Kaolack : Les postiers en sit-in ce mardi, réclament deux mois de salaires impayés

Les travailleurs de la Poste de Kaolack ont organisé un sit-in ce mardi pour protester contre le non-paiement de leurs salaires des mois de novembre et décembre. Cette situation, dénoncée depuis des mois, plonge les employés dans des conditions de vie extrêmement difficiles.

Selon Moustapha Thiam, secrétaire général adjoint du syndicat des travailleurs de la Poste et des Télécommunications, cette crise résulte des problèmes financiers chroniques de la Poste, imputables, selon lui, à une mauvaise gouvernance. “Nous sommes dans une situation où la dignité des postiers est piétinée, et leur fierté d’appartenir à la Poste s’effrite. Aujourd’hui, ce sont nos enfants, vulnérables, qui en subissent les conséquences. Cette situation est la conséquence de difficultés financières dues à une mal gouvernance dénoncée depuis longtemps par les postiers”, a-t-il déclaré.

Il a également interpellé les autorités étatiques, rappelant qu’elles étaient présentes aux côtés des postiers lorsqu’ils alertaient sur ces problèmes. “Nous les invitons à apporter des solutions urgentes à cette affaire. Sinon, elles vont nous entendre sur d’autres plans”, a-t-il averti.

Moustapha Thiam a aussi souligné le manque de concrétisation des promesses de l’État concernant la restructuration de la Poste. “Dans le cadre de cette restructuration, l’État avait promis des initiatives innovantes pour régler définitivement les problèmes des agents des postes à travers le pays. Mais jusqu’ici, rien n’a été fait”, a-t-il ajouté.

Il a rappelé les répercussions dramatiques de cette situation sur les familles des postiers : “Un père ou une mère de famille qui a travaillé pendant des mois sans être payé ne peut pas répondre à ses besoins essentiels comme le loyer, la scolarisation des enfants ou les dépenses quotidiennes.”

Les travailleurs de la Poste demandent donc une réaction rapide et des solutions concrètes pour mettre fin à cette crise qui compromet leur survie et celle de leurs familles.

Sénégal : Plainte déposée contre un sit-in féministe prévu le 31 décembre 2024

Un collectif composé d’organisations sénégalaises et de figures religieuses a officiellement déposé, ce lundi 23 décembre 2024, une plainte auprès du Procureur de la République pour s’opposer à un sit-in annoncé par un groupe de féministes. Ce rassemblement, prévu le 31 décembre, vise à dénoncer la “culture du viol” et à réclamer l’application effective du Protocole de Maputo, un texte juridique adopté par l’Union africaine pour la protection des droits des femmes.

Mené par Mame Mactar Guèye, vice-président de l’ONG Jamra, et soutenu par d’autres personnalités telles qu’Adama Mboup (Coalition pour la Défense des Valeurs Morales – CDVM), Imam El Hadji Aliou Dia (DKWH) et Imam El Hadji Lamine Diagne (DMKS), le collectif affirme que la forme choisie pour ce sit-in est en contradiction avec les lois et les valeurs socio-culturelles du Sénégal.

En effet, les organisatrices du mouvement féministe prévoient une manifestation inspirée du modèle des Femen, où des femmes protesteraient en public, entièrement nues. Les plaignants considèrent cette action comme une atteinte grave aux “bonnes mœurs” et une violation des articles 318 et 324 du Code pénal sénégalais, qui répriment l’outrage public à la pudeur et l’incitation à des comportements contraires à la moralité publique.

Selon eux, un tel événement pourrait non seulement heurter la sensibilité des citoyens, mais également troubler l’ordre public, surtout en cette période festive de fin d’année marquée par des préoccupations de stabilité sociale et de tranquillité.

Dans leur plainte, le collectif insiste sur l’importance de préserver les valeurs socio-culturelles du pays et d’éviter ce qu’ils qualifient de “destruction de la cellule familiale” et de “dégrégation de l’image de la femme sénégalaise”. Ils dénoncent une initiative visant, selon eux, à “imposer des pratiques étrangères” en contradiction avec l’identité nationale et les traditions locales.

“Nous respectons le droit à la liberté d’expression, mais cette liberté ne peut se faire au détriment des bonnes mœurs et de l’ordre public”, a déclaré Mame Mactar Guèye, porte-parole du collectif.

Les militantes féministes à l’origine du sit-in souhaitent attirer l’attention sur des problématiques urgentes telles que la “culture du viol”, une expression dénonçant l’impunité et la banalisation des violences sexuelles, ainsi que le non-respect du Protocole de Maputo. Ce texte, adopté en 2003, encourage les États membres de l’Union africaine à garantir les droits fondamentaux des femmes, notamment en matière de santé reproductive et de lutte contre les violences basées sur le genre.

Cependant, le mode de protestation choisi semble diviser l’opinion publique. Si certains saluent le courage des organisatrices pour mettre en lumière des sujets souvent occultés, d’autres, comme le collectif plaignant, y voient une provocation inacceptable.

Les plaignants exhortent le Procureur de la République à agir en amont pour interdire la tenue de ce sit-in, arguant qu’il constitue une menace pour la paix sociale. Pour l’heure, aucune décision officielle n’a été communiquée, mais cette affaire suscite déjà un vif débat au sein de l’opinion publique, entre défense de la liberté d’expression et préservation des valeurs culturelles et religieuses du pays.

Sénégal : un sit-in inédit prévu le 31 décembre 2024 par des féministes, avec un dress code qui interpelle

Le 31 décembre 2024 s’annonce comme une date marquante dans l’histoire des luttes féministes au Sénégal. Un collectif de féministes, en collaboration avec un groupe plus large d’activistes, prévoit d’organiser un événement inédit baptisé « Freedom Day ». Cependant, ce qui suscite l’attention, voire la controverse, c’est l’exigence du dress code : les participantes et participants sont invités à venir… sans vêtements.

Contactée par Seneweb, Amy Libain Mbengue, militante féministe de premier plan, a confirmé l’information. « Ce n’est pas le collectif qui est à l’origine de l’initiative, mais un groupe plus large », précise-t-elle. Ce sit-in s’inscrit dans une série de revendications visant à interpeller les autorités sénégalaises sur des problématiques cruciales concernant les droits des femmes et des filles.

« Nous voulons des mesures fortes et immédiates pour protéger les femmes et les filles. Il est temps que le Code de la famille soit réformé, que le Protocole de Maputo soit pleinement appliqué, et que des actions concrètes soient mises en œuvre pour lutter contre le viol et la pédocriminalité », a-t-elle déclaré avec détermination.

Quant au choix du dress code, Amy Libain Mbengue ne mâche pas ses mots : « Oui, je confirme que nous demandons aux participants de venir sans vêtements. Ce n’est pas une provocation, mais un message puissant. Il s’agit de symboliser la vulnérabilité des femmes dans notre société et de dire que, nues ou habillées, nous sommes exposées aux violences et à l’injustice. Cette action s’inspire des femmes de la Casamance, qui ont utilisé une stratégie similaire en 2023 pour faire entendre leurs revendications. »

Le lieu de la manifestation n’a pas encore été révélé, une décision qui pourrait être stratégique pour éviter des obstacles logistiques ou juridiques.

L’annonce de cet événement a provoqué un véritable tollé sur les réseaux sociaux. Si certains saluent le courage des organisatrices et la force du message, d’autres dénoncent une action qu’ils jugent « indécente » ou « contraire aux valeurs culturelles et religieuses du Sénégal ».

Quoi qu’il en soit, ce sit-in s’annonce comme un moment charnière dans le débat sur les droits des femmes au Sénégal. Reste à voir si cette initiative parviendra à mobiliser les foules et, surtout, à provoquer les changements demandés.

Affaire à suivre.

Le sit-in des travailleurs des collectivités territoriales interdit par le préfet de Dakar

Le sit-in prévu ce jeudi devant le ministère des Collectivités Territoriales et de l’Aménagement des Territoires a été interdit par les autorités. Cheikh Bamba Diop, secrétaire général chargé des revendications de l’Intersyndicale des Travailleurs des Collectivités Territoriales, a exprimé son regret face à cette décision.

Selon ses déclarations, le commissaire de Dieuppeul a informé l’intersyndicale que le rassemblement ne pourrait pas se tenir comme prévu devant le ministère. « Le sit-in a été interdit, et il nous a été suggéré de nous rendre jusqu’au rond-point du Jet d’eau. Mais un sit-in à cet endroit n’a aucun sens », a précisé M. Diop.

Face à cette interdiction, l’intersyndicale a demandé la possibilité pour une délégation de responsables syndicaux de rencontrer le ministre de tutelle ainsi que son secrétaire général. Cheikh Bamba Diop a rappelé que des sit-ins similaires avaient déjà été organisés devant le ministère sous la direction des anciens ministres Aliou Sow, Oumar Youm et Oumar Sarr, sans entrave.

L’intersyndicale appelle les agents des collectivités territoriales à rester attentifs aux prochains mots d’ordre, et une nouvelle demande pour organiser une marche est en cours de préparation.

Le climat social tendu dans le secteur des collectivités territoriales est marqué par une série de revendications portées par les syndicats, en attente de réponses concrètes des autorités compétentes.

Kaolack : Les maîtres contractuels en sit-in pour réclamer le paiement de leurs allocations familiales

Le lundi 12 août 2024, les maîtres contractuels et les décisionnaires de l’Inspection de l’Éducation et de la Formation (IEF) de Kaolack ont organisé un sit-in devant les locaux de la perception. Leur objectif était de dénoncer les retards récurrents dans le paiement de leurs allocations familiales et de demander des mesures urgentes au gouvernement sénégalais.

Les manifestants ont exprimé leur frustration face aux retards chroniques dans la perception de leurs allocations familiales, qui auraient dû être versées depuis le mois de juin. Selon Alboury Thiam, enseignant à l’IEF de Kaolack, ces retards sont devenus une routine chaque trimestre. Il a critiqué la justification apportée par la caisse de sécurité sociale concernant la numérisation des dossiers des bénéficiaires. Pour lui, ces procédures digitales ne devraient pas prendre autant de temps et les problèmes techniques devraient être résolus en une semaine au plus.
« On nous explique que l’enrôlement digital des bénéficiaires prend du temps, mais cela ne devrait pas durer aussi longtemps. Nous entendons toujours des excuses comme le manque de versement intégral des fonds par l’État, ce qui est inacceptable. Il reste encore deux IEF à payer, ce qui est loin d’être normal », a déploré M. Thiam.
Face à cette situation qui perdure depuis presque quatre ans, les enseignants ont appelé les nouvelles autorités à intervenir. Ils demandent au Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, de prendre des mesures pour intégrer les allocations familiales directement dans les bulletins de salaire des décisionnaires afin de garantir des paiements en temps voulu. De plus, ils exhortent le Premier ministre à ordonner au Directeur Général de la caisse de sécurité sociale de vérifier les retards de paiement à Kaolack et de faire le nécessaire pour résoudre ce problème.
« Nous avons déjà entrepris de nombreuses démarches au niveau local, mais jusqu’à présent, rien n’a été réglé. Nous demandons aux nouvelles autorités de prendre des mesures pour mettre fin à ces retards qui nous affectent gravement », a conclu Alboury Thiam.

Mariama MASSALY
Correspondante à Kaolack

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