Selon des informations rapportées par L’Observateur, le tribunal de grande instance de Mbour a rendu, hier, un verdict qui suscite de vives réactions. D. Faye, élève en classe de Terminale et âgé de 22 ans, reconnu coupable de violences aggravées avec arme blanche, a été condamné à six mois de prison assortis du sursis. Une peine légère au regard de la gravité des faits qui se sont déroulés le jeudi 6 novembre 2025 à Fissel, lors d’une grande cérémonie de lutte traditionnelle.
Ce soir-là, M. Faye, promoteur de l’événement, avait mobilisé d’importants moyens pour accueillir un public venu en masse. La gendarmerie locale, consciente de l’ampleur de l’affluence, avait été déployée en nombre afin d’assurer la sécurité autour de l’arène. Mais au cœur de la nuit, alors que la fête battait son plein, un groupe de jeunes des villages environnants a tenté d’accéder à l’enceinte sans s’acquitter du prix du ticket d’entrée. Le ton est monté brusquement, et la situation a dégénéré en affrontements violents.
Alerté par cette montée de tension, le promoteur s’est précipité vers les forces de l’ordre pour signaler la menace. Les gendarmes, regroupés à l’entrée principale, se sont retrouvés face à une foule agressive, dont certains membres étaient armés de machettes. Les jets de pierres ont fusé en direction du cordon de sécurité, créant un climat de chaos généralisé. Malgré la pression, les forces de l’ordre ont tenu leur position et se sont opposées fermement à toute intrusion.
C’est dans cette confusion totale que le jeune D. Faye est intervenu, armé d’un couteau. Selon L’Observateur, il aurait poignardé le promoteur au niveau du bras avant de s’en prendre à l’un des gendarmes, M. D. Sène. Le militaire n’a dû son salut qu’à sa ceinture de sécurité, qui a amorti le coup porté à son abdomen. Grièvement blessé mais encore lucide, le gendarme est parvenu à maîtriser son agresseur malgré la violence de l’attaque. Les deux blessés ont été évacués vers une structure sanitaire pour y recevoir les soins nécessaires, tandis que le jeune assaillant a été placé en garde à vue dans les locaux de la gendarmerie.
Devant le tribunal de Mbour, le prévenu a tenté de minimiser les faits en affirmant qu’il ne détenait qu’un « petit couteau » et qu’il n’aurait frappé le gendarme que pour « se dégager », ce dernier le retenant par le pantalon au moment de la bousculade. Son avocat a plaidé la clémence, rappelant que le jeune homme doit passer les épreuves du baccalauréat cette année et qu’il n’a jamais eu affaire à la justice auparavant. Le procureur de la République, lui, s’est montré inflexible, qualifiant l’acte d’« extrêmement grave » et soulignant que le gendarme « a failli être tué » sans la protection de sa ceinture.
Si l’un des plaignants, le gendarme M. D. Sène, était absent à l’audience, le promoteur blessé, présent à la barre, a déclaré avoir pardonné à son agresseur. Ce geste, conjugué au profil scolaire du prévenu, a probablement pesé dans la balance au moment du délibéré.