VIDÉO VIRALE D’AMY MARA DIÈYE : AU-DELÀ DU LAPSUS, LE VRAI DÉFI RESTE LA PÊCHE

Une vidéo de la ministre de la Pêche et de l’Économie bleue, Mme Amy Mara Dièye, circule massivement depuis quelques heures sur les réseaux sociaux. Elle y est vivement critiquée pour une erreur de langage commise lors d’une intervention publique à Touba.

Prenons un peu de recul.

En tant que journaliste, j’ai suivi le parcours de Mme Amy Mara Dièye pendant de nombreuses années, bien avant sa nomination à ce poste ministériel. J’ai couvert ses prises de parole, ses combats et ses engagements. Et je peux l’affirmer : je ne l’ai jamais vue faire preuve d’approximation ni de laxisme.

Titulaire d’une formation universitaire à la FASEG, femme de terrain et engagée, elle a toujours démontré son sérieux et sa compétence. Réduire tout son travail à un simple lapsus me paraît injuste et disproportionné.

Soyons honnêtes : qui n’a jamais commis d’erreur en s’exprimant en public ? Qu’il s’agisse d’un ministre, d’un technocrate, d’un enseignant ou d’un journaliste, nul n’est à l’abri d’un lapsus. S’exprimer dans une langue qui n’est pas sa langue maternelle, sous la pression et devant les caméras, est un exercice particulièrement exigeant. L’erreur est humaine.

Le véritable enjeu est ailleurs.

Aujourd’hui, la mission confiée à Amy Mara Dièye est d’une importance capitale. À la tête d’un département stratégique, elle est attendue sur des questions essentielles pour le développement du pays : la préservation des ressources halieutiques, la lutte contre la pêche illicite, le soutien aux acteurs du secteur, la création d’emplois et le renforcement de la souveraineté alimentaire.

C’est sur ces résultats que les Sénégalais doivent l’évaluer, et non sur une maladresse d’expression. Le débat public gagnerait à privilégier le fond plutôt que la forme.

Issue d’une famille d’intellectuels, Amy Mara Dièye a reçu une éducation fondée sur le travail, la rigueur et le sens des responsabilités. Ces valeurs transparaissent dans son engagement au service de l’État.

Critiquer l’action publique est légitime. C’est même une exigence démocratique. Mais cette critique doit porter sur les politiques menées, les décisions prises et les résultats obtenus, plutôt que sur un lapsus qui, aussi viral soit-il, ne résume ni une personnalité ni un bilan.

Le Sénégal a besoin d’un débat public exigeant, serein et constructif. La ministre, comme tout responsable public, sera jugée sur sa capacité à remplir la mission qui lui a été confiée : servir le pays et répondre aux attentes des citoyens.

Moustapha NDIAYE
Journaliste

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