Le Dakarois Quotidien N°693 – 11/03/2026
Le Dakarois Sports N°693 – 11/03/2026
🔴 PROCÈS DES SUPPORTERS SÉNÉGALAIS : ME KABOU DÉTAILLE LES MOTIVATIONS DE L’APPEL
L’affaire dite Softcare–Agence de régulation pharmaceutique (ARP) continue de susciter de vives inquiétudes et s’oriente désormais vers un bras de fer judiciaire. L’association SOS Consommateurs, par la voix de son président Me Massokhna Kane, a annoncé le dépôt de plaintes auprès du procureur de la République ainsi qu’auprès de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC), afin que des enquêtes approfondies soient ouvertes sur ce dossier aux ramifications potentiellement graves.
S’exprimant sur les ondes de Sud FM, l’avocat a justifié cette démarche par la gravité des faits révélés ces dernières semaines, notamment à la suite des déclarations d’un inspecteur pharmacien assermenté. Selon Me Massokhna Kane, les éléments portés à la connaissance du public ne peuvent plus être traités comme de simples dysfonctionnements administratifs, mais relèvent désormais du pénal.
« Avec les déclarations extrêmement graves qui ont été faites, nous avons décidé d’aller au-delà des premières démarches. En plus des plaintes déjà déposées auprès des procureurs de Mbour et de Thiès, nous allons saisir l’OFNAC pour permettre une enquête beaucoup plus poussée », a-t-il affirmé.
Le président de SOS Consommateurs rappelle que son organisation avait, dans un premier temps, alerté les autorités administratives compétentes, notamment le ministère du Commerce. Toutefois, face à l’ampleur présumée des faits, l’association estime qu’une enquête judiciaire indépendante est aujourd’hui indispensable pour situer toutes les responsabilités.
Au cœur de cette affaire figurent de lourdes accusations portant sur la fabrication et la mise sur le marché de produits pharmaceutiques à partir de matières premières périmées. Une situation que Me Kane juge particulièrement alarmante, évoquant un risque sanitaire majeur pour les populations. « Quand une société pharmaceutique, pendant près de deux ans, fabrique des produits avec des matières premières périmées, le préjudice est immense. On est clairement face à une mise en danger manifeste de la vie des citoyens », a-t-il dénoncé.
Pour SOS Consommateurs, cette affaire ne saurait se limiter à des sanctions disciplinaires ou administratives. L’organisation exige que toute la lumière soit faite, aussi bien sur les pratiques de l’entreprise mise en cause que sur le rôle éventuel de certains agents ou responsables au sein de l’ARP. La saisine de l’OFNAC vise précisément à examiner d’éventuels faits de corruption, de complaisance ou de manquements graves à l’éthique publique.
« Lorsqu’on parle de corruption à un niveau aussi sérieux, impliquant un secteur aussi sensible que celui du médicament, il est impératif que toutes les conséquences de droit soient tirées », a insisté Me Massokhna Kane, appelant les autorités judiciaires à agir avec diligence et fermeté.
Cette initiative de SOS Consommateurs intervient dans un climat déjà tendu au sein de l’Agence de régulation pharmaceutique, marqué notamment par le déclenchement d’une grève de 72 heures par la section SAMES-ARP, qui réclame elle aussi la vérité sur l’affaire Softcare. Autant d’éléments qui traduisent la profondeur de la crise et la nécessité, pour les pouvoirs publics, d’apporter des réponses claires, crédibles et transparentes.
La tension monte à l’Agence de régulation pharmaceutique (ARP). Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES), à travers sa section ARP, a annoncé le déclenchement d’une grève de 72 heures à compter de ce mardi. Le mot d’ordre est clair : obtenir un règlement définitif de la crise interne qui secoue la structure, avec en ligne de mire l’affaire dite Softcare, au cœur des préoccupations syndicales.
Joint sur les ondes de Sud FM, le secrétaire général de la section SAMES-ARP, le docteur Yankoba Coly, a fait savoir que cette cessation de travail constitue une réponse directe à ce qu’il considère comme un manque de transparence et de diligence des autorités face à un dossier jugé sensible. Selon lui, la reprise du travail reste conditionnée à l’ouverture d’une enquête approfondie et indépendante afin d’établir les faits et de situer clairement les responsabilités.
« Tant que les autorités ne viendront pas ici diligenter une enquête sérieuse, nous n’allons pas reprendre le travail », a martelé Dr Coly, précisant que la grève s’étendra sur trois jours, mardi, mercredi et vendredi, et qu’elle pourrait être reconduite si aucune avancée notable n’est enregistrée.
Le responsable syndical estime qu’une enquête exhaustive est indispensable pour faire toute la lumière sur l’affaire Softcare, qui continue d’alimenter les inquiétudes au sein du personnel de l’Agence. À ses yeux, il ne s’agit pas seulement d’éclaircir des faits, mais aussi d’identifier l’ensemble des acteurs impliqués, de près ou de loin, afin que les responsabilités soient établies sans complaisance.
Dr Yankoba Coly a rappelé qu’une mission d’inspection du ministère de tutelle s’est déjà rendue à l’ARP pour évaluer la situation. Toutefois, il déplore l’absence de communication officielle sur les conclusions de cette mission, un silence que le syndicat considère comme préjudiciable au climat de confiance au sein de l’institution.
« Il faut aller au bout de l’enquête pour que toute la lumière soit faite et que les responsabilités soient clairement établies », a insisté le secrétaire général de la section SAMES-ARP, soulignant que les travailleurs refusent de reprendre leurs activités tant que la vérité n’aura pas été dite.
Cette grève intervient dans un contexte déjà tendu pour l’Agence de régulation pharmaceutique, dont le rôle est crucial dans le contrôle et la sécurité des produits pharmaceutiques au Sénégal. La mobilisation du personnel syndiqué pourrait ainsi avoir des répercussions sur le fonctionnement de la structure, alors que les regards sont désormais tournés vers les autorités, appelées à réagir pour désamorcer la crise.
L’Agence sénégalaise de la Réglementation Pharmaceutique (ARP) a pris une décision forte pour protéger les consommateurs : la suspension immédiate de la commercialisation de tous les produits de la marque Softcare. Cette mesure restera en vigueur « jusqu’à la mise en conformité du processus de fabrication », précise l’institution dans un communiqué daté du 11 décembre 2025.
Cette décision fait suite à une inspection menée au sein de l’usine Softcare située à Sindia, dans la région de Thiès. Les équipes de l’ARP y ont découvert un fait extrêmement préoccupant : la présence de matières premières périmées dans le circuit de fabrication, un manquement grave aux normes de qualité et de sécurité exigées pour des produits destinés au grand public.
Les produits concernés sont d’autant plus sensibles qu’ils sont destinés en priorité aux bébés, aux enfants et aux femmes, des populations particulièrement vulnérables. Face à ces risques potentiels pour la santé, l’ARP a ordonné le retrait immédiat de ces produits du marché, le temps que l’entreprise procède aux corrections nécessaires et se conforme strictement aux standards en vigueur.
Cette suspension intervient dans un contexte où les autorités sanitaires renforcent leur vigilance sur la qualité des produits distribués au Sénégal. Elle traduit également la volonté de l’ARP d’agir avec fermeté chaque fois que la santé publique est menacée.
L’agence invite les consommateurs à redoubler de vigilance et à signaler tout produit suspect ou toute réaction anormale liée à l’utilisation des articles de la marque Softcare, en attendant l’issue des procédures de contrôle et de mise en conformité.