Vie chère au Sénégal : l’ASCOSEN décline la marche et appelle à une lutte permanente

L’Association des consommateurs du Sénégal (ASCOSEN) ne prendra pas part à la marche pacifique contre la vie chère initiée par la plateforme « 30 jours pour le juste prix ». Tout en saluant la mobilisation annoncée, l’organisation estime qu’une action limitée dans le temps ne saurait apporter une réponse durable à la hausse du coût de la vie.

Intervenant sur les ondes de la RFM, le président de l’ASCOSEN, Momar Ndao, a tenu à clarifier la position de son organisation. Il reconnaît le bien-fondé de la démarche engagée par la plateforme et se réjouit de voir de nouveaux acteurs s’intéresser à une problématique que l’ASCOSEN dit porter depuis plusieurs décennies.

« Nous sommes très heureux de voir que d’autres personnes viennent mettre la main dans le combat que nous menons depuis 37 ans », a déclaré Momar Ndao. Mais pour lui, la durée annoncée de la campagne pose question. Une mobilisation de trente jours ne pourrait, selon lui, permettre de résoudre définitivement les difficultés liées au niveau des prix.

Le président de l’ASCOSEN défend ainsi une approche inscrite dans la durée. « Ce n’est pas par des campagnes de 30 jours. Nous, ça fait 37 ans qu’on est dessus. Donc, 30 jours ne suffisent pas pour faire revenir les prix à la normale de manière définitive », a-t-il expliqué.

Au-delà de la mobilisation dans la rue, Momar Ndao plaide pour des propositions concrètes susceptibles d’aider les pouvoirs publics à agir sur les différents facteurs qui influencent le coût de la vie. À ses yeux, dénoncer la hausse des prix ne suffit pas. Le combat doit également déboucher sur des mécanismes permettant à l’État de mieux maîtriser les coûts et de protéger durablement le pouvoir d’achat des ménages.

Cette position traduit une volonté de privilégier le dialogue, l’expertise et la formulation de solutions. Pour l’ASCOSEN, la défense des consommateurs ne peut se limiter à des actions ponctuelles ou à des mouvements de protestation. Elle doit s’inscrire dans un travail permanent impliquant l’État, les consommateurs, les commerçants et l’ensemble des acteurs intervenant dans la chaîne économique.

Momar Ndao a également insisté sur la nécessité de préserver la question de la vie chère de toute récupération politique. Le président de l’ASCOSEN dit craindre que certaines initiatives présentées comme des mouvements citoyens puissent, à terme, être détournées de leur objectif initial pour servir des intérêts politiques.

Il a notamment évoqué le précédent d’un collectif qui avait lancé une pétition contre le Woyofal avant, selon lui, de reconnaître par la suite une motivation politique. Une telle évolution, estime-t-il, serait de nature à fragiliser la crédibilité du combat contre la vie chère et à détourner l’attention des préoccupations réelles des consommateurs.

Pour autant, l’ASCOSEN ne remet pas en cause le droit de manifester. Momar Ndao précise que son organisation respecte la démarche engagée par la plateforme « 30 jours pour le juste prix », mais qu’elle fait le choix d’autres moyens d’action.

« Nous respectons la marche, nous respectons cette méthode-là, mais nous préférons utiliser d’autres méthodes qui permettent d’avoir des résultats », a-t-il affirmé.

À travers cette prise de position, l’ASCOSEN entend donc se démarquer d’une mobilisation ponctuelle sans pour autant minimiser les difficultés auxquelles sont confrontés les ménages sénégalais. Pour l’organisation de défense des consommateurs, la bataille contre la vie chère doit dépasser le cadre d’une campagne de quelques semaines et s’inscrire dans une stratégie permanente, apolitique et orientée vers des solutions concrètes.

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