La scène politique sénégalaise est à nouveau secouée par une polémique autour de la possibilité d’un retour de Ousmane Sonko au cœur de l’Assemblée nationale. Dans une sortie remarquée, le leader du parti République des valeurs, Thierno Alassane Sall, accuse le parti Pastef d’entretenir volontairement un climat de tension institutionnelle en cherchant à favoriser une installation de Ousmane Sonko au perchoir.
Selon lui, cette démarche ne relève pas d’un simple débat parlementaire mais s’inscrit dans une stratégie politique risquée, susceptible de fragiliser l’équilibre des institutions. Thierno Alassane Sall estime que les manœuvres prêtées à Pastef traduiraient une volonté de créer un rapport de force au sommet de l’État, dans un contexte déjà marqué par de fortes recompositions politiques depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye.
Le responsable politique affirme que cette perspective serait contraire aux règles républicaines et que ses initiateurs en auraient pleinement conscience. Il considère que la question du perchoir de l’Assemblée nationale ne devrait pas être instrumentalisée à des fins politiques, encore moins dans un climat de fortes sensibilités sociales et religieuses, à la veille de la Tabaski et en période de fête de la Pentecôte.
Dans sa déclaration, Thierno Alassane Sall s’interroge également sur les motivations profondes de cette dynamique politique. Il évoque une forme de précipitation et de crispation qu’il juge inquiétante, estimant que certains acteurs chercheraient à imposer des changements institutionnels rapides au risque de provoquer des tensions inutiles dans le pays.
Du côté de Pastef, formation politique de Ousmane Sonko, aucune réponse directe à ces accusations n’a été rapportée dans cette prise de position. Le débat reste néanmoins ouvert au sein de la classe politique, où les interprétations divergent sur la portée réelle des récentes évolutions institutionnelles et sur les ambitions des différentes figures du paysage politique national.
Cette nouvelle passe d’armes illustre une fois de plus la sensibilité du moment politique sénégalais, où chaque repositionnement est scruté et interprété à l’aune des équilibres institutionnels en construction.