Papis Ka relaxé des accusations de trafic d’armes : Doudou Ka dénonce « une injustice dictée par une soif de vengeance politique »

Après vingt-et-un (21) mois de détention, Papis Ka a été relaxé des accusations de trafic d’armes ainsi que d’actes et manœuvres compromettant la sécurité publique. Le tribunal ne l’a finalement reconnu coupable que du délit de détention, sans autorisation administrative, d’une arme à feu appartenant à son défunt père, le condamnant à une peine de six mois de prison.

À la suite de cette décision, son frère, l’ancien ministre Doudou Ka, a vivement réagi dans une publication, qualifiant cette affaire d’« injustice dictée par une soif de vengeance politique ».

« Mon jeune frère Papis Ka a payé de vingt et un (21) mois de sa vie pour une grave et fallacieuse accusation de trafic d’armes ainsi que d’actes et manœuvres compromettant la sécurité publique », a-t-il déclaré.

Selon Doudou Ka, une partie de l’opinion avait le sentiment qu’il était lui-même visé à travers les poursuites engagées contre son frère. Il estime que la décision rendue par la justice confirme que les accusations les plus graves n’étaient pas fondées.

L’ancien ministre rappelle que la seule infraction retenue concerne la détention, sans autorisation administrative, de l’arme de leur défunt père, ancien officier des Douanes, qui était conservée dans le coffre de la chambre de Papis Ka.

Cette décision judiciaire met ainsi fin aux poursuites pour trafic d’armes et pour atteinte à la sécurité publique. Elle intervient après près de deux années de détention préventive, un délai que Doudou Ka considère comme le symbole d’une procédure ayant causé un lourd préjudice à sa famille.

Libye: la fermeture temporaire du plus grand champ pétrolier liée à un trafic d’armes

Début janvier 2024, à la surprise générale, le plus grand champ pétrolier de Libye, al-Sharara, a été fermé par des manifestants qui protestaient officiellement contre leurs conditions économiques et sociales, dans un Sud libyen abandonné par Tripoli. Mais d’autres raisons semblent avoir motivé cette fermeture de plus de deux semaines, comme le dévoile la presse espagnole.

C’est une fuite de la police espagnole à la presse qui a révélé l’affaire. Comme l’écrivaient ce week-end deux médias espagnols, Cronica Global et Atlantico Hoy, la fermeture du champ pétrolier libyen aurait été organisée par Saddam Haftar, le fils le plus influent du maréchal Haftar qui dirige l’armée nationale libyenne (ANL) à l’est du pays. Il aurait ainsi voulu se venger des autorités espagnoles, qui lui avaient bloqué un trafic d’armes.

Selon un procès-verbal de la police nationale espagnole obtenu par les médias en question, l’Espagne a intercepté fin 2023 des armes et des matériels militaires acheminés depuis l’Europe vers Abou Dhabi, avec la ville de Benghazi, en Libye, comme destination finale. Saddam Khalifa Haftar, qui dirige la brigade Tarek Ben Ziad, l’une des plus fortes et des plus équipées de l’Armée nationale libyenne, devait en être le destinataire.

D’après la police, Madrid a accordé à Saddam Haftar une autorisation de transports de biens commerciaux pour le compte de deux sociétés étrangères domiciliées aux Émirats arabes unis : la société al-Asala, pour l’importation de vêtements et de textiles, et la société al-Aldra Alameen Security, une entreprise de conseil en sécurité. 

340 000 barils de pétrole produits chaque jour

Quel rapport entre cette affaire et le champ pétrolier al-Sharara, qui produit 340 000 barils de pétrole par jour ? Ce champ pétrolier, le plus important de Libye, est en effet situé dans le sud du pays, zone sous contrôle de l’ANL. Et c’est Repsol, l’un des principaux groupes pétroliers espagnols, qui l’exploite en majorité.

La fermeture de ce champ pétrolier semble donc être intervenue, affirme la presse espagnole, sur instruction de Saddam Haftar, qui visait à frapper les intérêts de la société Repsol et à imposer à l’Europe une nouvelle équation : du pétrole contre des armes.

Le 3 janvier dernier, des groupes de manifestants ont fermé le champ pétrolier de Sharara, exigeant une amélioration de leurs conditions de vie, la construction d’une raffinerie dans le sud, l’entretien de routes délabrées, ou encore la fin des pénuries de carburant dans le sud de la Libye. La production du champ pétrolier de Sharara a repris deux semaines plus tard, le 21 janvier, mais n’a pas manqué de provoquer une flambée des prix mondiaux du pétrole, affectés par l’arrêt provisoire de la production libyenne.

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