Kaolack : Le litige foncier autour du site de la Journée nationale de l’élevage jette le trouble

À quelques heures de la 9ᵉ Journée nationale de l’élevage, prévue le samedi 22 février 2025 à Kaolack, un contentieux foncier menace le bon déroulement de l’événement. Le site choisi pour accueillir la cérémonie, qui sera présidée par le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, est au cœur d’un litige opposant les héritiers Kébé au gouverneur de la région et à l’Agence des travaux et de gestion des routes (Ageroute).

Le différend porte sur le titre foncier n°4188, dont les héritiers de feu Abdou Khadre Kébé se revendiquent propriétaires. Ils accusent les autorités d’avoir procédé, sans leur consentement, à la destruction de bâtiments et d’arbres situés sur le site, une initiative qu’ils attribuent au gouverneur de Kaolack. Pour défendre leurs droits, les héritiers Kébé, représentés par Mes Soumaré et Dabo, ont déposé une plainte le 12 février 2025 auprès du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Kaolack. Cette plainte vise des faits de « voies de fait, destruction de biens appartenant à autrui et occupation illégale de terrain dont autrui pouvait disposer en vertu d’un titre foncier ».

Dans leur dossier, les avocats ont fourni plusieurs éléments de preuve, notamment un procès-verbal de constat établi par un huissier de justice et un état de droits réels daté du 15 avril 2024, confirmant que le terrain en question appartient exclusivement aux héritiers de feu Abdou Khadre Kébé.

Selon Abdou Salam Kébé, porte-parole des héritiers, tout a commencé le 31 janvier dernier lorsqu’il a été informé de la présence d’engins de chantier sur le site. Sur place, il découvre que des bâtiments et des arbres sont en cours de démolition. Alerté, il prend contact avec la Direction de la surveillance et du contrôle de l’occupation du sol (Dscos), qui nie toute implication. C’est finalement auprès du superviseur des travaux qu’il apprend que les destructions sont menées sous instruction de l’Ageroute, elle-même mandatée par le gouverneur de Kaolack.

« Le responsable de l’Ageroute m’a passé le gouverneur au téléphone, et ce dernier m’a confirmé avoir ordonné ces démolitions, pensant que le site appartenait aux services des grandes endémies », rapporte Abdou Salam Kébé. Lorsqu’il lui précise que le titre foncier appartient à sa famille depuis 1975, le gouverneur lui aurait suggéré de laisser les travaux se poursuivre et d’en discuter ultérieurement.

Face à cette situation, la famille Kébé a non seulement saisi la justice, mais envisage également de solliciter l’arbitrage du Khalife général des Mourides à Touba. L’objectif est de sensibiliser les autorités étatiques sur ce litige foncier, qui ne se limite pas au seul titre foncier n°4188, mais concerne également d’autres parcelles à Kaolack.

Interrogé sur l’affaire, le gouverneur de Kaolack a refusé de commenter, invoquant son devoir de réserve. « Nous sommes dans les liens de la hiérarchie. Je ne peux pas m’exprimer sur une affaire pendante sans autorisation », a-t-il déclaré dans les colonnes du journal L’Observateur.

Alors que l’événement approche, cette affaire pose la question de la sécurisation du site et du climat dans lequel se tiendra la Journée nationale de l’élevage. Si aucune solution n’est trouvée rapidement, ce litige pourrait bien entacher une cérémonie censée célébrer un secteur clé de l’économie sénégalaise.

Un montant exorbitant pour le site de la présidence : Ousseynou Ly dénonce une gestion contestable

Lors de son passage sur le plateau de Seneweb, Ousseynou Ly, porte-parole de la présidence de la République, a révélé des informations troublantes sur la gestion passée du pôle communication de l’institution. Il a notamment pointé du doigt les dépenses excessives liées à l’entretien du site internet officiel de la présidence.

« Chaque année, 85 000 euros, soit environ 54 millions de FCFA, étaient versés à une entreprise étrangère uniquement pour la maintenance du site internet de la présidence », a-t-il déclaré. Cette révélation suscite des interrogations sur la pertinence de ces montants et sur les choix opérés par l’ancien régime.

Selon M. Ly, cette somme exorbitante illustre une mauvaise gestion des ressources publiques. Il a souligné l’absence d’un recours à des compétences locales pour un travail qui, selon lui, aurait pu être réalisé à moindre coût au Sénégal. « Avec les talents que nous avons ici, il est inconcevable de dépenser une telle somme à l’étranger », a-t-il insisté.

Ces déclarations viennent alimenter le débat sur l’utilisation des fonds publics, un sujet qui divise l’opinion publique. Pour de nombreux observateurs, cette situation reflète une dépendance excessive aux prestataires étrangers dans des domaines où le pays dispose pourtant d’expertise locale.

Ces révélations pourraient pousser les autorités actuelles à repenser leur stratégie en matière de gestion de la communication numérique. Ousseynou Ly a d’ailleurs laissé entendre que des efforts sont en cours pour rationaliser les dépenses publiques et valoriser les compétences nationales.

« Nous travaillons à bâtir un système plus efficace et moins coûteux, avec une implication accrue de nos experts locaux », a-t-il affirmé.

Pour les citoyens, cette annonce est perçue comme un pas vers plus de transparence et une meilleure gestion des ressources publiques. Reste à savoir si des audits approfondis seront menés pour déterminer les responsabilités et éviter que de telles pratiques ne se reproduisent à l’avenir.

Cette polémique rappelle l’importance de la bonne gouvernance et de la transparence dans l’utilisation des deniers publics. Dans un contexte où le Sénégal s’efforce de moderniser ses institutions, cette affaire pourrait servir de point de départ à des réformes nécessaires pour restaurer la confiance entre les gouvernants et les citoyens.

Démantèlement d’un site d’orpaillage clandestin dans le Parc national du Niokolo Koba : 32 personnes arrêtées

Un important site d’orpaillage clandestin a été démantelé dimanche dans le sud-est du Parc national du Niokolo Koba, au Sénégal. Cette opération, menée par les agents des Parcs nationaux, a conduit à l’arrestation de 32 individus, dont 24 originaires de la sous-région ouest-africaine.

Selon un agent des Parcs nationaux ayant requis l’anonymat, ces orpailleurs occupaient illicitement le parc depuis plusieurs années. Leur activité illégale causait des dégâts considérables à l’environnement, menaçant gravement l’écosystème unique de cette aire protégée, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Lors de cette intervention, un arsenal d’équipements a été saisi, notamment sept groupes électrogènes, 14 motos, des marteaux-piqueurs et divers outils utilisés pour l’extraction de l’or. « Ces individus sont particulièrement expérimentés. La hauteur et l’accessibilité difficile du site où ils ont été appréhendés témoignent d’une certaine ingéniosité, compte tenu de la quantité de matériel qu’ils ont réussi à transporter », a souligné l’agent.

L’orpaillage clandestin est un fléau récurrent dans cette région, où l’exploitation illégale des ressources naturelles met en péril la biodiversité. Le Parc national du Niokolo Koba, d’une superficie de plus de 9 000 km², abrite une faune et une flore exceptionnelles, dont plusieurs espèces en danger critique d’extinction, comme le lion d’Afrique de l’Ouest et le chimpanzé.

Les autorités environnementales appellent à une vigilance accrue et à un renforcement des mesures de protection pour prévenir ces activités illégales. L’arrestation de ces orpailleurs constitue une avancée significative dans la lutte contre la dégradation environnementale, mais elle met aussi en lumière les défis complexes liés à la protection des parcs nationaux face aux pressions économiques et sociales.

Face à l’ampleur du phénomène, les experts plaident pour une approche intégrée, combinant répression, sensibilisation des populations locales et promotion d’activités économiques alternatives. Le développement d’un écotourisme durable dans le Parc de Niokolo Koba pourrait représenter une solution à long terme pour conjuguer préservation de l’environnement et amélioration des conditions de vie des communautés environnantes.

Ce démantèlement est un rappel des enjeux cruciaux autour de la gestion des ressources naturelles en Afrique de l’Ouest, où les aires protégées jouent un rôle vital dans la lutte contre le changement climatique et la préservation des écosystèmes.

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