Assouplissement de l’importation des véhicules : le Sénégal autorise désormais les voitures âgées jusqu’à 10 ans

Une nouvelle mesure saluée par les automobilistes et importateurs sénégalais. Le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé ce vendredi un assouplissement des conditions d’importation des véhicules d’occasion : désormais, les voitures âgées jusqu’à 10 ans pourront être introduites sur le territoire national. Une décision qui marque un tournant dans la politique automobile du pays.

Jusqu’ici, la réglementation interdisait l’importation de véhicules de plus de 8 ans, une disposition souvent critiquée pour son impact sur les prix des voitures et l’accessibilité pour les ménages à revenus modestes. En portant cette limite à 10 ans, le gouvernement entend répondre à une double préoccupation : réduire le coût d’acquisition des véhicules et stimuler le secteur du transport et du commerce automobile.

« Cette décision s’inscrit dans notre volonté de prendre en compte la réalité économique des Sénégalais et de mettre fin à des mesures pénalisantes héritées d’un modèle inadapté à nos besoins », a déclaré le Premier ministre Ousmane Sonko, lors de la présentation du plan “Jubbanti Koom”, au Grand Théâtre de Dakar.

Cette mesure devrait bénéficier directement aux importateurs qui, ces dernières années, faisaient face à des restrictions sévères, mais aussi à la population, qui pourra accéder à un parc automobile plus abordable.

Selon plusieurs acteurs du secteur, le passage à 10 ans d’ancienneté pourrait entraîner une baisse des prix de 15 à 25 %, en fonction des modèles. Ce nouvel équilibre pourrait aussi relancer l’activité dans les ports et les marchés de véhicules d’occasion comme celui de Mbao ou encore Keur Massar.

Si la mesure est bien accueillie par les acteurs économiques, des inquiétudes subsistent du côté des défenseurs de l’environnement, qui redoutent une augmentation des émissions de gaz à effet de serre liées à l’entrée de véhicules plus anciens. Le gouvernement assure cependant que des contrôles techniques renforcés seront exigés à l’entrée du territoire, afin de garantir que seuls les véhicules en bon état de fonctionnement et respectueux des normes minimales puissent circuler.

« Nous assouplissons, mais nous ne bradons pas la qualité », a tenu à rassurer le Premier ministre.

Cette mesure s’inscrit dans une dynamique plus large de révision des politiques économiques, notamment dans le cadre du Plan de redressement “Jubbanti Koom”. En s’affranchissant de certaines contraintes jugées inadaptées au contexte sénégalais, le gouvernement cherche à instaurer un modèle plus souple, plus pragmatique, et plus aligné sur les réalités du quotidien.

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