Verdict du tribunal de Dakar : six mois de prison avec sursis pour Azoura Fall et Kaïré

Dakar, le mercredi 4 juin 2025 – Le Tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu ce jour son verdict dans l’affaire impliquant deux militants du parti Pastef, Assane Guèye, alias Azoura Fall, et El Hadji Ousseynou Kaïré. Les deux prévenus ont été reconnus coupables de « discours contraires aux bonnes mœurs » à la suite de la diffusion de vidéos virales sur les réseaux sociaux contenant des propos injurieux envers d’anciens responsables politiques.

Les vidéos en question, publiées sur les comptes TikTok personnels des deux hommes, contenaient des insultes dirigées contre l’ancien président Macky Sall et l’ex-ministre Mame Mbaye Niang. Bien que ces contenus aient été initialement diffusés dans un cadre privé, leur large diffusion publique a suscité l’intervention des autorités et conduit à l’arrestation des auteurs.

Le tribunal a condamné chacun des deux militants à six mois d’emprisonnement avec sursis. Lors de l’audience, les prévenus ont reconnu les faits, exprimé des remords et présenté leurs excuses. Azoura Fall a précisé que sa vidéo remontait à environ neuf mois et avait été publiée dans le cadre d’un live privé, réservé à ses abonnés. Il a justifié son comportement en expliquant qu’il avait été provoqué par un internaute ayant insulté sa mère, ce qui l’avait poussé à réagir violemment.

Cette décision judiciaire intervient dans un contexte politique toujours sensible, où les prises de parole sur les réseaux sociaux sont scrutées de près. Le verdict, bien que relativement clément, rappelle néanmoins les limites à ne pas franchir dans l’expression publique, même sur des plateformes numériques souvent perçues comme des espaces de liberté.

Sénégal : Karim Xrum Xax lance un ultimatum de six mois pour la criminalisation de l’homosexualité

L’activiste Karim Xrum Xax, connu pour ses prises de position tranchées et son implication dans les mouvements sociétaux au Sénégal, a lancé ce jeudi un message sans équivoque aux autorités sénégalaises. Lors d’un rassemblement dans le cadre d’une marche contre l’homosexualité, il a exigé l’adoption d’une loi criminalisant l’homosexualité dans un délai de six mois, faute de quoi des actions plus radicales seront engagées.

« On leur donne un ultimatum de six mois. Si rien n’est fait, on se reverra devant les grilles du Palais », a averti Karim Xrum Xax, dans un ton ferme.

Revenant sur la genèse du mouvement “And Sam Jikko Yi”, l’activiste a tenu à rétablir certaines vérités. « C’est moi qui avais créé ‘And Sam Jikko Yi’. C’était d’abord ‘Non à l’homosexualité’, avant que le mouvement ne prenne cette appellation. J’avais appelé tout le monde pour nous unir dans ce combat », a-t-il rappelé, se positionnant comme l’initiateur de cette plateforme citoyenne aux relents conservateurs.

Karim Xrum Xax a également précisé que sa mobilisation ne visait pas un camp politique en particulier. « J’avais dit que ce n’était pas une lutte contre Macky Sall, mais pour nos convictions. » Une manière de se démarquer des querelles partisanes, en revendiquant un combat axé sur ce qu’il qualifie de “valeurs sénégalaises”.

Malgré son respect déclaré pour les membres actuels de “And Sam Jikko Yi”, notamment Imam Babacar Sylla, Karim Xrum Xax n’a pas caché sa déception de ne pas les voir en première ligne lors de la manifestation. « J’ai pris la peine d’appeler And Sam Jikko Yi. Ils n’avaient même pas besoin d’être invités pour une telle cause », a-t-il déploré.

En conclusion, l’activiste a rejeté toute tentative de modération ou de compromis sur cette question sociétale :

« Ce n’est pas pour durcir les sanctions que nous nous battons, mais bien pour criminaliser l’homosexualité. Il faut que ce soit clair. Nous sommes radicaux sur ce point. »

Six Mois de Prison pour Bobrisky, Figure LGBT+ au Nigeria, pour avoir Jeté des Billets de Banque

Un tribunal nigérian a récemment condamné Idris Okuneye, plus connue sous le nom de Bobrisky, une des personnalités LGBT+ les plus en vue du pays, à six mois de prison ferme. Elle a été reconnue coupable d’avoir jeté des billets de banque, d’une valeur totale de 400 000 nairas (326 euros), lors de l’avant-première du film Ajakaju à Lagos le 24 mars.

L’acte de jeter de l’argent lors d’événements festifs, comme les mariages, est une pratique courante au Nigeria. Cependant, elle est strictement interdite par la loi. La Banque centrale nigériane considère que cette action « porte atteinte au symbole de la souveraineté du pays » et peut entraîner des sanctions, incluant une peine de prison et/ou une amende.

Bobrisky a déclaré ne pas être au courant de l’interdiction de cette pratique, selon un communiqué de la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC). Le juge Awogboro a déclaré : « Porter atteinte à nos billets nuit à l’image du pays. »

Les avocats de Bobrisky n’ont pas pu être contactés immédiatement pour commenter cette décision. Cependant, cette affaire rappelle celle de l’actrice nigériane Oluwadarasimi Omoseyin, condamnée à six mois de prison en février pour le même motif.

Bobrisky, très active sur les réseaux sociaux où elle est souvent au cœur de controverses, avait remporté le prix de la « femme la mieux habillée » lors de l’avant-première d’Ajakaju.

Au Nigeria, l’homosexualité est sévèrement réprimée, passible de 10 à 14 ans de prison. Les personnes LGBT+ font régulièrement face à des actes de harcèlement et d’intimidation de la part des forces de l’ordre, souvent accusées d’extorsion et d’humiliations.

La condamnation de Bobrisky souligne une fois de plus les défis auxquels sont confrontées les minorités LGBT+ dans le pays et met en lumière la nécessité d’une réforme législative pour protéger les droits fondamentaux de ces personnes.

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