Sénégal : lancement d’un programme de renouvellement de 2 000 taxis urbains avec 500 hybrides gaz-essence

Le ministère des Transports terrestres et aériens a annoncé un vaste plan de modernisation du parc de taxis urbains au Sénégal. Porté par le Conseil exécutif des Transports urbains durables (CETUD) et le Fonds de Développement des Transports terrestres (FDTT), ce programme prévoit le renouvellement de deux mille taxis, dont un premier lot de cinq cents véhicules hybrides fonctionnant au gaz et à l’essence.

Ce projet, financé par la société MECTRANS avec l’accompagnement du FDTT et du Fonds de Garantie des Investissements prioritaires (FONGIP), s’inscrit dans la volonté du gouvernement de moderniser le transport urbain et de professionnaliser les acteurs du secteur. Le ministère rappelle que cette initiative répond à un double enjeu : d’une part, améliorer la qualité du service rendu aux usagers, et d’autre part, contribuer à la réduction des émissions polluantes grâce à l’introduction de véhicules plus respectueux de l’environnement.

L’arrivée de taxis hybrides constitue une innovation majeure dans le domaine de la mobilité urbaine au Sénégal. Ces véhicules, combinant l’utilisation du gaz et de l’essence, permettront de réduire significativement la consommation de carburant et d’améliorer la performance énergétique. Ils offriront également davantage de confort et de sécurité aux passagers, tout en renforçant la compétitivité des chauffeurs dans un secteur marqué par la vétusté d’une partie importante du parc actuel.

Pour garantir le succès de cette opération, le ministère des Transports a invité les propriétaires et chauffeurs de taxis à se regrouper en entités organisées avant de déposer leurs demandes d’adhésion auprès du CETUD. Cette démarche vise à assurer une meilleure coordination, une distribution équitable des véhicules et une gestion transparente des financements mobilisés.

Au-delà du simple renouvellement du parc automobile, ce projet illustre l’ambition des autorités de faire du transport urbain un levier de développement durable. En introduisant des technologies hybrides et en soutenant la transition énergétique, le Sénégal s’inscrit dans une logique de modernité et d’efficacité, tout en respectant ses engagements en matière de réduction des gaz à effet de serre.

Procès contre les VTC : les taxis urbains sénégalais réclament le respect du droit et appellent à la mobilisation

Le bras de fer entre les chauffeurs de taxis urbains et les plateformes de Véhicules de Transport avec Chauffeur (VTC) s’intensifie à quelques jours d’un jugement très attendu. Ce lundi, le Regroupement des Taxis Urbains du Sénégal a tenu une conférence de presse à Dakar pour dénoncer ce qu’il considère comme une « concurrence déloyale » orchestrée par des géants du numérique tels que Yango, Yassir et Heetch.

Les représentants de la corporation appellent leurs membres et les citoyens à se mobiliser massivement devant le tribunal de Dakar le 23 juillet prochain, date prévue pour la délibération de leur procès contre les plateformes.

« Le secteur du transport au Sénégal est régi par des lois et règlements bien établis. Pourtant, on a vu des plateformes s’installer au Sénégal et favoriser l’utilisation de véhicules particuliers à des fins de transport public, ce qui est en totale violation de la réglementation en vigueur », a dénoncé Malick Diop, secrétaire général du regroupement.

Selon lui, cette situation fragilise l’ensemble du secteur : « Pour nous, il s’agit d’un transport irrégulier, donc illégal, et cela constitue une forme de concurrence déloyale. »

Le responsable syndical affirme que les chauffeurs de taxis, soumis à des charges et obligations réglementaires strictes, ne peuvent plus supporter la pression économique exercée par ces nouveaux acteurs. « Nos revenus s’effondrent à cause de cette concurrence imposée par de grandes multinationales », alerte-t-il.

Face à ce qu’ils jugent être une inaction des pouvoirs publics, les taxis urbains se disent prêts à durcir le ton si aucune mesure n’est prise. « Il est temps que l’État prenne ses responsabilités et applique la loi. Nous sommes à bout, et nous ne voulons pas être contraints de passer à une autre forme d’action », prévient Malick Diop.

Pour le collectif, le procès du 23 juillet est un test majeur du respect de la réglementation et de l’équité entre tous les acteurs du transport. « La justice doit faire son travail. Nous espérons que le 23 juillet, le droit sera dit », conclut-il, confiant quant à l’issue de la procédure.

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