La chambre criminelle du tribunal de grande instance de Dakar a examiné, hier mardi, une affaire qui défraie la chronique depuis plusieurs mois. Au banc des accusés : le marabout Serigne Assane Mbacké, âgé de 41 ans, établi à Ndiarème Limamoulaye, dans la commune de Guédiawaye, ainsi que quatre autres prévenus. Ils sont poursuivis pour des faits particulièrement graves de « traite de personnes à des fins sexuelles », « détournement de mineurs » et « actes contre nature ».
Selon l’acte d’accusation, les faits reprochés remontent à juin 2022 et impliquent une jeune fille mineure, O. Diouf, alors âgée de 16 ans et élève en classe de Seconde. La plaignante aurait été abusée sexuellement dans un contexte que l’accusation présente comme une entreprise organisée, avec la participation de plusieurs individus.
Outre le marabout Serigne Assane Mbacké, les coaccusés sont Khadim Samb, alias Dibor, connu dans le milieu religieux pour ses chants religieux, Abdourahmane Lô, réceptionniste à l’hôtel Nina, Ibrahima Badiane, commerçant, et Baïdy Hamady Sow. Tous ont fermement nié les faits devant le tribunal, soutenant qu’ils sont victimes d’un complot et qu’aucune preuve matérielle ne vient étayer les accusations portées contre eux.
Lors de son témoignage, la présumée victime a maintenu ses déclarations initiales et réclamé la somme de 50 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts. Un autre jeune, T. Khamary, également concerné par l’affaire, n’a pour sa part formulé aucune demande sur le plan civil.
Le ministère public, estimant que les charges sont suffisamment établies, a requis une peine de dix ans d’emprisonnement ferme contre chacun des cinq prévenus. Dans sa réquisition, le procureur a insisté sur la gravité des faits et sur la nécessité de protéger les mineurs contre toute forme d’exploitation sexuelle, quelle que soit la position sociale des accusés.
Les avocats de la défense ont, de leur côté, plaidé l’acquittement pur et simple, invoquant le bénéfice du doute. Ils ont dénoncé un dossier bâti sur des déclarations fluctuantes et une enquête jugée lacunaire. Selon eux, aucun élément probant ne permet d’imputer à leurs clients les faits décrits par l’accusation.
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