Tribunal de Dakar : les chauffeurs de taxis s’insurgent après une décision favorable aux VTC

La tension monte dans le secteur du transport urbain à Dakar. Les chauffeurs de taxis traditionnels sont vent debout contre la décision rendue par le tribunal de Dakar, qui a rejeté leur plainte contre les plateformes de voitures de transport avec chauffeurs (VTC) telles que Yango, Yassir et Heetch. Pour eux, ce jugement équivaut à une légalisation d’une concurrence qu’ils jugent déloyale et illégale.

Depuis plusieurs mois, les taxis dénoncent la prolifération des VTC, accusés d’exercer la profession sans respecter les contraintes réglementaires imposées aux transporteurs classiques. Le porte-parole de leur collectif, Pape Alé Fall, n’a pas caché sa frustration après l’annonce du verdict. « Nous sommes surpris et déçus par cette décision qui ne prend pas en compte les intérêts des chauffeurs de taxis », a-t-il déclaré, avant d’ajouter qu’il s’agit d’une atteinte manifeste à leurs droits.

Pour les professionnels du taxi, les conséquences économiques sont déjà lourdes. Beaucoup affirment avoir vu leur chiffre d’affaires s’effondrer depuis l’arrivée de ces plateformes numériques, qui séduisent une clientèle croissante grâce à des tarifs souvent jugés plus attractifs et à un service perçu comme plus moderne. « Nous avons perdu une grande partie de nos revenus, et certains risquent la faillite », témoigne un chauffeur.

Face à cette situation, les taxis entendent poursuivre la mobilisation. Un point de presse est prévu dans les prochains jours afin de dénoncer publiquement la décision du tribunal et d’appeler les autorités à intervenir. Ils demandent la mise en place de mesures urgentes pour rétablir une concurrence équitable dans le secteur, et menacent d’organiser de nouvelles manifestations si rien n’est fait.

En toile de fond, c’est toute la question de la régulation du transport urbain qui est posée. Les VTC, désormais confortés par le jugement, comptent poursuivre leurs activités, tandis que les taxis refusent de se résigner. Le conflit entre ces deux modèles de transport pourrait ainsi s’intensifier dans les prochaines semaines, dans un contexte où les usagers eux-mêmes semblent partagés entre fidélité au taxi traditionnel et attrait pour la modernité des applications numériques.

Procès contre les VTC : les taxis urbains sénégalais réclament le respect du droit et appellent à la mobilisation

Le bras de fer entre les chauffeurs de taxis urbains et les plateformes de Véhicules de Transport avec Chauffeur (VTC) s’intensifie à quelques jours d’un jugement très attendu. Ce lundi, le Regroupement des Taxis Urbains du Sénégal a tenu une conférence de presse à Dakar pour dénoncer ce qu’il considère comme une « concurrence déloyale » orchestrée par des géants du numérique tels que Yango, Yassir et Heetch.

Les représentants de la corporation appellent leurs membres et les citoyens à se mobiliser massivement devant le tribunal de Dakar le 23 juillet prochain, date prévue pour la délibération de leur procès contre les plateformes.

« Le secteur du transport au Sénégal est régi par des lois et règlements bien établis. Pourtant, on a vu des plateformes s’installer au Sénégal et favoriser l’utilisation de véhicules particuliers à des fins de transport public, ce qui est en totale violation de la réglementation en vigueur », a dénoncé Malick Diop, secrétaire général du regroupement.

Selon lui, cette situation fragilise l’ensemble du secteur : « Pour nous, il s’agit d’un transport irrégulier, donc illégal, et cela constitue une forme de concurrence déloyale. »

Le responsable syndical affirme que les chauffeurs de taxis, soumis à des charges et obligations réglementaires strictes, ne peuvent plus supporter la pression économique exercée par ces nouveaux acteurs. « Nos revenus s’effondrent à cause de cette concurrence imposée par de grandes multinationales », alerte-t-il.

Face à ce qu’ils jugent être une inaction des pouvoirs publics, les taxis urbains se disent prêts à durcir le ton si aucune mesure n’est prise. « Il est temps que l’État prenne ses responsabilités et applique la loi. Nous sommes à bout, et nous ne voulons pas être contraints de passer à une autre forme d’action », prévient Malick Diop.

Pour le collectif, le procès du 23 juillet est un test majeur du respect de la réglementation et de l’équité entre tous les acteurs du transport. « La justice doit faire son travail. Nous espérons que le 23 juillet, le droit sera dit », conclut-il, confiant quant à l’issue de la procédure.

Mobilité urbaine réglementée au Sénégal : Un regard sur l’exemple ivoirien pour guider le futur des VTC

Dans une ère où la mobilité et la commodité sont les maîtres mots, l’émergence des services de taxis en ligne a été une révolution dans le domaine des transports. Cependant, le succès de ces services dépend étroitement du cadre législatif dans lequel ils évoluent. Alors que des pays voisins, notamment la Côte d’Ivoire, récoltent les fruits d’investissements stratégiques et de réglementations progressives, le Sénégal doit désormais se pencher sur l’importance cruciale de la législation pour favoriser un écosystème de taxis électroniques confiant et efficient.

À Dakar, l’essor indéniable des services de VTC tels que Yango, Yassir et Heetch est significatif, mais l’absence d’un cadre juridique clair entrave leur bon fonctionnement dans le pays. En Côte d’Ivoire, l’impact positif d’une réglementation précise dans le secteur des VTC est manifeste. Ces lois ont créé un environnement favorable aux investissements, stimulant la croissance rapide du secteur des VTC et améliorant considérablement l’expérience de mobilité pour des milliers d’utilisateurs quotidiens.

Un article de Jeune Afrique a analysé en détail le cadre juridique ivoirien régissant le secteur des VTC, anticipant ainsi sur son homologue sénégalais. Le gouvernement ivoirien a pris des mesures décisives en publiant, le 15 décembre 2021, un décret visant à réguler le secteur. Ce décret a établi des distinctions entre les propriétaires de flottes, les gestionnaires, les chauffeurs, et les sociétés de VTC qui assurent l’interface des trajets via leurs applications respectives. Des aspects tels que les contrôles techniques, les licences, les assurances, et la protection des données ont été clairement définis.

Les avancées enregistrées en Côte d’Ivoire soulèvent une question cruciale : n’est-il pas temps pour le Sénégal de s’inspirer de ce modèle et d’instaurer une réglementation claire pour le secteur des VTC ?

La pièce manquante du puzzle pour garantir la sécurité, assurer l’efficacité et créer un environnement progressif pour les propriétaires de flotte, les gestionnaires et les chauffeurs pourrait bien être un cadre réglementaire établi. Le Sénégal pourrait ainsi stimuler la croissance de son secteur des VTC, améliorer l’expérience des utilisateurs et favoriser des investissements stratégiques dans la mobilité urbaine réglementée.

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