Seydi Gassama plaide pour une justice plus humaine face aux détenus malades

Invité de l’émission Champ Contre Champ sur la RTS ce jeudi, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, a livré une analyse critique des tensions persistantes entre l’actuel gouvernement et l’ancien régime.

Au cœur de son intervention figurait le dossier Farba Ngom, dont l’état de santé continue de susciter de vives interrogations. Selon Gassama, les expertises médicales commandées par la justice sont sans ambiguïté : la première recommandait que l’ancien député ne soit pas maintenu en détention en raison de sa santé jugée fragile ; la seconde, sollicitée par le juge d’instruction, a abouti exactement à la même conclusion. Il a insisté sur le fait que ces rapports émanaient de médecins de l’État et non de praticiens personnels de l’intéressé, ce qui, selon lui, renforce leur crédibilité et écarte les soupçons de complaisance.

Le responsable d’Amnesty International a également évoqué le cas de l’épouse du journaliste Madiambal Diagne, lourdement handicapée et atteinte de pathologies chroniques depuis plusieurs années. Pour Gassama, l’incarcération de personnes en situation de grande vulnérabilité médicale contribue à nourrir l’idée d’un acharnement judiciaire, surtout lorsque ces individus présentent un risque de fuite extrêmement faible. Il juge essentiel que la justice adopte une approche plus humaine et conforme aux standards internationaux, en privilégiant dans ces situations des mécanismes alternatifs à la détention.

Dans cette optique, il a rappelé que le placement sous bracelet électronique constitue une solution crédible et déjà utilisée au Sénégal. Il a souligné que plusieurs responsables politiques en bonne santé en bénéficient actuellement, ce qui, selon lui, rend encore plus incompréhensible le maintien en détention de personnes gravement malades. Le bracelet électronique n’est pas, a-t-il précisé, une manière d’absoudre un justiciable, mais un moyen de garantir sa présence à tout moment, de lui permettre de rester auprès de sa famille et de recevoir les soins nécessaires, tout en demeurant sous le contrôle strict de la justice.

Seydi Gassama a conclu en appelant l’État à veiller à l’humanisation des poursuites afin d’éviter d’alimenter les soupçons d’inégalité de traitement. Pour lui, les préoccupations légitimes en matière de santé doivent être conciliées avec les impératifs judiciaires : « Dès qu’on aura besoin d’eux, ils répondront. Et s’ils doivent être condamnés, ils le seront », a-t-il affirmé, invitant les autorités à faire preuve de cohérence et d’équité dans la gestion des dossiers sensibles.

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