Rapports d’exécution budgétaire 2024-2025 : Pape Malick Ndour critique une gestion budgétaire « incohérente » et « peu sincère »

L’économiste Pape Malick Ndour s’est exprimé sur les rapports d’exécution budgétaire du premier trimestre 2025 et du quatrième trimestre 2024. À ses yeux, les résultats révèlent des incohérences notables. En comparant les prévisions et les recettes effectivement collectées au premier trimestre 2025, il note un manque à gagner de près de 40 milliards de francs CFA. Pour l’ancien ministre, cela démontre que « ce budget est un budget de confort, non de rupture ».

Concernant le quatrième trimestre de l’année 2024, Pape Malick Ndour soulève des interrogations sur un écart de 43 milliards de francs CFA entre les recettes attendues selon la Loi de finances rectificative (LFR) et celles effectivement perçues. Ce décalage, affirme-t-il, remet en cause la « sincérité de la LFR 2024 ».

Ledakarois.sn vous livre l’intégralité de sa publication.

1.  Moins-value budgétaire : Où sont passés nos 40 milliards ? (Rapport 2025)
 
Le gouvernement nous doit des explications à ce sujet. En effet, en comparant l’objectif et les réalisations au premier trimestre, près de 40 milliards de francs CFA de recettes manquent à l’appel au cours des trois premiers mois de l’année (Tableau 1 page 5). Et pourtant, il nous avait assuré que le budget était sincère et que les prévisions collaient à la réalité économique.
 
Ce décalage soulève une question simple : les prévisions budgétaires étaient-elles fiables ? Si oui, où sont passés nos 40 milliards?
 
2. L’État s’entretient, mais n’investit plus (Rapport 2025)
 
Alors que les investissements exécutés par l’État plafonnent à 2,64 milliards FCFA au premier trimestre 2025 (dernier paragraphe page 15) et que les transferts en capital chutent de 42,2 milliards en glissement annuel, les dépenses de fonctionnement explosent : 84,65 milliards pour l’achat de biens et services et 463,93 milliards pour les transferts courants.
 
Le prétexte des lenteurs dans les passations de marchés, brandi à la page 15 du rapport de 2025 pour justifier la faiblesse des investissements exécutés par l’État, ne tient pas. Car lorsqu’il s’agit de payer, acheter ou entretenir l’appareil bureaucratique, les procédures ne semblent pas bloquées. Mais dès qu’il s’agit d’investir pour le bien-être des populations il faut l’approbation préalable de la Primature, comme annoncé en Conseil des ministres.
 
Ce budget est un budget de confort, pas de rupture. On entretient le quotidien des nouveaux élus en oubliant de s’occuper de la précarité et des urgences des populations. En d’autres termes, toujours nourrir le système et oublier la nation. Pas de transformation systèmique, le train de vie de l’Etat explose au détriment des investissements structurants qui sont sensés tirés la croissance. Un exemple frappant : les véhicules achetés par l’Assemblée nationale pour les 165 députés de l’assemblée nationale à environ 8 milliards sont près de 4 fois supérieure à l’ensemble des investissements exécuté par l’Etat au premier trimestre 2025.
 
Résultat : une croissance asphyxiée, une jeunesse oubliée, et un pays qui tourne à vide.
 
 3.  131 milliards rattachés, 43 milliards évaporés ? (Rapport 2024)
 
Dans son rapport, la Cour des comptes évoque un montant de 131 milliards de recette recouvrés en 2024 mais comptabilisés dans l’exercice 2023 (Voir premier tableau page 11 du rapport de la Cour des comptes). Le gouvernement avait expliqué que le retard dans la publication du rapport venait justement de l’impérieuse nécessité d’intégrer ces montants.
 
Logiquement, on aurait dû voir une hausse équivalente dans les recettes. Mais ce n’est pas le cas. Seuls 87,9 milliards supplémentaires apparaissent par rapport aux prévisions de la LFR. Alors, qu’en est-il réellement ? Le gouvernement a-t-il intégré les 131 milliards en totalité ?
 
Si oui, cela signifie qu’il y’a un gap de 43,1 milliards par rapport aux recettes prévues par la LFR, ce qui rend la LFR 2024 peu sincère. Si non, celà suppose que les chiffres de la Cour ont été modifiés ou revus à la baisse.
 
Dans les deux cas, le gouvernement nous doit des explications
 
 4. Un Noël budgétaire à 90 milliards ? Explications attendues… (Rapport 2024) ?
 
La Loi de finances rectificative, votée le 24 décembre 2024, prévoyait 65,2 milliards de dons. Une semaine plus tard, c’est a dire au 31 decembre fin de l’exercice, on découvre que 155,3 milliards ont été reçus. C’est un écart de 90 milliards en quelques jours.
 
Sachant combien les procédures de mise à disposition des dons sont longues et complexes, il est difficile de croire que cet argent soit arrivé par surprise en toute fin d’année.
 
Trois scénarios sont possibles :
 
A. L’État était informé de ce versement, mais a choisi de ne pas l’inclure dans la LFR. Ce serait grave en matière de transparence.
 
B. Ou bien il s’agit d’un versement exceptionnel de dernière minute, qu’il faut alors justifier clairement.
 
C. Ou enfin, s’agit il de dons cachés par l’ancien régime et non revelés par la Cour des comptes?
 
Dans tous les cas, le gouvernement est interpellé…
 
Bon Mardi..
 
Pape Malick Ndour
Ancien ministre 

Dialogue national : Khalifa Sall plaide pour une gouvernance apaisée et sincère

Lors du dialogue national qui s’est tenu ce mercredi au Centre International du Commerce et de l’Artisanat de Dakar (CICAD), Khalifa Ababacar Sall a livré un message fort, axé sur la nécessité d’une gouvernance inclusive, sincère et tournée vers les préoccupations réelles des populations.

Prenant la parole devant les acteurs politiques, institutionnels et de la société civile réunis pour cet événement, l’ancien maire de Dakar a souligné que « les arrestations ne peuvent pas garantir une gouvernance apaisée », appelant ainsi à une rupture avec les pratiques qui nourrissent la méfiance et les tensions dans le paysage politique national.

Évoquant les concepts de « Jub » (la droiture), « Jubeul » (la transparence) et « Jubbanti » (la reddition des comptes), Khalifa Sall a proposé d’y ajouter un nouveau terme : le « Jubbo sincère ». Cette notion, selon lui, va au-delà des principes affichés pour intégrer une réelle volonté de servir le peuple dans la vérité et le respect des droits.

Pour le leader de Taxawu Sénégal, le dialogue national ne doit pas se limiter à un cadre de négociation entre élites politiques. Il doit aussi se pencher sur les problèmes concrets qui affectent le quotidien des citoyens. « Il doit aussi s’intéresser aux difficultés que rencontrent les populations », a-t-il insisté. « Ce pays a un problème, c’est indéniable, et il nous faut trouver des solutions. »

L’UDS/Authentique plaide pour un dialogue politique apaisé et sincère au Sénégal

Dans un communiqué publié ce samedi, l’Union pour le Développement du Sénégal / Authentique (UDS/A), par la voix de sa présidente Adji Mbergane Kanouté, salue l’esprit républicain du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, pour avoir maintenu la date du 28 mai consacrée au dialogue national, initié par son prédécesseur Macky Sall. Le parti rappelle que le Sénégal a toujours été un pays de dialogue, et insiste sur la nécessité de préserver cette tradition dans un contexte politique marqué par les tensions.

L’UDS/A reconnaît toutefois que l’invitation du président à des concertations inclusives pourrait ne pas recevoir une réponse unanime. Certains partis politiques pourraient refuser d’y prendre part, notamment ceux dont les responsables font face à des procédures judiciaires en cours. Le communiqué cite l’argument avancé par le président du Pastef en 2023 : « Nous ne négocierons jamais avec un pistolet sur la tempe », une position que le parti dit comprendre.

Au-delà de ces considérations, l’Union pour le Développement du Sénégal met en garde contre l’atmosphère d’animosité palpable entre le pouvoir et l’opposition. « Dans la sphère politique actuelle, c’est l’image du bourreau et sa victime », déplore le parti. Selon l’UDS/A, le premier acte du dialogue doit être celui de l’apaisement, afin de créer un climat favorable à des échanges sincères et constructifs. L’organisation rappelle que le président Faye lui-même prône un « dialogue en temps de paix ».

Fidèle à ses principes démocratiques et souverains, l’UDS/A appelle à « dépassionner » le débat politique et à pacifier les cœurs et les esprits. Pour Adji Mbergane Kanouté et ses camarades, c’est à cette condition qu’un dialogue inclusif et fructueux sur le système politique sénégalais pourra voir le jour.

En citant le psychanalyste Jacques Lacan – « Le dialogue paraît en lui-même constituer une renonciation à l’agressivité » – l’UDS/A invite toutes les parties à se départir des postures conflictuelles. Le président de la République, souligne le communiqué, a « la noble et lourde mission d’améliorer les termes de référence » de ce dialogue, en mettant en priorité la relation entre le pouvoir et l’opposition.

Enfin, l’UDS/Authentique affirme que l’opposition ne peut être tenue à l’écart des décisions qui seront prises dans le cadre du dialogue, car elle reste une composante essentielle du système politique. Le parti plaide ainsi pour un débat national véritablement inclusif, où toutes les voix comptent, dans l’intérêt supérieur du pays.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°459 – 08/05/2025

🔴 DEMANDE DE RENFORCEMENT DES CONCERTATIONS AVEC LA PRESSE PAR LE PRÉSIDENT DIOMAYE : EST-CE SINCÈRE ?
🔴 CLASSEMENT MONDIAL DES DONNÉES OUVERTES : LE SÉNÉGAL DANS LE TRIO DE TÊTE AFRICAIN

🔴 LIGUE DES CHAMPIONS / EN FINALE APRÈS L’ÉLIMINATION D’ARSENAL : LE RÊVE CONTINUE POUR LE PSG
🔴 COUPE DE LA LIGUE (8ES) : MISSION ACCOMPLIE POUR AJEL ET SONACOS

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