Le combat contre les hépatites virales prend une nouvelle dimension sous l’impulsion de Fatou Nguirane, présidente du Réseau des Associations de Lutte contre les Hépatites. Figure engagée de la société civile sanitaire, elle œuvre désormais à inscrire cette bataille dans une dynamique sous-régionale et internationale, en misant sur des partenariats stratégiques et un maillage territorial renforcé.
Dans une démarche concertée, Fatou Nguirane collabore étroitement avec l’Alliance nationale pour les communautés de santé (ANCS), ainsi qu’avec d’autres partenaires techniques et financiers, tels que le SMIT, le CNLS, le CRCF, Plan International et le ministère de la Santé et de l’Action sociale. Ces structures soutiennent la politique de la présidente du Réseau à travers plusieurs initiatives, notamment l’installation de l’association Jappoo Kheex Hépatites à Kaffrine.
L’objectif est de mutualiser les ressources, d’harmoniser les stratégies de plaidoyer et de renforcer les actions de prévention, de dépistage et de prise en charge. L’ambition est claire : sortir l’hépatite de l’ombre et briser le silence autour de cette maladie encore trop méconnue, souvent diagnostiquée tardivement.
Un maillage territorial ambitieux
Au cœur de sa vision figure un projet structurant : doter chaque région, département, arrondissement et commune du Sénégal d’une association active de lutte contre l’hépatite. Cette approche décentralisée vise à rapprocher les services d’information et d’accompagnement des populations, notamment dans les zones reculées où l’accès aux soins demeure limité.
« La lutte contre l’hépatite ne doit pas être centralisée. Elle doit être communautaire, inclusive et présente à tous les niveaux », défend la présidente du Réseau, convaincue que la mobilisation locale constitue un levier essentiel pour améliorer le dépistage précoce et l’observance thérapeutique.
Plaidoyer pour un meilleur accès aux soins
Au-delà de la sensibilisation, Fatou Nguirane inscrit son action dans un plaidoyer soutenu auprès des autorités sénégalaises. Parmi les priorités figurent la réduction des coûts liés à la prise en charge des hépatites virales, qui représentent un frein majeur pour de nombreux patients. Bien que disponibles, les traitements demeurent onéreux pour une large frange de la population.
Autre défi de taille : les ruptures récurrentes de médicaments. Le Réseau entend travailler en synergie avec le ministère de la Santé et de l’Action sociale, les centrales d’achats et les partenaires internationaux afin de sécuriser l’approvisionnement et de garantir une continuité thérapeutique aux personnes vivant avec l’hépatite.
Une approche intégrée et partenariale
En s’alliant à l’ANCS et à d’autres acteurs engagés dans la riposte contre les maladies transmissibles, le Réseau des Associations de Lutte contre les Hépatites adopte une approche intégrée, prenant en compte les co-infections, notamment VIH/hépatites, ainsi que les enjeux globaux de santé publique.
Cette collaboration permet également de capitaliser sur l’expertise développée dans la lutte contre le VIH, notamment en matière de mobilisation communautaire, de plaidoyer politique et de gestion de programmes financés par des bailleurs internationaux.
Vers une riposte sans frontières
Le leadership de Fatou Nguirane dépasse désormais le cadre national. En nouant des partenariats avec des organisations sœurs dans d’autres pays, elle ambitionne de porter un plaidoyer régional en faveur d’une meilleure reconnaissance des hépatites comme priorité de santé publique en Afrique de l’Ouest.
À travers cette dynamique, le Réseau entend contribuer aux objectifs internationaux d’élimination des hépatites virales à l’horizon 2030, conformément aux engagements de l’Organisation mondiale de la santé.
Entre engagement communautaire, plaidoyer institutionnel et coopération stratégique, Fatou Nguirane incarne ainsi une nouvelle génération de leadership sanitaire en Afrique de l’Ouest.