Le ministère de la Justice a réagi officiellement à la lettre ouverte adressée par Pape Abdoulaye Touré au président de la République, dans laquelle il interpelle les autorités sur les crimes commis lors des manifestations politiques survenues entre 2021 et 2024. Dans une correspondance datée du 1er août 2025, le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, annonce avoir saisi le Procureur général près la Cour d’Appel de Dakar pour l’inviter à engager des poursuites relatives à ces faits.
Cette réaction fait suite à un courrier envoyé le 18 juillet 2025 par Pape Abdoulaye Touré, membre fondateur de l’Initiative Zéro Impunité (IZI) et victime de torture. Ce document, transmis par le ministre Directeur de Cabinet du Président Bassirou Diomaye Faye aux services compétents du ministère de la Justice, porte la voix des victimes de meurtres, de tortures, de disparitions forcées et d’autres traitements inhumains survenus lors des troubles sociopolitiques qui ont marqué le Sénégal durant cette période.
Dans sa réponse, Ousmane Diagne indique avoir pris des dispositions en adressant un courrier officiel au Procureur général près la Cour d’Appel de Dakar, afin qu’il ouvre des poursuites concernant les faits signalés. Ce geste marque un premier pas institutionnel vers un traitement judiciaire de ces événements, qui continuent de susciter de fortes attentes au sein de l’opinion publique et des familles des victimes.
Pour mémoire, l’Initiative Zéro Impunité, portée par Pape Abdoulaye Touré, a engagé depuis plusieurs mois un travail de sensibilisation et de plaidoyer, en multipliant les rencontres avec des organisations de la société civile telles que le think tank Afrik Jom Center et Amnesty International Sénégal. Ces échanges ont pour objectif de faire la lumière sur les crimes graves commis entre mars 2021 et mars 2024, période marquée par des tensions politiques intenses ayant entraîné des pertes humaines, des actes de torture et des disparitions forcées.
L’initiative vise à lutter contre l’oubli et à obtenir justice pour les victimes, dans un contexte où les questions de responsabilité et de réparation restent au cœur du débat public. L’implication directe du ministère de la Justice, par la saisine du Procureur général, constitue désormais un élément clé dans la perspective d’éventuelles poursuites judiciaires et pourrait ouvrir la voie à un processus de vérité et de réconciliation, attendu par de nombreuses familles et organisations de défense des droits humains.

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