Fréquence augmentée : un train du TER toutes les 12 minutes dans la région de Dakar

Bonne nouvelle pour les usagers du Train Express Régional (TER) de Dakar. Dans un communiqué conjoint, la Société Nationale de Gestion du Patrimoine du TER (SENTER) et la Société d’Exploitation du TER (SETER) ont annoncé une amélioration majeure dans la fréquence des trains : désormais, un train sera disponible toutes les 12 minutes dans les différentes gares desservies par le réseau.

Cette évolution s’inscrit dans une dynamique de renforcement du service public de transport ferroviaire, afin de mieux répondre aux besoins croissants en mobilité dans la capitale sénégalaise et sa périphérie. « Nous vous informons d’une modification sur la fréquence de nos trains en gare. En effet, nous passons désormais à 1 train toutes les 12 minutes », précise le communiqué officiel.

Cette nouvelle cadence vise à optimiser la fluidité du trafic passager, notamment durant les heures de pointe où la demande est particulièrement élevée. Elle contribuera également à réduire les temps d’attente pour les voyageurs, rendant les déplacements plus efficaces et confortables.

SENTER et SETER ont invité les usagers à s’adapter à cette nouvelle organisation et ont renouvelé leur engagement en faveur de la qualité du service. « Les équipes de la SENTER et de la SETER, toujours dans leur mission de satisfaction client, collaborent étroitement pour vous offrir une expérience de voyage de qualité et en toute sécurité », ont-elles assuré.

Mis en service en 2021, le Train Express Régional constitue un projet structurant dans le cadre de la modernisation des infrastructures de transport au Sénégal. Avec pour objectif principal de désengorger Dakar, le TER offre une alternative rapide, fiable et écologique aux moyens de transport traditionnels.

Dakar–Tambacounda : le rêve d’un train moderne renaît, mais il faudra du temps

Le ministre des Infrastructures, Yankhoba Diémé, a apporté des éclaircissements attendus sur l’avenir du projet ferroviaire Dakar–Tambacounda. Invité de l’émission « Grand Jury » sur Walfadjri, ce dimanche, il a confirmé la relance du projet, tout en appelant à la patience : sa réalisation complète pourrait s’étaler sur une période de cinq à dix ans.

Le projet, initié en 2017 sous l’ancien régime, visait à désenclaver l’intérieur du pays à travers un vaste programme de modernisation du rail. D’un coût estimé à 1 200 milliards de francs CFA, il prévoyait la mise en circulation de 32 rames, la construction d’un port sec à Tambacounda ou Kidira, la création de plusieurs gares, et la pose de rails à écartement standard. Un projet structurant abandonné au profit du Train Express Régional (TER), selon le ministre, qui n’a pas caché sa perplexité.

« Cela aurait pu être le plus grand projet du régime précédent. Je ne comprends pas comment ils ont pu le remplacer par le TER de 36 kilomètres, pour le même montant… alors qu’en termes de rentabilité économique, financière et sociale, ce n’est pas comparable », a-t-il déclaré avec fermeté.

Avec la relance opérée par le nouveau gouvernement, l’option d’une mise en œuvre par étapes est privilégiée. Yankhoba Diémé évoque une première phase axée sur la réhabilitation des anciennes voies à écartement métrique, en attendant l’installation des nouvelles infrastructures. Il appelle à gérer les attentes des populations : « Cela fait partie des projets catalytiques… mais nous devons dire aux Sénégalais que cela prendra du temps. »

Ce projet ferroviaire, au-delà de ses ambitions techniques, est porteur d’une vision de transformation du territoire. Il devrait permettre de renforcer les échanges économiques entre les régions, faciliter la mobilité des personnes et contribuer à une meilleure intégration nationale. Le ministre a insisté sur la portée stratégique de cette liaison entre Dakar et l’est du pays, souvent perçu comme un espace périphérique oublié des politiques de développement.

La relance du rail à grande échelle s’annonce comme l’un des piliers de la nouvelle dynamique infrastructurelle portée par les autorités actuelles. Si les défis restent immenses, notamment en matière de financement et de coordination, l’espoir renaît dans les zones concernées. Mais comme l’a rappelé Yankhoba Diémé, il faudra s’armer de patience : les rails du progrès, eux aussi, prennent leur temps.

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