Des combats ont éclaté ce samedi 25 avril 2026 à la périphérie de la capitale malienne, Bamako, ainsi que dans plusieurs localités de l’intérieur du pays, opposant les forces armées à des groupes qualifiés de terroristes par l’armée. Dans un communiqué officiel, les autorités militaires ont indiqué que des assaillants non encore identifiés ont ciblé dès les premières heures de la matinée des positions stratégiques, notamment des casernes militaires situées aussi bien dans la capitale que dans d’autres régions.
Sur le terrain, la situation apparaît particulièrement tendue. À Bamako, un calme inhabituel règne dans les rues, largement désertées par les habitants. Des explosions et des tirs d’armes lourdes ont été entendus à intervalles réguliers dans la matinée, notamment aux abords de la base 101 de Sénou, une zone sensible qui abrite également l’aéroport de la capitale. Selon des témoins, les détonations surviennent par vagues, séparées de quelques minutes, avant de reprendre avec la même intensité. Des hélicoptères militaires ont également été aperçus survolant la ville, signe d’une mobilisation accrue des forces de sécurité.
La tension ne se limite pas à Bamako. À Kati, ville stratégique située à quelques kilomètres et qui abrite notamment la résidence du chef de la junte, le général Assimi Goïta, des tirs nourris ont également été signalés. Des habitants, terrés chez eux, décrivent une situation de peur et d’incertitude. Certains ont partagé sur les réseaux sociaux des images de dégâts matériels causés par les explosions, notamment des habitations endommagées.
D’autres localités ont également été touchées par ces attaques simultanées. Des tirs ont été signalés dans le nord du pays, notamment à Gao et Kidal, ainsi qu’à Sévaré, dans le centre. Cette extension géographique des violences laisse penser à une offensive coordonnée, bien que les auteurs n’aient pas encore revendiqué les attaques au moment des faits.
Ces événements s’inscrivent dans un contexte sécuritaire déjà extrêmement fragile. Le Mali est confronté depuis 2012 à une crise profonde marquée par la multiplication des attaques jihadistes, souvent attribuées à des groupes affiliés à Al-Qaïda ou à l’État islamique. À cette menace s’ajoutent des conflits intercommunautaires et des mouvements indépendantistes qui compliquent davantage la situation.
Le pays est actuellement dirigé par une junte militaire arrivée au pouvoir à la suite de deux coups d’État en 2020 et 2021. Malgré ses engagements initiaux à organiser une transition vers un pouvoir civil, le régime a prolongé son maintien à la tête de l’État. En juillet 2025, un mandat présidentiel de cinq ans renouvelable sans limitation a été accordé au chef de la junte, sans passer par des élections.
Sur le plan international, les autorités maliennes ont progressivement rompu leurs relations avec plusieurs partenaires occidentaux, notamment la France, pour se rapprocher de la Russie. Après la fin officielle de la mission du groupe Wagner en juin 2025, celui-ci a été remplacé par une nouvelle structure liée directement au ministère russe de la Défense, marquant un tournant stratégique dans la coopération militaire du pays.
Parallèlement, les libertés publiques ont été restreintes, avec des mesures visant la presse et les acteurs politiques. Dans ce climat déjà tendu, les attaques de ce samedi viennent raviver les inquiétudes quant à la capacité des autorités à contenir la menace sécuritaire.
La situation dans l’ensemble du Sahel reste préoccupante. La région demeure l’un des principaux foyers du terrorisme dans le monde, concentrant à elle seule une part importante des victimes liées à ces violences. Face à cette instabilité persistante, certaines initiatives diplomatiques émergent, notamment de la part de pays voisins comme le Togo, qui tente de jouer un rôle de médiateur entre les États de la région regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel.