Soussoung : le collectif se réjouit de la libération des détenus et réaffirme sa lutte pour la défense des terres

Le Collectif pour la défense des terres de Soussoung, basé à Ndiaganiao, a exprimé sa satisfaction suite à la libération des neuf personnes interpellées lors des manifestations récentes autour des questions foncières. Ces détenus, retenus depuis près de quatre mois, avaient été arrêtés dans le cadre de mobilisations visant à dénoncer des tentatives présumées d’accaparement de terres par des entreprises privées.

Dans une déclaration officielle, Ousseynou Dia, membre actif du collectif, a souligné l’importance de cet événement pour la communauté locale. « Nous nous félicitons de la libération de ces neuf paysans, injustement retenus pendant plusieurs mois. Leur retour marque une première victoire dans notre combat pour la préservation des terres et des droits des populations de Soussoung », a-t-il déclaré.

Le collectif a cependant insisté sur le fait que cette libération ne signifie pas la fin de la mobilisation. Il a appelé l’ensemble des habitants de Soussoung, femmes et hommes, à renforcer leur unité pour protéger le tissu social de la localité, qu’il juge fragilisé par des pressions externes et des entreprises aux « intentions funestes ». Le message adressé à la population souligne la nécessité de rester vigilant et solidaire face aux menaces pesant sur les terres agricoles et les espaces communautaires.

Par ailleurs, le collectif a renouvelé son engagement à défendre les terres de Soussoung contre toute forme de spoliation, d’intimidation ou d’accaparement. Il a également tenu à remercier les organisations et individus qui ont contribué à la libération des détenus, saluant le soutien national et international qui a permis de mettre fin à cette situation critique.

Cette mobilisation illustre une fois de plus la détermination des communautés rurales à protéger leurs ressources foncières et à faire respecter leurs droits face aux pressions économiques et politiques. Pour le collectif, la bataille pour les terres de Soussoung se poursuit, avec la conviction que seule la cohésion et la vigilance de la population permettront de sauvegarder ces biens essentiels à la survie et au développement local.

Tensions à Soussoung : Amnesty International interpelle le ministre des Mines et exige la libération des personnes arrêtées

La situation à Soussoung, localité située dans la commune de Ndiaganiao, devient de plus en plus préoccupante. Des affrontements y ont récemment éclaté entre les forces de sécurité et des habitants opposés à l’exploitation de leurs terres par des entreprises titulaires de permis miniers. Face à l’escalade des tensions, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, appelle les autorités à privilégier le dialogue.

Intervenant sur les ondes d’iRadio, Seydi Gassama s’est dit choqué par le recours à la violence contre une population dont les droits fonciers sont manifestement piétinés. « Nous sommes très préoccupés par la situation à Soussoung avec la violence exercée par les forces de défense et de sécurité contre la population locale qui manifestement a vu ses droits bafoués par l’autorité et ces entreprises qui ont reçu des permis d’exploiter des gravats dans leur champ », a-t-il déclaré.

Selon les informations relayées par Amnesty, trois permis d’exploitation de graviers ont été délivrés, chacun couvrant environ 40 hectares. Ces autorisations s’appliqueraient à des zones proches des habitations, sans que les populations concernées aient été consultées ni indemnisées. Le contexte est d’autant plus tendu que ces opérations minières sont intervenues en pleine saison des pluies, alors que les cultures sont en pleine croissance.

« Venir en plein hivernage alors qu’ils ont déjà cultivé, les récoltes ont poussé, et leur dire de quitter les terres. Je pense que ce n’est pas acceptable », s’indigne Gassama, qui appelle à une réponse rapide et responsable du ministère des Mines.

Le directeur exécutif d’Amnesty exhorte le ministre Birame Soulèye Diop à sortir du silence et à ouvrir un dialogue sincère avec les communautés affectées. Il plaide pour des mesures compensatoires justes permettant aux populations de retrouver des sources de revenus alternatives. « Il faut que les terres soient cédées contre une indemnisation juste », insiste-t-il.

Sur le plan judiciaire, Amnesty International suit également de près la situation des personnes arrêtées lors des troubles. L’organisation a commis un avocat pour les assister. Elle exige leur libération immédiate, estimant que leur détention ne fait qu’envenimer une situation déjà explosive. « Nous demandons que toutes les personnes arrêtées et détenues à la brigade de gendarmerie de Ndiaganiao soient libérées immédiatement pour ramener le calme dans la communauté », a conclu Seydi Gassama.

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