Le chauffeur du bus de la compagnie nationale Sénégal Dem Dikk impliqué dans le grave accident survenu en juillet dernier à hauteur de Tataguine a été fixé sur son sort. Jugé mercredi dernier par le tribunal de grande instance de Fatick, M. C. K., poursuivi pour « défaut de maîtrise », a été reconnu coupable des faits qui lui étaient reprochés. La juridiction l’a condamné à une peine d’un mois de prison avec sursis assortie d’une amende de 50 000 francs CFA.
Pour rappel, cet accident spectaculaire avait provoqué une vive émotion à travers le pays. Le bus, qui assurait la liaison Bignona–Dakar, avait quitté la chaussée avant de s’immobiliser brutalement, faisant une cinquantaine de blessés, dont quatre dans un état jugé grave. Pendant plusieurs jours, de nombreuses familles avaient vécu dans l’angoisse, tandis que l’opinion publique relançait le débat récurrent sur la sécurité routière et les conditions de transport sur les axes nationaux.
À la barre, le prévenu est revenu longuement sur les circonstances du drame. Il a expliqué avoir quitté Bignona aux environs de 8 heures du matin en direction de Dakar. Selon sa version, arrivé à hauteur de Tataguine, une forte poussière soulevée sur la route aurait soudainement réduit sa visibilité, le perturbant au point de lui faire perdre le contrôle du véhicule. « Un choc brusque s’est produit. Quand je me suis réveillé, je ne savais même pas ce qui s’était passé », a-t-il déclaré devant le tribunal. M. C. K. est même allé jusqu’à évoquer des éléments qu’il a qualifiés de surnaturels pour tenter d’expliquer l’accident.
Cette version des faits n’a toutefois pas convaincu l’accusation ni la juridiction. Plusieurs témoins, notamment des passagers du bus, ont livré un tout autre récit. À la barre, ils ont affirmé que le chauffeur roulait à vive allure bien avant l’accident et qu’il aurait même failli percuter une ambulance quelques instants auparavant. Ces témoignages concordants ont fortement fragilisé la ligne de défense du prévenu.
Face à ces éléments, le procureur de la République a requis l’application rigoureuse de la loi, estimant que le défaut de maîtrise du conducteur était clairement établi au regard des faits et des déclarations recueillies. Suivant ces réquisitions, le tribunal a déclaré M. C. K. coupable, tout en tenant compte des circonstances pour prononcer une peine avec sursis.