La Chambre d’accusation financière de la Cour d’appel de Dakar a rendu, ce mercredi 8 octobre 2025, sa décision dans l’affaire opposant Mouhamadou dit Farba Ngom au ministère public, à la suite du refus de mainlevée de son mandat de dépôt. Cette audience, très attendue, faisait suite aux recours introduits par les avocats du maire des Agnam, actuellement placé sous mandat de dépôt dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour des faits présumés de détournement de fonds publics.
En statuant, la Chambre du conseil de la juridiction a d’abord décidé de joindre les deux procédures pendantes, estimant qu’elles concernaient des faits connexes. Les juges ont ensuite déclaré recevables les appels formulés par la défense de l’ex-député et proche collaborateur de l’ancien président Macky Sall.
Sur le fond, la Cour a confirmé les ordonnances attaquées, notamment celles ayant rejeté les demandes de mise en liberté provisoire introduites par les conseils de Farba Ngom. En d’autres termes, la juridiction d’appel a validé la position du juge d’instruction, estimant qu’aucun élément nouveau ne justifiait pour le moment une remise en liberté de l’intéressé.
Toutefois, la Chambre d’accusation n’a pas suivi entièrement le premier juge. Prenant en compte les arguments de la défense relatifs à l’état de santé de l’accusé, elle a décidé de réformer partiellement les décisions antérieures. Ainsi, la Cour a ordonné le transfèrement de Farba Ngom dans un centre hospitalier afin qu’il y reçoive des soins appropriés à sa condition médicale.
Cette décision marque une évolution notable dans le traitement du dossier, même si elle ne change pas la situation juridique de fond de l’accusé, qui demeure détenu. Selon des sources judiciaires, la défense envisage désormais de poursuivre ses démarches en vue d’obtenir, à terme, une liberté provisoire pour raisons médicales.
Rappelons que Farba Ngom, figure politique influente de la région de Matam et ancien député de la majorité présidentielle, est poursuivi dans le cadre d’une enquête menée par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) et la justice financière. Son arrestation avait suscité de nombreuses réactions au sein de la classe politique, notamment parmi ses anciens partisans de l’Alliance pour la République (APR).