UMS : Cheikh Ba prend la tête de l’Union des Magistrats du Sénégal

L’Union des Magistrats du Sénégal (UMS) a tourné une nouvelle page de son histoire en élisant Cheikh Ba à la présidence de l’organisation. Président de chambre à la Cour d’appel de Dakar, il succède à Ousmane Chimère Diouf, qui occupait ce poste depuis plusieurs années et qui a marqué ses mandats par une défense constante de l’indépendance de la justice face aux critiques et aux pressions.

L’élection s’est déroulée ce samedi à Dakar, à l’occasion de l’Assemblée générale de l’UMS. Cheikh Ba s’est imposé avec 146 voix, un résultat qui traduit un soutien affirmé de ses pairs. Le scrutin, organisé dans un climat serein, a réuni un grand nombre de magistrats venus de tout le pays pour prendre part au choix de leur nouveau représentant.

Ce changement à la tête de l’UMS intervient dans un contexte institutionnel sensible, marqué par de récents débats sur la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la magistrature et les relations entre le pouvoir judiciaire et les autres institutions de l’État. Cheikh Ba hérite d’un mandat où les défis ne manqueront pas, entre la défense des droits et prérogatives des magistrats, l’amélioration du fonctionnement du service public de la justice et la nécessité de préserver la confiance des citoyens envers l’institution judiciaire.

En succédant à Ousmane Chimère Diouf, le nouveau président devra également s’inscrire dans la continuité des actions entreprises par son prédécesseur, tout en apportant sa propre vision pour renforcer le rayonnement de la justice sénégalaise sur le plan national et international. Sa prise de fonction ouvre une nouvelle séquence pour l’UMS, qui joue un rôle clé dans la défense des principes de l’État de droit au Sénégal.

Pression sur la justice : l’Union des magistrats du Sénégal vole au secours du ministre Ousmane Diagne

Dans un contexte politique tendu, où les accusations de pression sur la justice se multiplient, l’Union des magistrats du Sénégal (UMS) est sortie de sa réserve. À travers la voix de son président, Ousmane Chimère Diouf, le syndicat des magistrats a exprimé un soutien ferme au ministre de la Justice, Ousmane Diagne, tout en réaffirmant son attachement à l’indépendance du pouvoir judiciaire.

Invité de la Radio Futurs Médias (RFM), Ousmane Chimère Diouf a tenu à clarifier le rôle que joue le gouvernement dans la conduite de la politique pénale, face aux nombreuses critiques visant l’exécutif. « La politique pénale est indiscutable. Elle est définie par le Gouvernement. Tous les magistrats le savent. Mais il faut rappeler que, malgré cela, son application revient aux magistrats. Chacun a son rôle à jouer », a-t-il expliqué.

Le président de l’UMS a salué la posture du garde des Sceaux, Ousmane Diagne, lors de la séance plénière du 21 février 2025 à l’Assemblée nationale. Interpellé sur la lenteur de certains dossiers judiciaires, le ministre avait affirmé que « le temps de la justice n’est pas celui des hommes ». Une déclaration que l’UMS juge conforme à l’essence même de la justice. « C’est ce qu’on nous a enseigné. La justice ne rime pas avec précipitation ni calcul politique. Aucun magistrat n’acceptera d’être mis sous pression pour accomplir sa mission », a réaffirmé Ousmane Chimère Diouf.

Face aux accusations récurrentes d’instrumentalisation de la justice par le pouvoir politique, l’UMS a tenu à faire une mise au point essentielle : il existe une séparation claire entre les magistrats du parquet et ceux du siège. « Le ministre n’a aucune prérogative sur les magistrats du siège. Il en a sur le parquet, c’est vrai, car c’est ce dernier qui initie les poursuites. Mais une fois le procès lancé, cela ne relève plus de l’Exécutif », a précisé Ousmane Chimère Diouf.

Cette clarification vise à couper court à une confusion entretenue par certains observateurs et acteurs politiques, qui assimilent toute action judiciaire à une volonté politique. « Il faut distinguer les rôles et respecter l’indépendance des magistrats. Le juge du siège, une fois saisi, ne reçoit d’instructions de personne », a martelé le président de l’UMS.

Au-delà des pressions supposées du pouvoir politique, l’UMS met également en garde contre les jugements populaires qui faussent la perception du travail des juges. « Lorsque les décisions sont favorables, on parle d’indépendance. Lorsqu’elles ne le sont pas, on crie à la manipulation. C’est une interprétation populaire qui ne reflète pas la réalité du fonctionnement judiciaire », a déploré Ousmane Chimère Diouf.

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