Supposée diffusion de fausses nouvelles : Cheikh Oumar Diagne placé sous mandat de dépôt

Cheikh Oumar Diagne, ancien ministre conseiller du président Bassirou Diomaye Faye et secrétaire général du parti Rassemblement pour la Vérité / And Ci Dëgg (RV-ACD), a été placé sous mandat de dépôt ce lundi 9 mars 2026 à l’issue de son audition par le procureur de la République. Il devra comparaître devant le tribunal des flagrants délits de Dakar ce mercredi 11 mars pour répondre des accusations portées contre lui.

Cette décision intervient après plusieurs jours de procédure judiciaire. Le vendredi 6 mars, Cheikh Oumar Diagne avait été interpellé puis placé en garde à vue par les autorités judiciaires. Les poursuites engagées à son encontre portent sur des faits présumés de « diffusion de fausses nouvelles », une infraction prévue par le code pénal sénégalais.

Selon les éléments rapportés, l’ancien ministre conseiller est poursuivi pour des déclarations qu’il aurait faites publiquement à propos du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba. Lors de ses prises de parole, il aurait évoqué la responsabilité du Premier ministre Ousmane Sonko dans ce drame, survenu dans un contexte de violents affrontements entre étudiants et forces de l’ordre à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

L’étudiant Abdoulaye Ba avait succombé à ses blessures après une chute du quatrième étage du campus social de l’université, au moment où la tension était particulièrement vive entre manifestants et forces de sécurité. Sa mort avait provoqué une onde de choc au sein de la communauté universitaire et déclenché une série de réactions politiques et citoyennes, alimentant un débat national sur les circonstances du drame et la gestion des événements.

C’est dans ce contexte sensible que les déclarations de Cheikh Oumar Diagne ont attiré l’attention des autorités judiciaires. Celles-ci considèrent que ses propos pourraient relever de la diffusion de fausses informations susceptibles de troubler l’ordre public ou de porter atteinte à des institutions de l’État.

Avant le placement sous mandat de dépôt de son client, Me Hosni Maati, l’un de ses avocats, avait indiqué que Cheikh Oumar Diagne restait confiant quant à l’issue de la procédure. Selon lui, l’ancien ministre conseiller « demeure pleinement confiant dans le fait que le droit et les principes fondamentaux de liberté d’expression prévaudront ».

Le procès prévu ce mercredi devant le tribunal des flagrants délits de Dakar devrait ainsi permettre d’examiner les circonstances exactes des déclarations incriminées, ainsi que leur portée juridique. L’audience est attendue avec attention, dans un climat où la question de la liberté d’expression et de la responsabilité dans la diffusion d’informations sensibles reste au cœur du débat public.

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