COMMUNIQUÉ DE PRESSE : L’IATA publie le rapport 2024 sur les statistiques du transport aérien mondial

4 août 2025 (Genève) – L’Association du transport aérien international (IATA) a publié la dernière édition du rapport annuel sur les statistiques du transport aérien mondial (WATS), offrant des données statistiques complètes pour l’année 2024.

Mise à jour chaque année à partir des données de plus de 240 compagnies aériennes internationales, la base de données WATS fournit un aperçu complet des indicateurs aériens liés à la demande, à l’offre et à la performance. Le rapport inclut une ventilation détaillée de la demande de trafic passagers et fret programmé, de la capacité passagers et fret programmée, une vue d’ensemble de la flotte mondiale d’avions commerciaux, ainsi que les liaisons aéroportuaires les plus fréquentées.

Le rapport fournit également des informations sur la santé financière du secteur, avec des données détaillées sur les coûts d’exploitation, les revenus, l’utilisation des avions et le nombre d’employés des compagnies aériennes.

Forte croissance des classes Premium

Une conclusion clé du rapport de cette année est que les voyages internationaux en classes premium, affaires et première classe ont augmenté de 11,8 %, dépassant légèrement la croissance du trafic en classe économique à l’échelle mondiale, qui s’établit à 11,5 %. Le nombre total de passagers internationaux en classes premium en 2024 a atteint 116,9 millions, représentant 6 % du total des passagers internationaux.

La région Asie-Pacifique a enregistré la plus forte croissance en pourcentage avec une hausse de 22,8 %, représentant 21 millions de passagers premium, bien que cette croissance ait été surpassée par celle des passagers en classe économique dans la région (+28,6 %, atteignant 500,8 millions). Dans les régions Europe, Amérique latine, Moyen-Orient et Amérique du Nord, la croissance des voyages en classe premium a dépassé celle en classe économique. L’Europe reste le plus grand marché pour les voyages internationaux en classe premium avec 39,3 millions de passagers premium tandis que le Moyen-Orient enregistre la plus forte proportion de passagers premium, à 14,7 % de l’ensemble des passagers.

Liaisons aéroportuaires les plus fréquentées

La région Asie-Pacifique domine le classement des liaisons aéroportuaires les plus fréquentées au monde, avec la route Jeju-Séoul (CJU-GMP) en tête, enregistrant 13,2 millions de passagers en 2024. Dans le top 10, une seule liaison — Djeddah-Riyad (JED-RUH) — ne se situe pas en Asie-Pacifique.

En Amérique latine, la liaison Bogota-Medellin (BOG-MDE) est la plus fréquentée avec 3,8 millions de passagers. En Afrique, la route Le Cap-Johannesburg (JNB-CPT) est en tête avec 3,3 millions de passagers. En Amérique du Nord, la liaison New York JFK – Los Angeles (JFK-LAX) est la plus fréquentée avec 2,2 millions de passagers, tandis qu’en Europe, la liaison Barcelone – Palma de Majorque (BCN-PMI) est la plus populaire avec 2 millions de passagers.

Avions les plus utilisés

Les avions monocouloirs de Boeing et Airbus figurent parmi les plus utilisés en 2024. Les Boeing 737 (toutes variantes confondues) ont effectué 10 millions de vols, représentant 2,4 trillions de sièges-kilomètres disponibles (ASK). Ils sont suivis par les Airbus A320 avec 7,9 millions de vols et 1,7 trillion d’ASK, puis les Airbus A321 avec 3,4 millions de vols et 1,1 trillion d’ASK.

Principaux pays en nombre de passagers

Les États-Unis restent le premier marché aérien mondial* avec 876 millions de passagers en 2024, portés par la solidité de leur marché intérieur (+5,2 % en glissement annuel). La Chine arrive en deuxième position avec 741 millions de passagers, en hausse de 18,7 % par rapport à 2023.

*Ces chiffres incluent tous les passagers (internationaux et domestiques) au départ ou à l’arrivée de chaque pays

Transport aérien au Sénégal : Pourquoi les avions L410-NG restent cloués au sol malgré leur potentiel évident

L’acquisition par l’État sénégalais de cinq avions L410-NG pour Air Sénégal a suscité beaucoup d’espoirs, mais également de nombreuses interrogations quant à leur immobilisation actuelle. Cette opération, inscrite dans une stratégie nationale de redressement de la compagnie aérienne, visait à réduire les pertes abyssales enregistrées par Air Sénégal et à rendre le transport aérien plus accessible. Pourtant, malgré leur potentiel, ces appareils ne décollent toujours pas.

En 2022, Air Sénégal faisait face à une situation financière alarmante avec des pertes mensuelles dépassant les 6 milliards de francs CFA, malgré un taux de remplissage des vols supérieur à 70 %. Le déficit était particulièrement important sur les lignes internationales comme New York, Barcelone ou Milan, qui accusaient un trou de plus de 2 milliards de francs CFA par mois. À l’échelle nationale, la desserte de zones comme Cap Skirring générait elle aussi des pertes considérables. Face à cette situation, l’État a décidé d’acquérir huit avions L410-NG, en deux phases, afin de diminuer les coûts d’exploitation et ainsi rendre les vols plus abordables, notamment sur les lignes domestiques.

Ces avions sont nettement moins coûteux à exploiter que les ATR72-600 utilisés jusqu’alors. Avec un coût horaire estimé à 1 000 dollars contre 6 000 dollars pour les ATR, l’arrivée des L410-NG devait permettre de réduire les prix des billets, passant de 65 000 à environ 40 000 francs CFA, une baisse significative pour encourager l’accès au transport aérien. Contrairement à certaines accusations d’opacité, le processus d’acquisition s’est déroulé avec transparence et rigueur. Plusieurs missions, regroupant des représentants de l’ANACIM, d’Air Sénégal, de l’Armée de l’air et des ministères, se sont rendues à Prague entre août 2023 et février 2024 pour superviser les négociations, vérifier les appareils et valider les modalités techniques. Le financement a été organisé sous forme d’un crédit export tchèque sur 12 ans, évitant ainsi que la compagnie n’engage des fonds propres ou n’alourdisse sa dette.

Malgré ces conditions favorables, l’immobilisation actuelle de deux avions livrés n’est pas due à un problème technique ou stratégique, mais à un retard majeur dans la formation des personnels. Bien que le constructeur OMNIPOL ait proposé plusieurs sessions de formation entre mars et décembre 2024, aucun pilote, mécanicien ou ingénieur sénégalais n’a encore été envoyé à Prague pour se former à l’utilisation et à la maintenance de ces nouveaux appareils. Ce manquement a bloqué la mise en service des L410-NG, empêchant leur exploitation à ce jour. Il est particulièrement regrettable que cette situation touche un appareil fiable, recommandé par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et déjà utilisé avec succès dans plusieurs pays africains comme l’Algérie, le Niger ou la République démocratique du Congo.

Cette situation soulève une interrogation fondamentale sur la vision à long terme d’Air Sénégal. La compagnie doit-elle rester une institution prestigieuse mais financièrement déficitaire, réservée à une clientèle aisée, ou se transformer en un outil de désenclavement national accessible au plus grand nombre ? Les avions L410-NG, par leur performance économique et leur adaptation aux infrastructures sénégalaises, représentent une opportunité majeure pour concilier service public et viabilité financière. Pour que cette opportunité soit pleinement exploitée, une meilleure coordination entre les acteurs et une gestion proactive des ressources humaines et techniques sont désormais indispensables.

Importance Stratégique du Transport Aérien

Le transport aérien est une activité économique et stratégique essentielle. Son importance est indéniable, car un système de transport aérien prospère peut stimuler l’économie d’un pays comme le Sénégal, comme ce fut observé dans de nombreuses autres économies.

Contexte et Défis du Transport Aérien à Dakar
Actuellement, la plateforme de Dakar est en forte compétition avec ses concurrents, qui cherchent à rattraper leur retard. Grâce à sa position géographique excentrée, située à mi-chemin entre l’Europe, l’Amérique et le Moyen-Orient, et avec plus de 90 % de son trafic provenant de l’international, Dakar est prédestinée à devenir un hub international plutôt qu’un hub régional.

Le trafic aérien régional connaît une croissance attractive, avec le Sénégal comme un des piliers de la zone. Cependant, cette croissance reste insuffisante pour rentabiliser le secteur. La région souffre de coûts opérationnels élevés, d’un marché étroit et fragmenté, et d’une multitude d’opérateurs qui créent une surcapacité. Cette situation pèse sur les finances des acteurs comme Air Sénégal, menant parfois à des faillites.

Par ailleurs, la structuration du trafic régional favorise deux hubs concurrents de Dakar, ABJ (Air Côte d’Ivoire) et LFW (Asky), ainsi qu’ACC, soutenu par le tourisme américain, et la proximité du hub de CMN (RAM), ce qui entraîne une forte concurrence. Cela incite le Sénégal à adopter une nouvelle stratégie et à se repositionner.

➔ Nouvelle Stratégie pour le Sénégal
Le moment est venu pour le Sénégal de faire du secteur des transports aériens un moteur essentiel de la croissance économique et de la création d’emplois. Il s’agit de tirer le meilleur parti du transport aérien et d’impulser une nouvelle dynamique dans le cadre du « Projet pour un Sénégal souverain, juste et prospère » porté par les nouvelles autorités. Les enjeux clés à aborder sont :

Quel avenir pour le transport aérien national après la crise ?

  • Redéfinir son rôle, ses objectifs et les stratégies associées.
  • Quelle vision et quel rôle stratégique et économique pour l’ensemble du secteur aérien ?
  • Quelle place et quel rôle pour la compagnie nationale ?
  • Quel modèle économique pour les aéroports ?

➔Anticiper les Ralentisseurs de Croissance
Pour anticiper les obstacles à la croissance du secteur aérien, il est nécessaire d’évaluer la lettre de politique sectorielle, de procéder à un état des lieux (audit opérationnel), et de définir et d’adopter une vision stratégique pour le secteur aérien, incarnée par les nouvelles autorités.

➔ Situation Critique d’Air Sénégal
Selon Aviator News, Air Sénégal est en danger de dépôt de bilan avec une dette de 113 millions de dollars. KPMG recommande une injection de 169 millions de dollars pour relancer la compagnie. Air Sénégal a connu une forte croissance initiale, jouant un rôle stratégique et économique crucial en reliant Dakar et le Sénégal à leurs principaux partenaires économiques et en stimulant certains marchés comme l’Amérique du Nord pour renforcer les liens économiques et politiques.

➔Diagnostic et Recommandations pour Air Sénégal
Retenir la nécessité d’opérer un diagnostic opérationnel de la compagnie pour identifier des opportunités d’amélioration du revenu unitaire, identifier des recommandations d’amélioration du réseau et de la flotte, identifier des opportunités de réduction des coûts opérationnels ; opérer une revue du diagnostic financier de KPMG et de la situation financière d’Air Sénégal pour définir une stratégie de restructuration de la dette et le besoin de refinancement ; définir une stratégie de restructuration financière à lier au potentiel de refinancement par le gouvernement.

➔ Les enjeux commerciaux majeurs pour Air Sénégal
sont d’améliorer ses services, son image et sa rentabilité, en dehors de toutes considérations d’ordre Organisationnel, fonctionnel ou de gouvernance, il s’agit de résoudre l’insatisfaction croissante de sa clientèle, rétablir les niveaux de performance, reflétés par des coûts élevés qui aggravent son déficit.
Air Sénégal aujourd’hui a des atouts notamment, le soutien de l’État, un réseau étendu à optimiser, une Flotte dédiée jeune & moderne, appropriée.
La compagnie a besoin d’un nouveau positionnement dont il s’agit pour parfaire l’expérience passager, (par un département de gestion clientèle), l’efficacité opérationnelle et la responsabilité sociale.

M. Mamadou Lamine Sow
Ancien DG Aviation Civile
Ancien DG Air Sénégal SA
Administrateur AVIA TECH

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