer le rôle des journalistes comme vecteurs d’une information fiable et bien interprétée. Antoine Diouf, directeur de eRadio et participant à l’atelier, a salué cette initiative : « Le journaliste n’est pas celui qui sait tout, mais celui qui sait où trouver l’information. Cet atelier nous permet de mieux comprendre le travail de l’ANSD pour interpréter correctement les statistiques. » Il a ajouté que cette formation est essentielle pour transmettre au public des données claires et contextualisées.

Pour Abdou Diouf, directeur général de l’ANSD, cette rencontre s’inscrit dans une stratégie plus large de vulgarisation des données statistiques : « Cette rencontre est la première d’une série que nous souhaitons organiser avec nos partenaires. Elle permet de partager nos méthodes et pratiques pour une meilleure vulgarisation des statistiques auprès du public. » Le directeur général a également mis en lumière la performance du Sénégal, qui se classe 4e en Afrique dans l’indice de performance statistique de la Banque mondiale, soulignant les progrès réalisés dans ce secteur.

Durant l’atelier, plusieurs thématiques essentielles ont été abordées : les méthodes de production des données statistiques, l’interprétation des indicateurs économiques et sociaux, les défis liés à la couverture statistique nationale, ainsi que les bonnes pratiques de communication des données.

« Lorsque les journalistes comprennent bien nos données, ils peuvent mieux les expliquer au public. Cela participe à la transparence et à la bonne gouvernance », a rappelé Abdou Diouf. Il a également évoqué les perspectives d’amélioration du système statistique national, appelant à une meilleure coordination entre les différentes structures productrices de données.

En somme, cette initiative de l’ANSD traduit une volonté affirmée de rapprocher les producteurs et les utilisateurs de données statistiques, afin de garantir une information de qualité, accessible et compréhensible à tous. Un pas de plus vers une société mieux informée et plus engagée dans les enjeux du développement.

Affaire des fonds Covid-19 au Sénégal : L’ex-ministre Sophie Gladima écrouée pour détournement présumé de deniers publics

L’ancienne ministre des Mines et de la Géologie, Aïssatou Sophie Gladima, a été placée sous mandat de dépôt ce mercredi par la Commission d’instruction de la Haute Cour de Justice. Cette mesure marque une étape importante dans l’enquête sur la gestion controversée des fonds Covid-19, un dossier explosif qui continue de faire trembler la sphère politico-judiciaire sénégalaise.

Mme Gladima est accusée de détournement présumé de deniers publics, portant notamment sur un montant d’un milliard de FCFA destiné à la création d’un centre gravimétrique à Kédougou, un projet fantôme qui n’a jamais vu le jour.

Les conclusions d’une enquête menée par la Division des Investigations Criminelles (DIC) pointent du doigt l’ex-ministre ainsi que son ancien directeur de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE), Alassane Diallo. Le duo est soupçonné d’avoir orchestré une série d’irrégularités financières dans le cadre de ce projet inachevé, avec un préjudice financier provisoire estimé à 193 070 000 FCFA.

Au cœur du dossier, un paiement anticipé de 73,2 millions FCFA effectué par le DAGE à la Société Commerciale du Groupe ISSA (SCGI) pour des travaux jamais commencés au moment du versement. Ce paiement viole clairement l’article 89 du Règlement général de la Comptabilité publique (RGCP), qui impose que tout règlement se fasse après exécution des prestations.

Entendu par les enquêteurs, Alassane Diallo a reconnu avoir effectué ce paiement sur instruction directe de sa hiérarchie, soit la ministre Gladima. Il admet que cette décision allait à l’encontre des règles en vigueur. De son côté, Ibrahima Issa, représentant de la SCGI, affirme avoir perçu les fonds de « bonne foi », soulignant que du matériel avait été acquis pour un montant de 119,87 millions FCFA, en attente de l’ouverture du site.

Pour justifier le paiement anticipé, la SCGI a produit un procès-verbal de constat d’huissier, daté du 14 avril 2023, certifiant la présence du matériel dans ses locaux à Dakar. Toutefois, cette justification ne convainc pas les enquêteurs, d’autant plus qu’un second versement a été accepté sans garantie contractuelle, ni début de travaux effectif.

L’enquête met également en lumière une transaction informelle de 80 millions FCFA, utilisée pour acheter du matériel en Chine. Plutôt que de recourir aux circuits bancaires classiques, les fonds auraient été confiés à un opérateur de transfert informel basé aux Allées Papa Guèye Fall, qui aurait ensuite remis l’argent au fournisseur chinois. Cette méthode de paiement jugée opaque soulève des suspicions de blanchiment d’argent et de contournement des contrôles financiers.

Avec la mise sous mandat de dépôt d’Aïssatou Sophie Gladima, les autorités sénégalaises montrent leur détermination à faire la lumière sur la gestion des fonds publics alloués durant la crise du Covid-19. Ce dossier pourrait marquer un tournant dans la politique de reddition des comptes prônée par les nouvelles autorités.

Lutte sénégalaise : Zarco suspendu provisoirement par le CNG après une agression en MMA à Abidjan

Convoqué ce lundi par le Comité national de gestion (CNG) de lutte pour s’expliquer sur son comportement violent lors d’un combat de MMA à Abidjan, le lutteur Zarco a brillé par son absence. Une attitude qui n’a pas été du goût de l’instance dirigeante de la lutte sénégalaise.

En effet, bien que son manager se soit présenté devant les membres du CNG pour tenter de justifier l’absence de son poulain, les explications fournies n’ont pas suffi à calmer les esprits. Selon le quotidien L’Observateur, le CNG a décidé de prendre une mesure conservatoire ferme contre le pensionnaire de l’écurie Grand-Yoff.

Zarco est désormais suspendu de toute activité liée à la lutte, et ce, jusqu’à sa comparution devant la commission compétente chargée d’examiner en profondeur l’affaire. Cette suspension immédiate intervient alors que le lutteur devait également répondre, le même jour, à une convocation de la Division des investigations criminelles (DIC), ce qui pourrait expliquer son absence au siège du CNG.

Cette affaire suscite de vives réactions dans le milieu de la lutte, où l’on s’interroge sur les conséquences de tels dérapages pour la crédibilité du sport et le comportement attendu des athlètes professionnels, même en dehors de l’arène.

Le CNG, qui tient à préserver l’image de la lutte sénégalaise, semble vouloir donner un signal fort : les actes de violence incontrôlée, même dans un autre cadre que la lutte traditionnelle, ne seront pas tolérés.

Affaire à suivre.

Injures contre Macky Sall : 6 mois requis contre Azoura Fall et Ousseynou Kairé

Ce mercredi, le tribunal des flagrants délits de Dakar a jugé deux militants du parti dissous Pastef, Assane Guèye, alias Azoura Fall, et El Hadji Ousseynou Kairé, poursuivis pour « discours contraires aux bonnes mœurs ». Les deux prévenus ont reconnu avoir proféré des insultes à l’encontre de l’ancien président Macky Sall et d’autres responsables politiques dans des vidéos devenues virales.

L’audience a été marquée par la diffusion publique des séquences incriminées, suscitant la stupeur parmi les personnes présentes dans la salle. Azoura Fall a tenté de contextualiser ses propos, affirmant que sa vidéo, publiée il y a neuf mois, avait initialement été diffusée lors d’un live privé sur TikTok, réservé à ses abonnés. « Quelqu’un a insulté ma mère, j’ai répondu en insultant son leader, Macky Sall », a-t-il déclaré, ajoutant que Me Moussa Diop aurait rendu la vidéo publique après qu’il eut refusé d’intercéder auprès d’Ousmane Sonko en sa faveur.

Visiblement éprouvé, Azoura Fall a voulu montrer en pleine audience les marques de violences qu’il aurait subies en détention, tentant de se déshabiller avant que ses avocats ne l’en dissuadent. Il a évoqué son passé militaire, son emprisonnement sous l’ancien régime, et les séquelles physiques et psychologiques qu’il dit avoir endurées, dont une sciatique aggravée par des conditions carcérales déplorables.

De son côté, Ousseynou Kairé a expliqué son geste comme une forme de solidarité envers Azoura. Il aurait volontairement posté une vidéo injurieuse pour se faire arrêter, dans l’intention de pousser ce dernier à se rendre. Il a également dénoncé les violences subies lors de précédentes arrestations, notamment celle du 31 décembre à la Place de l’Indépendance. « On m’a déshabillé et frappé avec des matraques sur mes parties intimes », a-t-il déclaré, des mots qui ont choqué l’assistance.

Le procureur a requis une peine de six mois de prison, dont trois mois ferme, contre chacun des prévenus. Il a rejeté l’argument de troubles psychologiques invoqué par la défense d’Azoura Fall, jugeant le dossier médical non probant et la consultation psychiatrique trop brève pour constituer une preuve crédible de démence.

Les avocats des deux militants ont plaidé pour la liberté provisoire, tout en soulevant des vices de procédure. Ils insistent sur le contexte politique et la liberté d’expression, estimant que la réaction de leurs clients s’inscrit dans un climat de répression.

Vol spectaculaire à l’AIBD : un agent trahi par son bracelet fétiche

Aéroport international Blaise Diagne (AIBD), Diass – Un vol digne d’un polar s’est joué le samedi 10 mai 2025 sur le tarmac de l’AIBD, impliquant un agent de longue date de la société 2AS. L’histoire, aussi invraisemblable qu’authentique, mêle effraction, bijoux de valeur, cheveux naturels… et une enquête éclair déclenchée par un simple bracelet.

Ce soir-là, vers 21h, alors que les passagers du vol Air France AF 718 en provenance de Paris récupèrent leurs bagages, I.J.B, employé modèle depuis 15 ans, cède à la tentation. Affecté au transport des bagages vers le tapis roulant, il force discrètement deux valises appartenant à M.F.D., une passagère arrivée de Paris. Il en extrait un butin impressionnant : bijoux en or, en diamant, or blanc, bagues, bracelets, chaînes, boucles d’oreilles… ainsi que 30 paquets de cheveux naturels, le tout dissimulé dans son sac personnel.

Mais le plan parfait connaît un accroc. Dans la précipitation, I.J.B oublie un bracelet fétiche marqué de ses initiales… dans l’une des valises fracturées. Une négligence qui va précipiter sa chute.

De retour chez elle, M.F.D. découvre la disparition de ses biens ainsi que le bracelet oublié. Perspicace, elle mène une rapide enquête en ligne. Une recherche sur Facebook lui permet d’identifier I.J.B grâce à une photo en uniforme, posant fièrement près d’un avion. Ni une ni deux, elle retourne à l’aéroport et remet les éléments à la Police spéciale de l’AIBD.

Les enquêteurs n’auront pas besoin de beaucoup de temps. I.J.B est interpellé et nie en bloc, prétendant ne pas posséder de bracelet ni de compte Facebook. Mais la perquisition menée à son domicile, à Ouest-Foire, le trahit définitivement. Dix paquets de cheveux naturels et un sachet de bijoux identifiables sont retrouvés. Dos au mur, l’agent passe aux aveux. Il révèle même avoir revendu une partie du butin à un bijoutier, A.D, résidant à Keur Ndiaye Lô, pour la somme de 200 000 francs CFA.

Hier, les deux hommes ont comparu devant le Tribunal de grande instance de Mbour. Malgré des tentatives de défense maladroites, les preuves accablantes ne laissent guère de place au doute. En attendant le verdict, prévu pour le mardi 27 mai, I.J.B et son complice ont été placés sous bracelet électronique.

Un coup de théâtre inattendu qui rappelle qu’à l’heure du numérique, même les larcins les plus bien ficelés peuvent s’effondrer à cause d’un simple oubli… ou d’un réseau social.

Sénégal – Affaire des 17 milliards CFA : la Cour des comptes lève le voile sur un montage financier opaque

Derrière des conventions complexes, un possible détournement massif de fonds publics : l’État, La Banque Agricole, et une dizaine de sociétés privées dans le viseur.

Un nouveau scandale à tiroirs ébranle la gouvernance financière de l’État sénégalais. Dans son édition du jour, L’Observateur révèle les contours d’un montage financier estimé à 17,495 milliards de francs CFA, impliquant l’État du Sénégal et La Banque Agricole (LBA). En toile de fond : des conventions de substitution de débiteurs d’une rare opacité, aujourd’hui dénoncées par la Cour des comptes dans un référé explosif adressé au ministère de la Justice.

Sous couvert de mécanismes juridiques apparemment classiques, le schéma consiste en une substitution de débiteurs, où l’État prend à sa charge des dettes initialement contractées par des entreprises privées. Mais là où le bât blesse, c’est que ni le fondement économique, ni le cadre contractuel ne justifient une telle opération, selon les magistrats de la Cour des comptes.

« La relation entre l’État, en tant que substituant, et les débiteurs substitués n’est pas établie dans les documents », note la Cour, pointant du doigt une gestion hasardeuse, voire délibérément obscure, des finances publiques.

L’affaire ne s’arrête pas à l’irrégularité de la procédure. Le référé évoque un objectif non avoué : sauver certaines institutions financières, notamment La Banque Agricole, des sanctions prévues par la réglementation bancaire, liées aux exigences de fonds propres. En injectant artificiellement des garanties publiques sur des dettes privées, ces structures pouvaient continuer à bénéficier de ressources auprès de la BCEAO et de bailleurs internationaux, au mépris des règles de transparence budgétaire.

Les regards se tournent désormais vers les sociétés bénéficiaires de cette opération. La Cour cite nommément une dizaine d’entre elles : Tracto Services Equipements Afrique, Agripo TV, Ja-maries SA, Senteer, Complexe Seutou Indou, Etablissement Moussa Gaye, Falilou Mbacké, Bio Énergie Green, Fadema Sau, et Yanawa.

À ce stade, aucun lien formel n’est établi entre ces structures et l’État sénégalais, ce qui renforce les soupçons de paravents utilisés pour une captation illégale de fonds publics.

Le dossier, désormais entre les mains du ministère de la Justice, pourrait déboucher sur des poursuites judiciaires. Le référé de la Cour des comptes, rarement aussi tranché, plaide pour une enquête approfondie afin d’identifier les responsabilités et d’éventuels complices au sein de l’administration.

Alors que les institutions financières internationales exigent toujours plus de rigueur et de clarté, ce dossier tombe au plus mauvais moment pour les autorités. Il pourrait bien devenir un test grandeur nature pour la volonté politique de lutter contre la corruption et les dérives dans la gestion des deniers publics.

Affaire Sanou Dione : Macky Sall à l’heure du choix entre justice et apaisement

La procédure judiciaire contre Sanou Dione aura-t-elle lieu ? Rien n’est encore tranché. La balle est désormais dans le camp de Macky Sall, ancien président de la République du Sénégal, qui détient toutes les cartes pour décider de la suite à donner à l’affaire. Interpellé par sommation suite à des propos jugés diffamatoires publiés dans le journal Source A, l’ancien député Sanou Dione a répondu en apportant des précisions notables, qui semblent avoir contribué à faire retomber la tension.

Accusé d’avoir affirmé que Macky Sall avait « la mainmise » sur un compte contenant plus de 1 000 milliards de francs CFA, Sanou Dione a tenu à nuancer ses propos dans sa réponse transmise par huissier. Il rejette formellement avoir parlé de « mainmise », préférant évoquer une « responsabilité » du président Sall, en tant que chef de l’État et signataire du décret ayant institué le compte en question.

Dans une démarche défensive mais solidement argumentée, l’ancien député cite des extraits précis du rapport de la Cour des comptes, notamment à la page 16 où est mentionné le compte CAP/gouvernement dépôt, créé le 25 juin 2012. Il ajoute que ce compte a été activé par le décret présidentiel n°2017-74 du 12 janvier 2017 dans le cadre du Programme de Développement des Infrastructures Économiques et Sociales (PDIES), avec un décaissement de plus de 600 milliards de francs CFA.

Sanou Dione prend soin de souligner qu’il n’a jamais dit que le compte appartenait à Macky Sall personnellement. Il affirme plutôt que certaines affectations de fonds ont été faites en dehors des procédures prévues par la loi des Finances, comme le relève la Cour des comptes en page 18 de son rapport. Pour lui, le terme « mécanisme » utilisé dans l’interview renvoie à la chaîne de responsabilité institutionnelle, et non à une volonté de mainmise ou de détournement personnel.

Suite à la publication de ces propos, Source A avait titré de manière spectaculaire, affirmant que Macky Sall avait « mis en place un mécanisme afin d’être le seul à avoir la mainmise sur les banques », allant jusqu’à évoquer une « haute trahison ». Ce qui a entraîné une réaction immédiate de l’ancien président, qui avait mandaté ses avocats pour répondre par voie judiciaire.

Cependant, selon le journal Les Échos, l’ancien chef de l’État hésite désormais à aller jusqu’à une citation directe devant le juge pénal. Les nouvelles explications de Sanou Dione, jugées défensives mais solides, auraient poussé certains proches de Macky Sall à recommander une gestion plus discrète de cette affaire, afin d’éviter un emballement médiatique qui pourrait nuire à l’image de l’ancien président.

À ce jour, aucune décision officielle n’a été annoncée. Macky Sall se donne, selon Les Échos, un temps de réflexion avant de trancher. La question reste donc en suspens : Macky Sall choisira-t-il de poursuivre Sanou Dione pour diffamation, ou optera-t-il pour une désescalade politique, en tournant la page sur une affaire potentiellement explosive ?

En définitive, le sort judiciaire de Sanou Dione dépendra du choix que fera l’ancien président. Un choix qui mêle stratégie politique, communication et enjeux juridiques à un moment où l’ancien chef de l’État semble vouloir maîtriser son image autant que son héritage.

Sénégal – Tribune de Thierno Bocoum : « Un Premier ministre à surveiller »

Dans une tribune au ton grave, Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR, tire la sonnette d’alarme sur les récentes déclarations du Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, lors de son passage à Ouagadougou. À ses yeux, les propos tenus par le chef du gouvernement brouillent dangereusement les repères fondamentaux du régime républicain.

Intitulée « Un Premier ministre à surveiller : ses propos le trahissent », la tribune de l’ancien député met en lumière ce qu’il considère comme une dérive verbale lourde de conséquences. Lors d’une interview accordée le 19 mai à la Radio Télévision Burkinabè (RTB), Ousmane Sonko affirmait :

« Ce n’est pas parce qu’on est arrivé au pouvoir de manière démocratique qu’on n’est pas un révolutionnaire. Ce n’est pas parce qu’on est arrivé au pouvoir par d’autres moyens qu’on est plus révolutionnaire que d’autres. Des gens qui arrivent au pouvoir par les armes ont été adulés parce qu’ils ont fait des résultats. »

Des propos ambigus, selon Thierno Bocoum, qui y voit une tentative de légitimer le pouvoir non par sa source démocratique, mais par ses effets supposés.

« Ce brouillage n’est pas fortuit », écrit-il. « Il traduit une tendance à justifier le pouvoir non par sa source, mais par ses effets. »

Pour Thierno Bocoum, Ousmane Sonko révèle une vision du pouvoir où les limites entre légitimité démocratique et autoritarisme deviennent floues. Il rappelle qu’à plusieurs reprises, le Premier ministre a laissé entrevoir une certaine fascination pour les régimes autoritaires.

Il cite notamment une déclaration faite le 27 février 2025, lors d’une rencontre entre gouvernement, patronat et syndicats, où Sonko affirmait :

« Les pays qui ont décollé ces dernières années sont les pays où les libertés ont été réduites, pour ne pas dire complètement annulées. »

Une référence implicite à des modèles comme la Chine, le Vietnam ou Singapour. Mais pour Bocoum, cette analyse est non seulement réductrice, mais dangereuse :

« Faire l’apologie du développement sans liberté, c’est déshumaniser le progrès », insiste-t-il.

Il rappelle que des pays comme le Japon, la Corée du Sud ou l’Inde ont réussi à conjuguer développement économique et institutions démocratiques robustes.

Le piège des régimes militaires

Plus préoccupant encore, Bocoum critique l’éloge implicite des chefs militaires faite par Sonko à Ouagadougou.

« Chefs militaires adulés pour leurs résultats », a-t-il déclaré. Mais selon le leader d’AGIR, les rassemblements populaires organisés au Burkina Faso ne reflètent pas un soutien massif : « 10 000 à 30 000 personnes sur 22 millions d’habitants, encadrées, parfois manipulées. Une foule visible ne remplace pas une urne confisquée », écrit-il.

Il dénonce aussi les pratiques liberticides de plusieurs régimes militaires dans la région : interdiction de manifester, dissolution de partis, censure, arrestations d’opposants, détention arbitraire du président nigérien Mohamed Bazoum.

« Le silence imposé n’est pas une approbation, c’est une preuve de domination », écrit Bocoum.

La tribune se conclut sur un avertissement : la démocratie n’est certes pas parfaite, mais elle offre aux citoyens un outil pacifique de rectification par les urnes. L’alternative, selon lui, c’est la violence, l’arbitraire et la perte du contrôle populaire.

« Un Premier ministre qui confond autant expose un pays entier à la dérive », conclut-il, appelant à la vigilance citoyenne et politique face à ce qu’il considère comme une banalisation des régimes d’exception.

Réforme des cautions locatives : Eco Citoyen et l’ADLS saluent une avancée majeure initiée par la CDC

Les associations Eco Citoyen et l’Association de Défense des Locataires du Sénégal (ADLS) ont exprimé leur plein soutien à la réforme ambitieuse portée par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), sous la direction de Fadilou Keita. Cette réforme, jugée « historique » par les deux organisations, vise à consigner les cautions locatives directement auprès de la CDC, au lieu de les remettre aux bailleurs.

Pour Eco Citoyen et l’ADLS, cette nouvelle orientation marque une « avancée majeure » en matière de justice sociale, de transparence et de régulation des rapports locatifs au Sénégal. En transférant la gestion des cautions à une institution publique indépendante, les deux associations estiment que cette mesure permettra de mettre fin à de nombreuses dérives, telles que l’exigence illégale de plusieurs mois de caution, une pratique malheureusement répandue.

Cette réforme vise aussi à sécuriser les fonds des locataires, qui seront désormais garantis par un organisme neutre. En fin de bail — et hors litige — les cautions pourront être restituées automatiquement, renforçant la confiance entre bailleurs et locataires.

Eco Citoyen et l’ADLS insistent sur l’impact social de cette réforme, en particulier pour les populations à faible revenu. En réduisant le coût d’entrée dans un logement, la réforme facilite l’accès à un toit pour les foyers les plus précaires.

Elles y voient également un moyen de professionnaliser le secteur locatif, en fixant des règles claires, justes et applicables à tous les acteurs.

Les deux associations appellent l’ensemble des parties prenantes — pouvoirs publics, bailleurs, agences immobilières, société civile — à s’approprier cette réforme et à œuvrer pour sa mise en œuvre effective.

Eco Citoyen et l’ADLS se disent prêtes à informer les locataires, porter leurs préoccupations et accompagner la CDC dans cette transformation structurelle du marché locatif.

Les associations plaident également pour une extension nationale du dispositif, afin que tous les locataires sénégalais puissent en bénéficier, quels que soient leur ville ou leur quartier. Elles suggèrent l’intégration de solutions technologiques innovantes, comme le dépôt de caution via mobile money, pour renforcer l’accessibilité et la traçabilité des transactions.

En conclusion, Eco Citoyen et l’ADLS estiment qu’avec cette réforme, « il est temps de tourner la page des dérives locatives ». Elles affirment leur engagement à faire de cette initiative un levier de changement durable dans les relations entre locataires et propriétaires au Sénégal.

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