Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a présidé ce mercredi 20 mai 2026 le Conseil des ministres au Palais de la République, dans un contexte marqué par la préparation de la Journée du dialogue national et par une volonté affichée de renforcer le suivi de l’action gouvernementale.
Au cours de cette réunion hebdomadaire, le chef de l’État a annoncé une réorganisation exceptionnelle du format du dialogue national prévu autour du 28 mai. En raison du contexte religieux et des contraintes liées à cette période particulière, les grandes concertations publiques initialement envisagées ne se tiendront finalement pas sous leur forme habituelle. À la place, le président a opté pour une série d’audiences individuelles et ciblées qui se dérouleront du 21 au 31 mai 2026.
Selon les orientations dévoilées en Conseil des ministres, ces consultations débuteront dès demain avec la réception d’anciens Premiers ministres ainsi que d’anciens membres du gouvernement. Une attention particulière sera accordée aux personnalités ayant occupé les ministères des Finances et de la Sécurité intérieure, deux secteurs jugés stratégiques dans le contexte actuel. Ces rencontres devraient ensuite être élargies à d’autres composantes de la société, notamment des acteurs politiques, des représentants des forces vives de la Nation et plusieurs notabilités.
À travers cette démarche, le président Bassirou Diomaye Faye semble vouloir privilégier des échanges directs et plus ciblés afin de recueillir des propositions sur les grandes questions nationales, tout en maintenant le cadre du dialogue politique qu’il considère comme un levier essentiel de stabilité institutionnelle et de gouvernance.
Le Conseil des ministres a également été l’occasion d’annoncer un changement important dans l’organisation du travail gouvernemental. Désormais, les réunions du Conseil des ministres se tiendront une semaine sur deux. Cette nouvelle cadence doit permettre d’intégrer des sessions bimensuelles consacrées à l’évaluation de la performance gouvernementale.
Dans cette dynamique de reddition des comptes et de suivi des résultats, les ministres ont été invités à mettre en place des mécanismes d’évaluation des directeurs généraux relevant de leurs départements respectifs. Le ministre de l’Intérieur aura pour mission de superviser l’évaluation des gouverneurs et des préfets, tandis que le ministre des Affaires étrangères sera chargé du suivi des diplomates. Le ministre des Collectivités territoriales devra, pour sa part, élaborer un système d’évaluation destiné aux maires et présidents de conseils départementaux.
Cette réforme traduit la volonté du chef de l’État d’instaurer une culture de performance et de contrôle dans l’administration publique, avec un accent particulier mis sur l’efficacité de l’action publique et l’atteinte des objectifs assignés aux différents responsables.
Sur le plan des infrastructures administratives, le président a annoncé l’achèvement de la troisième sphère ministérielle de Diamniadio. Le bâtiment sera prochainement mis à la disposition des services de l’État afin de réduire progressivement les importantes charges locatives supportées par l’administration publique. Ce projet s’inscrit dans la politique de rationalisation des dépenses publiques engagée par les autorités.
Enfin, le Conseil des ministres a largement abordé les questions budgétaires et économiques. Le chef de l’État a insisté sur la finalisation du Document de programmation budgétaire et économique pluriannuel 2026-2028 avant la tenue du prochain Débat d’orientation budgétaire. Il a également demandé une accélération des procédures de passation des marchés publics afin d’améliorer le rythme d’exécution des projets et programmes de l’État.