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Crise ouverte entre le CDEPS et le ministère de la Communication sur la gestion du Fonds d’Appui à la Presse

Le torchon brûle à nouveau entre le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) et le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN). Dans un communiqué rendu public ce lundi 3 novembre 2025, le CDEPS dénonce avec vigueur la réouverture, jugée « illégale et opaque », de la plateforme d’enregistrement des bénéficiaires du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP).

Selon l’organisation, cette procédure aurait été relancée sans qu’aucune communication officielle ni notification préalable ne soit adressée aux entreprises de presse concernées. Une attitude que le CDEPS considère comme une marque de « mépris et de manque de transparence » dans la gestion d’un fonds censé accompagner la professionnalisation et la compétitivité du secteur médiatique national.

Le CDEPS rappelle que le décret n°2021-178 du 27 janvier 2021 stipule clairement que la gestion du FADP relève du Conseil de gestion, seul habilité à définir les orientations et les modalités d’attribution des ressources. En agissant sans consultation de cet organe, le ministère se serait donc affranchi des règles établies, ce qui constituerait une entorse aux principes de légalité et de bonne gouvernance.

Dans son communiqué, le Conseil critique également la nouvelle approche adoptée par le ministère, qui conditionne désormais l’octroi des fonds à la présentation de projets. Selon lui, cette méthode exclut de fait les maisons de presse confrontées à des difficultés structurelles et financières chroniques, telles que les arriérés de salaires, les charges fiscales et sociales ou encore les loyers impayés. Le CDEPS estime qu’en abandonnant le principe d’un appui direct aux entreprises, le MCTN s’éloigne des objectifs initiaux du fonds et favorise des pratiques discriminatoires.

Le moment choisi pour relancer la procédure soulève également des interrogations. Le CDEPS s’étonne que cette initiative intervienne à moins de deux semaines de la clôture de l’exercice budgétaire de l’État, fixée au 15 novembre, alors que l’attribution du FADP requiert habituellement plusieurs mois. Pour l’organisation, cette précipitation traduit une volonté manifeste du ministère de « placer les acteurs des médias devant le fait accompli » et d’imposer une décision unilatérale.

Ce différend vient raviver les tensions déjà vives entre la presse et les autorités publiques. Le CDEPS accuse le ministère d’entretenir un climat de confrontation et de mener une « campagne de dénigrement » visant à fragiliser économiquement les médias indépendants. Le communiqué évoque des motivations politiques derrière cette démarche, affirmant que « plus personne n’est convaincu par les arguments et intentions déclamées par l’État ».


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