Saint-Louis : plus de vingt travailleurs licenciés par une entreprise chinoise de construction routière

À Saint-Louis, la tension monte dans la zone du Walo après le licenciement collectif de plus d’une vingtaine de travailleurs sénégalais employés par une entreprise chinoise en charge de chantiers routiers. La mesure, annoncée cette semaine, suscite la colère des ouvriers qui dénoncent des pratiques abusives et un mépris flagrant du droit du travail.

Selon leur porte-parole, ces travailleurs n’auraient commis d’autre « faute » que d’avoir réclamé des contrats en bonne et due forme. Après quatre mois passés à travailler sans documents contractuels réguliers, ils avaient décidé de revendiquer leur droit à un emploi encadré par la loi sénégalaise. La réponse de l’entreprise a été brutale : un renvoi immédiat, sans préavis ni négociation.

L’affaire, rapportée ce jeudi par la Rfm, met en lumière les conditions précaires dans lesquelles évoluent nombre d’ouvriers recrutés par des sociétés étrangères dans la région. Pour les licenciés, il ne s’agit pas seulement d’un conflit avec leur employeur, mais d’une atteinte à leur dignité et à leurs droits les plus élémentaires.

La situation provoque d’autant plus d’indignation que l’Inspection du travail de Saint-Louis est accusée de complaisance. Les travailleurs reprochent à cette institution un manque de fermeté et de réactivité face à ce qu’ils considèrent comme une violation manifeste de la législation. Ils dénoncent également le silence des autorités gouvernementales, restées pour l’instant muettes face à leur détresse.

Ce licenciement collectif soulève de nouveau la question de la protection des travailleurs sénégalais employés par des entreprises étrangères, dans un contexte où les grands chantiers d’infrastructures se multiplient. Les ouvriers concernés affirment qu’ils n’excluent pas d’autres actions de protestation si aucune solution n’est trouvée dans les prochains jours.

Pacte de stabilité sociale : la FGTS/B dénonce une trahison et exprime son soutien aux travailleurs licenciés

La Fédération Générale des Travailleurs du Sénégal (FGTS/B) est montée au créneau ce dimanche 4 mai 2025 pour dénoncer vigoureusement la reconduction du Pacte de stabilité économique et sociale. Dans un communiqué transmis à la presse, la centrale syndicale fustige ce qu’elle qualifie de « trahison syndicale », tout en réaffirmant son « soutien indéfectible » aux travailleuses et travailleurs récemment licenciés, notamment ceux de la RTS.

Selon la FGTS/B, la signature de ce pacte, censé consolider la paix sociale et favoriser un climat propice aux investissements, a été opérée sans consultation des syndicats de branche ni résolution des passifs liés aux conflits sociaux en cours. La Fédération s’indigne que certaines centrales aient signé un tel accord alors même que plusieurs travailleurs licenciés, dans différents secteurs, attendent toujours leur réintégration ou une compensation équitable.

« Nous assistons à une manœuvre qui sacrifie les intérêts des travailleurs sur l’autel d’un consensus de façade », peut-on lire dans le document. Pour la FGTS/B, cette signature hâtive, sans conditions claires, fragilise la lutte syndicale et ignore les revendications de base, comme la sécurité de l’emploi et la dignité au travail.

Le communiqué déplore également la gravité de la situation de l’emploi salarié au Sénégal, décrivant un marché du travail fragilisé, où les licenciements se multiplient sans véritable plan de sauvegarde sociale. La FGTS/B estime qu’il est « inacceptable » de prôner la stabilité sociale tout en « excluant de la table des négociations ceux qui représentent les réalités des secteurs en crise ».

Dans une note plus personnelle, la Fédération exprime sa solidarité envers les familles touchées, notamment celles des anciens agents de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), dont elle dit partager la « douleur, l’angoisse et le sentiment d’abandon ». Elle demande une reprise urgente du dialogue autour des dossiers de licenciement en instance, et appelle à des solutions concrètes en matière de réintégration ou de soutien aux travailleurs impactés.

Enfin, la FGTS/B conclut en réaffirmant son attachement à la « troisième voie » : un syndicalisme fondé sur les principes de justice sociale, d’indépendance et de défense effective des droits des travailleurs, loin des compromis « politiciens » ou « protocolaires ».

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