Yankhoba Diémé : « Si Ousmane Sonko m’avait choisi en 2024, j’allais devenir le premier président issu de la Casamance »

En tournée en Casamance, le ministre des Forces armées, Yankhoba Diémé, est revenu sur un épisode marquant de l’élection présidentielle de 2024. L’ancien cadre de Pastef a évoqué, avec une pointe de regret et de provocation politique, l’hypothèse selon laquelle il aurait pu briguer la magistrature suprême si Ousmane Sonko avait porté son choix sur sa personne.

Face à ses interlocuteurs, Yankhoba Diémé a ainsi affirmé qu’une candidature de sa part aurait pu ouvrir une nouvelle page de l’histoire politique du Sénégal, en permettant à la Casamance de donner au pays son premier président de la République originaire de cette région.

« En 2024, si Ousmane Sonko m’avait choisi, j’allais devenir le premier président de la République issu de la Casamance », a-t-il déclaré. Le ministre poursuit : « Il a choisi une autre personne, c’est pourquoi je ne suis pas devenu le premier président de la République casamancais. »

À travers cette déclaration, Yankhoba Diémé rappelle également la proximité qui l’unissait au leader de Pastef, notamment sur le plan territorial. « Nous partageons le même département et la même Casamance avec Ousmane Sonko », a-t-il souligné, estimant que la région disposait alors d’une opportunité historique qui n’a finalement pas été concrétisée.

Une réponse aux accusations de « trahison »

Au-delà de la présidentielle de 2024, le ministre des Forces armées a également abordé les recompositions politiques qui traversent l’ancien camp de Pastef. Sa sortie intervient alors que certains anciens responsables et cadres du parti sont accusés de « trahison » après avoir choisi de prendre leurs distances avec cette formation et de rejoindre d’autres initiatives politiques, notamment la coalition Kiiray.

Yankhoba Diémé conteste cette lecture et estime que la notion de trahison ne saurait être utilisée à sens unique. Pour lui, si le fait de choisir une autre voie politique doit être considéré comme une trahison, alors certaines décisions prises au moment de la présidentielle de 2024 pourraient également être interprétées de la même manière.

« Si choisir de prendre une autre voie est une trahison, alors le choix d’avoir empêché la Casamance d’avoir son premier président de la République est aussi une trahison », a-t-il lancé.

Cette déclaration, à la fois politique et personnelle, traduit les tensions persistantes autour des choix opérés au sein de l’ancien mouvement politique qui a porté Bassirou Diomaye Faye à la présidence de la République. Elle intervient également dans un contexte marqué par de nouvelles recompositions, à l’approche des prochaines échéances électorales.

Malgré cette sortie offensive sur les choix de 2024, Yankhoba Diémé a tenu à réaffirmer sa fidélité au chef de l’État. Le ministre a notamment insisté sur les qualités qu’il attribue à Bassirou Diomaye Faye, présenté comme le choix qu’il continue de considérer comme le meilleur pour le Sénégal.

« Je réitère que Bassirou Diomaye Faye est le bon choix pour le Sénégal, car il est méthodique et c’est un vrai patriote », a-t-il conclu.

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