Sénégal – FMI : Souleymane Bachir Diagne plaide pour une souveraineté traduite en capacité de négociation

Face à la crise de la dette qui préoccupe le Sénégal, le philosophe et universitaire Souleymane Bachir Diagne a livré une réflexion approfondie sur le rôle stratégique de la souveraineté dans un contexte mondial marqué par la domination des marchés financiers. Pour lui, la souveraineté ne doit plus se limiter à un slogan ou à une rhétorique politique, mais se traduire concrètement en « capacité de négociation » face à la brutalité du capital mondial et à la complexité des rapports de force internationaux.

Au micro de la RTS, Souleymane Bachir Diagne a insisté sur le fait que l’endettement du Sénégal concerne chaque citoyen et dépasse le simple cadre technique et comptable. Selon lui, l’accord avec le Fonds Monétaire International (FMI) ne se résume pas à un document de chiffres et de conditions : il constitue un sceau de crédibilité sur l’échiquier économique mondial. « Des investisseurs lient leur propre confiance dans l’économie sénégalaise au programme FMI », a-t-il souligné, expliquant que le pays ne peut ignorer l’importance symbolique et stratégique de cet accord dans la stabilisation et le financement de son économie.

Le philosophe a proposé une redéfinition pragmatique de la souveraineté dans le contexte contemporain. Aucun État n’est totalement autonome dans un monde globalisé et interconnecté, rappelle-t-il. « La souveraineté doit être convertie en capacité de négociation », affirme-t-il, insistant sur le fait que la posture d’indépendance ne suffit plus. Pour illustrer ses propos, il a évoqué la Grèce, victime de rapports de force asymétriques avec le FMI, et a expliqué que réussir à négocier implique de transformer la volonté de souveraineté en outil stratégique de dialogue.

Souleymane Bachir Diagne a également mis en lumière l’importance du temps dans toute négociation. « Dans une négociation, le temps est une arme », a-t-il déclaré, précisant que le Sénégal, confronté à des échéances immédiates, doit se montrer rapide et efficace, alors que le FMI dispose d’une capacité d’attente. Cette asymétrie de temporalité confère un avantage considérable à la partie qui peut patienter, obligeant le pays à se présenter à la table des discussions avec des arguments solides et des ressources mobilisées.

Malgré la rudesse du contexte, le philosophe a voulu souligner les aspects positifs de la situation. Selon lui, la crise a contraint l’État sénégalais à explorer ses propres ressorts et à mobiliser davantage de ressources internes. Chaque progrès dans la collecte et la gestion des fonds nationaux enrichit ainsi la « corbeille » de négociation du Sénégal, transformant la crise en un catalyseur de maturité étatique et d’autonomie stratégique.

Pour Souleymane Bachir Diagne, la souveraineté sénégalaise ne se mesure pas à la vigueur des discours officiels ou aux déclarations politiques, mais à la capacité concrète du pays à ajuster ses ambitions aux contraintes du système financier international, sans se renier. Dans ce contexte, « patience, pragmatisme et rigueur interne » constituent les véritables instruments de l’autonomie et de la crédibilité de l’État sur la scène mondiale.

En somme, l’universitaire invite le Sénégal à dépasser la vision purement symbolique de la souveraineté pour en faire un levier d’action, transformant chaque défi financier en opportunité stratégique et chaque contrainte extérieure en moteur de renforcement institutionnel et économique.

Souveraineté et vigilance : le Général Birame Diop alerte sur les menaces sous-régionales lors du vote du Budget 2026

Pour sa première apparition devant les députés en tant que ministre des Forces armées, le Général Birame Diop a pris la parole ce samedi lors de la séance plénière consacrée à l’examen du budget 2026 de son département. Un exercice républicain qu’il a qualifié de nécessaire et salutaire, tant pour la transparence que pour le renforcement du lien entre l’institution militaire et la représentation nationale.

Dès son propos liminaire, le ministre a tenu à remercier les députés pour leur intérêt constant envers les questions de sécurité, rappelant que les Forces armées accomplissent quotidiennement leur mission « parfois au péril de leur vie ». Il a salué leur soutien, notamment leur plaidoyer répété pour un accroissement des ressources, indispensable au maintien d’une armée professionnelle et opérationnelle. Birame Diop a également rendu un hommage respectueux aux anciens dont la clairvoyance, selon lui, a permis au Sénégal de conserver « une trajectoire singulière » dans un continent où les équilibres civilo-militaires ont souvent vacillé. Une pensée particulière a été adressée aux soldats tombés au front et aux blessés en attente de rétablissement.

Le ministre a rappelé la mission fondamentale des Forces armées : défendre l’intégrité du territoire national et protéger les populations. Une mission devenue plus complexe dans un environnement régional marqué par des recompositions géopolitiques rapides et une montée continue des facteurs d’insécurité. Birame Diop a insisté sur la persistance de la menace terroriste dans l’espace sahélien, sur la recrudescence des trafics illicites — armes, drogue, êtres humains — et sur la criminalité transnationale organisée, désormais solidement implantée dans plusieurs zones frontalières. À cela s’ajoute l’instabilité politique chronique dans la sous-région, un facteur aggravant qui impose, selon le ministre, « une vigilance renforcée et un renforcement permanent de nos dispositifs ».

À l’intérieur du pays, la réponse sécuritaire se veut tout aussi ferme. Le ministre a évoqué la lutte contre la délinquance urbaine et rurale, l’insécurité routière, ainsi que les nouvelles formes de menaces qui se développent dans le cyberespace, notamment la cybercriminalité et la désinformation, lesquelles pourraient fragiliser la cohésion sociale et la confiance institutionnelle.

Face à ces défis, Birame Diop affirme qu’« il n’y a pas de place à l’improvisation ». Pour lui, la sécurité est un investissement permanent qui nécessite des moyens conséquents et une planification rigoureuse. Dans ce sens, il a détaillé la montée en puissance des dispositifs militaires aux frontières, particulièrement dans les régions orientales, dans le cadre du plan Sud, ainsi que l’accompagnement du processus de paix en Casamance à travers le plan Jambaar, qui facilite le retour des populations et la stabilisation progressive de la zone. La gendarmerie nationale, de son côté, poursuit l’intensification de son maillage territorial avec de nouvelles unités destinées à répondre aux menaces terrestres, aériennes et maritimes.

Au-delà des enjeux strictement sécuritaires, le ministre a mis en avant le rôle de l’Armée-Nation dans le développement. Birame Diop a rappelé que les Forces armées sont pleinement engagées dans plusieurs politiques publiques alignées sur l’agenda « Sénégal 2035 ». Il a cité la sécurité humaine, le soutien au système éducatif, l’appui au secteur de la santé — notamment avec l’hôpital militaire de campagne de Médina Yoro Foulah — et la participation à la lutte contre les catastrophes naturelles. Il a également évoqué le programme « Wadial Xale yi » mené en partenariat avec les armées, ainsi que l’introduction de la culture de défense et de sécurité dans les écoles par la gendarmerie.

L’un des jalons les plus importants annoncés par le ministre reste le projet de développement d’une véritable industrie nationale de défense. Selon Birame Diop, ce chantier vise à renforcer l’autonomie stratégique du pays et à consolider sa souveraineté dans un contexte mondial où les dépendances extérieures peuvent constituer des vulnérabilités majeures.

En conclusion, le ministre a réaffirmé son attachement indéfectible aux valeurs de discipline, de dévouement, de loyauté et de professionnalisme qui fondent la réputation des Forces armées sénégalaises. Il a ensuite ouvert la séance des questions-réponses avec les députés, dans un esprit de transparence et de responsabilité, donnant ainsi le ton d’une gouvernance sécuritaire ancrée dans le dialogue républicain et la vigilance stratégique.

Souveraineté et paix durable : le général Birame Diop appelle à une gouvernance stratégique des ressources africaines

À Dakar, ce jeudi, le ministre des Forces armées, le général Birame Diop, a livré un message fort sur l’évolution des enjeux sécuritaires en Afrique de l’Ouest. Représentant le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, à l’ouverture du troisième colloque international du Centre des hautes études de défense et de sécurité (CHEDS), le ministre a affirmé que la souveraineté sur les ressources naturelles et les frontières africaines constitue désormais « un instrument stratégique de paix durable », bien au-delà de la traditionnelle préoccupation d’intégrité territoriale.

Selon le général Diop, la gestion des ressources et des frontières n’est plus seulement un impératif de défense, mais un levier central de stabilité interne et d’harmonisation des relations entre États de la sous-région. Il a insisté sur le fait qu’une gouvernance souveraine, transparente et équitable de l’eau, de la terre ou de l’énergie est fondamentale pour prévenir les tensions, renforcer la cohésion nationale et bâtir la confiance, autant à l’intérieur des pays qu’à l’échelle régionale.

Le ministre a rappelé que le président Bassirou Diomaye Faye attache une importance particulière à ces enjeux dans une approche « résolument centrée sur l’humain ». Cette orientation, a-t-il expliqué, s’inscrit dans une vision plus large de transformation institutionnelle et sociale, en phase avec les aspirations des populations et les défis contemporains.

Le colloque du CHEDS, qui réunit officiers, diplomates, universitaires et experts venus de divers pays d’Afrique de l’Ouest, se penche précisément sur ces transformations. Placée sous le thème « Gagner la paix en Afrique de l’Ouest : pour une gouvernance souveraine des ressources et des frontières », la rencontre vise à réfléchir aux conditions d’une gestion stratégique et responsable des ressources naturelles, considérée comme un pilier essentiel de la stabilité durable.

Le général Diop a également salué l’engagement du professeur Abdoulaye Bathily, conférencier invité, dont la médiation entre l’Alliance des États du Sahel (AES) et la CEDEAO a contribué à réduire les tensions dans une région secouée par les crises politiques, sécuritaires et diplomatiques. Il a souligné que de telles initiatives démontrent l’importance de solutions endogènes basées sur le dialogue et la solidarité.

Dans son intervention, le ministre des Forces armées a par ailleurs insisté sur la nécessité d’investir massivement dans le numérique, l’innovation et le capital humain. Pour lui, la sécurité collective et la paix durable reposent autant sur la maîtrise des technologies stratégiques que sur la formation des citoyens et des institutions. Il a rappelé qu’« aucune nation, aussi puissante soit-elle, ne peut relever seule les défis » multiformes auxquels l’Afrique de l’Ouest est confrontée, qu’il s’agisse des menaces terroristes, des pressions migratoires, des rivalités économiques ou des conflits liés aux ressources.

Kaolack : La Zawiya, un modèle de développement socio-économique pour la souveraineté alimentaire

(Famille de Cheikh Thierno Assane Dème)

En prélude à la première édition de Laylatoul Katmiya, une nuit hautement spirituelle consacrée à la commémoration des enseignements et de l’œuvre de Cheikh Ahmad Tidianya Chérif (RTA), la famille de Cheikh Thierno Assane Dème, Moukhadam de Elhadji Ibrahima Niasse Baye, a organisé ce samedi 9 juillet 2025 un panel sur le thème : « La Zawiya, modèle de développement socio-économique pour la souveraineté alimentaire ».

Cette rencontre a suscité des échanges d’une grande richesse, à la fois intellectuelle et spirituelle.

« Ce panel a été pour nous l’occasion de déclarer la révolution verte sous les drapeaux de la Tarikha Tidianya. Nous avons voulu montrer que la Zawiya peut être un levier de développement agricole et social », a expliqué Mamadou Niane, fidèle talibé de Cheikh Thierno Assane Dème.

À Darou Miraya, situé dans la commune de Mbadakhoun (région de Kaolack), les enfants ne sont plus exposés aux dangers de la rue. Ils mangent mieux, vivent et étudient au centre. Toutes les activités menées visent à lutter contre la mendicité, un problème persistant au Sénégal et ailleurs. Des solutions locales, comme l’intégration de l’agriculture dans les daaras, montrent qu’un autre modèle est possible : un modèle où la foi, l’éducation et le travail de la terre avancent ensemble vers un avenir plus digne pour les jeunes apprenants.

« Nous attendons de l’État du Sénégal un accompagnement sur les plans technique, financier et matériel. Les fidèles de la Zawiya sont présents partout dans le pays. Nous souhaitons reproduire le modèle de Darou Miraya à l’échelle nationale. Pour cela, l’accès à la terre est essentiel. Notre objectif principal est de former les jeunes et de créer un capital humain solide. Avec ce modèle, nous espérons que le pays pourra atteindre l’autosuffisance alimentaire », a souligné M. Niane.

Abordant la question de la pisciculture, le guide religieux a rappelé que cette activité peut offrir de nombreux emplois en zones rurales, contribuer à l’économie locale, former les jeunes et nourrir une population croissante avec une source de protéines accessible.

Cependant, il a souligné que le coût des matières premières pour l’alimentation des poissons reste hors de portée pour beaucoup. Il a ainsi lancé un appel à l’État pour intervenir et réduire ce fardeau économique.

Fin des Éléments Français au Sénégal : une nouvelle ère de coopération militaire fondée sur la souveraineté

Le jeudi 17 juillet 2025 marque une date historique dans les relations militaires entre le Sénégal et la France. C’est au camp Geille de Ouakam, à Dakar, que s’est tenue la cérémonie officielle de restitution des dernières bases françaises présentes sur le sol sénégalais, mettant un terme à plusieurs décennies de présence militaire tricolore dans le pays. Cette étape décisive s’inscrit dans une volonté politique forte des autorités sénégalaises de réaffirmer leur souveraineté tout en réorientant leur coopération stratégique sur des bases nouvelles.

Présidée par le général de corps d’armée Mbaye Cissé, chef d’état-major général des armées sénégalaises, la cérémonie a vu la passation officielle de plusieurs sites militaires majeurs. Il s’agit notamment des camps Saint-Exupéry et Maréchal de Hann, de l’escale militaire de l’aéroport Blaise Diagne (Diass), de la Cité résidentielle de la Pointe, des installations navales de Protet, du centre de mission de Rufisque, et du camp Geille de Ouakam. Tous ces sites sont désormais sous contrôle exclusif des forces armées sénégalaises.

Dans son discours, le général Mbaye Cissé a tenu à rappeler la solidité des relations historiques entre les deux armées. Il a salué l’apport significatif de la France dans le développement des capacités militaires sénégalaises, notamment à travers la formation de cadres, l’entraînement des troupes, et le soutien logistique. Toutefois, il a insisté sur le fait que cette nouvelle phase ne marque pas une rupture brutale, mais plutôt une volonté d’adaptation à un contexte géopolitique et stratégique en mutation.

« Nos armées ont toujours entretenu une coopération dynamique et enrichissante. Aujourd’hui, le Sénégal choisit de réorganiser cette coopération sur des bases qui garantissent davantage d’autonomie, de respect mutuel et de souveraineté. Il s’agit d’un partenariat rénové, tourné vers l’avenir », a déclaré le général.

La nouvelle coopération militaire avec la France sera donc axée sur l’instruction, la formation, l’entraînement et d’autres domaines jugés essentiels pour la modernisation de l’armée sénégalaise. L’objectif, selon le haut commandement militaire, est d’atteindre une autonomie stratégique tout en restant ouvert aux apports techniques et humains de partenaires étrangers, à condition que cela se fasse dans un cadre équilibré et équitable.

Le départ des Éléments français au Sénégal (EFS) intervient dans un contexte régional marqué par un repli progressif des présences militaires étrangères en Afrique de l’Ouest, sous la pression croissante des opinions publiques et d’une nouvelle génération de dirigeants politiques résolument engagés dans la reconquête de leur souveraineté nationale.

Le Sénégal, en optant pour cette démarche de réappropriation de ses installations militaires, envoie un signal fort à ses partenaires. Il ne s’agit pas d’un isolement ou d’un rejet de la coopération internationale, mais d’un repositionnement stratégique. Comme l’a résumé le général Mbaye Cissé, « les armées sénégalaises sont prêtes à écrire, avec leurs partenaires, une nouvelle page fondée sur l’égalité, la souveraineté et la responsabilité partagée ».

Ainsi s’ouvre une nouvelle séquence du compagnonnage entre le Sénégal et la France, appelée à évoluer au rythme des exigences du monde contemporain et des ambitions d’un pays qui veut affirmer davantage son autonomie dans la gestion de ses affaires de défense et de sécurité.

Refus de visas américains : Sonko annule le stage des « Lionnes » et défend la souveraineté du Sénégal

Le Premier ministre Ousmane Sonko a fermement réagi, ce mercredi, au refus de délivrance de visas à plusieurs joueuses de l’équipe nationale féminine de basketball. Par un message publié sur sa page Facebook officielle, il a dénoncé une « humiliation diplomatique » et annoncé des mesures fortes, symbolisant un tournant dans la gestion de la coopération internationale du Sénégal.

Le chef du gouvernement a ainsi ordonné l’annulation pure et simple du stage de préparation de l’équipe nationale prévu aux États-Unis. Ce regroupement, qui devait durer dix jours, s’inscrivait dans la phase de préparation de la sélection nationale féminine. Mais face à ce qu’il considère comme un affront injustifié, Ousmane Sonko a préféré recentrer les efforts sur le sol national. « Ce stage sera désormais organisé à Dakar, dans un cadre souverain et propice à la performance de nos athlètes », a-t-il précisé, affichant une volonté d’affirmation de la souveraineté et de dignité nationale dans le domaine sportif comme ailleurs.

Cette décision intervient dans un contexte de tension feutrée entre les autorités sénégalaises et certaines représentations diplomatiques occidentales. Le Premier ministre ne cache pas son intention de redéfinir les bases de la coopération internationale. Il l’a d’ailleurs réaffirmé dans le même message, en évoquant une nouvelle doctrine diplomatique fondée sur « une coopération libre, équilibrée, fondée sur le respect mutuel et le bénéfice partagé ». Cette ligne, selon lui, s’inscrit dans la vision stratégique du président Bassirou Diomaye Faye, mais aussi dans la philosophie politique de PASTEF, le parti au pouvoir.

En parallèle, Sonko a salué la République populaire de Chine, soulignant son engagement concret en faveur du sport sénégalais, notamment à travers l’octroi de bourses de préparation pour les Jeux olympiques de la jeunesse « Dakar 2026 ». Il a exprimé sa « profonde gratitude » envers Pékin, qu’il considère comme un partenaire fiable et respectueux dans la construction d’un sport de haut niveau au Sénégal.

Ce geste fort du Premier ministre marque un précédent et pourrait influencer les futures orientations diplomatiques du pays, surtout en matière de coopération sportive. En refusant de céder à ce qu’il perçoit comme une humiliation, le gouvernement sénégalais envoie un message clair : l’époque de la diplomatie à sens unique semble révolue.

Sénégal – 65e anniversaire de l’indépendance : une fête nationale sous le sceau de la rupture et de la souveraineté

Ce 4 avril 2025, le Sénégal a célébré le 65e anniversaire de son indépendance dans une atmosphère de renouveau et de symboles forts. Pour sa première fête nationale en tant que chef de l’État, le président Bassirou Diomaye Faye a marqué l’événement par des gestes politiques significatifs, à commencer par le rebaptême du célèbre boulevard Général-de-Gaulle, désormais nommé boulevard Mamadou-Dia, du nom du premier Premier ministre du Sénégal indépendant. Une décision saluée comme un acte de rupture assumée avec l’héritage colonial, mais aussi comme une volonté affirmée de réappropriation de l’histoire nationale.

Dans les rues de Dakar, notamment dans le quartier du Plateau, les drapeaux vert-jaune-rouge flottaient au vent, et la ferveur patriotique se faisait ressentir dès les premières heures de la matinée. Plus de 6 000 civils et militaires ont défilé devant le président Bassirou Diomaye Faye, installé à la tribune officielle, aux côtés de plusieurs chefs d’État invités : Mohamed Ould Ghazouani (Mauritanie), Adama Barrow (Gambie), Umaro Sissoco Embaló (Guinée-Bissau) et Bola Tinubu (Nigeria).

Le cortège a traversé pour la première fois l’artère centrale de la capitale désormais appelée boulevard Mamadou-Dia, en hommage à cette figure historique majeure, artisan de l’indépendance sénégalaise et compagnon de Léopold Sédar Senghor. Ce changement de nom, décidé en Conseil des ministres le 2 avril, a été présenté comme un geste symbolique fort destiné à marquer cette édition de la fête nationale d’un sceau particulier : celui de la rupture et de la souveraineté retrouvée.

Cette mesure n’est pas un simple changement de signalétique urbaine. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large voulue par le président Diomaye Faye : réhabiliter les figures historiques africaines et débarrasser l’espace public sénégalais des vestiges du passé colonial. Pour de nombreuses organisations citoyennes, à l’image du Front pour une Révolution anti-impérialiste, populaire et panafricaine (FRAPP), il s’agit d’un tournant symbolique dans la quête de décolonisation des noms de rues et des monuments publics.

Cette volonté ne date pas d’hier. En 2020 déjà, la statue du gouverneur colonial Louis Faidherbe à Saint-Louis avait suscité de vifs débats sur la place de ces figures coloniales dans l’espace public. La place qui portait son nom a depuis été renommée Place Ndar, du nom wolof de la ville. En décembre dernier, lors de la commémoration du massacre de Thiaroye, Diomaye Faye avait réaffirmé son engagement pour une « réappropriation historique » en évoquant une série de propositions de renommage autour des anciens tirailleurs sénégalais et d’autres figures anticolonialistes.

Au-delà des symboles, la fête nationale a également été l’occasion de rappeler les enjeux contemporains de souveraineté, notamment dans le domaine de la défense et de la sécurité nationale. Le thème de cette 65e célébration était d’ailleurs évocateur : « Vers la souveraineté technologique et industrielle des forces de défense et de sécurité ».

Dans un contexte de révision des accords militaires et du départ annoncé des éléments français présents au Sénégal, le pouvoir en place affiche une volonté claire : renforcer l’autonomie stratégique du pays. Cela passe par la modernisation des équipements, le développement de l’industrie de défense locale, et une meilleure maîtrise des technologies dans un environnement sécuritaire régional marqué par l’instabilité.

La veille, le 3 avril, dans son traditionnel discours à la Nation, le président Diomaye Faye a fait le point sur sa première année à la tête du pays. Il a rappelé les réformes engagées pour corriger les déséquilibres économiques, améliorer la gestion des finances publiques, et initier des projets dans des secteurs comme l’agriculture, l’énergie ou la justice.

Reconnaissant la gravité de la situation économique, il a appelé les Sénégalais à faire preuve de résilience, de solidarité active et d’engagement patriotique, martelant que la cohésion nationale devait être la boussole du pays. Il a également souligné que les efforts pour faire baisser les prix des denrées de première nécessité allaient se poursuivre, tout en annonçant le lancement prochain de plusieurs programmes structurants, dont la phase 2 du PAVIE pour l’autonomisation des femmes et la création de 3 000 fermes intégrées.

Ce 4 avril 2025 restera dans les mémoires comme une fête nationale de rupture, symbolique autant que politique. Le changement de nom du boulevard Général-de-Gaulle, la présence de figures panafricaines, la thématique centrée sur la souveraineté militaire, et le discours présidentiel ancré dans les enjeux structurels du pays témoignent tous d’un nouvel élan voulu par le pouvoir de Diomaye Faye. Reste à savoir si cette dynamique s’inscrira dans la durée et si les actes suivront véritablement les symboles pour bâtir un Sénégal résolument tourné vers l’avenir.

65e anniversaire de l’Indépendance du Sénégal : cap sur la souveraineté technologique et industrielle des Forces armées

Dans le cadre de la célébration du 65e anniversaire de l’Indépendance du Sénégal, prévu le 4 avril 2025, le ministère des Forces armées, par le biais de la Direction de l’Information et des Relations publiques des Armées (DIRPA), annonce une série d’événements majeurs placés sous le thème : « Vers la souveraineté technologique et industrielle des Forces armées ».

Ce thème traduit la volonté des autorités sénégalaises de renforcer l’autonomie stratégique du pays, en mettant en lumière les efforts soutenus dans le développement des capacités nationales de défense et d’innovation militaire. Il s’agit également d’un signal fort en faveur de la modernisation des Forces armées, dans un contexte marqué par de nouveaux défis sécuritaires à l’échelle régionale et internationale.

Point d’orgue des célébrations, un grand défilé civil, militaire, paramilitaire, motorisé et aérien se tiendra le jeudi 4 avril à partir de 8h30, à la Place de la Nation (ex-Place de l’Obélisque), à Dakar. Cette cérémonie se déroulera sous la présidence du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, et en présence de nombreux hôtes de marque, parmi lesquels des chefs d’État et de gouvernement, ainsi que des délégations étrangères invitées.

Ce rendez-vous solennel mettra en scène la diversité et la puissance des forces de défense et de sécurité du Sénégal. Des unités terrestres, navales et aériennes défileront aux côtés des services paramilitaires, dans une démonstration de discipline, de coordination et de maîtrise technologique.

Cette 65e édition de la fête nationale ambitionne également de valoriser les progrès réalisés dans les domaines de l’industrialisation militaire, de la recherche technologique appliquée à la défense, et de la coopération stratégique avec des partenaires internationaux.

Le public découvrira notamment des équipements conçus localement ou modernisés au sein des structures de production nationales, traduisant les efforts vers une indépendance capacitaire du Sénégal dans les secteurs sensibles de la sécurité et de la défense.

Des activités annexes – expositions, forums, conférences – seront également organisées avant et après le 4 avril, pour sensibiliser davantage la population à ces enjeux stratégiques et renforcer le lien armée-nation.

Souveraineté pharmaceutique d’ici 2035 : le gouvernement s’engage

Un atelier de vulgarisation de la nouvelle réglementation sur les médicaments, les produits de santé et de pharmacie s’est tenu ce 24 septembre à la Direction générale de la santé à Diourbel. Lors des débats, le directeur général de l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP) a salué l’engagement des acteurs locaux dans l’amélioration du système de santé, et du secteur pharmaceutique en particulier.

Le Dr Alioune Ibnou Abdoutalib Diallo, directeur de l’ARP, a expliqué : « Conformément à la vision de Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, notre pays vise à rendre les médicaments plus accessibles en termes de coût, de qualité et de disponibilité géographique. Une manière de répondre aux besoins pressants de la population. Pour ce faire, le gouvernement a mis en place des réformes stratégiques visant à atteindre la souveraineté pharmaceutique d’ici 2035. Cela passera par le renforcement de la production industrielle de médicaments et autres produits de santé. »

Cet objectif s’inscrit dans une démarche globale de création d’un cadre juridique et institutionnel solide, conforme aux orientations nationales, aux normes internationales, et aux exigences des organisations internationales comme l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’Union Africaine (UA).

L’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP), créée en 2022 par décret, s’inscrit dans cette dynamique, selon toujours le directeur, Dr Alioune Ibnou Abdoutalib Diallo.

En effet, cette structure, régie par la loi de 2023 sur les médicaments, vise également à encadrer le secteur pharmaceutique tout en adaptant les règles de fonctionnement aux défis actuels.

Le Dr Diallo a également souligné que l’application rigoureuse de cette réglementation est une question de justice sociale. Selon lui, il est impératif de rendre le secteur pharmaceutique plus attractif, compétitif et strict face aux menaces liées à la circulation de médicaments de mauvaise qualité ou falsifiés, et aussi face aux défis de santé publique.

Le Dr Diallo n’a pas manqué de souligner l’ambition du Sénégal de devenir un acteur clé dans la production et la distribution de médicaments, ainsi que le souhait du gouvernement d’assainir sans faille le système de santé et de valoriser les structures sanitaires à travers tout le pays.

Ousmane Sonko : La souveraineté ‘’est incompatible avec la présence de bases militaires étrangères’’

Lors d’une conférence à l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, Ousmane Sonko, leader des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), a exprimé de manière catégorique la volonté du Sénégal de préserver sa souveraineté en mettant fin à la présence de bases militaires étrangères sur son sol. Cette déclaration intervient dans un contexte de débats sur l’avenir des relations entre l’Afrique et l’Europe, abordé en présence de Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise (LFI).

Ousmane Sonko a clairement articulé sa vision d’un Sénégal pleinement souverain, déclarant : « La volonté du Sénégal de disposer de lui-même est incompatible avec la présence de bases militaires étrangères ». Cette position soulève des interrogations sur les implications pour les accords de défense en cours, bien que Sonko ait précisé que sa position ne vise pas à remettre en cause ces accords signés avec des nations telles que les États-Unis et la Grande-Bretagne.


La conférence, qui a vu la participation enthousiaste de centaines d’étudiants, a été l’occasion pour Sonko de critiquer la présence continue des bases militaires françaises au Sénégal, plus de six décennies après l’indépendance du pays. Il a interrogé les motivations derrière cette présence et son impact sur l’indépendance et la souveraineté nationale.


La question des bases militaires françaises au Sénégal n’est pas nouvelle. En 2010, l’ancien président Abdoulaye Wade avait annoncé la reprise des bases militaires françaises par le Sénégal. Toutefois, cette annonce n’a jamais été concrétisée par un retrait définitif des troupes françaises. Actuellement, environ 350 soldats français sont déployés au Sénégal, une présence que Sonko juge disproportionnée par rapport aux besoins de défense nationale.


La position ferme de Sonko sur ce sujet a été accueillie par des acclamations, soulignant un soutien populaire significatif. En insistant sur le fait que les accords de défense ne nécessitent pas une présence militaire étrangère substantielle, Sonko propose une réévaluation des relations militaires internationales du Sénégal. « On peut avoir des accords de défense, sans que cela ne justifie que le tiers de la région de Dakar soit occupé par des garnisons étrangères », a-t-il affirmé, mettant en lumière une vision de souveraineté alignée avec des partenariats stratégiques mais sans occupation militaire.


La visite de Jean-Luc Mélenchon au Sénégal, à l’invitation de Pastef, renforce le dialogue sur les relations post-coloniales entre l’Afrique et l’Europe. Mélenchon, lors de cette visite de quatre jours, engage également des discussions sur des thèmes similaires, ce qui souligne l’importance croissante de réexaminer les relations historiques et actuelles entre les deux continents.


Le discours d’Ousmane Sonko à Dakar marque une étape importante dans le débat sur la souveraineté et la présence militaire étrangère en Afrique. En soulignant la nécessité de réévaluer les accords de défense et la présence militaire étrangère, Sonko appelle à une souveraineté complète et à une indépendance véritablement respectée. Cette prise de position pourrait influencer les politiques futures du Sénégal et des autres nations africaines confrontées à des situations similaires.

LEDAKAROIS

Les producteurs de maïs de l’est du Sénégal s’engagent pour la souveraineté alimentaire

Dans un contexte où la sécurité alimentaire est une préoccupation mondiale croissante, les producteurs de maïs de la région de l’est du Sénégal font entendre leur voix et expriment leur détermination à contribuer à la souveraineté alimentaire du pays. Sous la direction de Pape Banda Dièye, président du collège national et maire de Tamba, ces agriculteurs s’engagent à surmonter les défis actuels pour assurer une production céréalière abondante et de qualité.

La région de l’est du Sénégal, riche en ressources en eau et en terres fertiles, offre un potentiel agricole important. Les producteurs de maïs de cette région croient en leur capacité à jouer un rôle clé dans la réalisation des objectifs nationaux de production céréalière. Avec une ambition affichée de produire à eux seuls les 350 000 tonnes de céréales projetées par les autorités, ces agriculteurs montrent leur engagement envers le développement agricole et la sécurité alimentaire du pays.

Malgré les défis rencontrés, tels que les problèmes phytosanitaires et les contraintes d’équipement, les producteurs de maïs de l’est du Sénégal ont enregistré des succès notables. Le bilan positif de l’année précédente, marqué par une production de 144 000 tonnes de maïs, témoigne de leur résilience et de leur capacité à surmonter les obstacles. Cependant, pour continuer sur cette lancée et réaliser pleinement leur potentiel, ces agriculteurs appellent à un soutien accru des autorités et des parties prenantes concernées.

Le Drdr, représenté par M. Bâ, souligne la nécessité d’investir dans les infrastructures agricoles et d’augmenter la disponibilité des intrants agricoles. Un réseau de distribution efficace des semences est essentiel pour répondre aux besoins des producteurs et garantir des récoltes abondantes. Avec un accès amélioré aux semences de qualité et aux équipements agricoles appropriés, les agriculteurs de la région pourront optimiser leur production et contribuer de manière significative à la sécurité alimentaire nationale.

L’engagement des producteurs de maïs de l’est du Sénégal en faveur de la souveraineté alimentaire illustre leur engagement envers le développement durable et la prospérité de leur communauté. En collaborant étroitement avec les autorités et les parties prenantes concernées, ces agriculteurs sont déterminés à exploiter pleinement le potentiel agricole de la région pour assurer un approvisionnement alimentaire sûr et durable pour l’ensemble du pays.

Rencontre entre Ousmane Sonko et Abdoulaye Diop : Débat sur la souveraineté monétaire et la croissance économique

Lors d’une récente rencontre entre le Premier ministre Ousmane Sonko et Abdoulaye Diop, président de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la question de la souveraineté monétaire a été au cœur des discussions, notamment en ce qui concerne le franc CFA.

Ousmane Sonko a initié un débat sur la destination de la croissance économique au sein de l’UEMOA, remettant en question à qui profite réellement cette croissance. Il a souligné que le fondement de son programme, qui lui a valu d’être élu par les Sénégalais, tourne autour de la souveraineté et de l’appropriation correcte de tous les atouts du pays. Le Premier ministre a également insisté sur la nécessité d’une réflexion approfondie pour que les richesses produites bénéficient véritablement aux populations.

Les propos de Sonko ont suscité un sourire chez Abdoulaye Diop, qui a confirmé lors de son intervention que la rencontre avait mis en lumière une forte volonté de répondre aux besoins des populations. Il a souligné l’importance d’une croissance économique plus forte, mais surtout d’une croissance qui a un impact significatif sur les populations.

Cette rencontre entre le Premier ministre et le président de la Commission de l’UEMOA souligne l’importance du débat sur la souveraineté monétaire et la nécessité de s’assurer que la croissance économique profite réellement à tous les citoyens de la région.

Bassirou Diomaye Faye : Les défis de la Souveraineté et du Développement au Sénégal

Élu au premier tour de l’élection présidentielle au Sénégal le 24 mars dernier, Bassirou Diomaye Faye, soutenu par le leader du parti Pastef, Ousmane Sonko, s’est présenté comme le candidat du changement et de la rupture avec le système établi. Son mandat est marqué par une volonté affirmée de réformer en profondeur le pays, notamment en matière de lutte contre la corruption et de renforcement de la souveraineté nationale dans tous les domaines.

L’une des promesses phares de sa campagne est la sortie du Sénégal de la zone franc, dans le but de développer des partenariats plus bénéfiques avec d’autres pays et de réévaluer les contrats conclus avec des sociétés étrangères, notamment dans le secteur pétrolier et gazier. Cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large de rompre avec l’emprise économique française et de favoriser le développement économique du pays.

Cependant, la mise en œuvre de ces mesures pourrait être confrontée à plusieurs obstacles. Tout d’abord, la question de la sortie de la zone franc est complexe et soulève des interrogations quant à son efficacité réelle en termes de développement. De plus, le maintien de relations économiques avec la France et d’autres pays partenaires de la CEDEAO reste crucial pour l’économie sénégalaise.

Par ailleurs, la gestion du secteur de la pêche, essentiel pour de nombreuses communautés locales, constitue un défi majeur. La lutte contre la pêche illégale et non réglementée, qui prive le pays de ressources importantes, nécessite une action décisive de la part des nouvelles autorités.

Enfin, la valorisation des produits locaux et la promotion de l’agriculture nationale sont des enjeux clés pour assurer la sécurité alimentaire du pays et soutenir les producteurs locaux. Cependant, cela pourrait nécessiter des ajustements politiques et économiques importants, ainsi qu’une coopération accrue avec les partenaires régionaux et internationaux.

Dans les mois à venir, la capacité du nouveau gouvernement à relever ces défis déterminera en grande partie la réussite de son mandat et son impact sur la vie quotidienne des citoyens sénégalais.

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