Bilan stratégique du nouveau gouvernement sénégalais (près d’un an de pouvoir)

Par, Dr. Abdourahmane Ba

Près d’un an après l’investiture du président Bassirou Diomaye Faye (avril 2024), le Sénégal dresse un premier bilan de l’action de son nouveau gouvernement. Élu sur une plateforme de rupture (anticorruption, souveraineté, justice sociale), Faye – appuyé par son mentor devenu Premier ministre, Ousmane Sonko – a entrepris des réformes tous azimuts. Ce bilan passe en revue les avancées, défis et critiques sectoriels, notamment en économie, gouvernance, développement social, infrastructures, politique énergétique/environnementale et diplomatie.

  1. Économie et finances publiques

1.1. Croissance et finances

Le nouveau pouvoir hérite d’une situation macroéconomique délicate. Un audit de la Cour des comptes révèle un endettement public de 99,7 % du PIB fin 2023 et un déficit budgétaire recalculé à 12,3 % du PIB (contre 4,9 % annoncé par l’ancien régime)​. Autrement dit, les comptes étaient plus dégradés qu’admis sous Macky Sall. Face à ce constat « particulièrement catastrophique et inquiétant », le gouvernement Sonko-Faye a opté pour la transparence et l’action plutôt que l’occultation​. Le Premier ministre Sonko a publiquement appelé à un « vrai sursaut » pour sortir les finances de l’ornière, tout en assurant qu’il n’imposerait pas de cure d’austérité brutale​.

En pratique, le ministre de l’Économie a martelé que la dette, bien qu’élevée, reste soutenable, en misant sur un rebond économique futur​. D’ailleurs, la Banque mondiale et le FMI anticipent un choc de croissance en 2025 (≈9-10 %), porté par l’entrée en production des ressources pétro-gazières​. Cette manne à venir – par exemple le champ pétrolier de Sangomar, exploité depuis mi-2024 et générant 950 millions US $ dont 15 à 40 % pour l’État​ – devrait booster le PIB et offrir de nouvelles marges de manœuvre.

1.2. Gestion budgétaire et réformes

Confronté à des comptes « dans le rouge », le gouvernement a pris des mesures d’économies ciblées plutôt que des coupes sociales. Pour réduire le train de vie de l’État, il envisage une baisse des salaires des ministres et dirigeants d’entreprises publiques, et a supprimé des organes jugés coûteux et redondants​. Dès décembre 2024, la nouvelle Assemblée a voté la dissolution du Conseil économique, social et environnemental (CESE) et du Haut conseil des collectivités territoriales (HCCT), structures considérées comme « budgétivores » par le président Faye​.

Parallèlement, pour éviter un étranglement financier, l’exécutif innove en diversifiant ses sources de financement. Le budget 2025 introduit ainsi des « diaspora bonds », des obligations destinées aux Sénégalais de l’extérieur, afin de mobiliser l’épargne diaspora pour des projets d’infrastructure, de santé et autres secteurs prioritaires​. Cette approche est vue positivement par les milieux d’affaires, d’autant que le gouvernement multiplie les signaux de bonne gouvernance – comme la publication des audits et un discours de vérité sur la situation budgétaire​.

Des économistes saluent cette communication franche qui traduit la volonté d’« assainir les finances publiques » et peut rassurer investisseurs et bailleurs​. Par exemple, en février, Dakar a accueilli une rencontre entre l’APIX (agence de promotion des investissements) et le patronat français (Medef) pour encourager les affaires, signe que le Sénégal reste attractif malgré ses défis​. Toutefois, la conjoncture demeure tendue : l’agence Moody’s a abaissé la note souveraine sénégalaise à B3 fin février 2025, ce qui illustre la perte de confiance due aux déséquilibres persistants​. Le pouvoir doit donc réaliser un subtil équilibrage entre restauration de la soutenabilité budgétaire et maintien de la dynamique économique.

1.3. Réformes économiques sectorielles

Dans son programme de « transformation systémique », l’équipe Faye-Sonko met l’accent sur la souveraineté économique et la relance de secteurs clefs. L’agriculture en est un exemple : le Sénégal veut réduire sa dépendance alimentaire et mieux valoriser ses filières. Dès la première année, le gouvernement a soutenu les agriculteurs via l’épurement de leurs dettes, une distribution accrue et équitable de semences de qualité, ainsi qu’une hausse du prix plancher de l’arachide pour mieux rémunérer les paysans​. Cette dernière mesure répond à une revendication rurale, mais s’accompagne d’une politique plus interventionniste sur la filière arachidière.

À l’automne 2024, le ministre de l’Agriculture a brièvement annoncé la suspension des exportations d’arachide brute afin de privilégier la transformation locale et éviter que les acheteurs étrangers (notamment chinois) ne concurrencent la collecte nationale​. L’objectif est de sécuriser l’approvisionnement des huileries locales (Sonacos et autres) pour monter en gamme. Cependant, cette initiative a suscité l’inquiétude de nombreux producteurs, pour qui l’export direct assure des revenus supérieurs (300–500 FCFA/kg à l’export contre ~280 FCFA sur le marché intérieur la saison précédente)​. Face à la grogne sous les « arbres à palabres », le gouvernement a dû assouplir sa position​. Ce cas illustre la difficulté de concilier souveraineté économique et protection des revenus paysans à court terme.

En parallèle, l’État renégocie des accords internationaux jugés défavorables : ainsi, les accords de pêche avec l’Union européenne, permettant à des chalutiers étrangers dans les eaux sénégalaises, ont été revus pour réserver les 12 milles aux pêcheurs artisans et exiger une meilleure compensation écologique et financière​. C’était l’un des premiers actes posés par le gouvernement selon le président de l’Assemblée nationale​.

Globalement, la ligne directrice est de « reprendre en main » l’économie nationale (contrats miniers, pêche, grands projets) et d’accroître la part de valeur ajoutée captée localement. Cette orientation volontariste est saluée par les partisans du patriotisme économique, mais elle doit composer avec les réalités du marché et les partenaires en place. D’ailleurs, une frange du parti au pouvoir (PASTEF) insiste pour éviter toute « tentation austéritaire dictée par le FMI ou la Banque mondiale », avec une crainte d’un ajustement aux dépens du social​. Le pouvoir doit donc prouver qu’il peut restaurer les équilibres financiers tout en respectant ses promesses sociales et réformes de structure.

  1. Gouvernance et réformes institutionnelles

2.1. Lutte contre la corruption et transparence

Le leitmotiv du nouveau régime est la rupture avec les pratiques de gouvernance passées. Concrètement, dès avril 2024, le président Faye a ordonné une batterie d’audits dans presque toutes les structures publiques (pétrole, gaz, mines, finances, projets immobiliers, etc.)​. Les rapports d’audit des dernières années ont été publiés au grand jour et ont exposé des dérives financières sous Macky Sall et son entourage​. Par exemple, la Cour des comptes a pointé des dépenses sans base légale et des maquillages budgétaires de la présidence sortante​.

La nouvelle équipe a tenu à renforcer les mécanismes de contrôle pour prévenir le mésusage des deniers publics​. Cette transparence active – une première à cette échelle – est perçue comme un signal fort de gouvernance vertueuse. Néanmoins, les résultats concrets se font attendre : les audits sont en cours et leurs conclusions ne sont pas toutes connues après un an​. Le gouvernement promet des suites judiciaires en cas de malversations avérées, mais doit veiller à ce que la reddition de comptes ne tourne pas à la chasse aux sorcières politiques.

En interne, certains reprochent déjà au pouvoir d’agir de manière unilatérale sur certains cas sensibles. Un exemple cité est l’interdiction de sortie du territoire imposée à d’anciens barons (tel un beau-frère de l’ex-président) sans décision de justice formelle – une mesure défensive pour éviter des fuites, mais critiquée par l’opposition comme arbitraire. Malgré ces débats, de nombreux Sénégalais saluent l’élan anticorruption incarné par Faye et Sonko, d’anciens opposants farouchement engagés contre les scandales (affaires PétroTim, contrats gaziers, etc.) de l’ère précédente.

Les assises nationales sur la justice tenues fin 2024 ont également accouché d’une dizaine de recommandations pour renforcer l’indépendance judiciaire et l’état de droit​. Si le programme de refonte de la justice est encore en gestation, ces pas initiaux montrent une volonté d’attaquer la corruption à la racine – y compris via un projet de loi de protection des lanceurs d’alerte, promis avant mi-mai 2024 mais retardé depuis​. En somme, sur le front de la gouvernance, l’intention de rompre avec l’impunité est nette, mais le vrai test sera l’aboutissement effectif des poursuites et réformes institutionnelles annoncées.

2.2. Réformes institutionnelles et vie démocratique

Politiquement, la première année de Faye a été marquée par une reconfiguration majeure des institutions. Élu avec 54 % des voix dès le 1er tour (mars 2024)​, le nouveau président ne disposait initialement que d’une minorité parlementaire – son parti PASTEF et ses alliés n’ayant qu’une quarantaine de députés sur 165, contre une centaine pour la coalition du sortant. Cette cohabitation forcée a très vite paralysé l’action publique : l’ancienne majorité (Benno Bokk Yaakaar) a boycotté fin juin le débat d’orientation budgétaire, empêchant son adoption​. Elle a aussi bloqué des réformes emblématiques (refusant par exemple de voter la suppression du HCCT et du CESE en septembre)​.

Face à ce « culte du blocage » institutionnel​, Bassirou Faye a utilisé l’arme constitutionnelle à sa disposition : dissoudre l’Assemblée nationale dès que la loi l’autorisait (deux ans après les législatives de 2022, soit le 12 septembre 2024)​. Dans une allocution télévisée ce jour-là, il a convoqué des élections législatives anticipées le 17 novembre en demandant aux Sénégalais une nouvelle majorité pour « donner corps à la transformation systémique » promise​. Ce coup de théâtre, bien que prévisible, a suscité des réactions mitigées. Du côté du pouvoir, on invoquait la nécessité de lever les obstacles au changement voulu par le peuple.

L’opposition y a vu une manœuvre pour contourner le Parlement et éviter de justesse une motion de censure menaçant le PM Sonko (dont la Déclaration de politique générale, prévue le 13 septembre, a été court-circuitée par la dissolution la veille)​. Il n’en demeure pas moins que le processus fut légal et validé par le Conseil constitutionnel​. Le scrutin de novembre 2024 a débouché sur un raz-de-marée en faveur du parti présidentiel : les Patriotes du Sénégal (PASTEF) ont remporté 130 sièges sur 165​, reléguant loin derrière les coalitions d’opposition (16 sièges pour la liste pro-Macky Sall, 7 pour celle d’Amadou Ba, etc.​). Cette nouvelle Assemblée acquise au pouvoir depuis début 2025 a voté sans tarder les réformes bloquées auparavant (suppression du CESE/HCCT, budget 2025, etc.)​.

2.3.Renforcement démocratique

Paradoxalement, le recours à la dissolution – perçu initialement comme un passage en force – a abouti à redonner la parole au peuple et à clarifier le jeu démocratique. Le président Faye a désormais tous les leviers institutionnels alignés pour appliquer son programme, ce qui est plus conforme à l’esprit du quinquennat présidentiel. La stabilité politique s’en trouve renforcée, même si une opposition affaiblie dénonce une concentration excessive des pouvoirs.

À cet égard, certaines nominations administratives ont suscité des critiques : malgré la promesse de ruptures, le gouvernement a nommé plusieurs dizaines de directeurs d’agences et d’entreprises publiques sans appel à candidature, ce qui a maintenu des pratiques de patronage partisan. Ces entorses aux principes méritocratiques ont fait grincer des dents, y compris chez des soutiens de Faye attachés à plus de transparence. Le pouvoir s’en défend en invoquant l’urgence à combler les postes vacants et en soulignant que l’assainissement des institutions prime.

Par ailleurs, en signe d’apaisement, le nouveau président a prôné la réconciliation nationale après les tensions des années précédentes. Rappelons que lui-même et Ousmane Sonko ont bénéficié d’une amnistie politique in extremis (fin mars 2024) pour sortir de prison et pouvoir concourir​. Dans le même esprit, Faye a évoqué des réparations aux victimes des troubles 2019–2023 (manifestations réprimées) : une commission d’indemnisation devait voir le jour, mais sa création a pris du retard​. Quant aux opposants emblématiques du régime Sall condamnés par le passé (Khalifa Sall, Karim Wade), leur sort reste en suspens ; aucune amnistie élargie ne s’est matérialisée en 2024, ce qui alimente le débat sur une “justice sélective”.

En définitive, le bilan institutionnel du gouvernement Faye après un an est contrasté : volontarisme réformateur (nettoyage des agences, justice, parlementarisme restauré) mais aussi premières frictions (procédures expéditives, soupçons de favoritisme dans les nominations). La seconde année de mandat sera cruciale pour traduire les recommandations d’assises et légiférer sur les garde-fous promis (loi sur les lanceurs d’alerte, réforme du Conseil supérieur de la magistrature, etc.), afin de consolider un État de droit exemplaire comme annoncé.

Le président Bassirou Diomaye Faye, investi en avril 2024, a promis une gouvernance intègre et une « transformation systémique » du Sénégal. Un an plus tard, son gouvernement revendique des avancées en matière de transparence et de réformes, malgré les critiques sur la lenteur de certaines promesses.​

  1. Développement social (santé, éducation, emploi, social)

3.1. Politiques sociales et pouvoir d’achat

Répondre aux urgences sociales a été une priorité affichée dès les 100 premiers jours. Confronté à un coût de la vie élevé, le gouvernement a pris des mesures rapides pour soulager les ménages. Ainsi, dès juin 2024, il a imposé une baisse des prix sur plusieurs produits alimentaires de base (pain, huile, sucre, etc.)​. Cette initiative, saluée par la population, visait à honorer une promesse de campagne de Sonko et Faye de « casser » la vie chère par des subventions ou contrôles de prix.

De même, les tarifs de l’électricité ont été réduits en 2025 à la faveur de la baisse des coûts de production (consécutive à la renégociation de certains contrats énergétiques)​. Combinée à l’extension des branchements dans les zones mal desservies, cette mesure améliore directement le budget des foyers modestes.

En parallèle, le gouvernement a maintenu des programmes sociaux existants tels que les bourses de sécurité familiale ou la couverture maladie universelle et a garanti leur financement malgré les contraintes budgétaires. Aucune remise en cause brutale des filets sociaux de l’ère précédente n’a eu lieu – au contraire, l’équipe Faye cherche à accroître l’équité dans leur distribution.

L’eau potable a également fait l’objet d’un plan d’urgence : le projet « Eau potable pour tous » a été lancé pour intensifier les forages, châteaux d’eau et conduites dans les zones rurales et périurbaines, ce qui assure désormais un accès quotidien à l’eau à des milliers de foyers supplémentaires. Ces avancées concrètes améliorent la qualité de vie et renforcent la cohésion sociale, arguments que le pouvoir met en avant. Toutefois, certains chantiers sociaux annoncés patinent : par exemple, la création d’un mécanisme d’indemnisation des victimes des troubles politiques (2012–2023) est toujours en attente​, ce qui déçoit des familles endeuillées.

3.2. Santé et éducation

Sur le plan de la santé publique et de l’éducation, le nouveau gouvernement se heurte aux limites imposées par la crise financière de l’État. Les besoins sont immenses (hôpitaux, personnels, écoles, etc.) et les syndicats veillent au grain. En février 2025, le régime a fait face à sa première crise sociale : les médecins du secteur public se sont mis en grève pour réclamer des recrutements massifs, rapidement suivis par les enseignants du supérieur, exaspérés par le sous-effectif et le manque de moyens​.

Ces mouvements ont mis en lumière le dilemme du gouvernement : comment embaucher davantage de fonctionnaires et augmenter les salaires dans la santé/éducation, tout en tentant de réduire le déficit public ? Le ministre de l’Économie a assuré qu’il n’y aurait pas de coupes sombres dans les budgets sociaux et qu’au contraire, la dette serait réaménagée sans sacrifier les services essentiels​.

Un dialogue tripartite Gouvernement –Syndicats –Patronat a été initié fin février 2025 pour trouver des compromis, Sonko demandant aux syndicats de « mettre de côté un temps les grèves » le temps de redresser les comptes​. En réponse, quelques gestes ont été posés : déconcentration de certains recrutements, règlement de primes en retard, etc.

Le budget 2025 voté en décembre a aussi sanctuarisé des postes pour la santé et l’éducation, financés en partie par les économies réalisées ailleurs (train de vie de l’État) et par de nouveaux financements (emprunts ciblés, fonds de la Banque mondiale, etc.). Malgré cela, l’impatience sociale demeure. Les enseignants du primaire et secondaire attendent une revalorisation de leurs indemnités, pendant que les étudiants réclament de meilleures conditions pédagogiques.

Le gouvernement s’appuie sur les Assises de l’éducation (tenues juste avant l’alternance) pour guider ses actions, mais n’a pas encore lancé de grande réforme structurelle du système éducatif. Sur le front de la santé, il a promu la couverture maladie universelle bis (élargie aux personnes vulnérables non encore couvertes) et inauguré quelques centres de santé en zones rurales. Mais la promesse d’une refonte du système hospitalier attendra probablement le retour à plus de marge budgétaire.

En somme, le bilan social est mitigé : de bonnes intentions et quelques mesures symboliques (baisse des prix, accès eau/électricité) ont évité une grogne immédiate en 2024, mais les revendications de fond (emplois, salaires, qualité des services) persistent. Le défi pour Faye est de prouver que la rigueur budgétaire actuelle n’est que transitoire et que les fruits de la croissance future seront bien réinvestis dans le capital humain (écoles, hôpitaux, emplois jeunes) afin de réduire durablement la pauvreté (qui touche ~37% de la population) et le chômage des jeunes (presqu’un tiers des jeunes étaient sans emploi sous Macky Sall)​. Les attentes populaires restent élevées pour voir se concrétiser le slogan du « Sénégal nouveau » inclusif et solidaire.

  1. Infrastructures et aménagement du territoire

4.1. Grands projets et transports

Le nouvel exécutif s’est retrouvé à piloter des méga-projets hérités tout en imprimant ses priorités en matière d’infrastructures. Le Sénégal étant engagé dans l’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse 2026 (JOJ), le président Faye a exigé d’accélérer l’achèvement des chantiers liés à cet événement​. Lors du Conseil des ministres du 24 octobre 2024, il a enjoint le Premier ministre Sonko de « prendre toutes les mesures immédiates » pour livrer dans les délais les infrastructures sportives, de transport, touristiques et logistiques promises pour les JOJ​. Une coordination interministérielle renforcée a été mise en place afin de respecter scrupuleusement les cahiers des charges fixés avec le CIO​.

Concrètement, cela concerne la finition du complexe sportif olympique de Diamniadio, l’amélioration des voiries et du système de transport entre Dakar et Diamniadio, ainsi que la préparation d’infrastructures d’accueil (hébergements, centre de presse, etc.). Le chef de l’État a insisté sur la rigueur budgétaire et le respect des échéances, conscient que la vitrine des JOJ ne doit pas se faire au prix de dérapages financiers​.

Cette pression semble avoir porté ses fruits : fin 2024, plusieurs projets ont été remis sur les rails avec de nouveaux calendriers resserrés. Par exemple, la Phase 2 du Train Express Régional (TER) de Dakar (extension jusqu’au centre-ville et à l’aéroport) a bénéficié de l’arrivée de nouvelles rames en décembre 2024, ce qui rapproche l’objectif de desservir complètement Diamniadio avant 2026. De même, des routes d’accès et le viaduc vers le nouveau stade olympique ont été déclarés « priorité nationale ».

Le Ministre des Infrastructures a multiplié les visites de chantiers pour résoudre les blocages (expropriations, paiements d’entreprises) et activer les financements. On note que le gouvernement, malgré ses critiques initiales envers certains projets phares de l’ancien régime, n’a pas stoppé les grands travaux en cours : autoroutes Ila Touba et vers Saint-Louis, port de Ndayane, Bus Rapid Transit de Dakar, etc., sont tous poursuivis – avec l’ambition affichée de mieux en maîtriser les coûts et la qualité.

4.2. Aménagement du territoire et urbanisation

L’équipe Faye entend également corriger les déséquilibres territoriaux. Alors que l’ère Sall avait beaucoup misé sur Dakar et Diamniadio, le nouveau pouvoir parle de désenclavement des régions. Profitant des fonds dégagés via les « diaspora bonds » et de la future rente pétrolière, le gouvernement a annoncé vouloir investir dans les infrastructures de base en zones rurales (pistes, adductions d’eau, électrification)​. Les projets Eau pour tous et électricité rurale déjà mentionnés s’inscrivent dans cette vision.

En outre, l’État s’attaque à l’urbanisation anarchique qui menace l’environnement et la sécurité. Un exemple notable : dès mai 2024, le Président a ordonné la suspension de tous les chantiers de construction sur le domaine public maritime (côtes) le temps de vérifier leur conformité​. Cette décision a mis à l’arrêt des projets immobiliers littoraux potentiellement illégaux et en violation des normes environnementales. Une commission d’audit des titres fonciers côtiers a été créée, marquant la volonté de protéger le littoral de la bétonisation sauvage.

L’aménagement urbain durable figure également dans le discours : le gouvernement promet de revoir les plans directeurs des grandes agglomérations (Dakar, Thiès, Mbour, etc.) pour mieux organiser l’urbanisme, intégrer les transports en commun et éviter les inondations chroniques. Quelques actions concrètes ont été engagées : des études ont été lancées pour un schéma directeur de Grand Dakar intégrant logements sociaux et espaces verts, le projet de pôles urbains régionaux a été relancé afin de déconcentrer l’attractivité économique hors de Dakar, et une réforme du code de l’urbanisme a débuté pour clarifier les procédures de lotissement.

Toutefois, ces chantiers structurels en sont aux phases préparatoires. Sur le terrain, les Sénégalais ont surtout constaté la continuité des infrastructures visibles (routes, ponts, trains) et le ralentissement de certains projets non-essentiels le temps de la revue générale. Par exemple, le très coûteux projet de hub administratif de Diamniadio a été mis en veille d’évaluation, afin de prioriser des investissements jugés plus urgents (écoles, centres de santé dans les régions).

En somme, le bilan infrastructurel du gouvernement Faye combine des accomplissements notables (accélération des projets JOJ, extension des services de base dans les zones défavorisées) et une orientation plus équilibrée du développement territorial, mais aussi des défis persistants (bouclage du financement des grands projets sans creuser la dette, maîtrise de l’urbanisation galopante de Dakar, etc.). Les experts estiment que si la croissance annoncée se confirme grâce au pétrole/gaz, le Sénégal pourra simultanément moderniser ses infrastructures structurantes et améliorer le quotidien des populations, à condition de maintenir une gestion rigoureuse et inclusive des projets​.

  1. Politique énergétique et environnementale

5.1. Transition énergétique et souveraineté

Sur le front de l’énergie, le gouvernement navigue entre deux impératifs : exploiter les nouvelles ressources fossiles pour le développement économique et préparer la transition vers des énergies plus propres. Le président Faye a clairement affiché la priorité de la souveraineté énergétique. Il a chargé son ministre du Pétrole et des Mines de renégocier tous les contrats pétroliers et gaziers jugés désavantageux, « pour les aligner sur l’intérêt public »​. Cette renégociation dépend étroitement des audits lancés dès le lendemain de l’investiture dans le secteur extractif​.

En particulier, les conditions d’exploitation du gaz Grand Tortue Ahmeyim (offshore avec la Mauritanie) et du pétrole de Sangomar par des compagnies étrangères (BP, Woodside…) sont passées au crible. L’ambition est d’augmenter la part des revenus de l’État et de renforcer les retombées locales (contenu local, emplois). Pour autant, malgré les discours en faveur du climat, il n’est pas question de freiner l’essor de l’industrie pétrogazière naissante au nom de la réduction des émissions​.

Le Sénégal compte sur ces hydrocarbures pour financer son développement : le Premier ministre Sonko l’a assumé, expliquant que le pays doit utiliser cette manne comme levier de transformation économique​. En parallèle, le gouvernement promet d’accélérer les investissements verts. Le programme énergétique inclut un volet renouvelables avec le déploiement de nouvelles centrales solaires (par exemple à Touba et Kahone) et éoliennes, ainsi que la modernisation du réseau pour intégrer ces sources intermittentes.

Le ministre de l’Énergie a annoncé fin 2024 un objectif de 40 % d’électricité d’origine renouvelable d’ici 2030, tout en soulignant que le mix ne saurait être dicté de l’extérieur​. Dakar a ainsi pris l’engagement d’adhérer à un Partenariat pour une transition énergétique juste, soutenu par des pays développés, afin de mobiliser 2,5 milliards € en faveur du verdissement du secteur électrique. Cet engagement devrait être entériné lors des grandes conférences climatiques, ce qui reflète la volonté du Sénégal de s’imposer comme un modèle de transition en Afrique.

Concrètement, dès 2025, une enveloppe de l’Union européenne et de la France doit appuyer l’électrification rurale bas-carbone (mini-réseaux solaires) et la conversion de certaines centrales du fioul vers le gaz (moins émetteur). Ici encore, la ligne de crête du gouvernement est d’allier pragmatisme et ambition verte : utiliser le gaz domestique comme énergie de transition (pour réduire les coûteuses importations de fuel et charbon) tout en bâtissant progressivement un parc renouvelable conséquent.

Les ONG environnementales restent vigilantes et soulignent que les plans gouvernementaux privilégient encore la mécanisation agricole et l’usage des engrais chimiques, fortement consommateurs d’énergie fossile, au détriment d’une transition vers l’agroécologie à grande échelle. Elles appellent le pouvoir à mieux concilier sa stratégie d’industrialisation avec les impératifs climatiques globaux.

5.2. Protection de l’environnement et ressources naturelles

Le Sénégal de Faye fait face à d’importants défis environnementaux exacerbés par le changement climatique : désertification au nord, érosion côtière à l’ouest, salinisation des terres et raréfaction des poissons​. Durant la campagne, ces thèmes ont été relativement discrets, mais le nouveau président – qui vient d’un milieu rural – a intégré dans son programme quelques mesures d’adaptation. En agriculture, on note des initiatives pour la diversification des cultures (afin de réduire la monoculture d’arachide), la création d’un Observatoire du monde rural chargé d’alerter les agriculteurs en cas d’aléas climatiques (sècheresse, inondations)​, ainsi que la promotion du « consommer local ».

Ces orientations vont dans le sens d’une plus grande résilience climatique, estiment des experts, mais devront être concrétisées et amplifiées​. En effet, certains choix parallèles – comme continuer à subventionner massivement les engrais chimiques ou encourager la motorisation agricole sans précaution – semblent en contradiction avec l’objectif d’agriculture durable prôné par les scientifiques​. Le gouvernement devra préciser sa stratégie agroécologique s’il veut réellement préserver la fertilité des sols à long terme.

Sur le littoral et la mer, l’action la plus remarquée a été la lutte contre la surpêche. Comme mentionné, Faye a décidé de réserver les 12 milles nautiques aux pêcheurs artisanaux, ce qui a contraint les chalutiers industriels à s’éloigner des côtes. Il a également promis de rediscuter les accords de pêche UE pour mieux protéger les stocks halieutiques et obtenu le déploiement de récifs artificiels afin de favoriser la reproduction des poissons​. Les spécialistes saluent ces mesures comme des pas importants pour reconstituer des écosystèmes marins durement touchés (les captures de certaines espèces ont chuté de moitié en 20 ans). Toutefois, ils soulignent qu’il faudra un suivi strict : la réussite dépendra de la capacité à faire respecter les restrictions (lutte contre la pêche illégale) et à renforcer les moyens techniques des pêcheurs locaux, sans quoi la diminution des licences étrangères pourrait n’avoir qu’un effet limité​.

En matière de biodiversité terrestre, le gouvernement a promis d’étendre les aires protégées et de lutter contre la déforestation (notamment en Casamance). La participation active du Sénégal à l’initiative de la Grande Muraille Verte sahélienne se poursuit, avec des campagnes annuelles de reboisement. De plus, Faye a insisté sur la « santé des écosystèmes » dans une approche Une Seule Santé, reliant la protection de la nature à celle des communautés humaines​. Des projets pilotes d’agroforesterie et de conservation des mangroves ont été relancés en collaboration avec des ONG locales.

Globalement, le bilan environnemental après un an montre une prise de conscience progressive au sommet de l’État : ce qui était un angle mort de la campagne tend à devenir un volet non négligeable de l’action publique. La nomination en 2024 d’un ministre de l’Environnement engagé (un ancien cadre d’ENDA Pronat) et l’intégration de la dimension climatique dans la Vision Sénégal 2050 confirment cette évolution. Cependant, les critiques estiment que les investissements “verts” demeurent modestes comparés aux dépenses engagées dans les hydrocarbures ou les infrastructures classiques.

Le président Faye a beau proclamer vouloir « épargner aucun effort pour l’unité africaine et l’indépendance nationale » y compris sur le plan environnemental​, il devra arbitrer entre des intérêts parfois divergents : par exemple, autoriser ou non de nouvelles explorations minières dans des zones écologiquement sensibles (le débat se pose pour le zircon de Casamance). Pour l’heure, la feuille de route environnementale se précise : freiner les abus (pêche prédatrice, constructions illégales), adapter l’agriculture et capitaliser sur la transition énergétique juste. Le véritable test sera la mise en œuvre soutenue de ces politiques sur le moyen terme, au-delà de l’effet d’annonce.

  1. Relations internationales et diplomatie

6.1. Positionnement régional et panafricain

Le changement de leadership à Dakar a eu des répercussions notables sur l’orientation diplomatique du Sénégal. Bassirou Diomaye Faye, dans son discours d’investiture, a juré de défendre « l’indépendance nationale » et de travailler à « l’unité africaine »​. Ce credo panafricaniste s’est traduit symboliquement par le changement de nom du ministère des Affaires étrangères, rebaptisé Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères​.

L’accent est mis sur la coopération régionale : le Sénégal version Faye veut renforcer la CEDEAO et l’Union africaine, et privilégier le règlement africain des crises africaines. Par exemple, lors du sommet extraordinaire sur le Niger (coup d’État de 2023), Dakar, autrefois aligné sur une ligne dure sous Macky Sall, a adopté une posture plus nuancée en privilégiant le dialogue et une solution négociée. De même, les relations avec les voisins jadis froides (Mali, Guinée) montrent des signes de dégel : les nouveaux dirigeants de ces pays, hostiles à l’ordre régional ancien, voient d’un bon œil l’arrivée d’un pouvoir sénégalais moins inféodé aux puissances occidentales.

Faye a ainsi rétabli des canaux de discussion avec Bamako et Conakry, en mettant l’accent sur la solidarité sahélienne pour renforcer la lutte antiterroriste et la stabilité sous-régionale. Son gouvernement a aussi intensifié les échanges avec la Gambie et la Mauritanie (coopération transfrontalière et énergétique, notamment pour le gaz offshore commun). Ce repositionnement afro-centré vise à asseoir le Sénégal en leader régional progressiste, aux côtés d’autres figures du renouveau politique africain.

Sur la scène continentale, le président sénégalais soutient activement l’agenda 2063 de l’UA et plaide pour une représentation accrue de l’Afrique dans la gouvernance mondiale (il appuie par exemple la demande d’un siège de l’UA au G20, obtenue en 2023, et la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU).

6.2. Alliances et nouveaux partenariats

Tout en réaffirmant son ancrage africain, le Sénégal de Faye n’entend pas rompre ses alliances traditionnelles, mais souhaite les rééquilibrer sur la base du respect mutuel. « Le Sénégal restera l’allié sûr et fiable de tout pays… respectueux », a déclaré le nouveau président après son élection​. Ce message s’adressait tant aux partenaires occidentaux (France, UE, États-Unis) qu’aux puissances émergentes (Chine, Turquie, pays du Golfe).

En pratique, la coopération militaire avec la France et les États-Unis se poursuit (exercices conjoints, base française de Ouakam maintenue), mais Dakar affiche une plus grande autonomie de ton. Par exemple, le gouvernement a exprimé sa volonté d’autonomie monétaire vis-à-vis du Trésor français : le ministre de l’économie Abdourahmane Sarr a appelé à plus d’indépendance pour la BCEAO (banque centrale de l’Union ouest-africaine) et à une politique monétaire plus adaptée aux besoins locaux​. Cela s’inscrit dans le projet à moyen terme de la monnaie ECO ou d’une réforme du franc CFA, en coordination avec les autres pays de l’UEMOA.

Sur le plan économique, le Sénégal cherche à diversifier ses investisseurs et alliés. En octobre 2024, le président Faye s’est rendu au forum d’affaires de Riyad (FII) où il a présenté la Vision Sénégal 2050 axée sur industrialisation, infrastructures et transition énergétique, et a invité les investisseurs internationaux (notamment saoudiens) à y prendre part​. Cette ouverture proactive vers le Moyen-Orient a déjà débouché sur des promesses d’investissements saoudiens et émiratis dans l’agro-industrie et la logistique au Sénégal.

De même, Dakar renforce ses liens avec la Turquie (chantier de coopération portuaire), la Chine (infrastructures et importation d’arachide, bien que Faye veuille rééquilibrer les termes de cet échange) et le Maroc (partenariats dans la formation professionnelle). Avec l’Union européenne, les relations demeurent bonnes mais sur un nouveau pied d’égalité : la révision des accords de pêche en est un exemple concret, et l’UE a par ailleurs accueilli favorablement les efforts anticorruption de Faye en promettant un soutien technique.

L’administration Faye-Sonko mise aussi sur sa diaspora comme relai diplomatique et économique. L’émission de diaspora bonds​, en plus d’un outil financier, est un moyen d’engager la diaspora dans le développement national et de renforcer les liens entre le Sénégal et ses ressortissants à l’étranger (quelque 3 à 4 millions de personnes). Le ministère des Sénégalais de l’extérieur a été rattaché à la présidence pour accentuer cette priorité.

6.3. Impact sur les politiques nationales

La nouvelle diplomatie a déjà des répercussions internes. Par exemple, la quête de financements alternatifs via le Golfe a permis de nouer des accords qui alimenteront des projets sociaux (un fonds koweïtien finance actuellement des forages dans le nord, suite à des discussions entamées en 2024). Le positionnement panafricaniste, lui, conforte la légitimité du gouvernement auprès d’une jeunesse sénégalaise sensible aux discours de souveraineté et de dignité.

En revanche, ce positionnement peut parfois inquiéter les milieux économiques traditionnels : certaines entreprises françaises ou occidentales s’interrogent sur la pérennité de leur accès au marché sénégalais. Jusqu’ici, Faye a veillé à ne pas envoyer de signal négatif aux investisseurs étrangers établis ; au contraire, il les a rassurés sur la stabilité des affaires tout en insistant qu’il n’hésiterait pas à défendre les intérêts du pays en cas de contrat léonin. Dans les faits, aucune expropriation ni rupture unilatérale de contrat n’a eu lieu pendant cette première année, malgré la rhétorique parfois sourcilleuse.

Un équilibre semble se dessiner : le Sénégal veut “décoloniser” sa politique étrangère sans tomber dans l’isolement. Il se pose en partenaire indépendant, capable de dire non (par ex. vote à l’ONU où Dakar a maintenu une ligne non-alignée sur certains dossiers) mais aussi en allié actif lorsqu’il s’agit de principes partagés (démocratie, lutte contre le terrorisme, climat). À ce titre, Faye a soutenu sur la scène internationale des causes panafricaines comme la lutte pour la restitution des avoirs illicitement placés à l’étranger ou l’annulation de la dette africaine – des thèmes qui rejoignent ses politiques internes d’assainissement financier et de justice sociale.

En résumé, après un an de pouvoir, le bilan diplomatique du gouvernement Faye se caractérise par un rééquilibrage des partenariats (moins de dépendance vis-à-vis de l’ancienne métropole, plus d’ouverture vers d’autres horizons)​, et par une mise en cohérence de la politique extérieure avec le projet national de souveraineté. Cela a globalement renforcé l’image du Sénégal sur la scène africaine, où il apparaît désormais comme un acteur de la nouvelle vague de dirigeants soucieux de « refonder le pacte post-colonial ». Les défis demeurent de préserver les investissements et l’aide précieuse des partenaires traditionnels tout en affirmant une voix autonome. Mais aux yeux de nombreux observateurs, Dakar réussit pour l’instant à rester ce « partenaire fiable » qu’il revendique, sans renier l’esprit de changement qui l’a porté au pouvoir​

  1. Conclusion

Le nouveau gouvernement sénégalais affiche un bilan contrasté mais non négligeable après un an d’exercice. Parmi les avancées, on compte la restauration de la transparence budgétaire, des mesures pro-pouvoir d’achat et anti-corruption, la remise en marche des institutions (avec une solide majorité parlementaire) et une diplomatie plus affirmée. La croissance économique s’annonce vigoureuse grâce aux ressources naturelles, et l’exécutif a posé des jalons pour que ces richesses profitent davantage au pays​.

Cependant, les défis sont tout aussi clairs : redresser des finances exsangues sans briser l’élan social, concrétiser les réformes légales promises, satisfaire des attentes populaires énormes en matière d’emploi, de services publics et de gouvernance exemplaire. Les critiques pointent la lenteur ou l’absence de certains changements annoncés (loi sur les lanceurs d’alerte retardée, nominations controversées, résultats tangibles des audits encore attendus), ainsi qu’un risque de dérives autoritaires malgré le vernis démocratique (accaparement de tous les pouvoirs par le parti au pouvoir).

Néanmoins, au regard de l’ampleur des obstacles hérités, la coalition Faye-Sonko a su éviter l’instabilité et maintient le cap de son projet de « Sénégal nouveau, souverain, juste et prospère », selon ses propres termes​. La deuxième année de mandat sera décisive pour transformer l’essai : il lui faudra accélérer la mise en œuvre des réformes socio-économiques et institutionnelles, tout en continuant de fédérer les énergies (administration, secteur privé, partenaires extérieurs) autour de sa vision stratégique. Les Sénégalais, de leur côté, continueront d’exercer leur vigilance citoyenne pour que le changement promis reste au service du peuple, dans la tradition d’une démocratie sénégalaise vivante et exigeante.

Dr. Abdourahmane Ba
Expert en Développement International, Évaluation des Politiques publiques, Suivi et Évaluation de Programmes

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Sénégal : Vers une réorientation stratégique du financement de l’économie

Pour réduire sa dépendance vis-à-vis des ressources extérieures, le Sénégal amorce une nouvelle stratégie de gestion de sa dette, privilégiant une plus grande mobilisation des financements domestiques. Une transformation ambitieuse mais confrontée à des défis majeurs.

Au fil des ans, le Sénégal s’est fortement appuyé sur des partenaires étrangers pour financer son développement. Fin 2023, la dette extérieure représentait 74,3 % de l’encours total, dont près de 30 % libellée en dollars. Cette situation rend le pays vulnérable aux fluctuations des taux de change et à une montée des taux d’intérêt internationaux. Conscient de ces risques, le gouvernement sénégalais s’est engagé dans une réorientation stratégique de sa politique d’endettement, avec pour objectif de réduire progressivement la prédominance des ressources extérieures au profit des ressources locales.

Entre 2023 et 2025, les ressources extérieures constituaient encore 51,8 % du total, un chiffre bien supérieur aux 34 % initialement prévus. Afin d’inverser cette tendance, le Sénégal vise, à l’horizon 2027, un mix de financements composé à 59 % de ressources locales et à 41 % de ressources extérieures. Cette stratégie repose notamment sur une diversification des sources de financement, dont les Diaspora Bonds.

Les Diaspora Bonds, des instruments financiers visant à capter les fonds des Sénégalais de l’étranger, constituent une des innovations phares de cette démarche. Ils permettront au pays d’obtenir des fonds en monnaie locale tout en limitant l’exposition au risque de change. Toutefois, leur succès dépendra de la capacité du gouvernement à convaincre les émigrés, notamment en proposant des projets suffisamment attractifs et en menant une analyse approfondie des profils de la diaspora.

Malgré cette volonté de privilégier le financement local, plusieurs défis subsistent. En effet, le coût moyen de la dette intérieure, estimé à près de 7 %, reste plus élevé que celui de la dette extérieure, qui avoisine les 5 % pour une durée moyenne de 13 ans. En revanche, la dette intérieure est contractée sur des durées plus courtes (moins de 4 ans en moyenne), augmentant ainsi la pression sur le Trésor public.

Pour pallier ces contraintes, l’État compte également s’appuyer sur la capacité d’absorption du marché financier domestique, estimée à plus de 1 500 milliards de FCFA. Le recours à des mécanismes comme les adjudications et les appels publics à l’épargne pourrait ainsi jouer un rôle central dans cette transition.

Au-delà des financements locaux, le Sénégal cherche à explorer de nouvelles régions à fort potentiel. Les marchés du Moyen-Orient et de l’Asie sont perçus comme des sources prometteuses de liquidités. Cette orientation stratégique s’inscrit dans une dynamique plus large, marquée par la candidature du Sénégal à l’intégration des BRICS, un groupement qui regroupe des économies émergentes aux ressources abondantes.

Parallèlement, le gouvernement entend tirer parti des financements innovants liés à l’Environnement, au Social et à la Gouvernance (ESG), qui offrent des opportunités alignées sur les priorités du développement durable.

Si cette stratégie marque une étape importante dans l’autonomisation financière du Sénégal, elle ne pourra pas combler tous les besoins du pays. La direction du budget a d’ailleurs rappelé que cette réorientation ne signifie pas un abandon des financements extérieurs, mais plutôt une meilleure gestion des risques et des opportunités.

Sénégal-Burundi : Une réunion stratégique des cadres des Lions avec Augustin Senghor avant le dernier match des qualifications à la CAN 2025

À la veille du match opposant le Sénégal au Burundi, ce mardi 19 novembre, dans le cadre de la dernière journée des qualifications pour la Coupe d’Afrique des Nations 2025, un événement intrigant s’est déroulé en marge de l’entraînement des Lions de la Téranga au stade Abdoulaye-Wade.

Une réunion discrète s’est tenue dans l’enceinte du stade entre le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Augustin Senghor, et sept cadres de l’équipe nationale, tous anciens ou actuels capitaines. Selon Les Échos, cette rencontre a réuni Kalidou Koulibaly, Sadio Mané, Abdou Diallo, Idrissa Gana Guèye, Ismaïla Sarr, Abdoulaye Seck et Édouard Mendy. Le point commun entre ces joueurs ? Ils ont tous eu l’honneur de porter le brassard de capitaine des Lions.

Malgré les spéculations sur l’ordre du jour de cette réunion, aucune information officielle n’a filtré. Cependant, les journalistes présents n’ont noté aucun signe de tension ou d’inquiétude sur les visages des joueurs à l’issue de la rencontre. Selon Les Échos, « Augustin Senghor a peut-être dû tenir un discours rassurant puisqu’aucun visage n’est sorti crispé ou déconcerté ».

Cette réunion pourrait avoir pour but de renforcer la cohésion du groupe avant un match décisif ou d’échanger sur des questions stratégiques liées à la gestion de l’équipe en vue de la CAN 2025. Avec des cadres comme Sadio Mané et Kalidou Koulibaly présents, il est probable que les discussions aient porté sur des enjeux importants pour l’avenir des Lions.

Après cet échange, les sept joueurs ont rejoint le reste de l’équipe dans le bus, sous les regards intrigués des observateurs. L’atmosphère, selon les témoins, semblait détendue, signe que cette réunion n’a rien de dramatique.

Alors que les Lions s’apprêtent à affronter le Burundi, cette initiative du président de la FSF démontre l’importance d’un leadership partagé au sein de l’équipe. Les cadres, en tant que piliers du vestiaire, jouent un rôle clé dans la dynamique collective, et ces rencontres pourraient être déterminantes pour maintenir la motivation et la sérénité du groupe.

Le match de ce mardi sera une occasion pour les Lions de confirmer leur statut de favori et de peaufiner leur préparation en vue de la CAN 2025. Avec une équipe soudée et un leadership renforcé, le Sénégal semble prêt à relever les défis à venir.

Rendez-vous au stade Abdoulaye-Wade pour voir si cette réunion aura eu un impact sur la performance des Lions face au Burundi.

Zahra Iyane Thiam : Une intercoalition stratégique pour l’unité de l’opposition

Face aux défis imposés par le contexte politique sénégalais, Zahra Iyane Thiam, figure centrale de la coalition Jàmm ak Njariñ, a salué la formation d’une intercoalition historique entre son mouvement et deux autres coalitions de l’opposition, Takku Wallu Sénégal et Sàmm Sa Kaddu. Ce rapprochement stratégique a pour objectif de maximiser les chances de l’opposition dans les élections législatives anticipées, en évitant la fragmentation des voix.

Lors d’une déclaration, Zahra Iyane Thiam a qualifié cette initiative de « décision historique et responsable », soulignant qu’elle représente une véritable alternative pour le peuple sénégalais face au régime actuel. Selon elle, cette alliance s’inscrit dans une logique de complémentarité et de convergence des forces :

« Cette alliance stratégique, loin d’être un rapprochement contre nature, s’inscrit dans une dynamique de complémentarité et de convergence autour de l’objectif commun : garantir une victoire claire et nette de l’opposition, pour le bénéfice exclusif du peuple sénégalais. »

Zahra Iyane Thiam a également insisté sur l’importance d’éviter l’éparpillement des voix, un risque majeur dans le système de scrutin majoritaire départemental. Ce mode de scrutin favorise les coalitions les mieux structurées et unies, rendant nécessaire une stratégie coordonnée pour l’opposition.

« Notre union, fruit de la réflexion et du courage politique, permet de maximiser nos chances tout en donnant au peuple sénégalais une réelle opportunité de changement, dans l’unité et la cohérence. »

La mise en place de cette intercoalition n’a pas été un long fleuve tranquille. Dans un contexte marqué par l’urgence des élections anticipées, les négociations entre les leaders des trois coalitions ont été complexes. Toutefois, grâce à une détermination commune et un sens élevé des responsabilités, les obstacles ont été surmontés.

Bien que l’intercoalition repose sur des accords clairs dans plusieurs départements stratégiques, elle n’est pas généralisée. Dans certaines circonscriptions, chaque coalition conservera sa liste, laissant aux électeurs la liberté de choisir en fonction de leurs convictions. Cette flexibilité reflète une volonté de pragmatisme et d’écoute des attentes populaires.

« Nous avons entendu le cri du peuple sénégalais, qui aspire à un changement profond et durable. Cette alliance est une réponse à cet appel, un témoignage de notre capacité à dépasser les clivages pour le bien de notre pays. »

En mettant l’intérêt supérieur de la nation au-dessus des considérations partisanes, cette intercoalition se présente comme un espoir pour le Sénégal. Elle marque une nouvelle ère de coopération au sein de l’opposition et vise à offrir aux citoyens un choix clair et uni pour un avenir meilleur.

Retrait de la liste de la coalition « Samm Sa Kaddu » à Tambacounda : Un geste stratégique en faveur de l’unité de l’opposition

La coalition « Samm Sa Kaddu » a officiellement annoncé, ce lundi, le retrait de sa liste pour les élections législatives anticipées prévues le 17 novembre prochain dans le département de Tambacounda. Cet acte marque une alliance stratégique avec la coalition « Takku Wallu Sénégal », une manœuvre saluée par plusieurs acteurs politiques de la région.

Abdoulaye Sèye, tête de liste de « Samm Sa Kaddu » dans le département, a déclaré lors d’un point de presse : « En tant que tête de liste de la coalition Samm Sa Kaddu au niveau département de Tambacounda, j’annonce que notre coalition a décidé de retirer notre liste pour s’allier avec Takku Wallu Sénégal. » Cette décision, selon lui, s’inscrit dans la volonté de placer l’intérêt supérieur de Tambacounda au-dessus des ambitions partisanes.

Le coordinateur national de « Takku Wallu Sénégal »Me Sidiki Kaba, a salué cette initiative qu’il a qualifiée de « geste politique fort ». « Cet acte donne un nouvel élan à l’opposition et augmente ses chances de victoire lors des prochaines législatives dans le département », a-t-il affirmé, soulignant l’importance de l’unité pour contrer les forces en place.

Cette coalition, au-delà d’un simple retrait, symbolise la solidarité et la volonté des partis d’opposition de conjuguer leurs efforts pour maximiser leurs chances dans un contexte électoral crucial pour la région de Tambacounda et, par extension, pour l’ensemble du pays.

Cette décision pourrait bien changer la donne électorale et ouvrir la voie à une nouvelle dynamique politique dans le département, montrant que l’opposition est prête à adopter des stratégies communes pour atteindre ses objectifs.

Décret présidentiel : Omission des noms, un choix stratégique ou une lacune délibérée ?

Le récent décret présidentiel émis par Bassirou Diomaye Faye, abrogeant les nominations effectuées par son prédécesseur Macky Sall, a suscité des interrogations quant à l’omission délibérée des noms des personnes concernées. Cette décision a alimenté un débat juridique et soulevé des questions sur la transparence et la légitimité des décisions présidentielles.

Sur les réseaux sociaux, le journaliste Madiambal Diagne a exprimé des doutes quant à cette omission, suggérant que cela pourrait être une stratégie pour éviter d’éventuels recours contre les décrets. Cette réflexion soulève des questions importantes sur la manière dont les décrets présidentiels sont formulés et communiqués.

D’un côté, certains pourraient interpréter cette omission comme une mesure de protection pour les personnes concernées, les préservant ainsi d’éventuelles controverses ou contestations. Cependant, d’autres pourraient voir cette démarche comme une tentative de maintenir un certain flou quant aux décisions prises et à leurs destinataires, ce qui pourrait susciter des critiques quant à la transparence et à la légalité des procédures.

Il est crucial de souligner que la clarté et la transparence dans la communication des décisions présidentielles sont essentielles pour garantir la confiance du public dans le processus décisionnel. L’omission des noms des personnes concernées dans les décrets présidentiels peut compromettre cette confiance et soulever des préoccupations quant à l’application équitable de la loi.

L’omission des noms dans les décrets présidentiels constitue un sujet de débat juridique important, mettant en lumière les enjeux de transparence et de légitimité dans le processus décisionnel. Il est impératif que les autorités compétentes clarifient les raisons derrière cette omission et veillent à ce que les décisions présidentielles soient communiquées de manière transparente et conforme aux principes de l’État de droit.

Retrait de l’armée birmane de Myawaddy : un revers stratégique pour la junte

L’armée birmane a subi une nouvelle défaite avec son retrait de Myawaddy, une ville frontalière cruciale pour le commerce avec la Thaïlande. Cette retraite marque une série de revers pour la junte militaire qui fait face à des défis importants dans plusieurs régions de la Birmanie.

Les troupes birmanes ont quitté leurs positions à Myawaddy, comme l’a confirmé un porte-parole de la junte, corroborant les informations fournies par l’Union nationale karen (KNU), un groupe ethnique minoritaire qui affronte l’armée depuis plusieurs jours.

Selon les déclarations de Padoh Saw Taw Nee, porte-parole de la KNU, environ 200 soldats de la junte se sont retirés de la ville pour se réfugier sur un pont reliant Myawaddy à la ville thaïlandaise de Mae Sot.

Le porte-parole de la junte, Zaw Min Tun, a confirmé ce retrait en invoquant la sécurité des familles des soldats. Il a également indiqué que des négociations étaient en cours avec les autorités thaïlandaises concernant ces soldats, sans fournir de détails sur leur nombre exact.

La Thaïlande partage une frontière de 2 400 kilomètres avec la Birmanie, et les échanges commerciaux via Myawaddy représentent une source de revenus vitale pour l’armée birmane, qui est actuellement en difficulté financière.

Depuis le coup d’État de 2021 qui a renversé le gouvernement démocratiquement élu d’Aung San Suu Kyi, la Birmanie est en proie à une rébellion. La junte militaire fait face à une résistance croissante, notamment de la part de divers groupes ethniques armés.

En janvier, 276 soldats de l’armée birmane avaient déjà fui en Inde à la suite d’affrontements avec des combattants de minorités ethniques dans l’ouest du pays. Un avion militaire avait été envoyé pour les rapatrier.

Ce retrait de l’armée birmane à Myawaddy souligne les défis croissants auxquels la junte est confrontée et pourrait avoir des implications stratégiques importantes pour la situation politique et sécuritaire en Birmanie.

La nomination de Sonko en tant que Premier ministre : Une décision logique et stratégique, selon le Pr Maurice S. Dione

La récente nomination d’Ousmane Sonko au poste de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye suscite de vives réactions et analyses dans le paysage politique sénégalais. Selon le Professeur Maurice Soudieck Dione de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, cette décision représente une étape importante dans la tentative de rationaliser l’hyperprésidentialisme et de répartir les pouvoirs exécutifs de manière plus équilibrée.

Dans une intervention sur Sud Fm, le Professeur Dione a souligné deux scénarios envisageables avant la nomination de Sonko. Le premier envisageait que Diomaye Faye devienne président et nomme Sonko Premier ministre pour gérer les affaires politiques. Le deuxième scénario prévoyait que Sonko reste à la tête du parti Pastef et attende la période de septembre pour organiser les élections législatives, avec l’espoir de devenir Président de l’Assemblée nationale.

Cependant, le Président Diomaye Faye a opté pour la première option en nommant Sonko Premier ministre. Cette décision est interprétée comme une tentative de modérer le pouvoir présidentiel en intégrant Sonko, considéré comme un catalyseur de la victoire éclatante de la coalition Diomaye Président, dans le processus décisionnel.

Le Professeur Dione souligne ainsi que la présence d’un Premier ministre, en la personne de Sonko, est vue comme un moyen de rationaliser l’hyperprésidentialisme et de distribuer les responsabilités exécutives de manière plus équilibrée au sein du gouvernement. Cette nomination marque un changement significatif dans la dynamique politique du pays et ouvre la voie à de nouvelles stratégies de gouvernance.

L’analyse du Professeur Maurice Soudieck Dione met en lumière les implications politiques et stratégiques de la nomination de Sonko en tant que Premier ministre. Cette décision sera scrutée de près alors que le Sénégal navigue à travers des eaux politiques mouvementées et cherche à renforcer ses institutions démocratiques.

Kaolack lance les travaux de réhabilitation d’une voie stratégique dans le cadre du programme « Setal, Sam ak Suxali »

Le maire de Kaolack, Serigne Mboup, a officiellement lancé les travaux de réhabilitation du tronçon allant de la Pharmacie Mbossé à Nietty Gouye. Ce projet, estimé entre 150 et 200 millions de francs CFA, s’inscrit dans le cadre du programme municipal « Setal, sam ak suxali » visant à assainir, protéger et développer la ville. L’entreprise EIFFAGE a été chargée de la réalisation de cette voirie, avec une contrepartie sous la forme d’un bail de trente ans sur un terrain, pour un paiement annuel ne dépassant pas 500 mille francs CFA.

Cette route de contournement revêt une importance particulière, connectant quatre quartiers de la commune et offrant un accès direct au Centre hospitalier régional El Hadji Ibrahima Niass (CHREIN) ainsi qu’au marché central de la capitale du Saloum. Le maire, Serigne Mboup, souligne que cet investissement s’inscrit dans une vision globale visant à améliorer l’infrastructure urbaine et à faciliter la mobilité des citoyens.

Le choix de l’entreprise EIFFAGE pour la réalisation de ce projet démontre la volonté de la municipalité de s’associer à des partenaires qualifiés. En échange de ses services, EIFFAGE bénéficiera d’un bail sur le terrain pendant trente ans, avec une contribution financière annuelle plafonnée à 500 mille francs CFA.

Serigne Mboup met en avant les efforts déployés au cours des deux dernières années dans le cadre du programme « Setal, sam ak suxali », centré sur des aspects tels que l’assainissement, l’éducation, la santé, la salubrité et la revitalisation des marchés. Il souligne l’adhésion de la population à ce programme, illustrée par une collaboration étroite avec la mairie.

Le maire annonce que l’année 2024 sera consacrée au « Suxali » (développement), avec un accent particulier sur le renforcement des entreprises locales, les petites et moyennes entreprises (PME), et la création d’emplois. Il annonce également la réouverture d’une unité industrielle, la Société des textiles kaolackoise (SOTEXCA), avec l’objectif ambitieux de créer deux mille emplois.

Serigne Mboup souligne l’engagement financier de la municipalité, affirmant qu’elle investira chaque année « plus de deux milliards de francs CFA » sur fonds propres, avec le soutien de partenaires au développement. Il met en avant la responsabilité des collectivités territoriales dans la réalisation de projets d’infrastructures, tout en soulignant l’importance d’une collaboration étroite avec l’État.

Dans le cadre de la responsabilité sociétale d’entreprise (RSE), la commune de Kaolack prévoit également la réhabilitation d’une autre route liant la ville à l’entreprise « Les Salins du Sine-Saloum », démontrant ainsi une approche holistique du développement urbain.

Le lancement des travaux de réhabilitation à Kaolack représente une étape significative dans la mise en œuvre du programme « Setal, sam ak suxali ». Ce projet stratégique, couplé aux initiatives de développement prévues pour l’année 2024, reflète l’engagement de la municipalité envers l’amélioration des infrastructures et la création d’opportunités économiques locales.

Me Clédor Ciré Ly, mandataire de la coalition Sonko 2024 : Un choix stratégique dans un contexte d’incertitude électorale

L’avocat Me Clédor Ciré Ly a été officiellement désigné mandataire de la Coalition Sonko Président, apportant son soutien à la candidature d’Ousmane Sonko du parti Pastef. Cette nomination stratégique intervient dans un contexte d’incertitude entourant les procédures au Conseil constitutionnel en prévision de l’élection présidentielle de 2024. Depuis le 11 décembre dernier, Me Clédor Ciré Ly assume la gestion de toutes les formalités nécessaires pour la coalition.

Une Décision Prudente Face à l’Incertitude Juridique

Selon des sources proches de l’avocat, citées par PressAfrik, le choix de Me Clédor Ciré Ly en tant que mandataire de la Coalition Sonko 2024 est motivé par une « mesure de prudence ». Cette décision stratégique vise à assurer une gestion efficace et conforme aux exigences légales de toutes les procédures liées à la candidature d’Ousmane Sonko.

Gestion des Formalités depuis le 11 Décembre

Depuis le 11 décembre, Me Clédor Ciré Ly est pleinement engagé dans la gestion de toutes les formalités requises par le Conseil constitutionnel. Cette période pré-électorale est marquée par des enjeux complexes et des procédures minutieuses, d’où l’importance cruciale du rôle du mandataire dans la préparation et la soumission des dossiers électoraux.

Investiture Officielle Prévue le 30 Décembre 2023

La Coalition Sonko 2024 se prépare à officialiser l’investiture d’Ousmane Sonko en tant que candidat à l’élection présidentielle. Cette étape majeure est prévue pour le 30 décembre 2023, marquant ainsi le début d’une nouvelle phase dans la course à la présidence.

Les Enjeux de l’Élection Présidentielle de 2024

Dans un contexte politique tendu et avec des procédures électorales scrutées de près, chaque étape du processus électoral revêt une importance particulière. La nomination de Me Clédor Ciré Ly en tant que mandataire témoigne de la volonté de la Coalition Sonko 2024 de naviguer avec prudence et expertise au sein de l’arène électorale.

L’investiture officielle d’Ousmane Sonko le 30 décembre marquera un moment clé dans la campagne présidentielle de 2024, offrant aux électeurs une vision plus claire des forces en présence et des enjeux qui façonneront le paysage politique du Sénégal dans les mois à venir.

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