Thiès : 38 individus interpellés lors d’une vaste opération de sécurisation nocturne

Dans la nuit du mercredi 14 au jeudi 15 mai 2025, une opération de grande envergure a été menée à Thiès, surnommée la capitale du rail, pour renforcer la sécurité et lutter contre la délinquance. Cette action a abouti à l’interpellation de trente-huit individus, dont un agresseur, ainsi qu’à la saisie de plusieurs véhicules.

L’intervention, qui s’est déroulée de 21 heures à 6 heures du matin, a mobilisé les forces de la sûreté urbaine, le commissariat du 1er arrondissement et les unités des postes de Nguinth, Parcelles-Assainies et Médina Fall. Les autorités ont ciblé plusieurs zones réputées sensibles, multipliant les patrouilles et installant des points de contrôle à des endroits stratégiques, notamment le rond-point Concorde, la sortie de Tassette, Keur Massamba Guèye ainsi que le stade Lat Dior.

Au-delà des arrestations, la police a également procédé à l’immobilisation de deux véhicules et onze motos, pour diverses infractions au code de la route, dans le cadre de cette opération de sécurisation nocturne.

Cette intervention s’inscrit dans la continuité des efforts des forces de l’ordre pour réduire l’insécurité et assurer la tranquillité des populations à Thiès.

Université de Bambey : le SUDES-ESR dénonce une gestion sécuritaire « inadaptée » et appelle à un apaisement durable

Le Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal, section enseignement supérieur et recherche (SUDES-ESR) de l’Université Alioune Diop de Bambey (UAD), a vivement réagi au communiqué n°37 du 13 mai 2025 du Conseil académique. Dans une déclaration rendue publique, le syndicat dénonce une gestion sécuritaire jugée inappropriée face à la crise que traverse l’université.

Pour le SUDES-ESR UAD, la situation sécuritaire actuelle au sein du campus est inquiétante. Le syndicat fustige des mesures qualifiées de « peu adaptées » et qui, selon lui, n’ont pas permis de créer les conditions d’un climat apaisé, essentiel pour assurer la continuité des enseignements. Il regrette également que les leçons tirées des précédentes crises universitaires ne semblent pas avoir été prises en compte.

Dans son communiqué, le syndicat soulève un flou inquiétant autour du calendrier universitaire. Il s’interroge : s’agit-il de clore l’année 2023-2024 ou de débuter celle de 2024-2025 ? Il estime que si l’on s’oriente vers la nouvelle année, les autorités académiques auraient dû en assumer pleinement les conséquences, notamment en imposant une session unique et des semestres fortement écourtés.

Le SUDES appelle les Unités de Formation et de Recherche (UFR) à se baser sur des considérations strictement pédagogiques dans leurs prises de décisions, au lieu de céder à des injonctions politiques mal déguisées. Il demande à ce que la « normalisation » de l’année universitaire soit envisagée à une période plus propice, dans l’intérêt des étudiants comme des enseignants.

Concernant les perturbations ayant secoué l’UAD cette année, le syndicat précise qu’elles ne sont pas uniquement imputables aux étudiants. Enseignants permanents et vacataires ont également contribué à cette instabilité, chacun ayant ses revendications légitimes. D’où l’appel du SUDES à privilégier le dialogue permanent et la concertation au détriment de toute démarche autoritaire ou unilatérale.

Tout en condamnant toutes formes de violence, le syndicat insiste : les étudiants ne sont pas le problème. Ils ne cherchent qu’à améliorer leurs conditions d’apprentissage. Le véritable nœud, selon le SUDES, réside dans les nombreuses promesses non tenues par la tutelle, ainsi que dans la gestion des flux d’étudiants orientés vers l’UAD sans accompagnement pédagogique ou infrastructurel adéquat.

Dans ce contexte, le syndicat estime qu’un plan d’urgence est devenu impératif pour l’université de Bambey. Un plan qui, selon lui, doit être élaboré et mis en œuvre dans l’unité, avec la participation de toutes les composantes de l’établissement.

Enfin, le SUDES-ESR UAD rappelle aux autorités que l’intervention des forces de l’ordre n’a jamais été une solution efficace pour stabiliser durablement les universités. Il en appelle au respect strict des franchises universitaires, un principe fondamental qui, affirme-t-il, doit être défendu avec la plus grande fermeté.

Justice : Me Moussa Diop annonce une plainte contre le journaliste Serigne Saliou Gueye

L’avocat et homme politique Me Moussa Diop a annoncé ce jeudi 15 mai son intention de poursuivre en justice le journaliste Serigne Saliou Gueye, directeur de publication du quotidien « Yoor Yoor Bi ». La déclaration a été faite via ses réseaux sociaux, dans un ton ferme et indigné.

Cette décision intervient à la suite de la publication en Une d’un article intitulé : « Exhumation d’une vidéo de plus de neuf mois pour nuire à Azoura Fall : Me Moussa Diop ou le summum de l’indignation ». Le contenu du papier a visiblement profondément irrité l’ancien directeur général de Dakar Dem Dikk, qui y voit une atteinte à son honneur et à sa réputation.

Dans sa réaction, Me Diop a exprimé son exaspération en des termes particulièrement incisifs. S’appuyant sur une jurisprudence antérieure, notamment l’affaire impliquant Moustapha Diakhaté, il souligne que l’usage du mot « alkou » avait été juridiquement reconnu comme une injure publique. Il estime donc que l’expression « indigne », employée à son encontre dans l’article en question, doit être traitée avec la même rigueur judiciaire.

« Si le mot « alkou » a été judiciairement qualifié d’injure publique (affaire Moustapha Diakhaté), « indigne » ne saurait en échapper. Je dépose sans délai une plainte pénale contre le sieur Serigne Saliou Gueye, patron du quotidien « Yoor Yoor Bi » », a-t-il écrit. Il a également annoncé son intention de déposer une seconde plainte auprès du Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les médias (CORED), ainsi que devant le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA).

Cette nouvelle affaire relance une fois encore le débat sur les rapports parfois tendus entre la presse et certaines figures publiques au Sénégal, ainsi que sur les limites de la liberté d’expression dans l’espace médiatique. En attendant les suites judiciaires, l’affaire pourrait bien alimenter les discussions dans les milieux politiques et médiatiques du pays.

Attaque contre Cheikh Issa Sall : des proches du maire de Mbour montent au créneau

La jeunesse de l’Union nationale pour l’Intégration, le Travail et l’Équité (Unité), structure affiliée au président Cheikh Issa Sall, a vivement réagi suite à la sortie médiatique de Fadilou Keïta, accusé d’avoir violemment pris à partie le maire de Mbour. Dans un communiqué rendu public, ces jeunes militants dénoncent ce qu’ils considèrent comme une attaque injustifiée, relevant davantage de la diffamation que d’un véritable combat politique.

Selon eux, un véritable engagement ne devrait jamais se fonder sur des motivations personnelles ou des dénonciations gratuites, mais sur des arguments solides, vérifiables et constructifs. Ils défendent l’idée que toute posture de combat légitime exige une objectivité sans faille, où la vérité doit primer en toutes circonstances. Ils fustigent ce qu’ils qualifient de « dérive populiste » consistant à manipuler l’opinion publique dans le seul but de nuire à un adversaire politique.

Les soutiens du maire ne s’arrêtent pas là. Ils pointent du doigt Fadilou Keïta, qu’ils qualifient de privilégié « catapulté » à un poste de directeur général uniquement en raison de ses origines familiales. Ils rappellent que ce dernier avait pourtant loué les qualités humaines et professionnelles de Cheikh Issa Sall lors de leur collaboration passée. Selon eux, c’est grâce à la bienveillance de ce dernier que Fadilou Keïta aurait pu bénéficier d’un terrain et du rappel de son salaire sur une période de quinze mois. Des faveurs qui contrastent aujourd’hui, selon eux, avec l’attitude hostile de leur ancien allié.

Pour les jeunes du mouvement Unité, cette attaque n’a qu’un seul objectif : salir l’image d’un maire apprécié et affaiblir l’opposition locale. Ils dénoncent une stratégie bien rodée visant à discréditer les figures politiques en place, dans l’unique but de les écarter et de s’emparer de leur mandat. Ils rejettent catégoriquement cette méthode et affirment leur engagement à défendre Cheikh Issa Sall contre toute tentative de manipulation, de calomnie ou de campagne de dénigrement.

CDEPS : Vers une nouvelle bataille judiciaire contre l’arrêté de cessation de parution des médias

Le bras de fer entre le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) et le ministère de la Communication prend une nouvelle tournure. Ce jeudi 15 mai 2025, le juge des référés a rendu une décision déclarant irrecevable la première requête introduite par le pool d’avocats dirigé par Me El Hadj Amadou Sall. Cette requête visait à faire annuler l’arrêté ministériel ordonnant la cessation de parution et de diffusion des médias jugés non conformes au Code de la presse.

La décision motivée du juge n’a pas encore été portée officiellement à la connaissance des parties. Cependant, lors des débats devant le tribunal, l’Avocat général et l’Agent judiciaire de l’État auraient reconnu que le ministre de la Communication n’avait pas la compétence juridique pour ordonner une telle interdiction. Une reconnaissance qui pourrait être déterminante pour la suite.

Me Sall a annoncé qu’une nouvelle requête serait introduite pour contester cette fois sur le fond la légalité de l’arrêté. Il dénonce un acte arbitraire et sans fondement juridique, qui a entraîné la fermeture de plusieurs entreprises de presse à travers le pays. Les conséquences humaines et économiques sont lourdes : des milliers de professionnels des médias se retrouvent sans emploi à quelques jours de la Tabaski.

Le CDEPS estime que la réputation des entreprises de presse concernées a été gravement affectée, tant auprès de l’opinion publique que des annonceurs. Cette situation pourrait entraîner une perte de confiance durable et compromettre l’équilibre économique du secteur. L’organisation professionnelle compte désormais réclamer des réparations financières à l’État pour les préjudices subis. Ce contentieux judiciaire s’annonce donc comme un nouveau test pour l’État de droit et la liberté de la presse au Sénégal.

CDEPS – Arrêté de cessation de parution : Le ministre de la Communication en sursis

Le juge des référés, statuant sur l’arrêté portant cessation de parution et de diffusion des «médias non conformes» au Code de la presse, a jugé ce jeudi irrecevable la première requête en annulation introduite par le pool d’avocats dirigé par Me El Hadj Amadou SALL. La décision motivée et écrite du juge des référés n’a pas encore été portée à l’attention des parties.
Dans le même temps, Me SALL a informé, que lors des débats, l’Avocat général et l’Agent judiciaire de l’État auraient tous deux affirmé que le ministre de la Communication n’a aucune compétence pour ordonner l’interdiction de diffusion et de parution des médias.
Ce n’est donc que partie remise. Une nouvelle requête sera introduite devant le juge des référés pour juger, sur le fond, de l’illégalité de l’arrêté du ministre de la Communication, qui a décrété de manière arbitraire la cessation de parution et de diffusion des médias.
Cet acte inique du ministre, sans aucune base légale, a provoqué la fermeture des entreprises de presse et le chômage de plusieurs milliers de professionnels des médias, mères et pères de famille, en cette veille de Tabaski 2025.
La réputation des entreprises de presse en a subi un coup auprès de l’opinion et des annonceurs, bailleurs de la presse.
L’État devrait en faire les frais, en payant des dommages et intérêts pour les préjudices subis.
Le CDEPS, jeudi 15 mai 2025

Transports interurbains : Dem Dikk inaugure la ligne Dakar-Kidira dès le 2 juin

Dem Dikk continue d’élargir son réseau à travers le pays. À partir du lundi 2 juin 2025, l’entreprise publique de transport interurbain mettra en service une nouvelle ligne reliant Dakar à Kidira, renforçant ainsi la connectivité entre la capitale et l’est du Sénégal.

D’après un communiqué consulté par Dakaractu, les départs de Dakar auront lieu les lundis et mercredis, à 7 h du matin, depuis le terminus des HLM Grand Yoff. À Kidira, les départs s’effectueront depuis le quartier Plateau, juste en face de l’ancienne gare ferroviaire. Le tarif pour un aller simple est fixé à 13 000 FCFA.

Sur cet itinéraire, plusieurs localités serviront de points de ramassage pour les voyageurs, notamment Dyabougou Mossi, Goudiry, Boynguel, Bala et Kothiary. L’objectif de cette nouvelle desserte est clair : rapprocher les populations éloignées des grands centres urbains et faciliter les déplacements entre Dakar et les régions de l’intérieur.

« Nous sommes fiers de contribuer à l’accessibilité et à la mobilité de tous, en mettant à votre disposition des bus modernes et un personnel qualifié pour vos besoins de transport », souligne Dem Dikk dans son communiqué.

Cette initiative s’inscrit dans une politique de désenclavement progressif des zones rurales, tout en améliorant les conditions de voyage à travers un service structuré, ponctuel et sécurisé.

Restitution des emprises militaires : La France remet le quartier « Contre-Amiral Protet » au Sénégal

Nouvelle étape dans le processus de retrait progressif de la présence militaire française au Sénégal. Ce jeudi 15 mai 2025, la France a officiellement remis au Sénégal le quartier « Contre-Amiral Protet », situé sur le port de Dakar. Cette restitution s’inscrit dans le cadre de la reconfiguration des accords de coopération militaire entre les deux pays.

Dans un communiqué rendu public par l’ambassade de France à Dakar, il est précisé que cette restitution s’est déroulée « conformément à la décision de la commission conjointe du 28 février 2025, dans le respect de la procédure établie dans le traité instituant un partenariat en matière de coopération militaire entre la République Française et la République du Sénégal du 18 avril 2012. »

Le site « Contre-Amiral Protet », longtemps occupé par des unités françaises dans le cadre de leur dispositif militaire au Sénégal, retrouve désormais sa pleine souveraineté sénégalaise. Il s’agit d’un geste hautement symbolique dans un contexte où la souveraineté nationale et la redéfinition des partenariats militaires reviennent de plus en plus au cœur des débats sur le continent.

Le communiqué mentionne également que deux autres emprises françaises, « Maréchal » et « Saint-Exupéry », ont déjà été rétrocédées au Sénégal le 7 mars dernier. Et la tendance devrait se poursuivre, puisque l’ambassade annonce que « les autres emprises seront restituées d’ici l’été 2025. »

Cette dynamique s’inscrit dans une volonté affichée par les autorités sénégalaises d’avoir un contrôle accru sur leur espace militaire et stratégique. Elle marque aussi un tournant dans les relations franco-sénégalaises en matière de défense, vers un modèle plus équilibré et concerté.

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Ibrahima Hamidou Deme dénonce : « On a combattu une justice instrumentalisée ; elle est maintenant ridiculisée »

Dans une déclaration brève mais lourde de sens publiée sur sa page Facebook, l’ancien magistrat et président du mouvement ETIC (Ensemble pour le Travail, l’Intégrité et la Citoyenneté), Ibrahima Hamidou Deme, a vivement critiqué l’état actuel de la justice sénégalaise. Selon lui, le système judiciaire, autrefois dénoncé pour son instrumentalisation sous le régime de Macky Sall, est désormais tombé dans une forme de discrédit encore plus alarmante.

« Cette justice instrumentalisée qui a été combattue est aujourd’hui ridiculisée », affirme-t-il. Un jugement sans équivoque qui, selon plusieurs observateurs, vise la gestion actuelle des dossiers judiciaires sensibles depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye.

Parmi les dossiers qui semblent nourrir la frustration de l’ancien juge, on retrouve notamment celui des fonds liés à la gestion de la pandémie de Covid-19, et plus globalement, les révélations de la Cour des comptes sur la période 2019-2023. Ces rapports, attendus pour faire tomber d’éventuelles têtes, peinent à produire des suites judiciaires concrètes.

D’autres cas alimentent également le sentiment d’injustice ou d’impunité, comme celui d’Azoura Fall, militante du parti Pastef récemment libérée sous contrôle judiciaire, ou encore ceux du chroniqueur Abdou Nguer et d’Assane Diouf. Autant de situations qui, selon certaines voix, démontrent une gestion incohérente, voire partiale, de la justice.

Même s’il n’est pas entré dans le détail des dossiers en question, Ibrahima Hamidou Deme semble pointer du doigt un pouvoir qui, tout en promettant une rupture dans la gouvernance, peine à garantir l’indépendance et la crédibilité de l’appareil judiciaire.

Médina : Un vendeur de brochettes arrêté avec un chat égorgé dans un sachet

La scène semble sortie d’un scénario improbable, mais elle s’est bel et bien déroulée au cœur de la Médina, l’un des quartiers les plus animés de Dakar. Un ressortissant étranger, connu pour vendre des brochettes dans les rues, a été interpellé par les forces de l’ordre alors qu’il transportait dans un sachet en plastique un chat égorgé. L’affaire, révélée par Le Soleil, a rapidement enflammé les réseaux sociaux et provoqué l’indignation des habitants.

L’interpellation a eu lieu après que le comportement suspect de l’homme a attiré l’attention des passants, lesquels ont aussitôt alerté les autorités. Sur place, les policiers découvrent le cadavre de l’animal, soigneusement emballé, suscitant une vive émotion. Conduit au commissariat, le mis en cause aurait tenté de justifier son geste en affirmant que le chat était destiné à des pratiques mystiques.

Des explications jugées peu convaincantes par les enquêteurs, qui ont décidé de le placer en garde à vue pour approfondir les investigations. À ce stade, aucun élément ne permet d’établir un lien formel entre l’animal et une éventuelle utilisation dans la fabrication des brochettes. Toutefois, le fait que le suspect soit actif dans la restauration de rue jette le doute et accentue la méfiance des consommateurs.

La nouvelle a fait l’effet d’une onde de choc à la Médina, où la population commence à remettre en question la qualité et la provenance des viandes consommées dans les cantines et les grillades de rue. Plusieurs habitants interrogés expriment leur inquiétude et demandent un contrôle sanitaire renforcé sur les vendeurs ambulants.

Du côté des autorités, aucune déclaration officielle n’a encore été faite, mais une enquête est en cours pour élucider les circonstances exactes de cette affaire aussi sordide que préoccupante. Si les faits venaient à confirmer l’hypothèse d’un usage alimentaire, cela constituerait une grave infraction aux normes d’hygiène et de santé publique.

En attendant les conclusions de l’enquête, les consommateurs sont invités à faire preuve de vigilance, tandis que les services d’hygiène sont appelés à intensifier leurs contrôles sur les pratiques de restauration informelle dans les rues de Dakar.

Affaire Azoura Fall : Thierno Bocoum salue un « signal fort » et appelle à l’équité pour tous

Le leader du mouvement AGIR, Thierno Bocoum, a salué ce qu’il qualifie de « signal fort » suite à la première audience dans l’affaire Azoura Fall. Dans une déclaration rendue publique, l’ancien député a exprimé sa satisfaction face à l’intervention du procureur et à la célérité observée dans le traitement du dossier. Il a cependant profité de l’occasion pour attirer l’attention sur d’autres cas qui, selon lui, méritent la même diligence judiciaire.

« Dans l’affaire Azoura, le procureur a agi, la justice suit son cours. Voilà le signal fort, que nous espérions. Il mérite d’être salué sans réserve », a affirmé Thierno Bocoum, estimant que cette évolution représente un pas important vers une justice plus réactive.

Cependant, le président du mouvement AGIR n’a pas manqué de rappeler que d’autres personnes, comme Abdou Nguer ou encore Assane Diouf, attendent toujours que leurs dossiers avancent. Il juge injustifiable la lenteur qui entoure ces affaires, surtout lorsque les faits qui leur sont reprochés sont, selon lui, assimilables à des cas de flagrant délit pour lesquels d’autres accusés sont déjà jugés.

« À présent, que le flambeau de l’équité continue de briller pour tous. L’injustice qui frappe Abdou NGuer, Assane Diouf et d’autres doit cesser. Eux aussi doivent répondre devant la justice dans les mêmes conditions de célérité et d’équité », a-t-il plaidé.

Sénégal : Plusieurs anciens ministres de Macky Sall convoqués par la DIC dans l’affaire des fonds Covid-19

Dakar, le 15 mai 2025 – L’affaire des fonds destinés à la lutte contre la pandémie de Covid-19 continue de faire des remous sur la scène politique sénégalaise. Moins d’une semaine après leur mise en accusation par l’Assemblée nationale, plusieurs anciens ministres de l’ex-gouvernement de Macky Sall sont désormais dans le viseur de la justice.

Selon des informations obtenues par Seneweb, l’ancien ministre du Développement communautaire, de l’Équité sociale et territoriale, Mansour Faye, s’est présenté ce mercredi 15 mai à la Division des investigations criminelles (DIC). Il y a reçu son mandat de comparution devant la commission d’instruction de la Haute Cour de Justice. Il est le premier à répondre à cette convocation, dans une série attendue d’auditions.

Dans la foulée, Ndèye Saly Diop Dieng, ancienne ministre de la Femme, de la Famille et du Genre, est également attendue à la DIC, probablement dans les prochaines heures, pour recevoir le même document.

Ces convocations s’inscrivent dans le cadre d’une enquête lancée après les débats houleux à l’Assemblée nationale le 8 mai dernier, qui ont abouti à la mise en accusation de cinq anciens membres du gouvernement. En plus de Mansour Faye et Ndèye Saly Diop Dieng, les anciens ministres Aïssatou Sophie Gladima (Énergie), Moustapha Diop (Industrie), et Ismaïla Madior Fall (Justice) sont également visés.

Tous sont soupçonnés de malversations portant sur les fonds mobilisés pour faire face à la pandémie de Covid-19, notamment durant les exercices budgétaires de 2020 et 2021. Le rapport de la Cour des comptes publié en 2023 avait déjà révélé de nombreuses irrégularités, provoquant une vive indignation au sein de l’opinion publique.

Après plus de neuf heures de débats à l’hémicycle, la majorité des députés a voté en faveur de l’activation de la Haute Cour de Justice, une juridiction exceptionnelle habilitée à juger les membres du gouvernement pour des actes commis dans l’exercice de leurs fonctions.

L’UCAD interdit la présence des bébés en cours : une décision qui divise

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) vient de prendre une mesure qui suscite déjà débats et réactions : la Faculté des Lettres et Sciences humaines (FLSH) interdit désormais la présence de bébés et de jeunes enfants dans les amphithéâtres, laboratoires et salles de cours. Une directive officielle a été émise à cet effet par le Doyen de la FLSH, qui en appelle à une application stricte de la mesure.

Dans une note interne adressée aux chefs de département et directeurs d’institut, le Doyen justifie cette décision par des considérations de sécurité et de bon déroulement des enseignements. « Il est porté à notre attention que des étudiantes se présentent dans les amphithéâtres et salles de cours accompagnées de bébés ou de jeunes enfants. Cette pratique, bien que compréhensible dans certaines circonstances, représente un risque pour la sécurité des enfants et peut perturber le bon déroulement des enseignements », lit-on dans le document, relayé par le quotidien SourceA.

Le Doyen insiste sur la nécessité pour l’ensemble des responsables pédagogiques de relayer l’information et de veiller à ce qu’aucune dérogation ne soit tolérée. L’objectif affiché : garantir un cadre d’apprentissage serein, sécurisé et adapté aux exigences de l’enseignement supérieur.

Si la décision vise à préserver l’environnement académique, elle soulève néanmoins des interrogations sur la situation des étudiantes mères. Ces dernières, souvent confrontées à un manque de structures d’accueil ou de soutien, n’ont parfois d’autre choix que d’emmener leurs enfants avec elles sur le campus. Pour certaines, cette interdiction risque de devenir un obstacle supplémentaire à la poursuite de leurs études.

Des voix s’élèvent déjà sur les réseaux sociaux pour dénoncer une mesure jugée « rigide » et « déconnectée des réalités sociales ». Des appels à des solutions alternatives émergent : mise en place de crèches universitaires, horaires aménagés ou encore appui institutionnel aux mères étudiantes.

Au-delà de l’UCAD, cette décision soulève un débat plus large sur l’inclusivité dans l’enseignement supérieur et la prise en compte des besoins spécifiques des étudiantes mères. Entre la volonté de maintenir la rigueur académique et celle de favoriser l’accès à l’éducation pour tous, y compris les parents-étudiants, l’équilibre reste délicat à trouver.

Sénégal : Vers une Réforme du Système de Caution Locative pour Protéger les Locataires

Une réforme d’envergure dans le secteur de la location immobilière pourrait bientôt transformer les rapports entre bailleurs et locataires au Sénégal. Le directeur général de la Caisse de dépôt et de consignations (CDC), Fadilou Keita, a annoncé une initiative ambitieuse qui vise à réglementer et centraliser le système de paiement des cautions de loyers, dans un souci de transparence et d’équité.

Dans un contexte où les plaintes se multiplient, notamment dans les grandes agglomérations comme Dakar, cette réforme intervient comme une réponse attendue. Les pratiques actuelles, marquées par des exigences excessives de caution — souvent trois à quatre mois de loyer — et des difficultés de restitution, mettent à mal de nombreux locataires. À cela s’ajoutent les frais imposés par les courtiers et autres intermédiaires, rarement remboursables.

« Nous avons entrepris des démarches pour permettre à toutes les personnes de déposer leur caution à la Caisse de dépôt et de consignations. De ce fait, personne ne pourra réclamer des cautions de 3 à 4 mois aux locataires », a déclaré Fadilou Keita. L’objectif est clair : garantir au locataire la restitution de sa caution à la fin du contrat, sous supervision d’une entité publique neutre.

Selon M. Keita, ce nouveau mécanisme permettra d’encadrer les relations entre locataires et bailleurs, tout en limitant les abus. Actuellement, de nombreux conflits naissent à la fin des baux, les bailleurs justifiant la non-restitution partielle ou totale de la caution par des frais de réfection, parfois sans preuves concrètes.

La CDC jouera alors un rôle d’arbitre et de garant, en veillant à ce que les cautions soient restituées de manière juste, après évaluation objective de l’état du logement.

Un autre point important de la réforme concerne les courtiers. Fadilou Keita a dénoncé les commissions prélevées par ces intermédiaires sur les cautions, une pratique courante mais injuste. « Le mois de caution perçu par le courtier n’est jamais restitué au locataire. Il s’agit d’une pratique injuste à laquelle nous voulons mettre fin », a-t-il insisté.

Avec la centralisation des cautions à la CDC, ces frais illicites pourraient disparaître, et les locataires ne seraient plus tenus de verser des sommes importantes à des tiers non régulés.

Si elle est mise en œuvre, cette réforme constituerait une avancée sociale significative pour les milliers de Sénégalais confrontés aux difficultés de logement. Elle permettrait également d’assainir un secteur souvent critiqué pour son opacité et son manque de régulation.

Arona Niang en garde à vue pour diffusion de fausses nouvelles : des déclarations controversées sur plusieurs chefs d’État et le Covid-19

Dakar, le 15 mai 2025 – Le professeur d’histoire et de géographie Arona Niang, également vice-président du mouvement des enseignants patriotiques de Pastef à Pikine Est et président de l’association Jeunesse éveillée (Je), a été placé en garde à vue ce mercredi par la Division spéciale de cybercriminalité (DSC). Il est poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, avec à la clé une série de déclarations jugées sensibles, voire dangereuses, par les autorités.

Se présentant comme un « consultant en géopolitique », Arona Niang est dans le collimateur des enquêteurs pour plusieurs propos tenus lors de ses interventions sur la chaîne YouTube Sénégal 7. Parmi les points les plus controversés, ses attaques directes contre des chefs d’État étrangers, notamment le président turc Recep Tayyip Erdogan, qu’il a qualifié de « menteur », affirmant qu’il serait « pire que Kagame ou Emmanuel Macron ».

Face aux enquêteurs, il a tenté de justifier ces propos en évoquant le soutien officieux de la Turquie à Israël, soutien qui, selon lui, aurait motivé sa réaction. Sur Paul Kagame, président du Rwanda, il a affirmé que ce dernier ne cacherait pas son appui aux miliciens du M23. En ce qui concerne Emmanuel Macron, ses critiques porteraient, selon lui, uniquement sur la domination coloniale française.

Parmi les éléments ayant conduit à sa garde à vue figure également une déclaration particulièrement troublante : l’insinuation selon laquelle la mort d’un garde du corps du président turc, survenue lors de l’inauguration du stade Abdoulaye Wade, aurait été programmée. Il a aussi mentionné que les conflits ethniques en Mauritanie, au Mali, au Burkina Faso et dans le Sahel seraient prémédités, pointant du doigt des « organisations lobbyistes ».

Une autre déclaration controversée a concerné le président gambien Adama Barrow, dont il a affirmé qu’il « passait son temps à dormir lors des rencontres internationales ». Interrogé sur cette sortie, Arona Niang a expliqué qu’il souhaitait simplement souligner le cousinage entre les peuples sénégalais et gambien, et que son ton se voulait humoristique.

Les enquêteurs se sont également penchés sur les propos du mis en cause concernant la pandémie de Covid-19. Il aurait affirmé que les tests par écouvillons (coton-tiges) servaient à transmettre le virus, s’appuyant, dit-il, sur « des documentations scientifiques étrangères ». Poussant plus loin, Arona Niang a relayé des théories complotistes selon lesquelles les vaccins contre le Covid-19 auraient été conçus pour éliminer 7,2 milliards de personnes, reprenant selon lui une déclaration de Bill Gates datant de 2015.

Enfin, il a soutenu que les doses de vaccin contenaient une puce nommée “Arm Messenger”, qui permettrait à la CIA de collecter des données personnelles. Il dit s’être appuyé sur une chaîne YouTube animée par un certain Mouhamed Diallo pour avancer ces affirmations.

Arona Niang sera jugé lundi prochain devant le tribunal des flagrants délits. Cette affaire relance le débat sur la liberté d’expression face aux risques de désinformation, notamment en ligne. Les autorités sénégalaises semblent déterminées à encadrer davantage les propos publics à travers les réseaux sociaux et les médias numériques, dans un contexte où la cybercriminalité et la manipulation de l’opinion sont devenues des enjeux majeurs.

Effondrement d’un immeuble à Ngor : trois personnes placées sous mandat de dépôt pour mise en danger de la vie d’autrui

L’effondrement tragique d’un immeuble de type R+5 à Ngor continue de faire des vagues. Deux personnes ont perdu la vie dans ce drame survenu en marge de travaux de terrassement menés sur un chantier voisin. L’enquête progresse rapidement : selon les informations du journal Libération, le parquet a transmis le dossier au juge d’instruction du 2e cabinet, qui a aussitôt ordonné la mise sous mandat de dépôt de trois individus.

Les mis en cause sont Pape Maoumy Fall, entrepreneur en charge des travaux, Mafal Dieng, propriétaire de l’engin d’excavation utilisé sur le site, et Cheikh Dieng, conducteur de la pelleteuse. Tous trois sont poursuivis pour mise en danger de la vie d’autrui, une qualification lourde au vu des circonstances.

Les premières conclusions de l’enquête préliminaire pointent vers de graves manquements aux règles élémentaires de sécurité. Aucune étude de sol n’avait été réalisée avant le début du terrassement. Plus grave encore, les travaux ont été effectués sans aucune mesure de sécurisation du bâtiment voisin, qui s’est effondré sous la pression.

Le propriétaire de l’immeuble sinistré, un certain M. Cissé, ne cache pas sa colère. Selon ses déclarations, il avait contracté un prêt bancaire pour ériger son bâtiment, désormais réduit à un amas de gravats. Il a déposé plainte contre la société Afribat, promoteur du chantier mitoyen, qu’il accuse d’avoir creusé trop près des fondations de son immeuble, provoquant ainsi l’effondrement.

Un autre rescapé du drame, identifié comme A. Fall, a lui aussi décidé de porter plainte pour mise en danger de la vie d’autrui. Il dénonce un chantier “mené dans l’irresponsabilité la plus totale”, sans aucune considération pour la sécurité des riverains.

Affaire de l’immeuble effondré à Ngor : Mame Makhtar Guèye annonce une conférence de presse après les révélations d’un touriste homosexuel

Comme on pouvait s’y attendre, Mame Makhtar Guèye de l’ONG Jamra est monté au créneau. Selon le quotidien Les Échos, le fervent défenseur des valeurs religieuses et culturelles sénégalaises prépare une conférence de presse pour réagir à une affaire qui fait grand bruit depuis quelques jours.

L’affaire en question concerne un ressortissant français, se présentant comme homosexuel, qui a déclaré avoir séjourné à Dakar dans l’immeuble effondré récemment à Ngor. Une fois de retour en France, ce dernier a partagé plusieurs images de son voyage au Sénégal sur les réseaux sociaux, notamment dans des lieux réputés de la capitale. Une exposition jugée provocatrice par certains membres de la société civile conservatrice.

Face au silence jugé « coupable » des membres de la coalition And Samm Jikko Yi, Jamra et ses alliés ont décidé de reprendre le flambeau de la « lutte pour la préservation des valeurs ». Selon Les Échos, Mame Makhtar Guèye prévoit d’annoncer, lors de sa conférence de presse, un plan d’actions pour dénoncer non seulement le mutisme des autorités, mais aussi ce qu’il considère comme une banalisation de l’homosexualité dans l’espace public sénégalais.

Cette prise de position intervient dans un contexte où les débats autour des questions LGBTQ+ restent très sensibles au Sénégal, pays à majorité musulmane et où l’homosexualité est pénalement réprimée. L’affaire risque ainsi de raviver les tensions entre partisans d’un durcissement des lois et ceux qui plaident pour plus de tolérance ou au moins une approche moins conflictuelle.

Pour l’instant, aucune réaction officielle n’a été enregistrée de la part des autorités ou du concerné.

Audience du 15 mai au tribunal de Dakar : Azoura Fall libéré provisoirement, Kaïré reste en détention

Le Tribunal des flagrants délits de Dakar a tranché, ce jeudi 15 mai 2025, sur les demandes de mise en liberté provisoire déposées par les avocats d’Assane Guèye, plus connu sous le nom d’Azoura Fall, et El Hadji Ousseynou Kaïré. À l’issue d’une audience tendue, marquée par des plaidoiries offensives de la défense, le juge a accédé à la requête concernant Azoura Fall, invoquant son état de santé fragile, mais a rejeté celle de Kaïré, maintenant ce dernier en détention.

Les avocats de la défense ont plaidé avec force pour convaincre le tribunal d’accorder la liberté provisoire aux deux prévenus, en soulignant notamment leurs garanties de représentation et l’absence de risque de trouble à l’ordre public.

Me Brice Dasilva a ainsi rappelé que ses clients sont des figures connues et bien insérées socialement. Me Souleymane Soumaré a dénoncé une procédure banalisée pour un dossier qu’il qualifie de « simple » et a insisté sur le fait qu’Azoura, bien qu’au centre de l’attention médiatique, ne devait pas être pénalisé pour sa notoriété. Selon lui, l’état de santé de son client, attesté par un certificat médical, rendait sa détention injustifiable.

De son côté, Me Saïd Larifou a souligné le comportement coopératif d’Azoura, qui s’était rendu de lui-même, balayant ainsi les doutes sur son éventuelle fuite. Me Faramara Faty a, quant à lui, décrit les deux jeunes hommes comme des citoyens engagés, très actifs dans les campagnes de sensibilisation auprès des populations, arguant que « leur place n’est pas en prison ».

Me Bamba Cissé a enfoncé le clou en affirmant qu’ils étaient les victimes d’une répression étatique, et que le certificat médical produit par l’hôpital Fann confirmait les troubles psychiatriques d’Azoura. Il a aussi rappelé que le contexte de tension qui aurait justifié leur arrestation n’existe plus.

Enfin, Me Ciré Clédor Ly a dénoncé une détention arbitraire, invoquant plusieurs articles du Code de procédure pénale pour contester la légalité de la procédure. Il a plaidé non pas pour une simple liberté provisoire, mais pour une libération d’office, soulignant que les faits remontent à neuf mois et ne relèvent plus du flagrant délit.

Face à cette offensive, le procureur est resté ferme. Il a insisté sur les circonstances de l’interpellation d’Azoura, évoquant une traque digne d’une affaire de terrorisme. Il a aussi souligné que les articles invoqués par la défense ne s’appliquaient pas dans le cadre d’une procédure de flagrant délit, contredisant la base juridique des demandes de libération.

À l’issue des débats, le juge a ordonné la libération provisoire d’Azoura Fall, tout en refusant celle d’El Hadji Ousseynou Kaïré. Une décision qui a suscité une vive réaction de la part du principal concerné : Azoura a refusé de quitter la barre, lançant : « Je ne peux pas être libéré sans mon ami Kaïré ».

Le procès, initialement prévu ce 15 mai, est renvoyé au 22 mai 2025. Les regards sont désormais tournés vers cette nouvelle audience, qui devrait éclairer davantage les zones d’ombre de cette affaire à forte charge émotionnelle et politique.

Travaux d’assainissement à Touba : l’ONAS rassure sur le respect des délais avant l’hivernage

En visite de terrain ce mardi, le directeur général de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS), Seny Diène, a exprimé sa satisfaction quant à l’état d’avancement des travaux d’assainissement engagés dans la ville sainte de Touba. L’objectif reste clair : achever les infrastructures essentielles avant l’arrivée des premières pluies de l’hivernage.

« La première impression est un sentiment de satisfaction au regard du niveau d’avancement et du respect de l’échéance fixée, qui est le début de l’hivernage », a déclaré M. Diène au micro de l’APS, lors de sa tournée sur les différents chantiers.

Parmi les sites visités, celui du point bas en face de la mairie de Touba Mosquée est presque finalisé. Les travaux sont achevés à quelques détails près, notamment la remise en état du site après les interventions. À Keur Niang, l’élargissement du bassin de rétention suit également un bon rythme. Ce chantier vise à accroître la capacité de stockage et à améliorer l’évacuation des eaux pluviales dans cette zone vulnérable.

Autre point stratégique : Nguélémou. Ici, l’ONAS supervise la construction d’un bassin de drainage destiné à recueillir les eaux de pluie en provenance des quartiers environnants. Ce projet s’inscrit dans une stratégie globale de lutte contre les inondations à Touba.

Enfin, Seny Diène a tenu à rassurer les populations sur la préparation technique en affirmant que toutes les mesures ont été prises pour que les stations de pompage soient « pleinement fonctionnelles durant l’hivernage ».

Les nominations en conseil des ministres du Mercredi 14 Mai 2025

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

– Colonel Aly MIME, Chef de corps du Bataillon des transmissions d’infrastructure, est nommé Directeur général du Chiffre et de la Sécurité des Systèmes d’Information, en remplacement de Monsieur Babacar NDAO, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;  
– Monsieur El Hadji Bouya AMAR, Administrateur civil en service au Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, matricule 604 454 H, est nommé Secrétaire général de l’École nationale de Cybersécurité, poste vacant. Au titre du Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage 
– Monsieur Cheikh Tidiane MBODJI Colonel (er), précédemment Ministre-Conseiller à la Présidence de la République, est nommé Président du Conseil d’Administration (PCA) du Haras national, poste vacant. Au titre du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’innovation 
– Monsieur Mamadou SARR, Professeur titulaire des Universités, est nommé Directeur Général de l’Université Rose Dieng France-Sénégal (Ex Campus Franco-Sénégalais) en remplacement de Magueye GUEYE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ; 
– Monsieur François Joseph CABRAL, Professeur titulaire des Universités, est nommé Coordonnateur de l’Université du Sénégal oriental en remplacement de Kandioura NOBA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ; 
– Monsieur Mamadou Mactar Mbacké LEYE, Professeur titulaire des Universités, est nommé Directeur de l’École Nationale de Développement Sanitaire et Social (ENDSS) en remplacement de Monsieur Daouda FAYE ; 
– Madame Tiguida WAGUÉ, préfet du département de Mbirkilane est nommée Secrétaire général de l’Université Assane SECK de Ziguinchor, poste vacant. Au titre du Ministère des Finances et du Budget 
– Monsieur Amadou Lamine GUISSE, Administrateur civil, matricule 616 316 C, est nommé Secrétaire général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), en remplacement de Monsieur Cheikh Déthialaw SECK. Au titre du Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique 
– Monsieur Oumar Diène SAKHO, Expert en Régulation économique des secteurs numérique et postal, est nommé Président du Collège de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ; 
– Monsieur Malick NDIAYE, Expert senior en politique et Régulation du numérique, est nommé membre du Collège de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ; 
– Monsieur Mor NDIAYE, Expert en Innovation et Transformation numérique, est nommé membre du Collège de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ; 
– Monsieur Yamar SAMB, Professeur agrégé de droit, est nommé membre du Collège de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ; 
– Monsieur Mamadou THIOMBANE, Inspecteur des postes et services financiers, est nommé membre du Collège de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ; 
– Madame Khady Ndiaye KAMA, Experte en Fintech, Innovation et Transformation numérique, est nommée membre du Collège de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ; 
– Madame Mana Mint Mohemd Salem AIDARA, Experte en Régulation des télécommunications, Ingénieur électronique, est nommée membre du Collège de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ; 
Au titre du Ministère de la Santé et de l’Action Sociale 
– Madame Mame Khady Sidy Aly BADJI, Administrateur civil, matricule 616 251 M, est nommée Secrétaire général de la Pharmacie nationale d’Approvisionnement (SEN PNA), en remplacement de Monsieur Souleymane SOUMARÉ. 
Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité Publique 
– Monsieur Babacar KANE, Administrateur civil, matricule 616 301 G, est nommé Gouverneur de la région de Kaffrine, en remplacement de Monsieur Moustapha DIAW admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite. 
Au titre du Ministère des Infrastructures et des Transports Terrestres et Aériens 
– Monsieur Boubacar DIALLO, Cadre de banque, est nommé Président du Conseil d’Administration de la Société nationale des Chemins de Fer du Sénégal (CFS), en remplacement de Monsieur Mayacine KAMARA.

Le communiqué du Conseil des ministres du mercredi 14 Mai 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 14 mai 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Président de la République a présenté ses chaleureuses félicitations à la communauté catholique suite à l’élection du nouveau Souverain pontife, le Pape Léon XIV, un homme de foi et d’ouverture qui place sa mission sacerdotale sous le sceau du dialogue, de la solidarité et de l’unité entre les peuples afin d’asseoir un monde de paix, de stabilité et de justice. Dans cet élan, il a invité le Gouvernement à prendre toutes les mesures requises et les dispositions idoines pour un bon déroulement, les 07,08 et 09 juin 2025, de la 137ème édition du Pèlerinage marial de Popenguine. 
Le Chef de l’Etat est revenu sur la problématique du contrôle systématique et la régulation des constructions des bâtiments et travaux publics. En effet, il est constaté ces dernières années, la multiplication des effondrements de bâtiments, notamment en période d’hivernage. C’est dire que la qualité, la durabilité et la sécurité des constructions selon les normes doivent rester des priorités dans la mise en œuvre de la politique en matière de construction et d’habitat. Ainsi, le Président de la République a invité le Gouvernement à accentuer le contrôle des constructions afin d’établir une cartographie nationale de la situation intégrant des mesures spécifiques à appliquer à chaque cas identifié, allant des correctifs à apporter pour le respect des plans initialement autorisés à la démolition des bâtiments en ruine ou menacés d’effondrement. Il a demandé au Ministre en charge de l’Urbanisme et de la Construction et au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique de veiller en relation avec les Maires et les services de la protection civile au déploiement d’une campagne nationale de sensibilisation des populations sur les règles d’urbanisme et les dispositions du Code de la construction dont l’application intégrale ne doit souffrir d’aucune entrave. Il a souligné l’impératif d’une homologation des matériaux de construction en commercialisation mais également d’un contrôle rigoureux des travaux de construction avec des inspections régulières des services compétents de l’Etat et l’établissement des attestations de conformité selon des permis de construire dúment validés après avis systématique des responsables techniques et administratifs impliqués. Dans cette dynamique, le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement, conformément à ses directives en Conseil des Ministres du 18 décembre 2024, l’urgence d’accentuer la montée en puissance des activités du Laboratoire national de Référence des Bâtiments et Travaux publics (LNR – BTP), créé par la loi n° 2023- 12 du 21 juin 2023. Le décret d’application n° 2023-1780 du 29 août 2023 précise notamment les missions de cette entité particulière en matière d’agrément des laboratoires d’études et d’essais, d’homologation des matériaux et produits utilisés dans les bâtiments et travaux publics, de contrôle des études géotechniques ainsi que de prévention des risques naturels et environnementaux. Il a également signalé l’urgence, pour chaque Ministère, de faire le point sur l’état et la sécurité civile des bâtiments abritant les services administratifs conformément à ses directives en Conseil des Ministres du 9 avril 2025. Il a, par ailleurs, souligné la nécessité de déployer, en rapport avec l’Ordre des architectes, une stratégie préventive d’harmonisation et de contrôle des constructions et de l’architecture des différentes villes et communes du Sénégal. 
Le Chef de l’Etat a évoqué la question du développement de l’entreprenariat des jeunes et des femmes pour soutenir la création d’emplois. Il a félicité le Premier Ministre pour le succès du lancement, le jeudi 08 mai 2025, de la nouvelle phase du Projet d’Appui et de Valorisation des Initiatives entrepreneuriales des femmes et des jeunes (PAVIE 2) doté de 107,2 milliards de FCFA. Il a insisté sur la nécessité de soutenir davantage l’entreprenariat des jeunes et des femmes par l’accélération de la territorialisation des dispositifs d’encadrement et de financement, ainsi que l’optimisation des interventions publiques auprès des cibles. Ce qui devrait accentuer la transformation durable des secteurs à fort potentiel de croissance et de création d’emplois comme l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’artisanat et le numérique. Il a demandé au Premier Ministre de veiller à une répartition équitable des financements dans toutes les localités du pays en favorisant les projets à fort impact sur la transformation de la production agricole et la souveraineté alimentaire. Le Chef de l’Etat a également indiqué au Premier Ministre la nécessité d’orienter, en priorité, les financements du PAVIE vers l’ancrage durable de l’autonomisation économique des femmes, notamment les femmes rurales, d’où l’importance de l’adoption prochaine du projet de loi d’orientation relative à l’autonomisation économique des femmes. 
Le Président de la République a insisté sur le consensus dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de gestion des ressources en hydrocarbures. Il a félicité le Gouvernement, notamment le Ministre chargé de l’Energie et du Pétrole et l’ensemble des acteurs nationaux publics et privés qui participent au dynamisme et à la gouvernance de ce secteur économique hautement stratégique dont la gestion est placée sous le double sceau de la transparence et de la redevabilité. Dans cette phase cruciale de reprise en main de nos ressources naturelles, minières, pétrolières et gazières en particulier et de basculement progressif de certaines centrales de SENELEC vers le gaz, il a demandé au Premier Ministre de veiller à la bonne exécution des contrats signés avec nos partenaires mais également d’assurer une gouvernance optimale du secteur avec l’implication de toutes les parties prenantes publiques comme privées. Le Chef de l’Etat a, par ailleurs, réaffirmé son attachement au développement du contenu local avec l’accompagnement de l’Etat pour la promotion de champions nationaux dans le secteur pétrolier et gazier. Il a, en outre, signalé l’impératif de dresser le bilan du Fonds de stabilisation et du Fonds intergénérationnel dont la gestion est confiée par mandat au FONSIS. En définitive, il a demandé au Ministre en charge de l’Energie et du Pétrole, au Ministre des Finances et du Budget, au Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération et au Secrétariat permanent du Comité d’Orientation Stratégique du Pétrole et du Gaz (COS-PETROGAZ) de préparer, sous la supervision du Premier Ministre, la première réunion de l’organe, sous son magistère, avant fin juillet 2025, en présence des membres désignés et de toutes les représentations du secteur privé national. 
La relance de l’enseignement de nos langues nationales et des programmes d’alphabétisation et de consolidation des Daara dans le système éducatif reste une des préoccupations du Président de la République. Il a demandé au Ministre de l’Education nationale et au Ministre chargé de l’Alphabétisation, d’engager avec les acteurs, une évaluation concertée et une redynamisation soutenue des politiques d’alphabétisation et de promotion de l’enseignement des langues nationales. En effet, l’alphabétisation dans nos langues nationales est un facteur essentiel de consolidation de notre souveraineté. A ce titre, il a indiqué au Ministre de l’Education nationale la nécessité de faire le point sur l’enseignement des langues nationales codifiées et la promotion de leur usage courant (lecture et écriture) dans tous les secteurs de la vie institutionnelle, administrative, académique, économique et sociale. 
Par ailleurs, il s’est félicité du lancement, hier, des travaux des Assises nationales des Daara. 
Ces concertations inclusives permettront la mise en œuvre consensuelle de plans d’action multisectoriels afin de mieux intégrer les Daara dans les systèmes éducatif et économique de notre pays. 
Enfin, au titre de son agenda diplomatique, le Président de la République a fait le point sur sa participation, le 12 mai 2025 à Abidjan, à l’édition 2025 de l’Africa CEO Forum où il a rencontré plusieurs investisseurs internationaux qui souhaitent développer des projets et des partenariats gagnant- gagnant avec le Sénégal dans le cadre de la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation « Vision Sénégal 2050 ». 
Dans sa communication, le Premier Ministre s’est appesanti sur la prise en charge des 
entreprises en difficulté et la modernisation de l’administration publique. 
Concernant la prise en charge des entreprises en difficulté, le Premier Ministre, après avoir souligné le rôle central des entreprises du secteur parapublic dans le renforcement de la compétitivité de l’économie nationale et de la création des emplois, s’est penché sur leurs difficultés dont les causes sont liées à la mauvaise gouvernance et à des choix stratégiques hasardeux les plaçant en dehors de toute dynamique de performance. Le Premier Ministre a rappelé l’adoption d’un plan d’action destiné à assurer la sauvegarde et la relance des deux principaux opérateurs publics des Transports aériens que sont AIBD SA et Air Sénégal SA, à travers les décisions issues du Conseil interministériel du jeudi 03 avril 2025. Le Premier Ministre a instruit les départements ministériels concernés de s’assurer d’un suivi régulier desdites décisions en vue d’une gestion rigoureuse et performante du processus de relance de ces entités. Le Premier Ministre a également demandé au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement et au Ministre des Finances et du Budget de procéder à la relance du Comité interministériel de Suivi et de Restructuration des entreprises publiques et parapubliques et la mise en place du Fonds de Relance pour la restructuration des sociétés publiques et des sociétés à participation publique majoritaire. Le Premier Ministre a, enfin, insisté sur la nécessité d’adopter une nouvelle politique en rupture avec les modes de gestion du passé. 
S’agissant de la modernisation de l’administration publique, le Premier Ministre a rappelé que celle-ci constitue le principal levier de mise en œuvre de la Vision Sénégal 2050 déclinée dans l’Agenda national de Transformation. A cet égard, sa transformation et sa modernisation sont déterminantes pour l’avènement d’un service public efficient. Pour ce faire, le Premier Ministre a indiqué les mesures à prendre en vue d’accélérer la digitalisation et l’optimisation des procédures et la professionnalisation des ressources humaines de l’Etat, notamment des gestionnaires et managers publics. Le Premier Ministre a enfin insisté sur le renforcement de capacités portant sur la conduite du changement, l’efficacité administrative, la déontologie et la conscience professionnelle afin de construire une véritable administration de développement, disposant des piliers nécessaires à la réalisation de la Vision Sénégal 2050. 
AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES : 

  • le Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique a fait une communication sur l’organisation du Congrès mondial des aires marines protégées prévu en 2027 à 
    Dakar:
  • le Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture a fait le point sur la situation des conventions de partenariat pour la livraison des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ).

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES, 
Le Conseil a examiné et adopté : 
– le Projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier les protocoles portant amendement des articles 50 alinéa a et 56 de la convention relative à l’aviation civile internationale signés à Montréal le 06 octobre 2016.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°465 – 15/05/2025

🔴 5200 ACCIDENTS, 700 MORTS, 8500 BLESSÉS EN 2024 : GOUDRON FUNÈBRE
🔴 KAFFRINE / INTOXICATION ALIMENTAIRE : MAYONNAISE FATALE À 31 VICTIMES

🔴 COUPE DE TURQUIE : JAKOBS TOUCHE LES ÉTOILES AVEC GALATASARAY
🔴 ZIGUINCHOR / DÉVELOPPEMENT DU FOOTBALL : LA LIGUE RÉGIONALE À PIED D’ŒUVRE

Alhaminou Lo face au labyrinthe institutionnel : un test décisif pour l’Agenda 2050

Monsieur le Ministre d’État, chargé du Pilotage de l’Agenda Sénégal 2050,

Votre nomination à la tête du pilotage de l’Agenda Sénégal 2050 intervient à un moment décisif de notre histoire institutionnelle. Elle incarne une volonté présidentielle de recentrer l’action publique autour d’une vision long terme, portée par des instruments modernes de planification stratégique, de coordination, et surtout, d’évaluation des politiques publiques.

Vous incarnez cette nouvelle génération de hauts fonctionnaires et de réformateurs capables d’allier rigueur technique et sens politique. En tant que républicain convaincu, je vous adresse mes sincères félicitations. Mais cette responsabilité, aussi prestigieuse soit-elle, s’accompagne d’une mission d’une rare complexité.

Car la maison à réorganiser est, disons-le franchement, enchevêtrée de couloirs parallèles.

Aujourd’hui, l’architecture institutionnelle du pilotage de l’action publique au Sénégal est marquée par une fragmentation extrême, une redondance des structures, et une confusion des prérogatives. À la Présidence de la République, on retrouve simultanément :
• Le Bureau du Suivi Évaluation des Politiques Publiques et des Programmes (BSEPPP), censé être l’organe stratégique de mesure de la performance des politiques publiques ;
• Le Bureau d’Intelligence et de Prospective Économique (BIPE), qui produit des analyses de prospective économique et sociale ;
• Le Bureau Organisation et Méthodes (BOM), en charge des réformes administratives et de la rationalisation des processus internes à l’administration

À la Primature, deux autres entités interviennent sur des segments proches :
• Le Bureau Opérationnel de Coordination et de Suivi des Projets et Programmes (BOCS), censé assurer le suivi rapproché des réformes prioritaires ;
• Le Fonds de Suivi des Politiques Publiques, dont les contours restent encore à clarifier.

Dans les ministères sectoriels, ce sont les Cellules d’Études et de Planification (CEP) qui sont censées animer la réflexion stratégique et produire les bilans d’exécution des politiques publiques. Et à l’échelle centrale, la Direction Générale de la Planification et des Politiques Économiques (DGPPE), bras technique du ministère des Finances, demeure le principal dépositaire de l’expertise macroéconomique et du cadrage budgétaire.

Enfin, vous connaissez mieux que quiconque le Bureau de Suivi et de Coordination (BSC) du Secrétariat Général du Gouvernement (SGG), que vous avez structuré et animé, et qui s’impose depuis quelques années comme un centre nerveux de suivi de la mise en œuvre des décisions du Conseil des ministres.

Ce maillage institutionnel est riche, mais aussi redondant. Trop de têtes, trop de structures, trop de chevauchements. Trop de “chefs de l’orchestre”, pas assez de musique.

Ce n’est pas un jugement à l’emporte-pièce, mais un constat d’évaluation publique que les partenaires techniques, les praticiens et même les réformateurs internes au système formulent depuis plus d’une décennie. Cette complexité avait d’ailleurs motivé, dès 2015, l’adoption du décret créant le Cadre Harmonisé de Suivi-Évaluation (CASE). Presque dix ans après, le CASE est resté largement théorique. Sa mise en œuvre souffre de l’absence de leadership institutionnel, d’une méconnaissance des référentiels communs, et d’une culture de l’évaluation encore balbutiante.

C’est ici que votre mission commence. Même si un décret est annoncé pour encadrer vos nouvelles prérogatives, il ne réglera pas l’essentiel : la difficile transformation d’une administration éclatée en un système cohérent, lisible, agile et orienté vers les résultats.

Ce défi n’est pas propre au Sénégal. D’autres pays l’ont rencontré et parfois brillamment relevé. Le Chili, souvent cité comme un cas d’école, a réussi à assurer la convergence entre vision, planification, budgétisation et évaluation d’impact avec un seul acteur central : le ministère des Finances. Ce ministère s’est doté d’un département transversal de planification stratégique, qui pilote une cellule d’analyse des politiques publiques, intégrée au processus budgétaire, capable de produire des évaluations d’impact rigoureuses, en amont comme en aval des projets. Ce modèle a permis une rationalisation sans dispersion, une responsabilisation sans dilution, et surtout, un pilotage stratégique ayant un impact réel sur les arbitrages publics.

Pourquoi n’avons-nous pas choisi cette voie ? Pourquoi n’a-t-on pas renforcé la DGPPE en la dotant d’un bras armé en évaluation, plutôt que de créer une nouvelle structure ?

Dans cette perspective, Monsieur le Ministre d’État, je me permets de vous poser les questions suivantes, qui, je l’espère, nourriront votre réflexion stratégique et les arbitrages à venir :
1. Quelle articulation concrète envisagez-vous entre les missions du BOM, du BSEPPP et du BIPE, tous rattachés à la Présidence ?
2. Les directeurs du BSEPPP (Aly Nar Diop) et du BIPE (Mounirou Ndiaye) seront-ils intégrés à votre dispositif ou conserveront-ils leur autonomie fonctionnelle ?
3. Le BOCS et le Fonds de Suivi, logés à la Primature, passeront-ils sous votre tutelle effective ou s’inscrivent-ils dans une coordination souple et fonctionnelle ?
4. Quelle coordination avec le Bureau du Suivi et de la Coordination du SGG, que vous avez dirigé ? N’existe-t-il pas un risque de chevauchement institutionnel entre ces deux entités ?
5. Comment harmoniser les logiques de travail des Cellules d’Études et de Planification (CEP), qui agissent souvent en silo ?
6. Quelle place pour la DGPPE dans votre dispositif ? Est-elle appelée à devenir un centre d’impulsion ou à rester en périphérie ?
7. Pourquoi ne pas avoir centralisé les fonctions de planification stratégique et de suivi-évaluation au sein du ministère des Finances, à l’image du Chili ?
8. Quelles garanties avez-vous que les conclusions du suivi-évaluation influenceront réellement les arbitrages budgétaires, au lieu de rester lettre morte ?
9. L’Assemblée nationale jouera-t-elle un rôle actif dans l’évaluation des politiques publiques, au-delà de sa fonction budgétaire ?
10. Le décret de 2015 sur le CASE sera-t-il révisé, réactivé ou abandonné ?
11. Comment éviter les doublons structurels et clarifier les mandats institutionnels pour chaque entité ?
12. Une plateforme numérique interopérable est-elle prévue pour centraliser les données de performance, les indicateurs et les tableaux de bord des projets prioritaires ?
13. Les Delivery Units, expérimentées dans certains ministères, seront-elles généralisées comme bras opérationnel de votre stratégie ?
14. Enfin, quelle place accordez-vous aux évaluations d’impact rigoureuses (ex ante, pendant et ex post) ? Seront-elles systématisées ? Financées ? Rattachées à une entité indépendante ?

Monsieur le Ministre d’État, il ne s’agit pas de bâtir un énième dispositif, mais de rationaliser, de simplifier, et surtout d’unifier. Trop de cuisiniers dans la cuisine brouillent la recette. L’enjeu n’est pas tant de multiplier les chefs que de clarifier qui porte quoi, qui rend compte à qui, et sur la base de quels résultats mesurables.

Le Sénégal ne peut plus se contenter d’un pilotage symbolique. Il lui faut une véritable gouvernance des résultats, capable de relier la vision aux ressources, les politiques aux citoyens, et les bilans à la redevabilité. Cette transformation appelle courage, lucidité, et autorité morale. Vous avez aujourd’hui l’opportunité d’en être l’architecte.

Veuillez recevoir, Monsieur le Ministre d’État, l’expression de ma haute considération.

Mohamadou Manel Fall
Militant pour une gouvernance performante.

FIPA 2025 : L’Afrique s’expose, dialogue et innove à Dakar

La capitale sénégalaise accueillera du 22 mai au 1er juin 2025, la 6e édition de la Foire Internationale des Produits Africains (FIPA), un rendez-vous majeur de la créativité, de l’innovation et de l’intégration économique sur le continent. Plus de 35 pays sont attendus à la Place du Souvenir Africain pour célébrer, pendant dix jours, le savoir-faire africain dans toute sa diversité.

Organisée par la Plate-forme “Bay Sa Waar”, initiatrice de l’événement, la FIPA 2025 se veut une vitrine dynamique du Made in Africa et des synergies Sud-Sud, en réunissant décideurs, entrepreneurs, investisseurs, collectivités territoriales et jeunes porteurs de projets. « La FIPA se positionne comme un cadre stratégique de dialogue et d’échange, avec une forte dimension inclusive et participative », souligne le comité d’organisation.

Une programmation riche et panafricaine

La cérémonie d’ouverture, prévue le 22 mai, réunira autorités publiques, missions diplomatiques, partenaires institutionnels et sponsors, et sera marquée par un tour d’exposition, des prestations culturelles et des dégustations culinaires africaines.

Tout au long de l’événement, un programme varié prendra forme à travers des forums thématiques, des ateliers sectoriels, des panels scientifiques, des formations pratiques, ainsi que des rencontres B2B. Des espaces seront également consacrés à la promotion des innovations locales, à la valorisation des savoir-faire traditionnels et à la construction de passerelles commerciales dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF).

Un appui concret à l’autonomisation

Dans sa vocation d’accompagnement des populations, la Plate-forme “Bay Sa Waar” proposera une formation gratuite en transformation agroalimentaire, destinée principalement aux femmes, aux jeunes et aux porteurs d’initiatives locales. L’objectif est double : valoriser les produits agricoles locaux à travers des techniques modernes, tout en encourageant l’émergence de micro-entreprises durables et génératrices de revenus.

Les participants bénéficieront également de modules en entrepreneuriat, d’un accompagnement à la structuration de projets et d’un accès à un réseau de partenaires techniques et commerciaux, renforçant ainsi l’autonomisation économique locale.

Une clôture en apothéose

La FIPA 2025 s’achèvera par une grande journée d’expo-vente, des rencontres économiques et une cérémonie officielle de clôture qui mettra à l’honneur les initiatives les plus innovantes. Le point d’orgue de cette édition sera sans doute la soirée de Gala “FIPA d’Or”, une cérémonie de distinction dédiée aux bâtisseurs de l’Afrique, aux entrepreneurs remarquables, aux femmes leaders et aux institutions partenaires qui ont marqué l’année.

En réunissant les talents du continent autour de la créativité, de la coopération et de l’innovation, la FIPA 2025 s’impose comme un temps fort de la dynamique africaine vers une prospérité partagée et durable.

A.Saleh

Tension à l’Université Alioune Diop de Bambey : Thierno Alassane Sall dénonce « un gouvernement sans idées »

La situation qui prévaut à l’Université Alioune Diop de Bambey continue de susciter des réactions. Alors que les cours y sont suspendus et les amicales dissoutes, le président du parti La République des Valeurs (RV), Thierno Alassane Sall, est monté au créneau pour dénoncer la gestion de la crise universitaire et pointer les dérives du pouvoir en place.

Dans une déclaration publiée ce mercredi, TAS s’interroge sur la présence d’agents de sécurité en civil intervenant ouvertement sur le campus. « Des agents en civil opèrent à découvert. Pour mieux désigner des « infiltrés » en cas de bavures ? », s’interroge-t-il, y voyant une stratégie d’intimidation à peine voilée.

Selon le député, ce recours à la force et cette manière de traiter les revendications estudiantines témoignent d’un mal plus profond. « Les régimes passent, mais le système reste inchangé. À Bambey, les étudiants de l’université Alioune Diop en font l’amère expérience : cours suspendus, amicales dissoutes », déplore-t-il.

Pour Thierno Alassane Sall, cette situation illustre non seulement le « mépris profond » du pouvoir pour les étudiants, mais aussi l’état de délabrement général de l’université sénégalaise. « Tout cela révèle un symptôme d’une université en faillite et d’un gouvernement sans idées, qui navigue à vue depuis plus d’un an », tranche-t-il.

Alors que les autorités peinent à proposer une sortie de crise, cette sortie de TAS relance le débat sur la gouvernance du secteur de l’enseignement supérieur et sur la nécessité urgente de réformes structurelles pour offrir aux étudiants un environnement d’étude digne de ce nom.

Dernière minute : le chroniqueur Arona Niang envoyé en prison pour « diffusion de fausses nouvelles »

Le chroniqueur Arona Niang a été placé sous mandat de dépôt ce mercredi 14 mai 2025, après avoir été présenté au procureur. Il comparaîtra lundi prochain devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Cette décision judiciaire fait suite à une sortie médiatique controversée datant du 15 avril dernier, lors de laquelle il avait tenu des propos considérés comme gravement diffamatoires.

Invité sur le plateau de la chaîne de télévision Sénégal 7, Arona Niang avait affirmé que le personnel médical sénégalais avait délibérément transmis le coronavirus à la population. Selon lui, les masques, les tests nasopharyngés et les vaccins anti-Covid auraient été utilisés comme des vecteurs intentionnels de contamination. Ces déclarations ont provoqué une vague d’indignation, en particulier dans le corps médical.

Le ministère de la Santé et de l’Action sociale a rapidement réagi en publiant un communiqué officiel pour dénoncer les propos tenus par le chroniqueur. Il les a qualifiés de diffamatoires et dangereux, mettant en garde contre la circulation de fausses informations susceptibles de saper la confiance des citoyens envers le système de santé.

Dans le même élan, l’Ordre des médecins du Sénégal a également décidé de déposer plainte contre Arona Niang. L’affaire est désormais entre les mains de la justice, qui devra se prononcer sur la gravité des accusations et leurs éventuelles répercussions sur la société. Arona Niang devra répondre du chef d’accusation de « diffusion de fausses nouvelles », un délit passible de peines de prison au Sénégal.

Rebeuss : Ousmane Sonko rend visite à Azoura Fall

Le Premier ministre Ousmane Sonko s’est rendu, ce mercredi 14 mai 2025, à la prison de Rebeuss où il a rencontré Assane Guèye, plus connu sous le pseudonyme d’Azoura Fall. Cette visite intervient au lendemain du placement sous mandat de dépôt de ce militant de longue date, reconnu pour son engagement sans faille en faveur de la cause du parti Pastef.

Azoura Fall, figure populaire sur les réseaux sociaux dans les cercles pro-Sonko, a été interpellé puis inculpé pour « discours contraire aux bonnes mœurs ». Il est reproché au prévenu d’avoir tenu des propos injurieux dans une vidéo largement partagée sur les plateformes numériques. Dans cette séquence, il s’en prenait violemment à l’ancien président Macky Sall et à l’actuel ministre Mame Mbaye Niang.

Son procès est prévu pour ce jeudi 15 mai devant le Tribunal de Grande Instance de Dakar. Sa mise en détention et les charges retenues contre lui ont suscité de vives réactions dans les rangs du parti au pouvoir, certains dénonçant une tentative d’intimidation contre les voix critiques du régime précédent.

La visite du chef du gouvernement à la maison d’arrêt de Rebeuss se veut un geste fort, témoignant de son soutien personnel à un militant considéré comme l’un des visages de la résistance populaire. Elle intervient dans un contexte politique tendu, où la question de la liberté d’expression et des limites du discours politique reste au cœur des débats.

Ziguinchor : six mois de sursis pour les auteurs du saccage du bus MachAllah Transport

Le tribunal de grande instance de Ziguinchor a tranché dans l’affaire des violences qui avaient éclaté le 22 avril 2025 autour de la gare routière de la ville. Les sept prévenus, impliqués dans le saccage d’un bus appartenant à la société privée MachAllah Transport, ont été condamnés à six mois de prison avec sursis. Le verdict est tombé ce mercredi, au terme d’une audience très attendue dans la capitale sud du pays.

Les faits remontent à une journée de vive tension. Le mardi 22 avril, un groupe de transporteurs opérant à la gare routière avait violemment manifesté contre l’arrivée sur le circuit local d’un bus flambant neuf de MachAllah Transport. Les protestataires reprochaient à la société, dirigée par la journaliste Houreye Thiam, d’avoir lancé ses activités sans concertation préalable avec les acteurs du secteur ni autorisation formelle des autorités locales de régulation. Cette intrusion perçue comme une « concurrence déloyale » avait mis le feu aux poudres.

Très vite, les protestations avaient dégénéré en affrontements entre les transporteurs en colère et les forces de l’ordre. Au plus fort des échauffourées, un bus de la compagnie MachAllah avait été ciblé et vandalisé. Les images de l’engin brisé avaient largement circulé sur les réseaux sociaux, suscitant indignation et inquiétude quant à l’ancrage du désordre dans le secteur du transport interurbain.

Après l’arrestation des sept individus suspectés d’être directement impliqués dans la casse, le parquet avait ouvert une information judiciaire pour troubles à l’ordre public, dégradations volontaires de biens appartenant à autrui, et participation à une manifestation non autorisée. Le procès, très suivi dans la région, s’est conclu par une peine de six mois de prison avec sursis pour chacun des prévenus. Une condamnation qui les tient à l’œil, tout en évitant leur incarcération immédiate.

Cette décision judiciaire vise à apaiser les tensions tout en envoyant un signal de fermeté à l’égard de toute tentative de perturbation de l’ordre public. Elle relance également les discussions sur la nécessité d’un meilleur encadrement du secteur du transport interurbain, dans une ville comme Ziguinchor, en pleine mutation économique et logistique.

Casamance : l’État soutient le retour des déplacés à Tankanto Escale avec 45 millions en kits de construction

La politique de réinsertion des populations déplacées en Casamance franchit un nouveau cap. Ce mercredi 14 mai 2025, trente familles revenues s’installer dans leurs villages d’origine dans le département de Kolda ont reçu un appui important de l’État sénégalais. À travers le Programme d’Urgence de Modernisation des Axes et Territoires Frontaliers, connu sous le nom de PUMA, une enveloppe de quarante-cinq millions de francs CFA a été investie sous forme de kits de construction. Ce soutien vise à faciliter la réinstallation de ces familles et à favoriser leur réinsertion sociale dans des conditions dignes.

Cette initiative s’inscrit dans la dynamique du Plan Diomaye pour la Casamance, un programme qui place la paix, la stabilité et le développement inclusif au cœur des priorités gouvernementales. En favorisant le retour durable des populations déplacées, le plan entend tourner la page d’un passé marqué par les conflits et poser les bases d’une paix consolidée dans cette région du sud du pays.

La cérémonie officielle de remise du matériel a eu lieu à Tankanto Escale, une commune située à la frontière avec la Guinée-Bissau. L’événement a réuni les autorités administratives, les élus locaux, les populations bénéficiaires et d’autres acteurs impliqués. Pour les familles concernées, ce geste symbolise un retour à la dignité. Seydou Diao, porte-parole des bénéficiaires, a exprimé sa reconnaissance en soulignant que cet appui arrivait au bon moment, après de longues années de souffrances et de précarité.

Le maire de Tankanto Escale, Boune Oumar Dia, a salué l’action de l’État, qu’il a qualifiée de geste fort et porteur d’espoir. Dans son intervention, il a également attiré l’attention sur la nécessité de désenclaver la commune et de la doter d’une électrification fiable. Selon lui, Tankanto Escale dispose de ressources agricoles importantes et d’un potentiel humain considérable, qui, s’ils sont bien exploités, pourraient jouer un rôle moteur dans la conquête de la souveraineté alimentaire du pays.

Présent à la cérémonie, Ismaila Diedhiou, directeur technique de l’Agence nationale pour la relance des activités économiques et sociales en Casamance (ANRAC), a insisté sur l’urgence de soutenir la dynamique actuelle de retour. Pour lui, la réussite du processus de réinstallation constitue un élément essentiel pour garantir la stabilité, la sécurité et un développement durable dans la région.

L’engagement de l’État ne s’arrête pas à la remise de ces kits de construction. Le PUMA a annoncé d’autres projets à fort impact pour améliorer les conditions de vie des populations. Parmi ces initiatives figurent la construction d’un poste de santé dans le village de Bani Diega ainsi que l’agrandissement de l’école de Sare Diamboulou, qui bénéficiera également d’une clôture. Ces projets visent à renforcer l’accès aux services sociaux de base et à améliorer les conditions d’apprentissage des enfants.

Au-delà de l’aspect matériel, ce geste gouvernemental représente un symbole fort de réconciliation nationale et de reconstruction. Il témoigne de la volonté des autorités d’accompagner les populations sinistrées dans la reconquête de leur autonomie et dans la construction d’un avenir paisible, stable et prospère.

Démarrage des Assises sur les daara : vers une intégration progressive des écoles coraniques au système éducatif national

Une étape importante vient d’être franchie dans la réforme de l’éducation au Sénégal. Le mardi 13 mai 2025, les Assises nationales sur les daara ont officiellement démarré à l’Institut islamique de Dakar, sous l’impulsion du président de la République Bassirou Diomaye Faye. Cette rencontre inédite, pilotée par le ministre de l’Éducation nationale Moustapha Guirassy, a réuni un large éventail d’acteurs, allant des maîtres coraniques aux imams, oulémas, responsables religieux, personnalités politiques, membres de la société civile, ainsi que des partenaires au développement.

L’objectif principal de ces assises est clair : intégrer les écoles coraniques (daara) au système éducatif national, sans altérer leur vocation religieuse. Dans son discours d’ouverture, le ministre Guirassy a mis l’accent sur l’importance de bâtir une réforme « ancrée dans le réel », fondée sur une écoute attentive des besoins des acteurs locaux. Il a plaidé pour une cohabitation harmonieuse entre les savoirs religieux et les disciplines contemporaines, comme l’informatique, les langues étrangères ou les sciences. Il s’agit, selon lui, de « permettre aux pensionnaires des daara d’avoir une formation complète, sans renier leur ancrage spirituel ».

Cette initiative découle d’une instruction présidentielle prononcée le 28 novembre 2024, à l’occasion de la Journée nationale des daara, et marque une volonté affirmée de revaloriser ces écoles coraniques souvent marginalisées dans les politiques éducatives publiques. Pour le ministre de l’Éducation nationale, il s’agit également de rétablir l’équité entre les différentes formes d’enseignement présentes au Sénégal. « Le gouvernement agit avec la même volonté d’équité envers toutes les formes d’éducation religieuse sur notre territoire », a-t-il déclaré.

L’approche des autorités ne se limitera pas à une centralisation des débats à Dakar. Selon Sud Quotidien, les assises se poursuivront dans les régions, pour une prise en compte plus fine des réalités locales. Chaque territoire aura ainsi l’occasion de faire entendre sa voix, de partager ses défis et de proposer des solutions adaptées à ses spécificités.

L’État compte également s’appuyer sur le soutien de partenaires techniques et financiers, dont la Banque mondiale, déjà impliquée dans le processus de modernisation des daara. Ce partenariat vise à offrir aux pensionnaires des conditions d’apprentissage plus encadrées, modernes, tout en respectant les fondements religieux de ces écoles.

Ces assises marquent donc le début d’un processus historique, qui pourrait transformer durablement le paysage éducatif sénégalais en assurant aux daara une reconnaissance institutionnelle et pédagogique, dans un cadre de respect mutuel et de complémentarité des savoirs.

Drame à Nioro : un jeune homme de 28 ans chute mortellement dans un puits à Sinthiou Kohel

Un drame a secoué la commune de Kaymor, dans le département de Nioro, mardi soir. Un jeune homme âgé de 28 ans a tragiquement perdu la vie après une chute dans un puits situé dans la localité de Sinthiou Kohel, aux environs de 21 heures, selon les informations rapportées par Emedia.

D’après les témoignages recueillis auprès des habitants, la victime souffrait de troubles anxieux, une condition qui pourrait avoir joué un rôle dans ce tragique accident. Les circonstances exactes de la chute restent encore floues, mais les premiers éléments laissent penser à une perte de contrôle ou à un acte impulsif.

Alertés peu après l’incident, les sapeurs-pompiers de Nioro sont intervenus rapidement sur les lieux. Malgré leurs efforts, ils n’ont pu que récupérer le corps sans vie de la victime. La dépouille a été acheminée à la morgue du centre de santé de Nioro, où elle a été déposée en attendant les formalités administratives et la suite des investigations.

Une enquête a été immédiatement ouverte par les autorités compétentes pour déterminer les causes précises de la chute et établir les responsabilités, s’il y en a. En attendant, l’émotion reste vive à Sinthiou Kohel, où la disparition soudaine du jeune homme a plongé les habitants dans une profonde tristesse.

Paiement des allocations familiales : des travailleurs de Dakar Dem Dikk menacent d’arrêter la rotation des bus

La situation des travailleurs de Dakar Dem Dikk (DDD) devient de plus en plus tendue. Hier, devant la Caisse de sécurité sociale (CSS), plusieurs employés de l’entreprise de transport public ont exprimé leur mécontentement face au non-paiement de leurs allocations familiales. Ces travailleurs ont mis en garde les autorités en menaçant d’arrêter la rotation des bus si leurs revendications ne sont pas satisfaites.

Abdoulaye Fall, délégué du personnel, a dénoncé des pratiques qu’il qualifie de scandaleuses. Il a expliqué que de nombreux travailleurs, malgré leur ancienneté, n’ont toujours pas pu percevoir les prestations auxquelles ils ont droit, notamment les droits à l’accouchement de leurs épouses. Il a souligné que certains employés, en poste depuis plus de sept ans, n’ont toujours pas reçu leurs allocations familiales.

Les travailleurs ont pointé du doigt une déclaration de chef de division du social de Dakar Dem Dikk, qui a expliqué que les dossiers déposés entre 2019 et 2021, période marquée par la crise du Covid-19, ne seraient pas traités car ces derniers ne disposaient pas de numéros. Cependant, ces numéros, selon Abdoulaye Fall, ont été octroyés par la Caisse de sécurité sociale, ce qui rend la situation d’autant plus incompréhensible et inacceptable pour les travailleurs.

Les plaignants ne se contentent pas de cette dénonciation. Ils exigent que l’État du Sénégal prenne des mesures pour revoir la gestion et le statut de la Caisse de sécurité sociale, afin de garantir que leurs droits soient respectés. Le mouvement ne compte pas s’arrêter là. Après avoir organisé une première conférence de presse à Thiaroye, les travailleurs ont intensifié leur action en se rendant à la Caisse de sécurité sociale pour faire entendre leur voix. Si aucune solution n’est trouvée dans les jours à venir, ils préviennent qu’ils passeront à la vitesse supérieure en arrêtant les bus de manière légale.

Cette menace d’arrêt de travail soulève des préoccupations importantes, non seulement pour les employés de Dakar Dem Dikk, mais aussi pour les usagers du transport public, qui pourraient se retrouver impactés par cette crise sociale.

Licenciement présumé de 26 000 agents : Le FERA apporte des précisions sur la situation des prestataires

Le Fonds d’Entretien Routier Autonome (FERA) a tenu à clarifier la situation des 26 000 agents dont le licenciement a récemment fait l’objet de nombreuses rumeurs. Dans un communiqué officiel, l’institution a apporté des précisions cruciales concernant la nature de ces emplois et leur fin de contrat.

Selon le communiqué, les personnes concernées par ces rumeurs ne sont pas des employés permanents du FERA, mais des prestataires recrutés par les collectivités territoriales dans le cadre du Programme d’urgence pour l’emploi des jeunes, dénommé « Xëyu Ndaw Ñi », lancé en 2021 et prévu pour durer jusqu’en 2024. Ce programme a été conçu pour fournir des opportunités d’emploi aux jeunes et aux femmes, principalement dans le domaine de l’entretien routier, et a permis de recruter des milliers de travailleurs dans les communes à travers le pays.

Le FERA explique que, bien que ces prestataires aient été financés par l’institution, ils étaient en réalité employés par les communes concernées. Le paiement de leurs salaires était assuré par le FERA, mais uniquement dans le cadre de conventions de financement signées avec les collectivités territoriales. Ainsi, ces contrats étaient de nature temporaire et leur durée était directement liée à la période du programme.

Le FERA précise également que les contrats de prestation de ces agents ont pris fin à la fin du mois de juillet 2024, date à laquelle les conventions de financement ont également expiré. Dès lors, ces prestataires ne bénéficient plus d’une couverture contractuelle et toute activité menée après cette échéance ne peut être prise en charge par le FERA.

L’institution a également souligné que tous les maires des communes concernées ont été dûment informés de la situation et de la fin des contrats. Cette précision vise à mettre fin aux accusations de licenciements abusifs, rappelant que les emplois étaient de nature temporaire et liés à la durée spécifique du programme.

En conclusion, le FERA a tenu à rétablir la vérité en précisant que la situation n’avait rien à voir avec des licenciements massifs, mais résultait plutôt de la fin naturelle des contrats liés à la durée de l’opération.

Arona Niang face à de nouvelles accusations : l’Ordre des médecins porte plainte après ses propos sur le Covid-19

Déjà ciblé par une plainte du ministère de la Santé, Arona Niang, professeur d’histoire-géographie, voit sa situation judiciaire se durcir. L’Ordre national des médecins du Sénégal a décidé de porter plainte à son tour contre l’enseignant, en réaction à ses propos controversés tenus lors d’une émission diffusée sur le plateau de Sénégal 7, le 15 avril 2025.

Au cours de cette émission, Arona Niang avait affirmé que le personnel médical sénégalais avait « volontairement transmis le coronavirus aux populations » à travers l’usage de masques, de prélèvements et des vaccins administrés durant la pandémie. Des accusations graves, largement relayées sur les réseaux sociaux, qui ont provoqué une vive indignation au sein de la communauté médicale et au-delà.

L’enseignant avait déjà été interpellé par les éléments de la Division spéciale de cybercriminalité (Dsc) dans le cadre de cette affaire. Il est actuellement en garde à vue, en attendant sa présentation prévue ce mercredi devant le parquet, sous l’accusation de « diffusion de fausses nouvelles ».

La nouvelle plainte de l’Ordre des médecins marque une escalade judiciaire pour Arona Niang, qui devra désormais répondre non seulement aux autorités sanitaires de l’État, mais aussi aux représentants officiels du corps médical. L’Ordre a dénoncé avec fermeté des propos qu’il juge « infondés, diffamatoires et dangereux », notamment dans un contexte post-pandémique où les soignants continuent de lutter pour rétablir la confiance du public envers les institutions de santé.

Cette affaire relance le débat sur la responsabilité des enseignants et figures publiques dans l’espace médiatique, notamment en ce qui concerne la diffusion d’informations sensibles ou potentiellement mensongères. Les autorités judiciaires entendent envoyer un signal fort en traitant ce dossier avec toute la rigueur qu’exige la gravité des propos tenus.

En attendant sa comparution, Arona Niang reste détenu dans les locaux de la Dsc. Son entourage affirme qu’il assume ses propos et qu’il compte les défendre devant la justice, estimant qu’il n’a fait qu’« exprimer un avis personnel sur une question de santé publique ».

Rebeuss : Abdou Nguer visé par une nouvelle procédure judiciaire pour diffamation

Déjà détenu à la prison de Rebeuss depuis le 17 avril dernier, Abdou Nguer, chroniqueur à Sen TV, se retrouve de nouveau dans la tourmente judiciaire. Il fait l’objet d’une nouvelle plainte pour diffamation, cette fois-ci déposée par un enseignant qui estime avoir été gravement calomnié par ses propos.

Selon les informations du quotidien L’Observateur, la citation à comparaître a été officiellement transmise à Abdou Nguer dans sa cellule à Rebeuss. Il est ainsi convoqué devant le tribunal à l’audience prévue pour le 28 mai prochain, une date qui pourrait s’avérer décisive pour l’évolution de sa situation pénale.

D’après les éléments relayés par le journal, l’affaire trouve son origine dans des propos tenus par Abdou Nguer, qui s’est autoproclamé « frère » de la célèbre masseuse Adji Sarr. Lors d’une de ses interventions médiatiques, il aurait formulé des accusations ou insinuations diffamatoires à l’encontre d’un instituteur. Ce dernier, selon ses déclarations, n’était pas en service depuis un certain temps, après avoir participé à la dernière édition du Grand Prix du chef de l’État pour l’Enseignant, un concours national destiné à honorer les meilleurs éducateurs du pays.

Se sentant publiquement sali, l’enseignant a décidé de saisir la Justice pour laver son honneur. Il accuse Abdou Nguer d’avoir porté atteinte à son image et à son intégrité professionnelle par des propos tenus en public, sans fondement ni preuve.

Face à cette nouvelle menace judiciaire, Abdou Nguer a pris les devants. D’après L’Observateur, il a constitué un pool d’avocats chargé de le représenter et de préparer sa défense afin d’éviter qu’un nouveau mandat de dépôt ne vienne alourdir sa détention actuelle.

Cette nouvelle affaire vient s’ajouter à une série de déboires judiciaires qui entachent l’image du chroniqueur, dont les prises de parole publiques font souvent polémique. Elle relance également le débat sur les responsabilités des figures médiatiques dans l’usage de la parole publique, surtout dans un contexte où la diffamation est régulièrement invoquée devant les juridictions sénégalaises.

Incendie au Port autonome de Dakar : un bateau ravagé par les flammes au môle 10

Un violent incendie s’est déclaré dans l’après-midi du mardi 13 mai 2025 au Port autonome de Dakar, précisément au môle 10, vers 16 heures. L’incident s’est produit sur le quai de pêche et a entièrement ravagé un bateau stationné sur place, provoquant la panique dans cette zone très fréquentée du port.

D’après les premières informations rapportées par des sources de Ledakarois, le bateau victime de l’incendie appartiendrait à Libasse Diop, président du Groupement des Armateurs et Industriels de la Pêche (GAIPES). Le navire, utilisé dans les activités halieutiques industrielles, était amarré sur le quai lorsque les flammes ont commencé à se propager.

Les causes exactes du sinistre ne sont pas encore connues. Selon des sources proches de l’enquête, aucune piste n’est écartée à ce stade, qu’il s’agisse d’un accident technique à bord du navire, d’un court-circuit, ou d’une éventuelle négligence humaine. Les services de sécurité ont été mobilisés pour isoler rapidement la zone et permettre aux sapeurs-pompiers d’intervenir efficacement.

Les secours sont arrivés en nombre et ont pu maîtriser le feu après plusieurs heures d’efforts, évitant de justesse sa propagation à d’autres embarcations et installations voisines. Le bateau touché a cependant subi d’importants dégâts matériels. Aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée, mais le choc reste vif parmi les travailleurs portuaires, les marins et les usagers réguliers du quai de pêche.

Cet incident remet une nouvelle fois en question les dispositifs de sécurité et de prévention des incendies dans l’enceinte du port. Le môle 10, particulièrement actif, est un point stratégique du secteur de la pêche industrielle. L’autorité portuaire a promis de tirer toutes les conséquences de ce drame et de renforcer les contrôles de sécurité.

Agropole Nord : Véhicules volés, marchés fictifs et détournement de fonds révélés par la Section de recherche

Ce qui devait être un projet structurant au service du développement agricole dans le nord du Sénégal se transforme en un scandale financier d’envergure. L’Agropole Nord, initiative censée dynamiser l’économie rurale et soutenir les filières agro-industrielles, est aujourd’hui au cœur d’une affaire de corruption et de mauvaise gestion présumée, selon les conclusions provisoires de l’enquête menée par la Section de recherche (Sr) de la gendarmerie de Saint-Louis.

Saisie par le parquet financier dans le cadre de la politique de reddition des comptes impulsée par les nouvelles autorités, la Sr a procédé à une série d’auditions et d’investigations sur le fonctionnement du projet. D’après les informations obtenues par le quotidien Libération, les faits révélés sont d’une extrême gravité.

Les enquêteurs ont découvert que plusieurs véhicules acquis pour les besoins du projet ont été volés. D’autres véhicules, supposés être à disposition des équipes sur le terrain, étaient en réalité loués à des particuliers, parfois même à des proches de certains responsables. Ce système opaque aurait permis des gains indus et contribué à l’appauvrissement des ressources du projet.

Mais les irrégularités ne s’arrêtent pas là. L’enquête a également mis en lumière des décaissements fictifs censés bénéficier à des acteurs du monde agricole, ainsi que des marchés publics montés de toutes pièces, sans exécution réelle ni service rendu. Ces montages financiers frauduleux auraient permis des détournements massifs de fonds publics.

L’enquête pilotée depuis Saint-Louis est presque arrivée à son terme. Elle s’inscrit dans un dispositif plus large de poursuites engagé par le parquet financier. À Dakar, la Direction des investigations criminelles (DIC) et la Section de recherche de la gendarmerie ont également transmis les résultats de deux autres dossiers majeurs.

Le premier concerne des présomptions de faux dans l’affaire Aee de Power, suite à une plainte déposée par l’agent judiciaire de l’État. Le second dossier vise la gestion du Fonds d’Entretien Routier Autonome (Fera), dont l’ancien directeur général, Pape Ibrahima Faye, avait été auditionné en décembre 2024.

Ces enquêtes s’inscrivent dans la nouvelle ère de transparence prônée par le pouvoir en place, avec pour mot d’ordre la fin de l’impunité et la redevabilité dans la gestion des ressources publiques.

L’affaire Agropole Nord devient ainsi un cas emblématique des dérives de gouvernance observées dans la mise en œuvre de grands projets publics. Un programme censé appuyer la transformation structurelle de l’économie agricole a visiblement été détourné de ses objectifs initiaux, au profit de logiques personnelles et clientélistes.

Le parquet financier est attendu dans les prochains jours sur les suites judiciaires à donner à ces révélations. Des inculpations pourraient tomber dès la clôture du dossier, et plusieurs noms circulent déjà dans les milieux judiciaires comme étant impliqués à divers niveaux.

Transactions suspectes de 10 milliards de FCFA : Serigne Abdou Karim Mbacké placé sous mandat de dépôt

L’enquête sur les transactions financières jugées suspectes impliquant Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall, prend un nouveau tournant. Après l’arrestation de Ndèye Seynabou Ndiaye, gérante de la société Woodrose Investment Ltd, c’est au tour de Serigne Abdou Karim Mbacké d’être placé en détention.

L’information, relayée par L’Observateur, précise que Serigne Abdou Karim Mbacké est présenté par les enquêteurs comme le propriétaire du terrain à l’origine de la transaction ayant déclenché la Déclaration d’Opération Suspecte (DOS) de la CENTIF. Cette alerte, inscrite dans un rapport transmis au Pool judiciaire financier, a mis au jour des mouvements douteux autour d’une somme initialement évaluée à 10 milliards de FCFA.

Mais l’affaire a rapidement pris une ampleur inattendue. Les investigations ont révélé que le montant réel en jeu pourrait atteindre 31 milliards de FCFA, et les charges ont été requalifiées en complicité d’escroquerie sur deniers publics, un chef d’inculpation beaucoup plus lourd.

Face aux juges, Serigne Abdou Karim Mbacké a clamé son innocence. Il a affirmé que ses données personnelles auraient été utilisées à son insu par Amadou Sall pour immatriculer un bien à son nom, sans consentement ni contrepartie. Toutefois, ses explications n’ont pas suffi à convaincre le collège des juges d’instruction du parquet financier, qui ont décidé de son incarcération dans le cadre de l’instruction.

L’affaire Woodrose révèle un système complexe mêlant immatriculations frauduleuses, montages financiers opaques et manipulation de titres fonciers, sur fond de connexions politico-affairistes. Le rôle présumé d’Amadou Sall dans ces opérations reste au cœur des préoccupations des enquêteurs, alors que d’autres interpellations sont annoncées dans les jours à venir.

Cette série d’arrestations remet sur la table la question récurrente de la traçabilité des flux financiers au Sénégal et de la capacité des institutions à détecter et prévenir les détournements de fonds publics.

Alors que le gouvernement actuel affiche une volonté de lutte implacable contre la corruption et l’impunité, ce dossier, hautement symbolique, constitue un test de crédibilité pour les nouvelles autorités judiciaires et financières. L’opinion publique, elle, attend des réponses claires et des sanctions exemplaires.

Sénégal : 5200 accidents, 700 morts et 8500 blessés en 2024, selon le ministre Yankoba Diémé

La route continue de faire des ravages au Sénégal. Lors du lancement de la deuxième édition de la sécurité routière en entreprise, tenu ce mardi, le ministre des Infrastructures et des Transports Terrestres et Aériens, Yankoba Diémé, a révélé des chiffres inquiétants sur l’insécurité routière dans le pays.

Selon les données fournies par le ministre, l’année 2024 a été marquée par plus de 5200 accidents de la circulation, causant près de 700 morts et quelque 8500 blessés. Des statistiques qu’il n’a pas hésité à qualifier de « macabres ». Pour lui, au-delà des chiffres bruts, ces pertes humaines représentent des familles brisées, des destins fauchés et un traumatisme collectif qui laisse des traces profondes dans le tissu social.

Mais l’impact ne se limite pas à la douleur. Yankoba Diémé a attiré l’attention sur les conséquences économiques désastreuses de cette situation. D’après les estimations officielles, les accidents de la route ont entraîné un coût économique équivalant à environ 8 % du Produit Intérieur Brut (PIB) national. Un fardeau colossal pour un pays en développement, qui doit déjà faire face à d’importants défis socio-économiques.

L’un des faits les plus marquants de cette déclaration est que 70 % de ces accidents seraient liés à des déplacements professionnels. Ce constat alarmant justifie, selon le ministre, le choix du thème de cette édition : « Réduction des addictions ». L’objectif est de sensibiliser davantage les entreprises à leur rôle dans la prévention routière, notamment en matière de gestion des comportements à risque chez leurs employés, comme l’usage de substances pouvant altérer la vigilance au volant.

Yankoba Diémé a également évoqué la vision du gouvernement en matière de sécurité routière, affirmant que, sous la houlette du Premier ministre Ousmane Sonko, l’État s’engage à réduire de moitié les décès et les blessures graves sur les routes d’ici à 2030. Cette ambition, bien que ambitieuse, repose sur plusieurs piliers : le renforcement des contrôles routiers, l’amélioration de la formation des conducteurs, la modernisation des infrastructures de transport et la mise en place de mécanismes efficaces de prise en charge post-accident.

Le ministre a par ailleurs insisté sur l’importance de la protection des équipements routiers, souvent négligée, mais essentielle pour garantir la sécurité des usagers. À ce stade, a-t-il souligné, la responsabilité des entreprises devient cruciale. Elle ne doit pas seulement se traduire par un respect de la réglementation, mais aussi par un engagement moral fort en faveur de la vie humaine.

En conclusion, Yankoba Diémé a appelé à une mobilisation collective pour lutter contre ce fléau qui affecte la société dans son ensemble. Il a rappelé que la sécurité routière n’est pas uniquement une affaire d’État, mais un défi partagé entre pouvoirs publics, secteur privé et citoyens.

Affaire Lansar Auto : 16,57 milliards de FCFA versés à une entreprise de location de voitures en pleine transition présidentielle

Dakar, 14 mai 2025 – Un nouveau scandale financier secoue la sphère publique sénégalaise. D’après le rapport de la Cour des comptes sur la gestion des finances publiques de 2019 à 2024, un virement de 16,57 milliards de FCFA a été effectué en faveur de Lansar Auto, une entreprise spécialisée dans la location de véhicules, cinq jours seulement après l’élection présidentielle du 24 mars 2024.

Ce paiement, validé le 29 mars 2024, soulève de nombreuses interrogations. Il intervient à un moment où l’administration Sall était censée se limiter aux affaires courantes, dans l’attente de la prise de fonction du président élu, Bassirou Diomaye Faye.

Quatre Certificats Nominatifs d’Obligation (CNO) ont été attribués à Lansar Auto à cette date charnière. Pourtant, la tradition institutionnelle et la rigueur budgétaire attendue en période de transition interdisent toute initiative financière de cette ampleur.

Selon les informations publiées par L’Observateur, ce montant dépasse largement les 13,61 milliards FCFA déjà évoqués par la CENTIF (Cellule nationale de traitement des informations financières), renforçant les soupçons d’irrégularité.

Les autorités sortantes ont justifié ce décaissement par la nécessité de régulariser des factures de location de véhicules destinés à des événements officiels, incluant le transport d’hôtes de l’État en mission au Sénégal. Les prestations auraient concerné les exercices budgétaires 2020 à 2023, pour une durée maximale de 12 mois. Mais aucune preuve précise ni détail sur ces missions n’a été fourni, alimentant davantage le flou.

Face à la gravité des faits, la Cour des comptes a transmis un référé au ministre de la Justice, Ousmane Diagne, ouvrant potentiellement la voie à des poursuites judiciaires. L’affaire pourrait devenir un symbole fort de la volonté du nouveau régime de rompre avec les pratiques opaques de gouvernance.

Tragédie à Thiénaba Kadior : Quatre talibés morts, un cinquième entre la vie et la mort

Le village religieux de Thiénaba Kadior, situé dans le département de Kébémer, est secoué par un drame d’une rare intensité. Quatre jeunes talibés ont trouvé la mort dans des circonstances encore floues, tandis qu’un cinquième enfant lutte pour sa survie en réanimation à Dakar.

Selon la Radio Futurs Médias (RFM), le premier décès est survenu en début de semaine dernière. La victime, un jeune garçon nommé Pape Ndiassé Mbengue, a été inhumée rapidement à Dara Diakhour, sans autopsie préalable. Mais la situation a pris une tournure dramatique dans les jours suivants.

Dimanche, plusieurs talibés ont commencé à se plaindre de vives douleurs abdominales. Fallou Fall, un garçon de 11 ans originaire de la Gambie, a succombé à des vomissements persistants avant même son évacuation. Cheikh Oumar Guèye, également âgé de 11 ans et venu de Joal, a connu un sort similaire, décédant avant l’arrivée des secours.

Le quatrième talibé, Modou Dièye, a été transporté d’urgence à l’hôpital régional Amadou Sakhir Mbaye de Louga, mais n’a pas survécu. Le cinquième enfant, dont l’identité n’a pas encore été révélée, est en soins intensifs à Dakar dans un état critique.

D’après les premières informations, les enfants auraient consommé les fruits d’une plante locale, qui pourraient être à l’origine de l’intoxication présumée. Une autopsie est en cours sur les trois derniers corps transférés à Dakar pour éclaircir les circonstances exactes du drame.

Face à cette tragédie, le maître coranique en charge des enfants a été interpellé et placé en garde à vue. Une enquête a été ouverte par les autorités compétentes pour déterminer les causes de ces décès en série et situer les responsabilités.

À Thiénaba, l’émotion est vive. Cette affaire relance une fois de plus le débat sur les conditions de vie des talibés dans les daaras traditionnels et sur la vigilance nécessaire autour de leur alimentation et leur prise en charge sanitaire.

Ousmane Sonko rend visite à Azoura Fall à la prison de Rebeuss, en attendant son jugement

Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, s’est rendu ce mercredi 14 mai 2025 à la prison de Rebeuss pour rendre visite à Assane Guèye, plus connu sous le nom d’Azoura Fall, l’un de ses militants les plus fervents. L’information a été rapportée par une source de Dakaractu.

Azoura Fall a été placé sous mandat de dépôt mardi 13 mai 2025, à la suite de la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo dans laquelle il proférait des injures publiques visant l’ancien président Macky Sall ainsi que le ministre Mame Mbaye Niang. Il est poursuivi pour « discours contraires aux bonnes mœurs », selon les chefs d’accusation retenus par le parquet.

Son procès est prévu ce jeudi 15 mai devant le Tribunal de Grande Instance de Dakar. L’affaire suscite déjà de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique et dans les cercles militants proches du parti au pouvoir, le Pastef. La visite du Premier ministre à son militant en détention intervient dans un contexte marqué par une forte tension politique, où la liberté d’expression, les discours militants et les limites de la loi sont au cœur du débat national.

En se rendant à Rebeuss, Ousmane Sonko semble vouloir afficher un soutien politique et personnel à l’égard de celui qu’il considère comme un « soldat » de sa cause. Ce geste, rare pour un chef de gouvernement, pourrait être interprété comme une volonté de renforcer les liens avec sa base militante, mais également comme un acte symbolique dans un climat politique toujours sous haute surveillance.

Le Sénégal lance les Assises nationales des daaras : un tournant pour l’intégration de l’enseignement coranique dans le système éducatif

Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a présidé ce mardi la cérémonie officielle de lancement des Assises nationales des daaras à l’Institut islamique de Dakar. Cet événement marque une étape décisive dans la réflexion sur la place de l’enseignement coranique dans le système éducatif sénégalais.

Dans son discours, le ministre Guirassy a rendu un vibrant hommage aux daaras, soulignant leur rôle historique dans la formation morale, spirituelle et intellectuelle des enfants au Sénégal. « Parler des daaras, ce n’est pas seulement évoquer la mémorisation ou la récitation du Coran, c’est parler de discipline, de résilience, d’un apprentissage où l’on forme l’homme à la patience, à la rigueur et à la maîtrise de soi », a-t-il déclaré. Il a insisté sur la nécessité de valoriser cette école du savoir, qui façonne depuis des siècles l’identité sénégalaise.

Cette initiative s’inscrit dans la vision du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, qui souhaite une transformation systémique du système éducatif d’ici à 2050. Une transformation qui passe, selon lui, par l’intégration effective des daaras dans l’architecture éducative nationale, pour « répondre à une souffrance humaine » et promouvoir un capital humain nourri de sagesse et de valeurs profondes.

Lors de la cérémonie, Fatou Sambou, représentante de la Banque mondiale, a révélé une statistique alarmante : environ 1,5 million d’enfants sénégalais, soit 45 % des enfants âgés de 6 à 11 ans, sont hors du système scolaire formel. Un grand nombre d’entre eux sont inscrits dans des daaras, parfois dans des conditions précaires, exposés à la mendicité et à l’insécurité.

Face à cette situation, la Banque mondiale a mobilisé un financement de 60 milliards de FCFA dans le cadre du Programme d’amélioration des performances du système éducatif (PAPSE). Ce soutien financier vise à accompagner plus de 1 000 daaras à travers des contrats de performance axés sur l’inclusion, la qualité, le partenariat et l’apprentissage complémentaire.

Prenant la parole au nom des maîtres coraniques, Serigne Assane Diop, représentant des Serignes daaras, a salué cette dynamique nouvelle qui vise à mieux encadrer l’enseignement coranique. Il a plaidé pour une implication active de toutes les parties prenantes – État, partenaires techniques et financiers, société civile et communautés religieuses – afin d’assurer le succès de cette réforme ambitieuse.

Waly Seck de retour à Dakar : Accueilli en héros malgré la polémique

Le chanteur Waly Seck a fait son retour à Dakar ce matin après un court séjour aux États-Unis. À son arrivée à l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD), la star de la musique sénégalaise a été accueillie par une foule compacte de fans, visiblement décidés à lui témoigner leur indéfectible soutien en cette période de remous médiatiques.

En effet, ce retour intervient dans un contexte particulier, où le nom du leader des Faramarènes est cité, à tort ou à raison, dans une affaire financière présumée impliquant Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall. Si aucun élément concret ne le lie officiellement à cette affaire, les rumeurs et spéculations enflamment les réseaux sociaux et alimentent les conversations.

Malgré ce climat, Waly Seck s’est montré serein et souriant, saluant chaleureusement ses fans venus en masse à l’AIBD. Certains brandissaient des pancartes à son effigie, d’autres scandaient des chants de soutien, transformant l’aéroport en véritable scène d’accueil populaire.

L’artiste ne s’est pas encore exprimé publiquement sur les allégations qui circulent, mais son entourage reste confiant quant à sa sérénité et à sa détermination à continuer ses projets artistiques.

Waly Seck, habitué aux projecteurs autant qu’aux polémiques, semble une fois de plus bénéficier d’un fort capital de sympathie auprès de ses fans, qui entendent rester mobilisés autour de leur idole.

Affaire à suivre.

Nationalité ivoirienne de Tidjane Thiam : entre bataille judiciaire et enjeu politique à la veille de la présidentielle de 2025

Le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et candidat désigné à la présidentielle d’octobre 2025, Tidjane Thiam, se retrouve au cœur d’une tempête politico-judiciaire. Selon le média ivoirien 7info, l’ancien ministre et haut cadre international a officiellement saisi le ministère de la Justice pour obtenir un certificat de nationalité ivoirienne, une démarche confirmée par son avocat, Me Ange Rodrigue Dadjé.

Cette requête intervient dans un contexte juridique tendu, marqué par une décision du Tribunal de Première Instance d’Abidjan suspendant temporairement la délivrance du certificat, en attendant l’issue d’une procédure judiciaire en cours. Au cœur du litige : une plainte déposée par Valérie Yapo, militante politique, contestant la légitimité de Tidjane Thiam à la tête du PDCI, arguant qu’il n’était pas de nationalité ivoirienne au moment de son élection à la présidence du parti.

L’affaire repose en grande partie sur la naturalisation française de Tidjane Thiam en 1987, qui, selon un jugement rendu le 22 avril 2025, aurait entraîné automatiquement la perte de sa nationalité ivoirienne, conformément à la législation ivoirienne sur la nationalité. Cette décision a conduit à sa radiation de la liste électorale, compromettant de fait sa participation à l’élection présidentielle.

Pourtant, dans une tentative de clarification, le ministère de la Justice a déclaré, le 28 avril 2025, que Tidjane Thiam “n’a jamais été apatride” et reste “indiscutablement Ivoirien”, du fait de sa nationalité d’origine acquise à la naissance. Cette position semble en contradiction avec la décision judiciaire, révélant ainsi un flou juridique sur l’interprétation des textes relatifs à la double nationalité et à la perte automatique de la nationalité d’origine en cas de naturalisation étrangère.

Afin de clarifier sa situation et de réaffirmer son attachement à la Côte d’Ivoire, Tidjane Thiam a officiellement renoncé à sa nationalité française, une décision publiée au Journal officiel français le 20 mars 2025. Cependant, cela n’a pas modifié la décision du tribunal, qui estime que la perte de la nationalité ivoirienne est intervenue dès 1987 et que la renonciation récente ne suffit pas à rétablir ses droits civiques sans une démarche légale formelle de réintégration.

À cinq mois d’une élection présidentielle cruciale, cette controverse soulève des suspicions d’instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Les partisans de Thiam dénoncent une manœuvre destinée à l’écarter du processus électoral, au moment même où il apparaît comme une figure centrale de l’opposition et une alternative sérieuse au pouvoir en place.

De leur côté, ses détracteurs insistent sur le respect strict des dispositions constitutionnelles, affirmant qu’aucune faveur ne devrait être accordée à un candidat, quel que soit son statut ou son parcours.

La délivrance du certificat de nationalité demeure suspendue à une décision de justice à venir, alors que la pression monte sur les institutions pour clarifier la situation. Si la procédure ne lui est pas favorable, Tidjane Thiam pourrait être empêché de se présenter à l’élection présidentielle, un scénario qui redéfinirait radicalement l’équilibre politique ivoirien à l’aube de 2025.

Affaire Amadou Sall : une enquête explosive sur un système d’enrichissement familial sous l’ère Macky Sall

Le 7 mai 2025 pourrait bien marquer un tournant dans l’après-Macky Sall. Amadou Sall, fils de l’ancien président de la République, est attendu au parquet financier dans le cadre d’une affaire au parfum de scandale, mettant en lumière une vaste nébuleuse financière aux ramifications internationales.

Selon les informations exclusives de SeneNews, la convocation d’Amadou Sall concerne une opération opaque de 10 milliards FCFA en bons de caisse, liés à la société offshore Woodrose Investment Ltd et à un compte logé à Nsia Banque. Cette opération s’inscrit dans une enquête plus vaste portant sur des flux financiers suspects évalués à 125 milliards FCFA.

Au cœur de cette affaire : un système de faveurs présumées dont aurait bénéficié Amadou Sall durant le mandat présidentiel de son père. Selon des sources judiciaires bien introduites, l’enquête révèle un réseau de privilèges familiaux, qui aurait notamment permis à Amadou Sall de contourner la réglementation douanière et fiscale du pays.

D’après les documents confidentiels consultés par SeneNews et corroborés par plusieurs témoignages, des exonérations douanières illégales auraient été accordées pour l’importation de conteneurs remplis de voitures de luxe, toutes enregistrées la même année. « La douane a été privée de plusieurs milliards de francs CFA à cause de ces traitements de faveur », confie un agent de la Direction générale des douanes.

En principe, les exonérations fiscales sont strictement encadrées par la loi et accordées sous conditions : statut d’investisseur, création d’emplois ou situation financière difficile. Or, aucune base légale n’aurait justifié ces exemptions accordées à Amadou Sall, si ce n’est son lien filial avec le président de la République en exercice à l’époque.

« Il passait simplement les conteneurs sans payer un franc. Personne n’osait dire non », rapporte un ancien haut cadre des douanes. Un vide juridique entoure ces pratiques : sans acte administratif dénonçant formellement les exonérations irrégulières, la justice peine aujourd’hui à engager des poursuites pour les faits passés.

Toutefois, le dossier des bons de caisse de 10 milliards FCFA pourrait changer la donne. Cette fois, les soupçons portent sur des flux financiers dissimulés, potentiellement liés à du blanchiment de capitaux en bande organisée, via Woodrose Investment Ltd, une société-écran domiciliée à l’étranger.

La CENTIF (Cellule nationale de traitement des informations financières), dans un rapport remis fin mars, a dressé une cartographie des bénéficiaires de ces flux suspects. Amadou Sall y figure parmi les principaux concernés, selon les extraits consultés.

Farba Ngom : ses avocats contestent la saisie de ses titres fonciers et dénoncent une procédure « irrégulière »

La chambre d’accusation de Dakar est attendue ce mardi pour statuer sur l’appel interjeté par les avocats de Farba Ngom, ancien député et proche de l’ex-président Macky Sall, suite à la saisie de dix titres fonciers lui appartenant. Une affaire à la croisée des chemins entre justice, politique et patrimoine, qui suscite de vives réactions de la part de la défense.

Selon le journal L’As, ce sont les avocats de l’homme politique qui ont révélé l’information lors d’une conférence de presse tenue ce lundi. À cette occasion, Me Baboucar Cissé, membre du collectif de défense, a dénoncé une série d’« irrégularités » dans la procédure judiciaire, pointant une atteinte manifeste aux droits de son client.

Les conseils de Farba Ngom rappellent que dès son placement sous mandat de dépôt, leur client avait proposé de consigner des titres fonciers en guise de caution. Une offre qui, selon eux, a été rejetée par le juge d’instruction au motif que « les cautions devaient être inscrites ». Une seconde tentative de cautionnement, introduite par la suite, a également essuyé un refus catégorique, tant du juge que du parquet.

Mais c’est surtout la contradiction entre ce refus et une ordonnance parallèle qui indigne la défense. En effet, une décision aurait été prise dans le même temps pour permettre l’inscription de mesures conservatoires sur lesdits titres fonciers, permettant ainsi leur saisie. « C’est incompréhensible : on rejette une caution en prétextant que les titres ne sont pas valables, et en parallèle, on ordonne leur saisie », a déploré Me Cissé. Ce dernier fustige également le fait que l’ordonnance de saisie ne leur ait été notifiée que trois semaines après sa prise.

Estimant que les droits de la défense ont été bafoués, Me Cissé n’exclut pas de porter l’affaire devant la Cour de justice de la CEDEAO. « Il y a violation manifeste des droits de la défense », a-t-il affirmé, entouré de ses confrères, bien décidés à contester cette procédure jugée injuste.

Nouvelle poursuite judiciaire contre Abdou Nguer : l’enseignant porte plainte pour diffamation

Déjà incarcéré à la prison de Rebeuss dans le cadre d’une autre procédure judiciaire, Abdou Nguer se retrouve à nouveau confronté à la justice. Cette fois, il est poursuivi pour diffamation, un délit prévu par le Code pénal sénégalais, à l’initiative d’un enseignant qui estime avoir été publiquement calomnié.

À l’origine de cette nouvelle procédure, des propos qu’Abdou Nguer aurait tenus publiquement à l’encontre de l’enseignant plaignant. Il aurait affirmé que ce dernier n’était plus en service dans l’Éducation nationale. Or, selon le plaignant, cette déclaration est non seulement fausse, mais porte également atteinte à son honneur professionnel. Il rappelle qu’il a récemment participé, à titre officiel, à la dernière édition du Grand Prix du Chef de l’État pour l’Enseignant, ce qui contredit formellement les accusations de désengagement professionnel portées à son encontre.

Le Code pénal sénégalais définit la diffamation comme « l’allégation ou l’imputation d’un fait précis, portant atteinte à l’honneur ou à la considération d’une personne », dès lors que cette allégation est rendue publique. Que les propos soient diffusés par voie de presse, sur les réseaux sociaux ou dans un cadre ouvert au public, ils peuvent donner lieu à des poursuites correctionnelles, indépendamment de la présence ou non de la personne diffamée.

Dans cette affaire, l’enseignant a choisi la voie de la citation directe, permettant de saisir le juge sans passer par une instruction préalable du parquet. Une audience est initialement prévue devant le tribunal correctionnel de Dakar le 28 mai prochain. Toutefois, cette date pourrait être repoussée en raison du paiement de la consignation, une somme que le plaignant doit déposer pour valider la poursuite de la procédure.

Une fois cette étape franchie, le dossier entrera dans sa phase contentieuse. Il s’agira alors de déterminer la véracité des propos d’Abdou Nguer, leur caractère public et leur éventuelle portée diffamatoire.

Si Abdou Nguer est reconnu coupable, il encourt une amende et potentiellement une peine d’emprisonnement, selon la gravité des faits reprochés et leur impact. Cette nouvelle condamnation, si elle intervient, viendrait alourdir son casier judiciaire et pourrait prolonger sa détention actuelle, alors qu’il est déjà incarcéré dans une autre affaire.

Sénégal : 6 milliards de FCFA versés à deux entreprises après les émeutes – une affaire qui inquiète

Une affaire suscite de vives interrogations au Sénégal, à la suite de révélations du journal L’Observateur sur des paiements controversés effectués par l’État à deux entreprises privées peu après les violentes manifestations du 9 février 2024. Selon le quotidien, près de 6 milliards de francs CFA ont été débloqués au profit des sociétés Synergies Afrique (4,9 milliards) et Henan Chine (791 millions) sous forme de Certificats nominatifs d’obligation (CNO), datés du 26 mars 2024, soit à peine deux jours après l’élection présidentielle ayant consacré Bassirou Diomaye Faye.

Officiellement, ces fonds ont été octroyés au titre de réparations pour des dommages que ces entreprises auraient subis lors des émeutes. Toutefois, plusieurs zones d’ombre entourent la légitimité et le timing de ces paiements. En premier lieu, la Cour des comptes s’interroge sur la pertinence de telles indemnisations, surtout dans un contexte de transition politique où seules les affaires courantes sont censées être traitées.

De plus, la loi impose aux entreprises d’être assurées contre les risques liés à leurs activités. Pourquoi alors mobiliser des ressources publiques pour compenser des pertes qui, en principe, relèvent des assureurs ? Cette question, soulignée par les observateurs, alimente les soupçons de mauvaise gestion, voire de liquidation précipitée de fonds publics à la fin du mandat de l’ancien régime.

Le moment choisi pour ces décaissements – à peine 48 heures après un scrutin décisif – suscite un malaise certain. Pour de nombreux analystes, cela laisse planer le doute sur un possible arrangement de dernière minute ou une tentative de récompenser certaines entreprises proches du pouvoir sortant.

L’Observateur, à l’origine de ces révélations, parle d’une affaire « aussi opaque que préoccupante », exigeant transparence et redevabilité. Le nouveau gouvernement, porté par une promesse de rupture et de bonne gouvernance, pourrait être contraint de lancer une enquête approfondie pour faire toute la lumière sur cette opération.

Alors que le président Diomaye Faye s’est engagé à renforcer la lutte contre la corruption et à réformer la gestion des deniers publics, cette affaire constitue un premier test de crédibilité pour les nouvelles autorités. Plusieurs voix s’élèvent déjà pour demander des audits rigoureux et des sanctions, si des irrégularités sont confirmées.

En attendant les conclusions d’une éventuelle enquête, cette affaire illustre les défis auxquels est confrontée la nouvelle administration : tourner la page d’un système souvent critiqué pour son opacité, tout en rassurant l’opinion sur sa volonté de rompre avec les pratiques du passé.

Scandale politico-financier : Abdou Karim Mbacké sous mandat de dépôt, l’affaire s’élargit

Le vaste scandale politico-financier révélé par le rapport explosif de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) continue de secouer les cercles du pouvoir et du monde des affaires au Sénégal. Ce lundi, une nouvelle arrestation de poids vient étoffer la liste déjà longue des mis en cause : Abdou Karim Mbacké a été placé sous mandat de dépôt dans le cadre d’une enquête pour blanchiment de capitaux, association de malfaiteurs et complicité d’escroquerie.

Mis en cause dans une transaction douteuse portant sur 10 milliards de francs CFA, Mbacké est désormais formellement inculpé dans cette affaire tentaculaire. Les autorités judiciaires le soupçonnent d’avoir joué un rôle clé dans un réseau structuré de détournement présumé de fonds publics et de transferts financiers occultes à l’échelle transnationale.

Il rejoint en détention Ndèye Seynabou Ndiaye, gérante de la société Woodrose Investment Ltd, écrouée depuis peu pour les mêmes chefs d’accusation. D’après les éléments du dossier, Ndiaye aurait facilité des opérations de blanchiment à travers des circuits financiers complexes, dissimulant l’origine et la destination de sommes colossales.

Le dossier, déjà sulfureux, porte désormais sur un montant global de 31 milliards de francs CFA. Les noms de Tahirou Sarr, homme d’affaires réputé, et de Farba Ngom, député influent et proche du cercle présidentiel, continuent de planer comme de lourdes ombres sur cette enquête qui prend chaque jour davantage l’allure d’un séisme judiciaire.

Si ces derniers n’ont pas encore été inquiétés officiellement par la justice, leur implication présumée dans les réseaux mis à nu par la CENTIF attise l’attention de l’opinion publique et la pression médiatique. Pour beaucoup, ce scandale pourrait bien être l’un des plus grands de la dernière décennie, tant par l’ampleur des montants en jeu que par le profil des personnes citées.

Le parquet, de son côté, affiche une volonté claire de faire toute la lumière sur cette affaire. L’instruction suit son cours et, selon des sources proches du dossier, d’autres arrestations pourraient survenir dans les jours à venir.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°464 – 14/05/2025

🔴 EXIGENCE DU BILINGUISME ANGLAIS-FRANÇAIS POUR LE PRÉSIDENT DE LA BAD : OULD TAH, RIVAL LE PLUS « HOTT » DE AMADOU
🔴 UNVERSITÉ DE BAMBEY / BOYCOTT DES COURS PAR LES ÉTUDIANTS : LE CONSEIL ACADÉMIQUE DISSOUT LES AMICALES

🔴 VIET VO DAO / COUPE DE L’AMBASSADEUR DU VIETNAM (1ère ÉDITION) : RAZZIA D’OR DE LA GENDARMERIE
🔴 ATTAQUÉ DE TOUTES PARTS PAR FRANC : EUMEU SÈNE SORT DE SON ANTRE

La coalition DJONE boycotte le dialogue national du 28 mai 2025

Dans une note d’information publiée ce 13 mai, la coalition DJONE annonce son refus de participer au dialogue national convoqué par le président Bassirou Diomaye Faye. Elle dénonce une série d’atteintes graves à l’État de droit, au pluralisme politique et aux libertés fondamentales, pointant notamment l’arrestation d’opposants, les attaques contre la presse et le mépris affiché envers l’opposition.

Université de Bambey : le Conseil académique suspend les cours et dissout les amicales étudiantes après des violences

La situation reste tendue à l’Université Alioune Diop de Bambey, où le Conseil académique s’est réuni ce mardi 13 mai 2025 pour faire face à une crise profonde provoquée par un mouvement étudiant entamé depuis le 18 avril dernier. À l’issue de cette rencontre, des décisions lourdes de conséquences ont été prises, révélant une inquiétude croissante face à l’insécurité qui s’est installée sur le campus.

Le Conseil académique a dressé un tableau sombre de la situation. Les étudiants des Unités de Formation et de Recherche (UFR) ECOMIJ, SATIC et SDD poursuivent un boycott systématique des cours, malgré les efforts de normalisation entrepris par l’administration. Ces perturbations ne se limitent pas aux cours boycottés : des libertés académiques sont mises à mal, des cours pourtant suivis par des étudiants non impliqués dans le mouvement sont volontairement perturbés.

Mais le fait le plus alarmant, selon les autorités universitaires, demeure la recrudescence d’actes violents. Ces manifestations ont mis en péril la sécurité du personnel, des enseignants et des autres usagers du campus, compromettant la continuité du service public universitaire. Il s’agit là, selon l’expression utilisée dans le communiqué, d’« une situation d’insécurité installée ».

Face à cette montée de tensions, le Conseil académique a décidé de maintenir le calendrier universitaire actuel, tout en prenant des mesures drastiques. Il a suspendu les enseignements au sein des UFR ECOMIJ, SATIC et SDD jusqu’au lundi 19 mai 2025 à 8 heures, date à laquelle un retour à la normale est espéré. Il a également annoncé la dissolution des amicales étudiantes de ces trois UFR, estimant que celles-ci ne remplissaient plus leur rôle de cadre de dialogue et de représentation pacifique.

Cette série de décisions intervient dans un climat où les étudiants, eux, dénoncent le mutisme de l’administration face à leurs doléances. Beaucoup ont d’ores et déjà quitté le campus, déclarant une grève illimitée. La fracture semble consommée entre l’administration et une frange importante du corps étudiant.

Justice : deux autres frères de Farba Ngom convoqués le 19 mai, selon son avocat

L’étau judiciaire continue de se resserrer autour de Farba Ngom et de sa famille. Après l’arrestation de l’ancien député-maire d’Agnam, suivie de celle de son frère Demba Ngom et de son tailleur, deux autres proches parents sont désormais dans le viseur. Me Boubacar Cissé, l’un des avocats du principal mis en cause, a annoncé ce mardi que Birane et Ismaïla Ngom, également frères de Farba Ngom, ont été convoqués par la justice pour une audition prévue le lundi 19 mai.

Lors d’une conférence de presse tenue à Dakar, Me Cissé a dénoncé ce qu’il considère comme une dérive inquiétante du système judiciaire. Selon lui, l’affaire a dépassé le cadre de la procédure pénale normale pour s’apparenter à un véritable acharnement contre une famille entière. « On veut jeter toute une famille en prison, humilier une communauté », a-t-il lancé, visiblement outré.

L’avocat est revenu sur l’arrestation de Demba Ngom, qu’il juge totalement injustifiée. « Demba n’était même pas mentionné dans le rapport de la CENTIF. Il vivait à l’étranger et n’était au Sénégal que pour rendre visite à son frère. Et pourtant, il a été arrêté, tout comme le tailleur de Farba. Aujourd’hui, ces hommes sont détenus uniquement pour leurs liens personnels ou familiaux avec Farba Ngom », a déploré Me Cissé.

Le ton est monté d’un cran lorsque l’avocat a révélé les nouvelles convocations. « Le juge convoque maintenant Birane et Ismaïla Ngom pour le 19 mai. Si ça continue, ce seront bientôt ses enfants, son épouse, sa mère… On veut décimer toute une famille. Au nom de quoi ? Il faut que cela cesse », a-t-il martelé.

Pour mémoire, Farba Ngom a été placé sous mandat de dépôt le 27 février 2025, suivi de son frère Demba Ngom, incarcéré à son tour le 28 avril. Cette série d’arrestations, qui touche désormais plusieurs membres du cercle familial de l’ancien député, soulève des interrogations croissantes sur les intentions réelles derrière les poursuites.

Affaire Farba Ngom : Me Oumar Youm dénonce une « commande politique mise en œuvre par le parquet »

Ce mardi 14 mai, lors d’une conférence de presse du collectif des avocats de Farba Ngom, Me Oumar Youm est sorti de sa réserve pour dénoncer avec vigueur la procédure judiciaire en cours contre son client. Il estime qu’elle est le fruit d’une manœuvre politique dissimulée sous des atours judiciaires. À ses yeux, l’inculpation du député-maire d’Agnam ne repose sur aucun fondement sérieux. Selon lui, la justice ne peut fonctionner ainsi dans un État de droit.

Dès l’entame de son intervention, l’avocat a rappelé qu’il est fondamental, lorsqu’on convoque un citoyen devant la justice, de l’informer clairement des raisons de cette convocation. Dans le cas de Farba Ngom, il affirme que ni les faits ni les preuves ne sont présentés de manière cohérente. Il y voit un acharnement ciblé, orchestré depuis les hautes sphères du pouvoir, par le biais du parquet. Il dénonce une affaire montée de toutes pièces, sans éléments matériels, ni indices probants, et sans respect du droit.

Revenant sur les chefs d’inculpation, Me Youm a analysé en détail les accusations d’escroquerie, de complicité d’escroquerie, de détournement de deniers publics et de blanchiment d’argent. Il s’interroge sur la base juridique et factuelle de ces accusations. Selon lui, une infraction comme l’escroquerie nécessite des éléments précis : l’existence d’un faux document, une manœuvre frauduleuse, un mensonge manifeste ayant conduit à l’obtention de fonds. Or, affirme-t-il, rien de tout cela ne figure dans le dossier. Il va plus loin en rappelant que ni Farba Ngom ni Tahirou Sarr n’ont occupé une fonction de comptable ou d’ordonnateur de dépenses, ce qui rend encore plus floue la notion même de détournement.

Concernant le blanchiment de capitaux, Me Youm met en doute la logique même de l’accusation. Il estime que si les transactions évoquées sont toutes traçables, alors il est contradictoire de parler de blanchiment, qui suppose généralement des procédés d’opacification volontaire des circuits financiers.

À ses yeux, si Farba Ngom et son co-accusé comparaissaient devant une juridiction réellement libre et indépendante, ils seraient relaxés. Il appelle à mettre fin à ce qu’il qualifie de dérive judiciaire et à restaurer l’intégrité du système judiciaire sénégalais.

CONTRIBUTION RÉPUBLICAINE : « Pendant que le peuple souffre, le pays s’enlise dans les faits divers »

Contexte :

La situation nationale semble aujourd’hui se résumer à une série de convocations : l’un à la DIC, un autre à la cybersécurité, un autre encore au Pôle Judiciaire Financier. Ces affaires, bien que relevant du champ judiciaire, monopolisent l’espace public : unes des journaux, débats sur les plateaux télé, discussions dans les transports, dans les radios et jusque dans les grand-places. Pendant ce temps, les véritables urgences du pays restent reléguées au second plan.

Enjeux :

Il ne s’agit pas de nier la nécessité pour la justice de faire son travail. Dura lex sed lex. Mais pendant que l’attention générale est absorbée par ces faits divers judiciaires, le quotidien du peuple sénégalais continue de se détériorer. Le chômage progresse, la vie devient de plus en plus chère, le front social est en ébullition, la dernière campagne agricole a été un échec, et l’espoir collectif s’amenuise.

La justice doit suivre son cours — dans le camp du pouvoir comme dans celui de l’opposition — mais la nation ne peut pas se permettre de tourner en rond autour de feuilletons judiciaires alors que des urgences sociales, économiques et environnementales menacent la stabilité du pays. Le régime actuel semble se cacher derrière cette agitation pour masquer son incapacité à répondre aux véritables attentes du peuple.

Propositions :

1. Retour aux priorités essentielles : L’État doit recentrer l’agenda public autour des besoins fondamentaux : emploi, santé, éducation, sécurité alimentaire, et pouvoir d’achat.

2. Dialogue national pour l’apaisement : Un climat de haine et de rancœur gangrène la nation. Il est temps d’ouvrir un véritable dialogue républicain pour restaurer la paix civile.

3. Justice indépendante et équitable : Toute procédure judiciaire doit se dérouler sans instrumentalisation, ni récupération politique. La justice n’est pas un théâtre médiatique.

4. Plan d’urgence social : Lancer immédiatement un programme d’allègement du coût de la vie et de soutien aux secteurs les plus vulnérables (agriculture, jeunesse, femmes, zones rurales).

5. Responsabilité médiatique : Les médias doivent retrouver leur rôle de sentinelle démocratique et ne pas céder à la dérive sensationnaliste.

Conclusion :

Un pays ne se gouverne pas à coups de polémiques. Le peuple a besoin de vision, de résultats et de respect. L’histoire retiendra ceux qui auront œuvré à soulager les souffrances des citoyens, pas ceux qui ont orchestré la diversion.

Mouhamadou Moustapha MANÉ
Président du mouvement R LES RÉPUBLICAINS

Henan Chine et Synergies Afrique : les 5,6 milliards de l’État qui font scandale après les émeutes du 9 février

Alors que le pays peine encore à se relever des douloureuses émeutes du 9 février 2024, une révélation fracassante vient bouleverser l’opinion publique. Le journal L’Observateur a mis au jour une opération financière aussi rapide que controversée : l’État sénégalais aurait versé près de 5,7 milliards de francs CFA à deux entreprises, Henan Chine et Synergies Afrique, en guise d’“indemnisation” pour des pertes subies lors des manifestations. Cette transaction, datée du 26 mars 2024 — soit à peine 48 heures après l’élection présidentielle — soulève de nombreuses interrogations.

Les paiements ont été effectués sous forme de Certificats Nominatifs d’Obligation (CNO), pour un montant total de 5.694.909.156 FCFA, à un moment politiquement très sensible : entre la défaite du régime de Macky Sall et l’installation de Bassirou Diomaye Faye à la tête du pays. Officiellement, il s’agissait de couvrir les “dommages” causés aux équipements de ces entreprises lors des violentes manifestations déclenchées par le report controversé de la présidentielle du 25 février au 15 décembre 2024.

Selon les révélations de L’Observateur, Synergies Afrique aurait reçu 4,9 milliards de FCFA, contre 791 millions pour Henan Chine. Des montants vertigineux qui interpellent d’autant plus que d’autres acteurs économiques — sans parler des simples citoyens — n’ont à ce jour reçu aucune aide ou compensation pour les préjudices subis durant ces émeutes.

L’État justifie l’opération par des clauses contractuelles évoquant une “force majeure”, arguant que des engagements préalables rendaient ces paiements obligatoires. Mais pour de nombreux observateurs, le timing de cette “urgence” budgétaire est troublant.

L’opération, enclenchée dans l’entre-deux tours de la présidentielle et en pleine gestion des affaires courantes, alimente les soupçons d’une manœuvre de dernière minute visant à satisfaire des intérêts privés liés à l’ancien pouvoir. « Était-ce une tentative de vider les caisses de l’État avant le passage de témoin ? », s’interrogent certains analystes.

Ce scandale financier intervient alors que les blessures des émeutes sont encore à vif. Plusieurs jeunes ont perdu la vie, comme Alpha Yoro Tounkara, étudiant à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, tué lors des affrontements. Des centaines de commerces ont été détruits, des biens pillés, des familles endeuillées. Et pourtant, aucune “indemnisation” de cette ampleur n’a été prévue pour ces victimes.

Avec l’arrivée d’un nouveau pouvoir et la promesse d’un Sénégal plus transparent, la question de ces 5,6 milliards de FCFA versés dans la précipitation pourrait bien devenir un dossier explosif pour la justice et les organes de contrôle. D’autant que l’opinion réclame des comptes : qui a autorisé ces paiements ? Sur quelle base ? Et pourquoi seulement ces deux entreprises ?

Affaire Farba Ngom : les avocats dénoncent une « dérive judiciaire » et des « violations graves » des droits de la défense

Ce mardi, lors d’une conférence de presse tenue dans la capitale sénégalaise, les avocats de Farba Ngom ont vigoureusement dénoncé la procédure judiciaire en cours contre leur client, incarcéré depuis trois mois. Devant un parterre de journalistes, Me Doudou Ndoye, Me Baboucar Cissé et Me Abdou Dialy Kane ont fustigé ce qu’ils qualifient de « dérives judiciaires » et de « violations graves des droits humains », dans un dossier qu’ils jugent lourd de motivations politiques et d’abus d’autorité.

L’ancien ministre de la Justice, Me Doudou Ndoye, a ouvert les échanges en exprimant son indignation face à ce qu’il considère comme une détention arbitraire. Selon lui, Farba Ngom est maintenu en prison non pas sur la base de preuves solides, mais simplement en raison de sa fortune personnelle. « Le Sénégal n’est pas un pays de droit. Ce qu’on a fait à Farba Ngom n’est pas juste. Il est enfermé depuis trois mois parce qu’il est riche. À ce rythme, les Sénégalais devront désormais craindre de réussir », a-t-il lancé. Tout en précisant qu’il ne se prononce ni sur la culpabilité ni sur l’innocence de son client, Me Ndoye a rappelé qu’aucun élément probant n’a été avancé pour justifier son incarcération.

Prenant la parole à son tour, Me Baboucar Cissé a dénoncé ce qu’il qualifie de « scandale judiciaire ». Il affirme que les droits fondamentaux de Farba Ngom sont constamment bafoués. Le juriste s’est insurgé contre les décisions du juge d’instruction qu’il accuse d’avoir « piétiné la loi » dans la conduite de cette affaire. Il a particulièrement mis en exergue l’arrestation de plusieurs membres de la famille de l’homme politique, dont son frère Demba Ngom et même son tailleur, qui n’étaient pourtant pas mentionnés dans le rapport initial de la Centif. Poursuivant dans le même registre, Me Cissé a révélé que deux autres frères, Birane et Ismaïla Ngom, ont été convoqués pour le 19 mai prochain. Il estime que la machine judiciaire est devenue un instrument d’acharnement visant à « démolir une famille entière ». « À ce rythme, a-t-il ironisé, il ne restera plus qu’à transformer Agnam en prison à ciel ouvert », a-t-il conclu, visiblement outré.

Me Abdou Dialy Kane, pour sa part, a mis en cause les « pouvoirs exorbitants » dont dispose le ministère public. Selon lui, la procédure actuelle révèle un déséquilibre profond entre les droits de la défense et l’influence du parquet dans les décisions de détention. Il a expliqué que même lorsqu’une chambre d’accusation composée de plusieurs magistrats décide d’accorder la liberté provisoire à un prévenu, il suffit d’un appel du parquet pour maintenir celui-ci en prison. « Le pouvoir que détient aujourd’hui le parquet est démesuré. Et curieusement, ceux qui le dénonçaient lorsqu’ils étaient dans l’opposition sont aujourd’hui silencieux », a-t-il déclaré.

Autre point jugé préoccupant par la défense : les saisies de comptes bancaires de Farba Ngom. Selon Me Kane, ces mesures conservatoires ont été prises alors que l’intéressé n’était même pas encore formellement inculpé. Une irrégularité qu’il considère comme une violation manifeste des textes en vigueur, lesquels stipulent clairement que seules les personnes inculpées peuvent faire l’objet de telles saisies. « Ces saisies sont illégales. La loi est pourtant claire. Mais dans ce dossier, elle est foulée aux pieds », a-t-il martelé.

Face à cette série d’irrégularités qu’ils dénoncent, les avocats de Farba Ngom ont annoncé leur intention de saisir toutes les juridictions compétentes, au Sénégal comme à l’international, pour faire valoir les droits de leur client. Ils appellent à un sursaut de l’appareil judiciaire afin de restaurer l’équilibre des procédures et mettre fin, selon leurs mots, à « l’instrumentalisation de la justice à des fins de règlement de comptes politiques ».

Dernière minute : Azoura Fall et Kaïré placés sous mandat de dépôt, procès prévu jeudi

Les militants du parti Pastef, Assane Guèye alias Azoura Fall et l’influenceur Elhadji Ousseynou Diakhaté, plus connu sous le nom de Kaïré, ont été placés sous mandat de dépôt ce mardi 13 mai 2025. Leur incarcération intervient à l’issue de leur présentation devant le procureur du Tribunal de Grande instance hors classe de Dakar.

Selon leur avocat, Me Bamba Cissé, leur procès est prévu pour ce jeudi. Les deux figures connues pour leur activisme numérique et leurs prises de parole sur les réseaux sociaux sont poursuivies pour des faits qualifiés d’« attentat aux bonnes mœurs ».

Arrêtés puis placés en garde à vue dans les locaux de la Division spéciale de cybersécurité (DSC) depuis lundi, ils sont visés pour des propos ou contenus jugés choquants et contraires aux normes sociales et morales en vigueur.

L’affaire suscite déjà de vives réactions sur les réseaux sociaux, certains dénonçant une répression contre des voix critiques, tandis que d’autres évoquent la nécessité de réguler certains excès dans les espaces numériques.

Le procès de jeudi est très attendu, tant pour son issue judiciaire que pour sa portée politique et sociale, dans un contexte national où la liberté d’expression et l’usage des réseaux sociaux sont au cœur des débats.

Danses obscènes à Ziguinchor : l’Inspection d’Académie dénonce des dérives morales à l’école Antoine de Padoue

L’Inspection d’Académie (IA) de Ziguinchor est montée au créneau ce mardi 13 mai, après la diffusion sur les réseaux sociaux de vidéos montrant des jeunes filles exécutant des danses jugées obscènes. Les faits se sont déroulés lors d’une soirée culturelle organisée par l’École privée laïque Antoine de Padoue, dans le cadre des « 72 heures » de son gouvernement scolaire.

Dans un communiqué officiel, l’Inspecteur d’Académie, Papa Gorgui Ndiaye, a exprimé sa consternation face à ces images qui ont suscité une vive polémique. L’événement incriminé s’est tenu le 9 mai 2025 au terrain de basket du Centre départemental d’éducation physique et sportive (CDEPS) de Ziguinchor.

« Ces écarts de comportement heurtent profondément les valeurs morales et éducatives que l’école est censée promouvoir », a fustigé le responsable académique, qui y voit une grave dérive. Il déplore que de tels actes se produisent alors même que l’Éducation nationale œuvre à la promotion de la citoyenneté et des valeurs à travers l’Initiative pour une Transformation humaniste de l’Éducation (NITHE).

L’IA de Ziguinchor a annoncé l’ouverture d’une enquête pour faire toute la lumière sur les circonstances ayant conduit à ce qu’il qualifie d’« agissements inacceptables ». Il promet que les responsabilités seront situées et que les mesures appropriées seront prises en conséquence.

En guise de rappel à l’ordre, Papa Gorgui Ndiaye a exhorté l’ensemble des chefs d’établissements scolaires à faire preuve d’une vigilance accrue. Il les invite à encadrer rigoureusement les activités menées dans les établissements, notamment celles initiées par les gouvernements scolaires, afin d’assurer le respect strict des normes éducatives, morales et culturelles.

Université de Bambey : mouvement d’humeur des étudiants, les écoles perturbées

L’Université Alioune Diop de Bambey (UADB) est en ébullition. Ce mardi 13 mai, les étudiants ont intensifié leur mouvement de grève, perturbant les activités pédagogiques dans plusieurs établissements scolaires de la ville et affrontant les forces de l’ordre. Cette montée de tension s’inscrit dans le cadre d’un mot d’ordre de grève de 120 heures lancé depuis le 9 mai dernier.

Déterminés à se faire entendre, les étudiants dénoncent des conditions d’apprentissage qu’ils jugent déplorables. Parmi leurs principales revendications figurent le manque criant de salles de cours, l’inexistence d’une infirmerie fonctionnelle, l’absence de lits d’hospitalisation, ainsi que l’indisponibilité d’ambulances pour assurer les évacuations sanitaires. Les problèmes liés à la restauration universitaire sont également au cœur de leur colère.

« Depuis des années, on nous promet des infrastructures qui ne sont jamais livrées. Aujourd’hui, nous exigeons la réception immédiate du complexe universitaire de 1000 lits. Nous ne pouvons plus continuer à vivre dans ces conditions », a déclaré un membre du collectif des étudiants grévistes.

Face à l’inaction des autorités, les étudiants ont décidé de hausser le ton. Ils menacent de forcer l’accès au complexe de 1000 lits s’il n’est pas réceptionné dans les prochains jours. Ils exigent également une réaction immédiate du ministre de l’Enseignement supérieur.

La ville de Bambey, habituellement calme, a été fortement perturbée par ce mouvement. Plusieurs établissements scolaires ont été délogés, créant une situation de panique chez les élèves et les enseignants. La présence des forces de l’ordre sur les lieux n’a pas empêché les échauffourées, témoignant de la tension qui règne actuellement dans la localité.

Kolda : les travailleurs de la mairie en colère contre les retards de paiement des salaires

La tension est montée d’un cran ce mardi matin dans l’enceinte de la mairie de Kolda. Les travailleurs municipaux, réunis en assemblée générale, ont fait entendre leur colère face aux retards répétés dans le paiement de leurs salaires. Visiblement à bout de patience, ils ont dénoncé une situation qu’ils jugent « insoutenable » et qu’ils refusent désormais de tolérer plus longtemps.

« Jusqu’à ce jour, 13 mai, nous n’avons toujours pas perçu nos salaires. Cette situation est devenue insupportable pour nous, chefs de famille. Nous ne comprenons pas ce qui se passe », a fustigé Ibrahima Koïta, secrétaire général de la section locale du Syndicat Unique des Travailleurs Municipaux. Pour lui, ce retard est le dernier d’une longue série. Depuis plus de cinq mois, les salaires tombent avec des délais anormaux, allant parfois au-delà de dix jours. Une situation qui plonge les agents dans une précarité croissante, alors qu’ils doivent faire face à leurs charges familiales et obligations sociales.

Face à la grogne, le maire Mameboye Diao a tenté de calmer les esprits. Interrogé par un correspondant local, il a évoqué des lenteurs administratives comme principal facteur de ces retards. Il a notamment pointé du doigt la procédure de régularisation du personnel et le règlement du passif social lié aux retraités. D’autres causes techniques sont également avancées, comme les pannes récurrentes du logiciel de gestion financière utilisé par la mairie, qui auraient fortement ralenti le traitement des salaires.

« Des virements de crédits avaient été votés lors de la dernière session du conseil municipal pour répondre à ces besoins urgents, mais leur approbation par l’autorité compétente a pris du retard », a expliqué le maire. Il a assuré que des dispositions ont été prises pour résoudre cette crise et que la situation devrait revenir à la normale dans les prochains jours.

Cependant, le maire Mameboye Diao ne cache pas les difficultés structurelles qui plombent la gestion financière de la municipalité. Selon lui, la mairie de Kolda fonctionne presque uniquement sur ses propres ressources, dans un contexte où les financements extérieurs accusent eux aussi du retard. « Les fonds du programme PACASEN pour 2024 et 2025 ne sont pas encore arrivés, tout comme les fonds de concours et de dotation », a-t-il regretté.

Les explications du maire n’ont visiblement pas suffi à rassurer les travailleurs municipaux. Ces derniers demandent des solutions urgentes et concrètes pour mettre fin aux retards de paiement. Ils réclament également plus de transparence sur la situation financière de la mairie et menacent d’intensifier leur mouvement si aucune mesure corrective n’est prise dans les plus brefs délais.

Dialogue national : Babacar Fall du GRADEC invite l’opposition à participer pour faire avancer la démocratie

À deux semaines de l’ouverture officielle du dialogue national prévu du 28 mai au 4 juin 2025, les appels à une participation large et inclusive se multiplient. Ce lundi, lors d’une rencontre à Dakar, trois structures de la société civile – l’ONG 3D, le COSCE et le GRADEC – ont annoncé leur volonté d’y prendre une part active. Elles ont exprimé leur détermination à contribuer aux discussions à travers des propositions concrètes, centrées sur les réformes politiques et électorales.

Parmi les intervenants, Babacar Fall, secrétaire général du Groupe de recherche et d’appui conseil pour la démocratie participative et la bonne gouvernance (GRADEC), a lancé un appel clair à l’endroit des partis d’opposition qui ont fait part de leur intention de boycotter les travaux. Selon lui, refuser de participer à un cadre aussi crucial pour la vie démocratique du pays est une erreur stratégique. Il a insisté sur le fait qu’il est possible d’être en désaccord tout en prenant part au processus.

« Nous l’avons toujours dit, la politique de la chaise vide n’est pas une bonne chose. On n’est pas obligé d’être d’accord sur tout. Même si on n’est pas d’accord, le minimum, c’est de venir exprimer ses préoccupations dans la diversité, dans le respect. C’est ça qui fait avancer la démocratie », a déclaré Babacar Fall.

Le secrétaire général du GRADEC a également souligné que ce dialogue national devait être le plus inclusif possible. Il a invité toutes les parties prenantes de la vie nationale – qu’il s’agisse des syndicats, des personnalités politiques indépendantes ou des mouvements citoyens – à répondre favorablement à l’appel lancé par le président de la République. Pour Babacar Fall, l’absence de certaines forces vives du pays priverait le dialogue de sa richesse et de sa représentativité.

« Nous profitons de cela pour lancer un appel à l’ensemble des parties prenantes, que ce soit syndicat, personnalité politique indépendante ou mouvement citoyen, pour que ce dialogue-là soit le plus inclusif possible, pour que les gens puissent répondre à l’appel du Président », a-t-il poursuivi.

Babacar Fall ne désespère pas de voir les partis réticents changer de position. Il estime que la société civile a encore un rôle à jouer pour favoriser le rapprochement entre les différentes sensibilités politiques. « Maintenant, s’ils ne sont pas d’accord, qu’ils puissent exprimer de vive voix leur désaccord. C’est ça qui fait avancer la démocratie. Je ne désespère pas que, d’ici là, avec les initiatives que la société civile ne manquera pas de prendre, on puisse vraiment ramener les boycotteurs à de meilleurs sentiments », a-t-il lancé.

Il a aussi rappelé que ce dialogue intervient à un moment opportun pour le Sénégal, dans un contexte où les réformes sont attendues aussi bien sur le plan institutionnel qu’électoral. Pour lui, une démocratie ne se fige pas dans une perfection théorique : elle se construit, s’améliore et se réajuste en permanence à partir de l’expérience, des pratiques et des attentes des citoyens.

« Si ce dialogue intervient en ce moment, ce n’est que bénéfice pour nous. Cela nous permettra de baliser le terrain et de discuter pour voir également comment arriver à parfaire notre système démocratique. On a beau faire des réformes, une démocratie n’est jamais parfaite. Il faut tout le temps l’améliorer en partant de la pratique et de l’existant », a conclu Babacar Fall.

Les trois organisations – ONG 3D, COSCE et GRADEC – ont déjà entamé un travail préparatoire. Elles ont commencé à étudier en profondeur les termes de référence du dialogue national, qui ont été largement partagés. Elles entendent s’approprier le contenu de ces documents de base et contribuer à enrichir les thématiques par des apports concrets, issus de leur expertise et de leur ancrage dans les réalités sociales du pays.

Tribunal de Dakar : Azoura Fall et Kaïré déférés au parquet pour atteinte aux bonnes mœurs

Assane Guèye, plus connu sous le pseudonyme d’Azoura Fall, et Elhadji Ousseynou Diakhaté, alias Kaïré, ont été déférés ce mardi 13 mai 2025 au Tribunal de Grande instance hors classe de Dakar, après une garde à vue passée dans les locaux de la Division spéciale de cybersécurité (DSC).

Les deux influenceurs sont poursuivis pour des propos jugés contraires aux bonnes mœurs, selon plusieurs sources concordantes. Leur arrestation, survenue la veille, a rapidement alimenté les débats sur les réseaux sociaux, où les deux mis en cause jouissent d’une importante audience.

Le dossier est désormais entre les mains du procureur de la République, chargé de décider de l’orientation à donner à l’affaire : mise en liberté provisoire, inculpation ou ouverture d’une information judiciaire.

Pour l’heure, aucune déclaration officielle n’a été faite par leurs avocats ni par les autorités judiciaires. Toutefois, cette affaire soulève une nouvelle fois la question de la régulation des contenus en ligne et des limites de la liberté d’expression sur les réseaux sociaux au Sénégal.

Bignona à l’arrêt : journée ville morte après des heurts entre talibés et gendarmes

La ville de Bignona a connu, ce mardi 13 mai, une paralysie totale des activités économiques, sociales et scolaires. À l’origine de cette tension généralisée, un affrontement survenu dimanche dernier sur la route de Diégoune entre des talibés du marabout Fansou Bodian et des éléments de la gendarmerie nationale.

En guise de protestation, les disciples du guide religieux ont décrété une journée morte dans tout le département. Résultat : écoles fermées, marchés déserts, routes nationales bloquées, et transports totalement à l’arrêt. Même les motos Jakarta, qui assurent habituellement les navettes internes, sont absentes des rues.

Malgré les tentatives de médiation des autorités administratives, notamment le préfet de Bignona qui s’est personnellement rendu chez l’imam Fansou Bodian, et l’appel au calme lancé par ce dernier, les talibés ont maintenu leur mot d’ordre. Ils exigent des explications sur ce qu’ils qualifient d’usage « abusif » de la force par les gendarmes lors de l’incident.

Les axes routiers RN4 et RN5, points stratégiques du trafic régional, sont fortement perturbés. Les véhicules de transport interurbain sont stationnés à la gare routière, empêchant toute liaison entre Bignona et les localités environnantes. Plusieurs commerces ont également baissé leurs rideaux, accentuant l’atmosphère de tension.

Les autorités locales appellent à la retenue et multiplient les concertations pour ramener le calme. Une médiation plus large impliquant les chefs religieux et coutumiers est attendue dans les prochaines heures afin d’éviter une escalade de la crise.

Réorganisation au ministère des Finances : Cheikh Diba affecte 132 inspecteurs des Impôts et Domaines

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a initié un important mouvement au sein de l’administration fiscale sénégalaise. Par décret signé ce lundi 12 mai 2025, 132 inspecteurs des Impôts et des Domaines ont été affectés à de nouveaux postes sur proposition du directeur général des Impôts et Domaines.

Cette opération d’envergure s’inscrit dans une logique de modernisation et de redynamisation des services fiscaux. Elle vise à améliorer la performance de l’administration, renforcer la mobilisation des ressources internes de l’État, mais aussi à corriger certains déséquilibres dans la répartition du personnel à travers les différentes structures, aussi bien centrales que déconcentrées.

Selon des sources proches du ministère, ces nouvelles affectations concernent plusieurs niveaux de responsabilité, allant des postes de direction aux services territoriaux, notamment dans les régions où les enjeux liés à la fiscalité foncière et à la collecte des recettes sont cruciaux. L’objectif affiché est de renforcer l’efficacité des services, améliorer la gouvernance fiscale et accroître les performances de collecte dans un contexte budgétaire exigeant.

Cette décision s’inscrit également dans la volonté des nouvelles autorités de promouvoir une gestion plus transparente, équitable et rigoureuse de l’administration fiscale, tout en valorisant les compétences internes.

Le ministère des Finances et du Budget assure que cette réorganisation, loin d’être un simple mouvement administratif, constitue un signal fort de la volonté gouvernementale d’ancrer durablement les réformes dans le secteur fiscal, pilier central du financement des politiques publiques.

Affectation de 132 inspecteurs des Impôts et Domaines : Cheikh Diba opère un vaste chamboulement
Affectation de 132 inspecteurs des Impôts et Domaines : Cheikh Diba opère un vaste chamboulement
Affectation de 132 inspecteurs des Impôts et Domaines : Cheikh Diba opère un vaste chamboulement
Affectation de 132 inspecteurs des Impôts et Domaines : Cheikh Diba opère un vaste chamboulement
Affectation de 132 inspecteurs des Impôts et Domaines : Cheikh Diba opère un vaste chamboulement
Affectation de 132 inspecteurs des Impôts et Domaines : Cheikh Diba opère un vaste chamboulement
Affectation de 132 inspecteurs des Impôts et Domaines : Cheikh Diba opère un vaste chamboulement
Affectation de 132 inspecteurs des Impôts et Domaines : Cheikh Diba opère un vaste chamboulement


Affectation de 132 inspecteurs des Impôts et Domaines : Cheikh Diba opère un vaste chamboulement
Affectation de 132 inspecteurs des Impôts et Domaines : Cheikh Diba opère un vaste chamboulement

Arona Niang placé en garde à vue pour diffusion de fausses informations sur la Covid-19

Arona Niang a été placé en garde à vue ce lundi par les éléments de la Division spéciale de la cybercriminalité (DSC), à la suite de la publication de contenus jugés mensongers sur les réseaux sociaux. Il est accusé d’avoir diffusé de fausses informations impliquant des agents de santé dans la propagation volontaire du virus de la Covid-19.

Selon nos sources, cette interpellation fait suite à une publication virale dans laquelle Arona Niang affirmait que certains membres du personnel médical auraient « délibérément transmis le virus à la population ». Une déclaration grave, non étayée par des preuves, qui a rapidement suscité l’indignation des internautes et des professionnels de santé.

Alerté par l’ampleur de la polémique, le parquet s’est saisi de l’affaire. Il a ordonné l’arrestation du mis en cause pour propagation de fausses nouvelles susceptibles de troubler l’ordre public, un délit prévu et puni par la législation en vigueur.

Actuellement en garde à vue dans les locaux de la DSC, Arona Niang sera entendu dans les prochaines heures par les enquêteurs. Ces derniers chercheront à comprendre les motivations derrière cette publication et à identifier d’éventuelles complicités. Le parquet, de son côté, insiste sur l’importance du respect des règles encadrant la communication en ligne, rappelant que la liberté d’expression ne saurait justifier la diffusion de fausses informations, en particulier dans un contexte sanitaire sensible.

Crise économique au Sénégal : Thierno Bocoum tire la sonnette d’alarme contre la gestion du régime Diomaye Faye

Dans une tribune virulente intitulée « L’économie sénégalaise est stressée », Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR, dresse un réquisitoire sévère contre la gouvernance économique du régime de Bassirou Diomaye Faye, arrivé au pouvoir en avril 2024. À ses yeux, le nouveau pouvoir dissimule une crise structurelle derrière des discours creux et des polémiques secondaires, alors que la population sénégalaise s’enfonce dans une précarité grandissante.

« Le panier de la ménagère est vide », déplore Bocoum, qui décrit une société étranglée par les charges fixes et frappée par une inflation persistante, en dépit des mesures annoncées par le gouvernement. En février 2025, l’exécutif lançait une deuxième phase de lutte contre la vie chère, sans effet notable sur le terrain. Le chômage, notamment chez les jeunes, demeure préoccupant : 20,3 % des actifs sont sans emploi, et 34,4 % des 15–24 ans n’ont ni emploi, ni formation, ni perspectives, selon les chiffres avancés par l’opposant.

Lancé en grande pompe le 14 octobre 2024, le plan Sénégal 2050 entend tripler le PIB par habitant et restaurer la souveraineté économique du pays. Thierno Bocoum remet en question la solidité du projet : « Comment bâtir des prévisions solides sans un diagnostic fiable ? » déclare-t-il. Il souligne l’absence d’audit financier à l’époque du lancement, et la publication tardive, par la Cour des comptes, d’un déficit budgétaire atteignant 12,3 % du PIB et d’un taux d’endettement réel de 99,67 %, bien supérieur aux 83,7 % initialement déclarés.

Thierno Bocoum dénonce également un manque de transparence budgétaire. Le régime actuel, qui critiquait la dette sous Macky Sall, aurait selon lui reconduit les mêmes pratiques sans entreprendre de réformes structurelles. Il pointe du doigt l’adoption de lois de finances rectificatives sans débats parlementaires, et l’absence de rapports trimestriels d’exécution budgétaire. Une opacité sanctionnée en février 2025 par Moody’s, qui a abaissé la note souveraine du Sénégal à B3, évoquant des « déficits masqués » et une « gestion opaque ».

Le secteur des BTP, moteur historique de l’emploi urbain, est quasiment à l’arrêt. Son chiffre d’affaires a reculé de 2,6 % en 2024, selon l’ANSD. Aucun projet structurant n’a été relancé, aggravant la crise de l’emploi. Parallèlement, la pression fiscale, qui culmine à 19,3 % du PIB — un record dans l’UEMOA — asphyxie les entreprises et freine la consommation intérieure.

Face à l’impasse économique, de nombreux jeunes choisissent l’exil, parfois au péril de leur vie. Dans les campagnes, la situation est tout aussi dramatique : 16 000 hectares de cultures ont été noyés en 2024, affectant 250 000 personnes et exacerbant l’insécurité alimentaire. Pour Bocoum, ces crises auraient pu être évitées par une gestion plus rigoureuse : « Ce n’est pas une fatalité. C’est une opportunité transformée en impasse. »

Dans une conclusion sans concession, Thierno Bocoum appelle le pouvoir à « sortir des slogans » pour engager un véritable sursaut national. Il exige une « sincérité budgétaire » et un cap clair pour éviter que le pays ne sombre davantage : « Le Sénégal ne peut plus se permettre l’approximation. Le temps du courage est venu. »

À travers cette tribune, Thierno Bocoum s’impose comme l’une des voix critiques les plus virulentes du paysage politique sénégalais. Son analyse, bien que contestable pour certains, souligne l’urgence d’une remise à plat des politiques économiques dans un contexte où les attentes sociales sont immenses et la marge de manœuvre réduite.

Khalifa Rappeur déféré : entre activisme radical et responsabilité judiciaire

Le rappeur et activiste sénégalais Khalifa Ababacar Khoureichi Ba, plus connu sous le nom de Khalifa Rappeur, a été déféré au parquet pour une série de chefs d’accusation lourds : diffamation, injures publiques, diffusion de données personnelles, provocation aux crimes et mise en danger de la vie d’autrui.

Selon les informations rapportées par Libération, l’artiste controversé est poursuivi à la suite de plusieurs plaintes déposées par des personnalités influentes du monde des affaires et de la politique : Kinan Menheim, PDG de Cercis Group, Moustapha Sow, dirigeant de SF Capital, et Mame Boye Diao, ancien directeur des Domaines. Khalifa Rappeur les accuse respectivement de tentative d’empoisonnement, de détournements de fonds et d’accaparement foncier.

Devant les enquêteurs, le rappeur a assumé l’intégralité de ses déclarations, revendiquant son rôle de « lanceur d’alerte ». Il affirme avoir voulu attirer l’attention du parquet financier sur des faits qu’il juge graves. Toutefois, il n’a apporté aucune preuve tangible pour étayer ses accusations, se basant essentiellement sur des contenus publiés sur les réseaux sociaux et dans certains médias, souligne le journal.

Khalifa Rappeur a également reconnu avoir publié des informations personnelles sur les personnes visées, notamment des photos de domiciles et des plaques d’immatriculation, actions qu’il justifie par son engagement militant. Conscient de la gravité de la situation, l’artiste a exprimé ses regrets, présenté des excuses aux plaignants et promis de supprimer les publications incriminées, dans l’espoir d’une clémence de la justice.

Ce n’est pas la première fois que Khalifa Rappeur se retrouve confronté à la justice pour des faits similaires. Déjà poursuivi en 2021 et 2024, son cas pose une nouvelle fois la question de la frontière entre liberté d’expression, activisme citoyen et responsabilité juridique.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°463 – 13/05/2025

🔴 CÔTE D’IVOIRE / FORUM AFRICA CEO 2025 : DIOMAYE MISE SUR LE POTENTIEL SÉNÉGALAIS
🔴 DIALOGUE NATIONAL DU 28 MAI : FORTE MOBILISATION DE LA SOCIÉTÉ CIVILE

🔴 LIGUE 1 (23E J.) / VICTORIEUSE CONTRE GÉNÉRATION FOOT : GORÉE DANS LE RÉTROVISEUR DU JARAAF
🔴 SACCAGE DU BUS DU JARAAF : L’AS PIKINE SE DÉDOUANE ET PORTE PLAINTE

Africa CEO Forum 2025 : Le président Diomaye Faye en concertation avec ses homologues africains à Abidjan

À l’occasion de l’édition 2025 de l’Africa CEO Forum, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye s’est entretenu, en marge de la cérémonie d’ouverture, avec ses homologues ivoirien, Alassane Dramane Ouattara, et mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Ces rencontres bilatérales se sont tenues ce lundi à Abidjan, en Côte d’Ivoire, où se déroule ce sommet incontournable du secteur privé africain.

Le président Diomaye Faye a pris part à l’ouverture officielle de ce forum annuel aux côtés de plusieurs autres dirigeants du continent, dont Paul Kagame du Rwanda et Cyril Ramaphosa d’Afrique du Sud. Leur présence témoigne de l’importance stratégique accordée à cette plateforme de dialogue et de coopération économique.

Lors de son allocution d’ouverture, le président Alassane Ouattara a mis en lumière les opportunités offertes par l’intelligence artificielle pour le continent africain. Il a souligné le rôle déterminant de la jeunesse dans ce domaine en pleine expansion, appelant à un soutien accru pour favoriser son engagement. Selon lui, le moment est venu pour l’Afrique de concevoir, dans un esprit de synergie entre les secteurs public et privé, des solutions concrètes et audacieuses adaptées aux réalités du continent.

Il a exprimé le souhait que ce forum soit un véritable « moment de vérité et d’engagement », et a réitéré son ambition de voir émerger une nouvelle génération de champions économiques africains, citant les efforts consentis par la Côte d’Ivoire pour soutenir l’essor de son tissu entrepreneurial.

La participation du président Bassirou Diomaye Faye à cette édition du forum illustre l’intérêt croissant du Sénégal pour les dynamiques économiques continentales. Elle traduit aussi sa volonté de renforcer les échanges sud-sud dans un contexte où la transformation structurelle, la digitalisation et l’industrialisation sont plus que jamais au cœur des enjeux de développement.

Créé en 2012 par le Jeune Afrique Media Group, en partenariat avec la Société financière internationale (IFC), l’Africa CEO Forum s’est imposé comme un rendez-vous de référence pour les décideurs économiques du continent. Il réunit chaque année des chefs d’entreprise, des investisseurs, des responsables politiques et des représentants d’institutions financières pour promouvoir une croissance inclusive et durable à l’échelle africaine.

Africa CEO Forum 2025 : Bassirou Diomaye Faye affiche sa vision d’une souveraineté numérique stratégique

À l’occasion de l’Africa CEO Forum 2025, qui s’est tenu à Abidjan les 11 et 12 mai, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a dévoilé une vision claire et résolue : faire du numérique un pilier de la transformation économique et sociale du Sénégal. Présent à ce rendez-vous incontournable des décideurs africains, il a exposé les grands axes de sa stratégie en matière de souveraineté numérique, une ambition qu’il juge prioritaire et incontournable.

Interpellé sur la manière dont il envisage la souveraineté numérique dans un contexte d’ouverture aux opérateurs internationaux, le chef de l’État a souligné que cette démarche ne vise pas l’isolement mais plutôt la maîtrise stratégique des enjeux technologiques. Selon lui, l’Afrique ne peut se permettre de rater la révolution numérique, après avoir manqué les précédentes transformations majeures du monde. C’est pourquoi il entend placer le Sénégal à l’avant-garde de cette dynamique continentale.

Le président Faye a structuré sa vision autour de trois axes fondamentaux : le contrôle des infrastructures numériques, la montée en compétences des ressources humaines locales, et l’adaptation du cadre réglementaire. Il a tenu à rassurer les partenaires internationaux en précisant que cette approche ne signifie ni repli ni autarcie, mais vise à établir des partenariats équilibrés et respectueux de la souveraineté des États africains, en particulier en ce qui concerne la gestion des données.

Parmi les projets phares annoncés figure la création de datacenters souverains au Sénégal, qui permettront de sécuriser les données nationales tout en renforçant l’indépendance technologique du pays. Cette initiative s’inscrit dans un programme plus large de formation de la jeunesse et de renforcement des compétences locales dans le domaine du numérique. Pour le président sénégalais, la donnée est devenue un levier décisif pour la prise de décision publique et un enjeu de souveraineté à part entière.

Abordant la question du financement, Bassirou Diomaye Faye a reconnu l’importance des investissements nécessaires pour concrétiser cette vision. Il a estimé à 1,7 milliard de dollars le montant global du « nouveau deal technologique » du Sénégal, un plan qui nécessite une mobilisation à la fois de capitaux publics et privés. Le président mise ainsi sur des partenariats public-privé pour bâtir une économie numérique solide et durable.

Il a conclu en insistant sur l’importance de s’approprier les infrastructures, non seulement pour les exploiter pleinement, mais aussi pour garantir la souveraineté sur les données nationales. Ce modèle de coopération, selon lui, doit se fonder sur un cadre légal strict, garant de l’intérêt national, tout en valorisant l’expertise locale et en attirant des partenaires étrangers prêts à s’engager dans une relation de confiance et de transparence.

Autonomisation économique des femmes au Sénégal : 2 milliards de francs CFA mobilisés par l’APEFE et le ministère de la Famille et des Solidarités

L’Agence de Coopération des entités gouvernementales belges francophones (APEFE), en partenariat avec le ministère de la Famille et des Solidarités, met sur la table une enveloppe de 2 milliards de francs CFA à travers le programme “JIGEEN Ni Tamit 2.0”. Ce programme vise à accompagner 200 femmes entrepreneures sénégalaises, dont 100 issues des régions de Ziguinchor et Kolda.

“JIGEEN Ni Tamit 2.0” est une initiative dédiée à l’autonomisation économique des femmes, en particulier celles œuvrant dans le secteur de la transformation agroalimentaire. Les filières ciblées sont notamment celles du lait, de la pêche (halieutique), ainsi que des fruits et légumes, comme l’a précisé Alsény Bangoura, adjoint au gouverneur chargé du développement. Ce dernier présidait la réunion du Comité régional de développement (CRD) consacrée au lancement des activités opérationnelles du programme.

Selon M. Bangoura, “ce programme vient à son heure”, soulignant que Ziguinchor est reconnue pour le dynamisme de ses organisations féminines dans le domaine de la transformation agroalimentaire. Le choix de cette région pour le lancement n’est donc pas anodin. Il s’agit d’accompagner ces femmes dans la formalisation de leurs structures, de renforcer leurs capacités techniques et de les aider à améliorer le marketing territorial de leurs produits.

De son côté, Nancy Ndour, directrice de l’autonomisation économique des femmes au ministère de la Famille et des Solidarités, a précisé que l’objectif principal du programme est d’améliorer le développement et l’organisation des entreprises dirigées par des femmes. Elle a ajouté que 100 femmes seront sélectionnées dans les régions de Kolda et Ziguinchor, selon des critères d’éligibilité bien définis.

Pour Françoise Daxhelet, administratrice des programmes de l’APEFE, il s’agit là d’un partenariat solide et durable :

“Nous sommes très heureux d’appuyer le ministère dans la mise en œuvre de ce programme qui entre aujourd’hui dans sa deuxième phase. Celle-ci est dotée d’un budget d’environ 2 milliards de francs CFA, et s’étendra jusqu’au 31 décembre 2026.”

Alexis Sagna

Placement en garde à vue d’Azoura Fall : son avocat dénonce une « injustice » et annonce une plainte contre celui qui a publié la vidéo

Azoura Fall a été placé en garde à vue ce lundi 12 mai, suscitant une vive réaction de son avocat, Me Bamba Cissé. Selon ce dernier, cette mesure fait suite à des propos jugés insultants envers Mame Mbaye Niang et l’ancien président Macky Sall. Le militant est désormais poursuivi pour « attentat aux bonnes mœurs », une qualification que conteste fermement son conseil.

Me Cissé a expliqué que son client, récemment libéré après plus d’un an d’incarcération, est profondément marqué par les conditions extrêmes qu’il a vécues en détention. Il a notamment évoqué une cellule surpeuplée dans laquelle Azoura Fall aurait cohabité avec plus de cinquante personnes, dormant à peine quinze minutes par jour pendant six mois. L’avocat a également rappelé les dix-sept jours passés en retour de parquet au commissariat central, un passage qualifié de traumatisant.

Selon lui, cette expérience pénitentiaire éprouvante aurait fragilisé psychologiquement son client, au point d’influencer les propos qu’on lui reproche aujourd’hui. Il affirme que ces déclarations doivent être comprises comme une réaction de colère, nourrie par le sentiment d’injustice et de persécution, Azoura Fall tenant personnellement Mame Mbaye Niang et Macky Sall pour responsables de son état de santé actuel.

Autre point soulevé par Me Cissé : la vidéo à l’origine des poursuites. Il affirme que celle-ci n’est pas récente, qu’elle daterait de plus de neuf mois, et surtout qu’elle n’a pas été publiée par Azoura Fall. Ce dernier a d’ailleurs déposé une plainte contre la personne qui a mis en ligne la séquence, estimant être victime d’une injustice d’autant plus grande qu’il ne serait ni l’auteur ni le diffuseur de la vidéo incriminée.

Dialogue national : La société civile alerte sur le risque d’un boycott et d’une démocratie fragilisée

À l’approche du Dialogue politique national convoqué par le président de la République, la société civile sénégalaise hausse le ton. Réunie à travers le consortium ONG 3D, COSCE, GRADEC et d’autres partenaires, elle a lancé un atelier stratégique préparatoire avec l’appui de l’Union européenne dans le cadre du programme Saxal Jamm. L’objectif est clair : favoriser une participation active, cohérente et inclusive de la société civile aux réformes politiques et électorales à venir.

Trois thématiques majeures seront au cœur des échanges : la démocratie et les droits de l’homme, le processus électoral, ainsi que les réformes institutionnelles. Pour Babacar Fall, secrétaire général du GRADEC, cette initiative est non seulement une réponse à l’appel au dialogue lancé par les autorités, mais aussi un rempart contre tout risque de dérive institutionnelle.

Alors que certains acteurs politiques menacent de boycotter ce rendez-vous national, la société civile tire la sonnette d’alarme. Elle juge que toute absence à la table des négociations représente une atteinte à la démocratie. Moundiaye Cissé, directeur exécutif de l’ONG 3D, insiste sur l’importance du dialogue malgré les désaccords. Il rappelle que seule une confrontation responsable des idées peut faire progresser le pays sur la voie démocratique.

Face à cette situation, la société civile appelle l’ensemble des composantes actives de la nation – partis politiques, syndicats, mouvements citoyens – à prendre part aux discussions. Elle souhaite porter une voix issue de la base, à travers un mémorandum unifié, pour influencer les grandes orientations à venir.

Au-delà des enjeux politiques, cette mobilisation est également un acte de sauvegarde démocratique. En intégrant des femmes, des jeunes, des personnes vivant avec un handicap et des ambassadeurs de la paix, les organisateurs entendent poser les bases d’un dialogue représentatif et durable. Dans un contexte marqué par la polarisation et l’incertitude, ils estiment qu’un déficit de concertation ouvrirait la voie à la division et à l’appauvrissement du débat démocratique. Ce dialogue préparatoire se veut ainsi une ultime ligne de défense pour préserver la participation citoyenne et la légitimité des décisions à venir.

Casamance : la société civile appelle à une nouvelle approche pour consolider la paix

Deux ans après la trêve initiée par la faction Diakaye du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC), la quête d’une paix durable dans cette région du sud du Sénégal reste plus que jamais d’actualité. Acteurs de la société civile, représentants de l’État, universitaires et anciens combattants se sont retrouvés pour discuter autour du thème : « Paix définitive en Casamance : enjeux et perspectives, Diakaye : un cas d’école ».

La rencontre, organisée par la Coordination sous-régionale des organisations de la société civile pour la Paix en Casamance (COSCPAC), a mis en lumière l’urgence d’adopter une nouvelle approche après plus de quatre décennies de conflit. « Il faut changer de fusil d’épaule », a déclaré Henry Ndecky, coordonnateur de la COSCPAC, soulignant que seules les négociations peuvent désormais ouvrir la voie à une sortie de crise. Il a ainsi invité l’État du Sénégal et les différentes factions du MFDC à privilégier un dialogue franc et inclusif.

La COSCPAC a également plaidé en faveur de la libération des détenus liés au conflit, estimant qu’un tel geste contribuerait à décrisper le climat et à renforcer les dynamiques de réconciliation.

De son côté, Alsény Bangoura, adjoint au gouverneur chargé du développement, a rappelé les efforts engagés par les pouvoirs publics, notamment dans le cadre du Plan Diomaye pour la Casamance. Il a évoqué des actions concrètes comme le retour progressif des populations déplacées et le traitement de plus de 55 000 demandes d’état civil, condition essentielle pour une réinsertion sociale effective.

Toutefois, M. Bangoura a reconnu que la situation reste fragile, malgré les avancées. « La paix est en marche, mais elle demeure fragile. Les enjeux sont nombreux », a-t-il averti, pointant les défis liés à la réintégration des ex-combattants, à la sécurisation des zones de retour, à la restauration de la confiance entre l’État et les populations, et à la nécessité d’un développement économique réellement inclusif.

Division spéciale de cybersécurité : Azoura Fall en garde à vue pour diffusion de contenus contraires aux bonnes mœurs

Assane Guèye, plus connu sous le pseudonyme Azoura Fall, militant actif du parti Pastef, a été placé en garde à vue par la Division spéciale de cybersécurité (DSC), a appris Seneweb. Il est poursuivi pour diffusion de discours contraires aux bonnes mœurs sur les réseaux sociaux.

Interpellé dans le cadre d’une enquête ouverte par les autorités judiciaires, Azoura Fall a été assisté par un collectif d’avocats composé notamment de Famara Faty, Abdy Nar Ndiaye, Bamba Cissé, Saïd Larifou et Abdoulaye Tall.

Selon les informations disponibles, son déferrement au parquet est prévu ce mardi, sauf changement de dernière minute. L’affaire suscite déjà des réactions sur les réseaux sociaux, certains y voyant une nouvelle arrestation à caractère politique visant des voix critiques proches de l’opposition.

Hivernage 2025 : le gouvernement fixe une feuille de route ambitieuse contre les inondations

Le gouvernement sénégalais a tenu, ce lundi 12 mai 2025, un Conseil interministériel consacré à la prévention et à la gestion des inondations à l’approche de l’hivernage. Réuni à la Primature sous la direction du Premier ministre Ousmane Sonko, l’exécutif a défini un ensemble de mesures urgentes visant à garantir la sécurité des populations et la continuité des activités socio-économiques sur l’ensemble du territoire.

Selon le communiqué officiel, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, en collaboration avec les ministres des Collectivités territoriales et des Transports terrestres, est chargé de veiller au lancement immédiat et à la finalisation des opérations pré-hivernage d’ici le 15 juillet 2025. Dans ce cadre, des instructions ont été données au ministre des Infrastructures pour assurer l’entretien et la réhabilitation des ouvrages de franchissement dans les zones vulnérables.

Le gouvernement entend également anticiper les crues fluviales en renforçant la coordination avec l’OMVS et l’OMVG. Une attention particulière sera portée à la surveillance des bassins fluviaux, avec une planification rigoureuse des lâchers d’eau aux barrages de Diama et Manantali afin d’éviter les débordements.

Dans les localités les plus exposées, des motopompes de grandes capacités seront prépositionnées sur les points critiques identifiés, accompagnées de descentes électriques. L’acquisition de ces équipements se fera avec le soutien du ministère des Finances. Par ailleurs, les acteurs communautaires bénéficieront d’une formation spécifique assurée par la Brigade nationale des sapeurs-pompiers, pour les préparer à intervenir efficacement en cas de sinistre.

Les ministères de l’Éducation, de l’Agriculture, de l’Intérieur, des Forces armées, des Infrastructures et des Transports auront la responsabilité de garantir la continuité des services essentiels, notamment les écoles, lieux de culte, marchés et axes routiers. En ce qui concerne les chantiers en cours, des plans d’accélération sont exigés, avec, si nécessaire, des mesures transitoires pour limiter les risques liés aux inondations.

Le ministère de l’Intérieur mettra à jour le recensement des moyens publics et privés disponibles pour les interventions d’urgence, tout en renforçant la dotation en équipements de protection civile, tels que les paratonnerres. D’ici fin juillet, des plans de contingence territoriaux devront être établis, incluant des dispositifs locaux de pilotage, des moyens d’assistance et des stocks prépositionnés.

Des exercices de simulation sont également prévus, ainsi qu’une campagne de sensibilisation à la prévention des noyades. La sécurisation des bassins de rétention, le recensement et l’évacuation des bâtiments menaçant ruine font également partie des actions programmées.

Sur le plan financier, le ministère des Finances devra augmenter d’au moins 50 % les ressources affectées à la Matrice d’Actions prioritaires de Lutte contre les Inondations, et régler sans délai les arriérés dus aux entreprises engagées dans les travaux. Le gouvernement prévoit aussi de renforcer le maillage du territoire en radars météorologiques, en stations pluviométriques et en équipements de surveillance des bassins hydrauliques.

Un système de communication en temps réel pour la diffusion des alertes et des informations utiles sera mis en place. En parallèle, une grande campagne de sensibilisation démarrera dès ce mois de mai, suivie de journées citoyennes de mobilisation prévues entre juillet et août, en partenariat avec les forces de défense et de sécurité.

Popenguine : 125 kg de chanvre indien saisis sur la plage de Guéréo

Une opération de la brigade territoriale de la gendarmerie de Popenguine a permis de saisir 125 kilogrammes de chanvre indien le dimanche 11 mai 2025 sur la plage de Guéréo, une zone côtière située dans la commune de Popenguine.

Selon les autorités, les trafiquants, surpris par la présence des gendarmes, ont pris la fuite, abandonnant sur place plusieurs sacs contenant la marchandise prohibée. Cette saisie s’inscrit dans le cadre des actions de surveillance renforcées menées dans les zones littorales et fluvio-maritimes, ciblées pour leur vulnérabilité face aux réseaux de trafic de stupéfiants.

La gendarmerie nationale, dans un communiqué parvenu à la rédaction de PressAfrik, rappelle que ses unités territoriales intensifient les patrouilles dans les zones sensibles. Elle lance également un appel à la collaboration des populations, en particulier celles vivant à proximité des plages et des points de débarquement informels, afin de signaler tout mouvement suspect.

Cette saisie confirme la persistance du trafic de drogue sur les côtes sénégalaises, malgré les efforts déployés par les forces de sécurité. Elle relance aussi la question de la sécurisation des zones côtières et de la lutte contre les réseaux qui exploitent ces espaces pour acheminer des substances illicites vers les centres urbains.

Cybersécurité au Sénégal : le CERT existe mais reste à renforcer

Alors que le Sénégal poursuit sa transition numérique, les défis liés à la cybersécurité deviennent de plus en plus pressants. Parmi les instruments essentiels dans cette lutte figure le Centre de traitement des incidents informatiques, plus connu sous le nom de CERT. Mais si le Sénégal en possède un officiellement, son efficacité reste sujette à débat.

La polémique a été relancée à la mi-avril par Daouda Sow, directeur général de Tex Groupe, une entreprise sénégalaise spécialisée dans la sécurité numérique. Dans une interview à l’Agence de presse sénégalaise (APS), il a déclaré que le Sénégal faisait partie des rares pays de la région à ne pas disposer d’un CERT pleinement opérationnel. Cette affirmation a soulevé de nombreuses réactions dans le milieu de la cybersécurité.

En réalité, le Sénégal dispose bien d’une structure dédiée. La Direction générale du Chiffre et de la Sécurité des Systèmes d’Information (DCSSI), rattachée à la Présidence de la République, supervise le Centre national opérationnel de cybersécurité (CNOC). Ce centre abrite un CERT/CSIRT national dont le mandat est d’assurer une veille continue, de détecter les menaces, d’analyser les incidents et d’y répondre efficacement, aussi bien dans le secteur public que privé.

Ousmane Bob, directeur du Data Center de Diamniadio, confirme l’existence de ce dispositif. Selon lui, sans cette structure, les cyberattaques récentes contre la Banque de l’Habitat, la Banque de Dakar (BDK) ou encore certaines rédactions de médias n’auraient pu être contenues.

Cependant, malgré cette présence institutionnelle, plusieurs voix s’élèvent pour souligner les limites du CERT sénégalais. D’abord, il reste très peu visible sur la scène publique. Les publications techniques, les alertes ou les recommandations adressées aux entreprises et aux citoyens sont rares. De plus, le site web dédié au CERT-SN est partiellement inactif, ce qui nuit à la transparence et à la diffusion des informations.

Le manque de clarté sur les moyens techniques et humains disponibles, ainsi que l’absence d’informations concrètes sur les équipes en place, posent aussi problème. À cela s’ajoute une coordination multisectorielle encore timide entre les différents acteurs concernés, qu’il s’agisse des ministères, des opérateurs télécoms, des banques ou des entreprises technologiques.

Face à ces constats, certains experts estiment que le Sénégal doit encore franchir plusieurs étapes pour se doter d’un CERT pleinement fonctionnel, comparable à ceux du Maroc (MaCERT), de la Côte d’Ivoire (Ci-CERT) ou de la Tunisie (TunCERT), considérés comme des modèles régionaux.

Il convient toutefois de noter que des efforts sont en cours. La DCSSI multiplie les forums et les consultations avec les acteurs du secteur afin de structurer davantage ce dispositif et de lui donner un rôle plus visible dans l’écosystème numérique sénégalais. Mais pour être à la hauteur des menaces de plus en plus sophistiquées, une accélération de la mise en œuvre s’impose.

La montée en puissance du CERT-SN est ainsi devenue une urgence stratégique. Dans un contexte où la numérisation touche tous les secteurs de l’économie, de l’administration aux finances, la souveraineté numérique du Sénégal dépendra de sa capacité à se protéger efficacement contre les cybermenaces. L’État est donc attendu sur la concrétisation d’un CERT crédible, actif et coordonné, pour assurer la sécurité des données et des infrastructures critiques du pays.

Forum Africa CEO 2025 : Le président Diomaye Faye renforce l’attractivité économique du Sénégal

Présent à Abidjan pour le prestigieux forum Africa CEO 2025, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a mis à profit ce grand rendez-vous du secteur privé africain pour dérouler sa diplomatie économique. Ce lundi 12 mai, en marge de la cérémonie d’ouverture qui a réuni plus de 2 500 dirigeants d’entreprise, le chef de l’État a accordé deux entretiens stratégiques à fort potentiel économique pour le Sénégal.

La première audience a été accordée à Marco Arcelli, PDG du groupe Acwa Power, spécialisé dans la production d’énergie et le dessalement de l’eau. Les discussions ont porté sur d’éventuels projets d’envergure dans le domaine énergétique, un secteur clé pour le développement du Sénégal. Le président Diomaye a mis en avant les ambitions de son gouvernement en matière de transition énergétique et d’indépendance électrique, insistant sur les opportunités d’investissements durables et innovants.

Le second entretien s’est tenu avec Raley White, vice-président du groupe Yango, un acteur incontournable de la technologie et du transport intelligent. La rencontre a été l’occasion d’aborder les perspectives de coopération dans les domaines de la mobilité urbaine, des plateformes numériques et de l’innovation technologique. Le président a exprimé son intérêt pour les solutions de transport adaptées aux besoins urbains croissants du Sénégal et pour un transfert de savoir-faire au profit de la jeunesse sénégalaise.

À travers ces deux audiences ciblées, Diomaye Faye réaffirme sa volonté de faire du Sénégal une destination de choix pour les investissements structurants. Sa participation active au forum Africa CEO témoigne également d’un positionnement clair en faveur de l’intégration économique africaine et de la coopération Sud-Sud.

Injures contre Macky Sall : l’influenceur Kaïré interpellé à son tour devant la DSC

La tension monte dans les milieux des influenceurs proches de l’opposition. Après la convocation de l’influenceur Azoura Fall ce lundi par la Division spéciale de cybersécurité (DSC), un autre visage bien connu des réseaux sociaux, Kaïré, a été arrêté alors qu’il venait manifester son soutien devant les locaux de ladite division.

Kaïré, de son vrai nom Azoura Fall Kaïré, est accusé d’avoir proféré des injures contre l’ancien président de la République, Macky Sall, lors d’un live diffusé ce week-end sur TikTok. Selon les informations disponibles, ses propos jugés diffamatoires seraient intervenus dans un contexte de colère, après une descente musclée des forces de l’ordre chez un proche de son ami Azoura Fall.

Militant notoire du parti Pastef, Kaïré n’en est pas à sa première sortie virulente sur les réseaux sociaux. Mais cette fois, ses déclarations lui valent une interpellation pour « injures publiques » à l’encontre d’une autorité de l’État.

Les deux influenceurs sont désormais dans le viseur de la justice, au moment où les autorités renforcent la lutte contre les dérives sur les plateformes numériques. Du côté de leurs partisans, c’est la consternation, tandis que plusieurs internautes dénoncent une atteinte à la liberté d’expression.

L’affaire sera suivie de près, tant elle soulève à nouveau le débat sur la frontière entre critique politique, liberté d’opinion et respect des figures publiques.

Ziguinchor : marche citoyenne pour célébrer deux ans de dépôt des armes du Front Nord du MFDC

À l’approche du deuxième anniversaire du dépôt des armes par la branche armée du Front Nord du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC), une marche pacifique a été organisée ce dimanche 11 mai 2025 à Ziguinchor. L’événement, initié par l’association « Dynamique de Paix », a rassemblé des citoyens, des autorités administratives et des acteurs de la société civile venus saluer une étape majeure dans le processus de paix en Casamance.

Cette initiative vise à rappeler l’importance de préserver les acquis du désarmement et à encourager un climat de dialogue entre les parties prenantes. Arborant des pancartes et scandant des messages d’unité, les participants ont marché dans les rues de Ziguinchor pour célébrer cette avancée dans la longue quête de paix dans la région.

Présent à la marche, l’adjoint au gouverneur de Ziguinchor, Alasseny Bangoura, a salué le geste des ex-combattants et l’initiative de la « Dynamique de Paix ». Il a insisté sur la nécessité de maintenir le dialogue pour consolider la stabilité dans la région.

M. Bangoura a aussi rendu un hommage appuyé à Fatoma Coly, ancien commandant de la base rebelle de Diakaye, reconverti en acteur de paix. « Il a joué un rôle crucial dans le processus de désarmement. Nous devons saluer son courage et son engagement en faveur d’une paix durable », a-t-il déclaré.

Pour mémoire, le 13 mai 2023 marque une date symbolique dans le processus de pacification de la Casamance : 250 ex-combattants de la faction de Diakaye, dans le département de Bignona, avaient officiellement déposé les armes dans une cérémonie hautement symbolique. Certains équipements militaires avaient été incinérés, en signe de rupture définitive avec la lutte armée.

Deux ans plus tard, la marche du 11 mai apparaît comme un acte fort pour rappeler que la paix ne s’improvise pas : elle se construit chaque jour, par des gestes symboliques, des engagements concrets et la volonté collective de tourner la page de la violence.

Dialogue national du 28 mai : Fadel Barro et le mouvement « Jammi Gox Yi » répondent présents

Le mouvement citoyen « Jammi Gox Yi », dirigé par Fadel Barro, figure emblématique de l’engagement civique au Sénégal, a annoncé sa participation au dialogue national convoqué par le président Bassirou Diomaye Faye, prévu pour le 28 mai 2025. Une décision motivée par la gravité des enjeux et la volonté d’apporter des propositions concrètes pour relever les défis auxquels le pays est confronté.

Invité à s’exprimer sur la RFM, Fadel Barro a justifié la présence de son mouvement par la nécessité d’exprimer les aspirations profondes des citoyens : « Nous sommes invités à ce dialogue et nous irons avec nos préoccupations, nos revendications, notre souhait et notre vision du chemin que le Sénégal devrait emprunter sur le plan politique. » L’ancien coordonnateur du mouvement Y’en a marre entend ainsi faire de cette tribune un espace de propositions et de vigilance citoyenne.

Pour Fadel Barro, le Sénégal traverse une phase critique. « Le pays vit des moments extrêmement difficiles », a-t-il alerté, citant les dysfonctionnements dans les secteurs de la justice, les tensions économiques et sociales, ainsi que le désespoir de la jeunesse. Cette dernière, selon lui, est désemparée au point de « braver la mer et le désert » pour fuir le pays.

Dans ce contexte, il estime que la main tendue du président Diomaye Faye doit être saisie. « Allons-y et parlons franchement des vrais problèmes », a-t-il lancé, appelant à une discussion sans tabous autour des réformes politiques, économiques et sociales nécessaires pour un renouveau du pays.

Alors que de nombreux acteurs politiques, sociaux et économiques se préparent à prendre part à ce dialogue national, la présence de figures comme Fadel Barro apporte une dimension citoyenne et populaire à cette rencontre. Elle confirme aussi l’engagement des mouvements de la société civile à participer activement à la construction d’un Sénégal nouveau, fondé sur l’écoute, la justice et la transparence.

La société civile sénégalaise en ordre de bataille pour un dialogue politique inclusif et salutaire

À l’approche du Dialogue Politique National initié par le Président de la République, la société civile sénégalaise se mobilise pour jouer pleinement son rôle de sentinelle démocratique. À travers un atelier stratégique de préparation, organisé par le consortium ONG 3D, COSCE, GRADEC et autres structures partenaires, une dynamique collective se met en place pour garantir une participation forte, cohérente et inclusive aux prochaines réformes politiques et électorales.

Cet atelier, parrainé par l’Union Européenne dans le cadre du programme Saxal Jamm, met sur la table trois thématiques majeures : la démocratie et les droits de l’homme, le processus électoral et les réformes institutionnelles. Trois axes considérés comme fondamentaux pour asseoir une gouvernance transparente, équitable et durable.

Pour Babacar Fall, secrétaire général du GRADEC, « cette initiative constitue une réponse nécessaire à l’appel au dialogue, mais également une barrière contre le danger d’une déviation institutionnelle ». Un avertissement qui prend tout son sens alors que des menaces de boycott planent sur le processus. La société civile, consciente des risques de polarisation, tire la sonnette d’alarme : l’absence de certains acteurs à la table des négociations pourrait porter atteinte à l’équilibre démocratique du pays.

Moundiaye Cissé, directeur exécutif de l’ONG 3D, renchérit : « Le dialogue, même face aux divergences, est essentiel pour toute progression démocratique ». À ses yeux, la société civile ne peut se contenter d’un rôle d’observateur. Elle doit être un régulateur actif, capable de rassembler syndicats, partis politiques, mouvements citoyens, jeunes, femmes, personnes en situation de handicap, et ambassadeurs de la paix autour d’un espace d’échange national.

Dans cette perspective, les organisateurs entendent porter la voix de la base à travers un mémorandum partagé, fruit des débats de l’atelier, qui servira de boussole pour orienter les grandes décisions à venir. Il s’agit d’aller au-delà des mots et de proposer des pistes concrètes, réalistes et acceptables pour une refondation du contrat social et politique.

Mais l’enjeu dépasse le seul cadre des discussions politiques. Il s’agit aussi, selon les acteurs présents, d’un acte de survie pour la démocratie sénégalaise. Dans un contexte de tensions, de méfiance institutionnelle et d’incertitudes, seule une concertation authentique, inclusive et pérenne permettra d’éviter les fractures profondes et les dérives autoritaires.

Détournement de deniers publics : l’ex-directeur de l’hôpital Roi-Baudouin déféré au parquet

Cheikh Mbaye Seck, ancien directeur général de l’hôpital Roi Baudouin de Guédiawaye, a été déféré ce lundi matin au parquet du tribunal de Pikine-Guédiawaye, à la suite d’une garde à vue menée par la Section de recherches de la gendarmerie de Keur Massar. Il est poursuivi pour escroquerie, faux et usage de faux, ainsi que détournement de deniers publics, dans une affaire qui met en lumière des pratiques financières douteuses au sein de l’établissement hospitalier.

L’affaire remonte à un contrat de sous-traitance en restauration hospitalière, au cœur duquel une restauratrice, engagée par M. Wade – titulaire officiel du marché –, aurait fourni des services sans jamais recevoir de paiement. Pourtant, un chèque de 5 millions de F CFA, censé couvrir ses prestations, a bien été émis. Problème : le nom du bénéficiaire aurait été modifié, pour être finalement attribué à Khady, assistante personnelle du Dr Seck.

Toujours selon les informations de L’Observateur, Khady aurait encaissé les fonds avant de les remettre à M. Seck, puis aurait quitté le pays en direction du Canada, laissant la victime sans recours. Cette dernière, n’ayant jamais été remboursée, a décidé de porter plainte contre M. Wade, qui a fini par impliquer l’ancienne direction de l’hôpital.

L’enquête ouverte par la gendarmerie a conduit à plusieurs auditions, notamment celles du directeur des finances, du chef du personnel infirmier, et du responsable de l’économat, tous entendus comme témoins. Ces confrontations ont placé l’ex-directeur général dans une posture de plus en plus inconfortable face à la justice.

Contacté par PressAfrik, le Dr Seck a confirmé sa garde à vue et son transfert au tribunal : « Oui, effectivement, j’ai été placé en garde à vue, mais actuellement je suis en route vers le tribunal de Pikine pour répondre au procureur », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Mais l’affaire est déjà réglée. »

Scandale à la Gendarmerie : la 42e promotion dénonce un détournement de 182 millions de F CFA

Un nouveau scandale financier secoue les rangs de la gendarmerie nationale. Les élèves de la 42ᵉ promotion, réunis au sein d’une coopérative d’habitat, ont saisi le parquet financier pour dénoncer un détournement présumé de 182 millions de F CFA, qu’ils imputent à leur ancien président.

Selon les informations du journal Libération, les jeunes gendarmes versaient depuis cinq ans une cotisation mensuelle de 15 000 F CFA dans le cadre d’un projet immobilier. L’objectif était clair : acquérir un terrain de 9 hectares situé à Yenne, en périphérie de Dakar. Mais à leur grande surprise, malgré les versements réguliers, aucun document foncier ne leur a été remis à ce jour.

Des mois d’attente, ponctués de promesses non tenues, ont fini par éveiller les soupçons. L’enquête interne ouverte par la gendarmerie a révélé que les paiements n’avaient jamais été effectués auprès du promoteur immobilier. Plus grave encore, l’ancien président de la coopérative, radié depuis de la gendarmerie, refuse toujours de remettre les documents comptables — notamment les relevés bancaires liés au compte ouvert à la Banque Internationale pour le Sénégal (BIS).

Cette affaire relance le débat sur la transparence dans la gestion des coopératives d’habitat au sein des corps militaires. Elle n’est pas sans rappeler le scandale de 2022 impliquant la 47e promotion, où des fonds collectifs avaient également disparu dans des conditions floues.

Santé d’Azoura Fall : Me Abdoulaye Tall alerte sur un état de santé préoccupant

Interpellé dans le cadre d’une enquête menée par la Division spéciale de la cybersécurité (DSC), Assane Gueye alias Azoura Fall, est actuellement au cœur de toutes les préoccupations de son avocat, Me Abdoulaye Tall. Ce dernier, s’exprimant à la suite de l’audition de son client, a lancé une alerte publique sur la dégradation de son état de santé.

Selon Me Tall, Azoura souffre de plusieurs pathologies sérieuses. « Il est gravement malade. Nous avons déposé un dossier médical attestant de ses problèmes de foie, de poumons, mais aussi de troubles mentaux. Il ne jouit pas de toutes ses facultés mentales et physiques », a-t-il déclaré, pointant du doigt les effets néfastes de la détention sur la santé de son client.

Le dossier Azoura s’inscrit dans une procédure judiciaire déclenchée pour des propos jugés « contraires aux bonnes mœurs » par les autorités. Me Tall a rappelé avec insistance que son client reste présumé innocent à ce stade de l’enquête.

Par ailleurs, l’avocat a également évoqué l’arrestation de El Hadj Ousseynou Diakhaté, alias Kairé, appréhendé le même jour alors qu’il accompagnait Azoura à sa convocation. Lui aussi est poursuivi pour des propos similaires, toujours dans le cadre de cette même procédure.

Face à cette situation, Me Abdoulaye Tall en appelle à la responsabilité des autorités judiciaires et à un traitement humain du dossier. « Il y va de la vie d’un homme », a-t-il insisté, réclamant une prise en charge médicale urgente pour son client.

Affaire des DAT cassés et non reversés au Trésor : Birima Mangara visé pour 10,5 milliards de F CFA

L’affaire des Dépôts à terme (DAT) non reversés au Trésor public continue de secouer la sphère politico-financière sénégalaise. Après la mise en cause d’Amadou Ba, ancien Premier ministre, l’enquête s’oriente désormais vers Birima Mangara, ancien ministre délégué chargé du Budget sous le régime de Macky Sall. Il est visé pour une opération portant sur 10,5 milliards de F CFA.

Selon les révélations du journal L’Observateur, le parquet financier, à travers la Division des investigations criminelles (DIC), s’intéresse à une correspondance officielle portant le numéro 004459 MEFT/DGCPT/TG. Ce document, signé par Birima Mangara, aurait autorisé le placement de 10,5 milliards de F CFA en dépôt à terme (DAT) à la Banque Crédit du Sénégal (CDS).

Or, d’après la Cour des comptes, qui a levé le voile sur ces pratiques dans son rapport couvrant la période 2019–2024, ce dépôt a été “cassé”, c’est-à-dire retiré avant son échéance, sans que les fonds ne soient reversés au Trésor public. Un manquement grave aux règles de gestion des deniers publics.

L’affaire prend une tournure encore plus troublante avec une seconde lettre, cette fois datée du 12 juillet 2017 (N°7056 MEFP/DGB), également signée par Birima Mangara. Elle ordonnait le transfert de 10 milliards de F CFA à la Conciliation foncière de l’UEMOA. Aucun document ne précise les raisons de cette opération ni sa conformité avec les procédures budgétaires en vigueur.

Député de la 15e législature, Birima Mangara ne peut être entendu par la justice qu’après la levée de son immunité parlementaire. Cette procédure devra passer par l’Assemblée nationale, qui sera confrontée à une décision lourde de conséquences.

L’affaire des DAT cassés, d’un montant global estimé à plus de 141 milliards de F CFA, s’annonce comme l’un des plus grands scandales financiers de ces dernières années. Elle met en lumière la nécessité d’un renforcement des mécanismes de contrôle et de transparence dans la gestion des finances publiques.

Mansour Faye face à la justice : l’ancien ministre nie toute culpabilité dans la gestion du fonds anti-Covid

L’ancien ministre du Développement communautaire, de l’Équité sociale et territoriale, Mansour Faye, est désormais dans le viseur de la justice sénégalaise. Ce lundi 12 mai, le quotidien L’Observateur a rapporté que le beau-frère de l’ex-président Macky Sall a déclaré “ne pas se voir en prison”, en réaction à la procédure engagée contre lui dans le cadre de la gestion du fonds de riposte contre la pandémie de Covid-19.

Ce fonds, d’un montant de 1.000 milliards de francs CFA, avait été mobilisé par l’État du Sénégal, sous le régime de Macky Sall, avec l’appui de plusieurs bailleurs internationaux. Il visait à renforcer le système sanitaire, soutenir les ménages les plus vulnérables, préserver le tissu économique et maintenir les emplois durant la crise sanitaire.

Mais deux ans après, en décembre 2022, la Cour des comptes publiait un rapport accablant. Plusieurs irrégularités y ont été relevées, notamment des cas de surfacturation : 2,7 milliards de francs CFA dans l’achat de riz destiné aux ménages défavorisés et 42 millions de francs CFA dans l’acquisition de gel hydro-alcoolique. Ces anomalies ont entraîné des soupçons de mauvaise gestion, voire de détournement de fonds publics.

En réponse, l’Assemblée nationale a voté des résolutions de mise en accusation pour faire toute la lumière sur la gestion de ces ressources exceptionnelles. Mansour Faye, qui était aux commandes d’un département stratégique durant cette période, est l’un des principaux mis en cause.

Malgré l’ouverture de cette procédure judiciaire, l’ancien ministre continue de clamer son innocence. Ses déclarations, relayées par L’Observateur, témoignent d’un refus de reconnaître toute responsabilité dans les malversations pointées par la Cour des comptes.

Enquête sur les 125 milliards de la Centif : Mansour Faye dénonce une traque politique visant Macky Sall

Alors que le fils de l’ex-président, Amadou Sall, est visé par une enquête du Parquet financier, Mansour Faye monte au créneau et accuse le pouvoir actuel de vouloir atteindre Macky Sall à travers sa famille.

L’affaire fait grand bruit dans le landerneau politico-judiciaire sénégalais. Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall, devait se présenter le 7 mai dernier devant le Pool judiciaire financier (PJF), dans le cadre de l’enquête sur des transactions financières jugées douteuses, pour un montant faramineux de 125 milliards de francs CFA. Un rapport accablant de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) aurait pointé son nom, entre autres, dans cette affaire qui secoue actuellement les hautes sphères de l’État.

Mais le principal concerné ne s’est pas présenté à sa convocation. Les raisons de son absence restent floues, voire inconnues à ce jour. En réaction, le Parquet financier a requis un mandat de dépôt contre toutes les personnes impliquées dans ce scandale présumé. Une décision qui suscite indignation dans le camp de l’ancien régime.

Pour Mansour Faye, ancien ministre et maire de Saint-Louis, cette procédure judiciaire n’est qu’un écran de fumée visant à atteindre une cible bien plus symbolique : l’ancien chef de l’État lui-même. « Ce n’est pas Amadou Sall qu’ils veulent, c’est Macky Sall. Cette affaire est une entreprise politique, une chasse à l’homme », a-t-il martelé dans un entretien accordé à L’Observateur, paru ce lundi.

Le beau-frère de Macky Sall ne cache pas son amertume et dénonce une cabale politique mal dissimulée. « Ils vont lamentablement échouer. Ils ne pourront jamais ébranler ni la famille biologique de Macky Sall, ni sa famille politique », tranche-t-il avec assurance.

Mansour Faye défend fermement le bilan de son beau-frère, qu’il érige en modèle de gouvernance. « Macky Sall a fait du Sénégal ce que notre pays est devenu jusqu’à son départ. Aujourd’hui, nous sommes la risée du monde entier avec des dirigeants qui ne savent pas où ils vont. Pendant ce temps, Macky Sall rayonne à l’international. Quel gâchis ! », lance-t-il, amer.

Affaire des DAT non reversés : Birima Mangara dans le viseur de la justice pour 10,5 milliards FCFA

L’affaire des Dépôts à Terme (DAT) non reversés au Trésor public prend une nouvelle ampleur. Après les premières révélations fracassantes du rapport de la Cour des comptes sur la gestion des finances publiques entre 2019 et mars 2024, c’est désormais l’ancien ministre délégué chargé du Budget, Birima Mangara, qui se retrouve au centre d’une tourmente judiciaire pour un montant de 10,5 milliards FCFA.

Selon des informations exclusives rapportées par L’Observateur, deux courriers signés de Birima Mangara ont mis le feu aux poudres. Le premier, référencé N°004459 MEFP/DGCPT/TG, autorise le placement de 10,5 milliards FCFA en dépôt à terme à la banque Crédit du Sénégal. Le second, daté du 12 juillet 2017 (N°7056 MEFP/DGB), ordonne un virement de 10 milliards FCFA à la Conciliation foncière de l’UEMOA — sans qu’aucune justification légale ne soit avancée.

Ce double mouvement financier, effectué en toute discrétion, suscite aujourd’hui des interrogations graves sur l’usage réel de ces fonds publics et sur les chaînes de contrôle internes à l’administration budgétaire de l’époque.

Mais ce cas n’est que la face visible d’un iceberg plus vaste. Toujours selon L’Observateur, 141 milliards de FCFA de Dépôts à Terme auraient été cassés avant leur échéance sans être réinjectés dans les caisses de l’État. Une perte colossale, synonyme d’un manque à gagner majeur pour les finances publiques, que la Cour des comptes qualifie d’opération “hors cadre légal”.

Le schéma présumé repose sur un système opaque : de gros placements dans des établissements bancaires, puis des retraits anticipés, dans des zones grises échappant à la traçabilité du Trésor public. Une “privatisation rampante” des fonds publics, selon certains experts, qui dénonce une gestion parallèle de l’argent de l’État.

Aujourd’hui député à l’Assemblée nationale, Birima Mangara bénéficie de l’immunité parlementaire. Pour que les enquêteurs puissent l’auditionner, cette immunité devra être levée, à moins que l’ancien ministre ne décide de se présenter volontairement devant les autorités judiciaires.

La pression est d’autant plus forte que d’autres hauts responsables sont cités dans ce dossier explosif. Il s’agit notamment d’Amadou Bâ, ex-ministre des Finances et ancien Premier ministre, ainsi que Cheikh Tidiane Diop, ex-secrétaire général du ministère des Finances devenu plus tard directeur du Trésor.

La balle est désormais dans le camp du Parquet financier, qui pourrait donner son feu vert à des convocations devant la Division des investigations criminelles (DIC). Si l’affaire suit son cours, elle pourrait devenir l’un des plus grands scandales de détournement de fonds publics de la décennie au Sénégal.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°462 – 12/05/2025

🔴 IMPLOSION DANS « TAXAWU SENEGAL » : BARTH’ – KHAF’ : FIN DE L’IDYLLE
🔴 « CETTE VOLONTÉ DE VOULOIR EFFACER MACKY EST IMPOSSIBLE » : YORO DIA TACLE LE PASTEF

🔴 3e PLACE MONDIAL BEACH SOCCER 2025 : LE SÉNÉGAL RATE LE BRONZE
🔴 SACCAGE DE SON BUS ET NUL CONTRE L’AS PIKINE : LA DOUBLE PEINE DU JARAAF

Électricité : la Senelec annonce des perturbations temporaires du 13 au 19 mai

La Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) informe ses clients qu’elle procédera à des ajustements techniques pouvant entraîner des perturbations dans la fourniture d’électricité entre le 13 et le 19 mai 2025.

Dans un communiqué transmis à la rédaction de Ledakarois, la Senelec explique que ces désagréments sont liés au basculement au gaz naturel des unités de production de Bel Air, d’une capacité totale de 335 mégawatts (MW). Cette opération s’inscrit dans le cadre de l’exécution de la stratégie « Gas to Power », qui vise à assurer une transition énergétique plus propre et plus durable.

La Senelec tient toutefois à rassurer sa clientèle en soulignant que des mesures d’atténuation sont prévues pour minimiser les effets de cette indisponibilité temporaire sur la qualité du service. Des dispositions techniques et logistiques ont été mises en place pour garantir une continuité raisonnable de la distribution d’électricité durant cette période.

Ce chantier, bien que générateur de contraintes ponctuelles, représente une étape importante vers l’indépendance énergétique du pays et une amélioration à long terme de l’efficacité et du coût de la production d’électricité.

Rencontre mondiale de l’expertise comptable : le Sénégal va accueillir l’ACOA 2027

C’est désormais officiel : le Sénégal accueillera la 9ᵉ édition du prestigieux Congrès Africain des Experts-Comptables (ACOA) en 2027. Cette décision a été rendue publique lors de la cérémonie de clôture de l’édition 2025, qui s’est tenue à Kigali, au Rwanda, du 6 au 9 mai, et qui a rassemblé plus de 2.500 participants venus des cinq continents, incluant des représentants de la Fédération Internationale des Comptables (IFAC) et d’autres organisations majeures de la profession.

Ce choix porté sur le Sénégal est salué comme une reconnaissance du leadership croissant de l’Ordre National des Experts-Comptables et Comptables Agréés (ONECCA) du Sénégal. Il témoigne également de la crédibilité du pays sur les plans politique, économique et institutionnel, et de la clarté des signaux envoyés par les nouvelles autorités sénégalaises en matière de bonne gouvernance, de transparence financière et de lutte contre les flux financiers illicites.

Mor Dieng, président de l’ONECCA et par ailleurs président en exercice de l’Association of Accountancy Bodies in West Africa (ABWA), a exprimé toute sa fierté et son engagement :

« Ce congrès sera une vitrine de l’excellence sénégalaise et africaine. Il placera le Sénégal au cœur des réflexions stratégiques sur l’avenir de la profession comptable, sur les enjeux liés à la finance durable, à la digitalisation, et à l’éthique dans les affaires. »

Il a promis un événement d’envergure, coorganisé avec les partenaires continentaux tels que la PAFA (Pan African Federation of Accountants), la FIDEF (Fédération Internationale des Experts-Comptables Francophones), ainsi que les institutions étatiques.

L’ACOA 2027 ne sera pas qu’un simple rassemblement professionnel. Il s’agira d’un événement multisectoriel à fort impact, susceptible de dynamiser plusieurs branches économiques au Sénégal, notamment l’hôtellerie, le transport, la communication, les services et le tourisme d’affaires. Il offrira également une plateforme de visibilité pour les jeunes experts-comptables, les start-ups et les institutions de formation.

Le Sénégal entend mobiliser l’ensemble de son écosystème économique, académique et institutionnel pour faire de cette 9ᵉ édition un succès. Des comités d’organisation et de pilotage seront mis en place dès 2026 pour assurer une préparation rigoureuse, avec le soutien du ministère des Finances, de l’enseignement supérieur et des partenaires techniques.

Saré Bidji : les populations dénoncent des expropriations et exigent un audit foncier

La commune de Saré Bidji, située en périphérie de Kolda, est secouée par une vive contestation populaire. Ce dimanche 11 mai, les habitants, réunis au sein du Comité de vigilance et de veille sur les terres, ont manifesté leur indignation face à ce qu’ils qualifient d’expropriations abusives et de gestion foncière opaque. À travers une déclaration publique, ils ont exigé la restitution immédiate de leurs terres et la réalisation d’un audit foncier couvrant la période de 2012 à 2025.

Le porte-parole du comité, Chérif Diallo, n’a pas mâché ses mots : « Nous n’entendons pas perdre nos terres. On marchera sur nos cadavres. Nous demandons un audit foncier. » Les accusations portent sur des lotissements jugés irréguliers, opérés selon eux au mépris des droits des familles détentrices de terres ancestrales.

La tension est exacerbée par le dossier sensible du chantier de modernisation de l’aéroport local. Selon le comité, 50 familles auraient été dépossédées de 46 hectares sans la moindre indemnisation. « C’est inadmissible », déplore M. Diallo, dénonçant une injustice flagrante et un manque total de transparence.

En renfort à cette mobilisation, la section locale du FRAPP (Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine), représentée par Aliou Gérard Koita, a exprimé son soutien sans réserve aux populations affectées. « Trop, c’est trop. Il faut que cela cesse. Nous appelons le président à intervenir personnellement pour faire la lumière et mettre fin à ces injustices », a-t-il déclaré.

Les habitants de Saré Bidji attendent désormais une réponse ferme des autorités centrales. Leurs priorités sont claires : obtenir la restitution des terres expropriées, faire toute la lumière sur les pratiques foncières locales et obtenir réparation pour les préjudices subis. Face à cette mobilisation déterminée, le silence ne semble plus être une option.

Clarification sur la lettre dénonçant Cheikh Bamba Dièye à l’AIBD : L’agent Abdoulaye Mbaye se défend

À la suite de l’article intitulé « AIBD : “Une gestion opaque” de Cheikh Bamba Dièye dénoncée, la direction générale dément, évoque des mesures correctives et un plan social », un agent de l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD), répondant au nom d’Abdoulaye Mbaye, a pris contact avec notre rédaction pour apporter des précisions.

L’agent, bien que portant le même prénom et nom que l’auteur de la lettre en question, a fermement démenti toute implication dans cette affaire. Au téléphone, Abdoulaye Mbaye a exprimé son étonnement face à la confusion suscitée par l’article, précisant qu’il avait reçu plusieurs appels et messages de ses proches, inquiets de ce qui semblait être une confusion entre lui et l’auteur de la lettre.

Il a souligné qu’il n’était en aucun cas mêlé à la rédaction ou à la diffusion de ce courrier. Dans cette même optique, il a rappelé son devoir de réserve en tant qu’agent de l’AIBD, soulignant qu’il lui est strictement interdit de divulguer des informations relatives à la gestion interne de l’aéroport ou aux affaires sensibles qui concernent ses responsables.

Abdoulaye Mbaye a insisté sur le fait qu’il n’a pris aucune part dans les accusations de gestion opaque dirigées contre Cheikh Bamba Dièye. Il a précisé qu’il se trouve dans une position où il doit respecter la confidentialité de la structure au sein de laquelle il exerce ses fonctions.

Ainsi, en réponse à la confusion soulevée par l’article, cet agent de l’AIBD tient à clarifier sa position et à rassurer ses proches, ses collègues et l’opinion publique quant à son absence d’implication dans cette affaire.

Trafic de drogue à Yoff : un étranger arrêté en possession de crack

Une opération menée vendredi 9 mai par les agents de la Division opérationnelle de l’OCRTIS a permis l’interpellation d’un individu de nationalité étrangère à Yoff, dans la commune de Dakar. L’homme a été arrêté en possession de 2,5 grammes de crack, une drogue dure particulièrement addictive, alors qu’il se trouvait aux abords du commerce « La Brioche Dorée », un lieu très fréquenté du quartier.

Selon les premières informations de l’enquête, la substance saisie était destinée à la revente locale. Le suspect a été immédiatement placé en garde à vue pour trafic de stupéfiants. Il devrait être présenté au parquet dans les prochaines heures.

Cette arrestation s’inscrit dans la stratégie de lutte active contre le trafic de drogue que mène l’OCRTIS, qui multiplie les interventions ciblées dans les zones à risque comme Yoff. Ce quartier, densément peuplé et dynamique, fait l’objet d’une attention particulière de la part des forces de sécurité, soucieuses d’endiguer la prolifération de substances illicites.

Les autorités policières ont réaffirmé leur engagement à poursuivre sans relâche la traque des trafiquants, petits ou grands, qui nuisent à la sécurité publique. Elles invitent également les populations à rester vigilantes et à signaler tout comportement suspect aux forces de l’ordre.

Fou Malade se lance en politique : un parti Hip-Hop baptisé « Jëff » attendu en 2026

Le rappeur et activiste sénégalais Malal Talla, plus connu sous son nom de scène Fou Malade, a franchi un nouveau cap dans son engagement citoyen. Lors de la 3e édition du projet Jahowo Démocratie, tenue samedi en présence de plusieurs acteurs de la société civile, il a annoncé la création prochaine de son propre parti politique baptisé « Jëff », qui signifie « agir » en wolof.

Prévu pour voir le jour en janvier 2026, ce parti se veut une extension politique de l’idéologie Hip-Hop. Selon Fou Malade, il s’agira d’un cadre alternatif, ancré dans les valeurs de justice sociale, de responsabilité et d’action concrète au service du peuple sénégalais. Il explique que « le Hip-Hop, qui fête ses 50 ans cette année, ne doit plus se contenter d’interpeller le pouvoir : il est temps qu’il participe pleinement à la construction politique de la nation ».

Longtemps engagé dans les luttes sociales, notamment aux côtés des jeunes et des mouvements citoyens, Fou Malade souhaite ainsi transformer son militantisme en outil institutionnel. Il estime que la voix des artistes et des acteurs culturels mérite d’être entendue au même titre que celle des professionnels de la politique.

L’annonce de cette initiative suscite déjà de nombreuses réactions, entre curiosité et encouragements. Le lancement de « Jëff » pourrait marquer une nouvelle ère pour la participation des artistes au débat politique sénégalais, à l’heure où les lignes bougent et où la demande de renouveau se fait de plus en plus pressante.

Dakar : des féministes perturbent la conférence de Tariq Ramadan

La venue de l’islamologue Tariq Ramadan à Dakar n’est pas passée inaperçue. Invité à animer une conférence religieuse ce samedi à l’espace Maam Samba, sur la route de Ngor, le penseur musulman a été brièvement confronté à une manifestation féministe dénonçant sa présence sur le sol sénégalais.

Quelques instants après le début de son intervention, un groupe de militantes a surgi devant la salle, criant des slogans hostiles. Certaines brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire des accusations explicites. Les manifestantes dénonçaient les nombreuses affaires de viol dans lesquelles le conférencier est mis en cause en Europe, malgré les procédures judiciaires encore en cours.

Face à cette irruption soudaine, les organisateurs, appuyés par un service de sécurité renforcé, notamment des membres du mouvement Baye Fall, sont rapidement intervenus. Le dispositif mis en place a permis de contenir les protestataires à l’extérieur du lieu, sans incident majeur ni affrontement physique.

Après ce moment de tension, la conférence a pu reprendre dans le calme, sous haute surveillance. L’événement s’est poursuivi jusqu’à son terme, mais le climat était visiblement marqué par l’atmosphère lourde générée par cette manifestation.

Tariq Ramadan, personnalité influente dans les cercles intellectuels musulmans francophones, continue de diviser l’opinion. Sa présence au Sénégal, pays réputé pour sa tradition de tolérance religieuse et son attachement à la paix sociale, suscite des débats vifs. Pour certains, il demeure un intellectuel brillant injustement ciblé. Pour d’autres, sa venue est perçue comme une provocation inacceptable tant que les accusations de violences sexuelles n’ont pas été définitivement tranchées par la justice.

Cet épisode à Dakar rappelle que, partout où il se déplace, Tariq Ramadan cristallise tensions, adhésions et oppositions dans une équation toujours aussi sensible.

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