Le débat sur la proposition de loi n°33/2026 relative à la déclaration de patrimoine du président de la République a pris une tournure essentiellement juridique à l’Assemblée nationale. Lors de l’examen du texte, le député non-inscrit Tafsir Thioye a demandé l’interruption des débats, estimant que les conditions légales et réglementaires nécessaires à la poursuite des travaux parlementaires ne seraient pas réunies.
Dans son intervention, le parlementaire a placé le respect de la loi au cœur de son argumentaire. Pour lui, aucune réforme institutionnelle ni aucune décision parlementaire ne peut être valablement engagée si le cadre juridique qui régit les travaux de l’Assemblée nationale n’est pas lui-même conforme aux exigences constitutionnelles.
« Le premier pilier de l’État de droit, c’est le respect de la loi. C’est fondamental pour un pays », a déclaré Tafsir Thioye devant ses collègues. Selon lui, la sérénité nécessaire au fonctionnement des institutions ne peut être garantie que si les règles qui encadrent l’activité parlementaire sont préalablement clarifiées et respectées.
Le député a particulièrement mis en cause la situation du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Il soutient que celui-ci n’aurait pas été régulièrement modifié, en raison notamment du sort réservé à l’article 118. D’après son argumentation, la modification de cette disposition, pourtant votée par les députés, n’aurait pas été soumise au Conseil constitutionnel ni promulguée dans les conditions requises.
Une situation qui, à ses yeux, créerait une incertitude juridique majeure. « Donc l’article 118, jusqu’à présent, nul ne sait où il se trouve ; il n’existe pas, ce qui fait que le règlement intérieur est incomplet », a-t-il lancé au cours de son intervention.
Pour Tafsir Thioye, cette question ne relève donc pas d’un simple désaccord politique ou d’une querelle de procédure. Elle touche directement au fonctionnement de l’institution parlementaire et à la validité des décisions prises en séance. Le député considère ainsi qu’il serait difficile, voire impossible, pour l’Assemblée nationale de poursuivre normalement ses délibérations sans avoir préalablement réglé cette question réglementaire.
Son intervention est intervenue alors que les députés examinaient la proposition de loi n°33/2026 portant sur la déclaration de patrimoine du président de la République. Un texte à forte portée institutionnelle, qui intervient dans un contexte où les questions de transparence, de responsabilité publique et de contrôle de la gestion des affaires de l’État occupent une place importante dans le débat national.
Au-delà du contenu de la proposition de loi, l’intervention de Tafsir Thioye a donc déplacé momentanément le centre de gravité des discussions vers la procédure parlementaire. Le député non-inscrit a insisté sur la nécessité de régler en amont les éventuelles irrégularités qui affecteraient le cadre juridique des travaux de l’Assemblée.
Il a également interpellé directement le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, en rappelant son attachement affiché au respect des institutions. Pour Tafsir Thioye, cet attachement doit se traduire concrètement dans la conduite des travaux parlementaires et dans l’application rigoureuse des règles qui régissent l’institution.
« Ne violons pas la loi », a-t-il martelé, appelant ses collègues à privilégier la clarification juridique avant la poursuite des débats.
Cette prise de position intervient dans un contexte parlementaire où les questions de procédure prennent une importance particulière. En contestant la régularité du cadre réglementaire, Tafsir Thioye entend ainsi poser la question de la légitimité procédurale des délibérations en cours.