Le politologue et ancien conseiller Yoro Dia a exprimé ses inquiétudes face aux messages jugés contradictoires envoyés par le Sénégal sur la scène internationale. Dans une analyse publiée sur le réseau social X, il évoque une tension de plus en plus perceptible entre les positions du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et celles du Premier ministre, Ousmane Sonko, en matière de politique étrangère.
Selon lui, cette divergence de ton, qui pouvait jusque-là apparaître comme une simple coexistence institutionnelle à l’intérieur du pays, prend une dimension plus problématique lorsqu’elle se manifeste dans le domaine diplomatique. Yoro Dia estime que les récentes prises de position des deux responsables sénégalais donnent l’impression d’une absence de ligne claire dans la conduite des relations internationales du pays.
Pour illustrer son propos, il s’appuie sur deux faits récents liés à la crise au Moyen-Orient. D’un côté, le Premier ministre Ousmane Sonko a exprimé publiquement sa solidarité avec le peuple iranien. De l’autre, le président Bassirou Diomaye Faye a affiché son soutien à l’Arabie saoudite dans ce même contexte de tensions régionales. Pour le politologue, ces déclarations, bien que relevant chacune d’une sensibilité politique ou diplomatique, peuvent être perçues à l’étranger comme des positions opposées venant d’un même État.
Yoro Dia rappelle que dans les systèmes constitutionnels de type semi-présidentiel, comme celui du Sénégal, la politique étrangère constitue traditionnellement le domaine réservé du chef de l’État. À ce titre, elle doit être portée par une voix unique afin de préserver la cohérence et la crédibilité du pays dans ses relations avec les autres États et les organisations internationales.
Il souligne que la diplomatie exige de la clarté et de l’unité, car toute ambiguïté dans la position d’un État peut être interprétée comme un signe de division interne. Selon lui, l’enjeu dépasse le simple débat politique national et concerne directement l’image et la crédibilité du Sénégal à l’étranger.
Dans son message, Yoro Dia met également en garde contre le risque de voir les divergences politiques internes se transformer en rivalité ouverte entre les deux têtes de l’exécutif. Pour illustrer ce danger, il recourt à une métaphore historique en évoquant les rivalités entre Perses et Arabes, symbole selon lui d’affrontements prolongés et stériles.
À travers cette image, le politologue appelle implicitement à une meilleure coordination au sommet de l’État afin d’éviter que la gestion des affaires internationales ne devienne le terrain d’une compétition politique. Pour lui, la stabilité et l’efficacité de la diplomatie sénégalaise reposent avant tout sur la cohérence des messages envoyés au reste du monde.