Les finances publiques sénégalaises ont enregistré une embellie au mois de juin 2025. Selon le rapport Repères statistiques de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), relayé par L’Observateur, les recettes de l’État se sont établies à 739,9 milliards F CFA, soit une progression de 41,0 milliards par rapport au mois de mai.
Cette amélioration est essentiellement portée par la bonne tenue des recettes fiscales, qui ont bondi de 76,8 milliards F CFA. En revanche, les recettes non fiscales se sont contractées de 35,8 milliards F CFA. Comparées à la même période en 2024, les recettes totales affichent une hausse de 19,0 %, passant de 849,4 milliards à 1 009,6 milliards F CFA. En glissement annuel, le gain net est de 52,7 milliards.
Si ces chiffres traduisent un effort notable de mobilisation des ressources, certains économistes invitent à la prudence. Interrogé par L’Observateur, l’économiste-planificateur Ibrahima Kaba estime que cette hausse ne doit pas être interprétée comme le signe d’une économie structurellement robuste.
« La hausse des recettes fiscales doit être analysée avec prudence. Si l’État mobilise beaucoup de ressources fiscales sans que cela s’accompagne d’une relance des investissements productifs, il n’y aura pas d’effet d’entraînement durable », explique-t-il.
En clair, une fiscalité dynamique doit avant tout servir à financer les secteurs stratégiques capables de stimuler la croissance et de créer des emplois.
Le rapport attribue cette performance budgétaire à plusieurs facteurs : amélioration du recouvrement, élargissement de l’assiette fiscale et optimisation des ressources. Mais pour l’économiste, l’élargissement de l’assiette ne traduit pas forcément une économie en meilleure santé.
Il plaide pour une révision du système d’exonérations fiscales et un meilleur ciblage des incitations, afin de concentrer les efforts sur les secteurs porteurs. À défaut, prévient-il, une pression fiscale trop élevée risque d’étouffer certains acteurs économiques, avec des effets pervers sur le long terme.