Décrets renvoyés : la colère des enseignants décisionnaires qui dénoncent une « trahison » du gouvernement

Le climat social dans le secteur de l’éducation sénégalaise est de nouveau sous tension. Les enseignants dits décisionnaires se disent trahis et humiliés après l’annonce du renvoi de leurs décrets au Secrétariat général du gouvernement, pour une seconde lecture. Une décision inattendue, qui a suscité une vague d’indignation dans leurs rangs, alors qu’ils espéraient enfin voir leur situation régularisée après des années de précarité administrative.

Amadou Camara Diène, coordonnateur des enseignants décisionnaires, a exprimé sa déception et sa colère. « Nous ne pouvons pas comprendre cet état de fait, parce qu’on nous avait dit que tout ce qui devait se faire avec les décrets a été fait. Il ne restait plus que les signatures », a-t-il déploré avec amertume. « Malheureusement, nous sommes au regret de constater que le gouvernement s’est dédit. C’est une trahison pure et simple. Nous avons eu confiance à ce gouvernement. Nous avons attendu, et nous avons été très patients ».

Ces enseignants se considèrent comme des laissés-pour-compte de la fonction publique. Pendant que leurs collègues, intégrés plus tôt, voient leur carrière progresser normalement, eux stagnent, bloqués depuis des années sans perspectives d’avancement ni reconnaissance effective de leur statut. Selon eux, ce blocage administratif sape leur motivation et compromet leur avenir professionnel et social.

Face à ce qu’ils qualifient de « marginalisation systémique », Amadou Camara Diène a lancé un appel pressant à tous les syndicats du secteur, en particulier au G7 et au G20. « On ne peut plus continuer dans cette situation. C’est pourquoi nous appelons les secrétaires généraux du G7 d’abord, pour leur dire que les décisionnaires n’en peuvent plus et ne peuvent plus attendre, parce que leur avenir est hypothéqué », a-t-il martelé.

Pour ces enseignants, il est temps d’unir toutes les forces syndicales autour d’un front commun. « En ce moment, il n’est plus question de décisionnaires. Il est question d’enseignants. C’est l’enseignant qui a été trahi, qui a été atteint dans sa dignité et dans sa chair. Nous attendons une réponse à la hauteur de la trahison, une réponse à la hauteur de cette forfaiture », a-t-il insisté.

Cette crise révèle, une fois de plus, l’ampleur du malaise latent qui mine le système éducatif sénégalais, souvent confronté à des lenteurs administratives et à des frustrations professionnelles récurrentes. Le gouvernement est désormais attendu au tournant pour désamorcer une colère qui pourrait rapidement se transformer en mouvement de contestation de grande ampleur.

Justice au Sénégal : le SYTJUST et l’UNTJ dénoncent la « trahison » du ministre et annoncent une intensification de la lutte

Le climat social dans le secteur de la Justice sénégalaise s’envenime. L’entente syndicale composée du Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) et de l’Union Nationale des Travailleurs de la Justice (UNTJ) a publié, ce 3 juillet 2025, une déclaration cinglante à l’encontre du ministre de la Justice, qu’elle accuse de « trahison » envers les travailleurs du secteur.

Les syndicats dénoncent une stratégie « dilatoire » et une « manœuvre pour gagner du temps », déployée depuis plus d’un an, afin de freiner les réformes et saboter les engagements pourtant pris par l’État en faveur des agents judiciaires. Selon eux, pendant quatorze mois, ils ont participé, avec responsabilité et bonne foi, à des séances de travail avec les services techniques du ministère. Ces rencontres visaient à réformer deux décrets jugés « injustes » : l’un empêchant l’alignement des greffiers à la hiérarchie A2, l’autre bloquant la constitution initiale du corps des assistants des greffes et parquets (AGP).

Un consensus fort avait été atteint au terme de ces discussions, notamment lors de l’atelier national de validation et de partage organisé à Saly du 25 au 27 novembre 2024, sous la supervision directe du ministre lui-même. Ce dernier avait personnellement engagé son autorité pour faire avancer les projets de décrets modifiant le statut des fonctionnaires de la Justice et le fonctionnement du Centre de formation judiciaire.

C’est donc avec une profonde « stupeur et indignation » que SYTJUST et UNTJ ont appris le communiqué publié récemment par le ministre de la Justice, marquant un revirement jugé « brutal et injustifiable ». Pour les syndicats, cette volte-face signe la fin de la confiance que les travailleurs avaient placée en leur tutelle.

L’entente syndicale rappelle que l’alignement des greffiers à la hiérarchie A2 ainsi que la création du corps des assistants des greffes et parquets sans exigence de formation préalable sont des engagements gouvernementaux formels datant de 2018, et qu’ils restent « non négociables ».

Face à ce qu’ils qualifient de « duplicité » et de « mépris », les travailleurs de la Justice affirment ne plus vouloir être « des marionnettes » ni les « victimes d’un cynisme administratif » qui entrave leurs carrières et piétine leurs droits.

L’entente SYTJUST–UNTJ annonce dès lors une intensification de la lutte syndicale afin d’obtenir la pleine satisfaction de leurs revendications, estimant que « trop, c’est trop » et que « l’injustice dans le secteur de la Justice n’est plus acceptable ».

Pacte de stabilité sociale : la FGTS/B dénonce une trahison et exprime son soutien aux travailleurs licenciés

La Fédération Générale des Travailleurs du Sénégal (FGTS/B) est montée au créneau ce dimanche 4 mai 2025 pour dénoncer vigoureusement la reconduction du Pacte de stabilité économique et sociale. Dans un communiqué transmis à la presse, la centrale syndicale fustige ce qu’elle qualifie de « trahison syndicale », tout en réaffirmant son « soutien indéfectible » aux travailleuses et travailleurs récemment licenciés, notamment ceux de la RTS.

Selon la FGTS/B, la signature de ce pacte, censé consolider la paix sociale et favoriser un climat propice aux investissements, a été opérée sans consultation des syndicats de branche ni résolution des passifs liés aux conflits sociaux en cours. La Fédération s’indigne que certaines centrales aient signé un tel accord alors même que plusieurs travailleurs licenciés, dans différents secteurs, attendent toujours leur réintégration ou une compensation équitable.

« Nous assistons à une manœuvre qui sacrifie les intérêts des travailleurs sur l’autel d’un consensus de façade », peut-on lire dans le document. Pour la FGTS/B, cette signature hâtive, sans conditions claires, fragilise la lutte syndicale et ignore les revendications de base, comme la sécurité de l’emploi et la dignité au travail.

Le communiqué déplore également la gravité de la situation de l’emploi salarié au Sénégal, décrivant un marché du travail fragilisé, où les licenciements se multiplient sans véritable plan de sauvegarde sociale. La FGTS/B estime qu’il est « inacceptable » de prôner la stabilité sociale tout en « excluant de la table des négociations ceux qui représentent les réalités des secteurs en crise ».

Dans une note plus personnelle, la Fédération exprime sa solidarité envers les familles touchées, notamment celles des anciens agents de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), dont elle dit partager la « douleur, l’angoisse et le sentiment d’abandon ». Elle demande une reprise urgente du dialogue autour des dossiers de licenciement en instance, et appelle à des solutions concrètes en matière de réintégration ou de soutien aux travailleurs impactés.

Enfin, la FGTS/B conclut en réaffirmant son attachement à la « troisième voie » : un syndicalisme fondé sur les principes de justice sociale, d’indépendance et de défense effective des droits des travailleurs, loin des compromis « politiciens » ou « protocolaires ».

Scandale familial : quand l’héritage devient un terrain de trahison et de fraude

Un drame familial mêlant argent, pouvoir et trahison a éclaté au grand jour, secouant les cercles politiques et économiques du Sénégal. Au centre de ce scandale, Habibou Thimbo, maire de Semmé et oncle de l’ancien président Macky Sall, ainsi que sa cousine, Aïssatou Ngaido. Tous deux ont été placés sous mandat de dépôt pour des accusations de détournement d’héritage et de manipulation frauduleuse.

Le dossier concerne l’héritage de feu Demba Boubou, un riche diamantaire ayant laissé derrière lui un patrimoine conséquent, notamment des biens immobiliers de grande valeur. De son vivant, Demba Boubou avait confié la gestion de ses biens à Habibou Thimbo, un opérateur économique influent. Mais à sa mort, des suspicions de détournement et de spoliation ont commencé à émerger.

Les héritiers légitimes, dont la veuve de Demba Boubou, accusent Thimbo et Ngaido d’avoir orchestré un stratagème visant à les écarter et à s’approprier les biens du défunt. Selon les plaignants, le duo aurait prétendu que les immeubles étaient inutilisables et en mauvais état tout en continuant à en percevoir d’importants loyers pendant des années.

Dans un premier temps, Thimbo et Ngaido ont tenté de discréditer la veuve de Demba Boubou, l’accusant d’avoir falsifié un certificat de mariage pour accéder aux biens. Mais cette manœuvre a échoué face à des preuves solides : un certificat de mariage authentique et un mandat signé par tous les ayants droit légitimes.

Les investigations ont mis en lumière une gestion opaque et frauduleuse des biens immobiliers, notamment la dissimulation de revenus locatifs importants, au détriment des héritiers. Ce double jeu a exacerbé les tensions au sein de la famille, poussant les ayants droit à déposer une plainte officielle.

Ce scandale aurait pu être étouffé en raison des liens familiaux de Habibou Thimbo avec l’ancien président Macky Sall. Cependant, l’arrivée d’un nouveau procureur, Saliou Dicko, à Pikine-Guédiawaye, a changé la donne. Refusant toute pression ou interférence politique, il a relancé le dossier et ordonné la mise en détention des deux accusés.

La mise sous mandat de dépôt de Habibou Thimbo et Aïssatou Ngaido marque un tournant. Non seulement elle ternit l’image d’un acteur politique et économique influent, mais elle envoie également un signal fort sur l’importance de l’impartialité de la justice.

Pour les ayants droit de feu Demba Boubou, cette procédure est un pas vers la restitution de leur héritage et la réparation des injustices subies. Cependant, le procès à venir sera déterminant pour éclaircir les zones d’ombre de cette affaire et pour établir les responsabilités de chacun.

Ce scandale illustre une vérité universelle : ni le pouvoir, ni les liens familiaux ne peuvent garantir une impunité absolue. La justice, bien que parfois lente ou influencée, finit par rattraper ceux qui abusent de leur position. Cette affaire, bien qu’emplie de douleur pour les familles impliquées, pourrait devenir un exemple pour d’autres victimes d’injustices patrimoniales.

En attendant le verdict, les regards sont tournés vers le tribunal qui aura la lourde tâche de rendre justice dans cette affaire mêlant trahison, cupidité et abus de pouvoir.

Déthié Fall rejoint Pastef : Thierno Alassane Sall dénonce une « trahison »

La décision de Déthié Fall, cinquième sur la liste de la coalition Samm sa Kaddu pour les élections législatives, de se retirer de cette alliance pour rejoindre le Pastef, après une rencontre avec le Premier ministre Ousmane Sonko, a provoqué une vague de réactions, notamment celle de Thierno Alassane Sall (TAS). Ce dernier n’a pas mâché ses mots en dénonçant ce qu’il perçoit comme une « traîtrise » flagrante.

Sur son compte X (anciennement Twitter), Thierno Alassane Sall a exprimé sa profonde désapprobation face à cette décision, qu’il a comparée à un acte de trahison similaire à celui de Judas. Il a souligné l’incohérence entre les principes affichés par le Pastef et ses récentes manœuvres politiques. Selon TAS, ceux qui affirmaient vouloir remettre la morale au centre du jeu politique ont fini par céder à des pratiques qu’ils dénonçaient autrefois.

« Ils se piquaient de réglementer les voiles des écolières, détestaient les combines politiques au point de refuser toute coalition, et voilà qu’ils s’associent à celui qu’ils considèrent comme leur Judas, non pas pour le bien qu’il peut apporter, mais pour le mal qu’il inflige à sa coalition d’origine, à la morale et à la démocratie », a fustigé TAS.

Thierno Alassane Sall a également dénoncé ce qu’il considère comme un usage cynique et opportuniste des alliances politiques. Il est allé jusqu’à comparer les récents mouvements du Pastef, à commencer par la gestion de la dissolution de l’Assemblée nationale et la déclaration de politique générale de Diomaye, à une stratégie machiavélique qui, selon lui, n’est pas différente des pratiques qu’ils critiquaient dans le passé.

Cette sortie de TAS illustre les tensions grandissantes au sein de la classe politique sénégalaise, alors que les alliances et les ruptures se multiplient à l’approche des prochaines échéances électorales.

Bougane Gueye Dany accuse Ousmane Sonko de trahison et de populisme dans l’affaire des 86 Martyrs

Dans une récente déclaration, Bougane Gueye Dany, leader de Guem Sa Bopp, a vivement critiqué Ousmane Sonko, le leader de Pastef, sur sa position concernant l’hommage de la France aux tirailleurs sénégalais de Thiaroye 44. Bougane Gueye Dany n’a pas mâché ses mots, accusant Sonko de trahir les idéaux panafricanistes et de dissimuler des vérités cruciales sur des événements tragiques récents au Sénégal.

« Thiaroye 44 oui, mais dis-nous d’abord la vérité sur les 86 martyrs (2021/2024) et sur le protocole avec Macky Sall. Sonko, tu as trahi le panafricanisme… » a lancé Bougane Gueye Dany, reprochant à Sonko d’avoir renoncé aux causes panafricanistes. Selon lui, Sonko, autrefois un camarade de l’opposition, ne peut plus prétendre parler au nom des Africains. Bougane l’accuse de « trahison » et d’abandon des luttes justes, le qualifiant de « client de l’abandon des bonnes causes ».

Bougane a aussi fustigé Sonko pour ses récentes actions politiques : « Ce n’est pas par un post que tu vas regagner la confiance de la jeunesse sénégalaise et celle des panafricains qui te conjuguent désormais au passé. » Il critique également la posture de Sonko, qu’il perçoit comme contradictoire et populiste, notamment en référence à ses relations avec des personnalités françaises.

Le leader de Guem Sa Bopp a exhorté Sonko à être transparent sur « le deal de l’amnistie » entre lui et le Président Macky Sall, une amnistie supposée négociée après la mort de 86 jeunes Sénégalais entre mars 2021 et février 2024. Bougane affirme que dans un État de droit, « ils seraient tous traînés devant la CPI ».

« Arrête ton cirque et dis-nous la vérité. Ainsi, ensemble, nous nous occuperons de la France pour qu’elle dégage comme vous l’aviez promis aux Sénégalais. Faites comme la France, reconnaissez votre responsabilité et celle des dignitaires de l’ancien régime sur la mort de 86 jeunes Sénégalais dont le sang a arrosé le tapis vous ayant conduit au Palais. Dites-nous la vérité sur le protocole de Terrou Baye Sogui signé avec Macky Sall. Pansez les plaies des familles éplorées qui attendent toujours la vérité » a conclu Bougane Gueye Dany.

Cette sortie de Bougane Gueye Dany accentue les tensions politiques au Sénégal et met en lumière des questions sensibles sur la gestion des récentes crises par Ousmane Sonko et ses alliés. Les réponses à ces accusations seront cruciales pour l’avenir politique du leader de Pastef et pour la confiance du public dans le processus politique sénégalais.

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