Après plusieurs heures passées dans les locaux de la Division Spéciale de la Cybersécurité (DSC), le journaliste et patron du Groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne, s’est présenté devant la presse pour livrer sa version des faits et dénoncer ce qu’il considère comme une tentative manifeste d’intimidation.
D’entrée, il a tenu à affirmer qu’aucune pression ne saurait lui faire renoncer à son droit fondamental à la liberté d’expression. « La liberté d’expression ne peut pas être menacée au Sénégal, seulement il y a des tentatives d’entrave à la liberté d’expression. Ceux qui essaient de le faire se trompent lourdement. Il leur incombe justement de la protéger. Mais ils doivent savoir qu’ils vont échouer », a-t-il déclaré d’un ton ferme. Il en a profité pour remercier les nombreux soutiens venus manifester leur solidarité, qu’ils soient des personnalités politiques, des membres de la société civile ou de simples citoyens.
Interrogé sur le motif de sa convocation, Madiambal Diagne a expliqué qu’il ne se sentait pas concerné par les propos reprochés. Selon lui, il aurait été plus logique d’entendre le député Amadou Bâ, protagoniste de l’altercation verbale survenue en plateau avec le chroniqueur Badara Gadiaga. « Je ne devais pas être convoqué, encore moins Badara Gadiaga. Celui qui devait être convoqué, c’est le député Amadou Bâ qui a tenu ces propos. Et j’ai dit ça aux enquêteurs », a-t-il martelé. Il a souligné que des milliers de Sénégalais ont déjà tenu des propos similaires, sans jamais être inquiétés, et qu’il ne comprend pas pourquoi lui seul devrait être poursuivi dans ce contexte.
Pour Madiambal Diagne, cette convocation est le signe d’une volonté d’ériger la peur en méthode de gouvernement. « S’ils pensent qu’ils peuvent me faire taire, c’est peine perdue », a-t-il lancé.
Le journaliste est également revenu sur la décision du CNRA, qui a mis en demeure la Télévision Futurs Médias après la diffusion de l’émission « Jakaarlo Bi ». Il a dénoncé une mesure qu’il juge disproportionnée et contraire à l’esprit du débat démocratique. « Moi, je suis un homme de médias et je dirige des journalistes francophones. Et quand il y a un débat public, il faut qu’on arrive à situer les responsabilités. Badara Gadiaga n’a attaqué personne, au contraire, il a été insulté. Est-ce qu’il n’a pas le droit de répondre aux attaques qui sont dirigées contre lui ? C’est ça le débat », a-t-il insisté.
Pour conclure, Madiambal Diagne a estimé que la situation révèle un malaise plus profond concernant les relations entre le pouvoir et la presse. Il a assuré qu’il ne cesserait pas d’exercer son métier, quels que soient les obstacles : « Badara Gadiaga a touché là où ça fait mal. Il n’a fait que rapporter des faits. »